Les cieux

Récits des anges

 

 Des scribes de l'est et du sud
 du 1er siècle à ce jour  

1e édition | 2020

 

 

 

Table des matières

Au commencement........................................................................................................................... 3

Incompréhensible.............................................................................................................................. 3

Grande lumière.................................................................................................................................. 3

Saint Esprit.......................................................................................................................................... 4

Son bien-aimé..................................................................................................................................... 5

Esprits célestes................................................................................................................................... 9

Quatre animaux................................................................................................................................ 10

Création des anges........................................................................................................................... 12

Ordonnancement............................................................................................................................. 13

Archanges.......................................................................................................................................... 14

Libre arbitre...................................................................................................................................... 14

Ordre des rangs................................................................................................................................ 15

Prières universelles.......................................................................................................................... 16

Unis pour l’éternité.......................................................................................................................... 18

Archanges justiciers......................................................................................................................... 18

Anges secoureurs............................................................................................................................. 20

Anges de lumière............................................................................................................................. 21

Ange de la mort................................................................................................................................ 22

Ange de Tyr...................................................................................................................................... 32

Gabriel............................................................................................................................................... 32

Raguel................................................................................................................................................ 34

Office................................................................................................................................................. 35

Vertus................................................................................................................................................ 36

Ex mente Arabum........................................................................................................................... 36

Hiérarchie de Bitterlich................................................................................................................... 37

Henoc l’un des glorieux.................................................................................................................. 42

Paradis selon Barnabé...................................................................................................................... 44


 

 

Que ceux qui
L'adorent
L'adorent
en esprit
et en vérité.

                   Jésus




 

LES CIEUX

Ainsi qu’un pavillon tissu d’or et de soie le vaste azur des cieux sous sa main se déploie. Il peupla leurs déserts d’astres étincelants, les eaux autour de lui demeurent suspendues. Il foule aux pieds les nues et marche sur les vents. Pompignan.

AU COMMENCEMENT  | Studia Sinaitica no. VIII , Apocrypha Arabic (Kitab al-Magall or The Book of the Rolls), Gibson 1901

Le Seigneur est le commencement avant le commencement, il est l’infini qui s’élève aux plus hautes hauteurs, le plus élevé sur tout à l’extérieur tant qu’à l’intérieur, il est l’antique substance d’avant le commencement, l’illimité qu’aucune intelligence ne peut atteindre, la qualité que le discernement  ne peut comprendre, il est la substance créatrice au-dessus de l’existence, avec l’existence, sous l’existence, la lumière de gloire qu’aucune noirceur n’atteint, la lumière qui habite dans la lumière que les regards n’atteignent pas.

Il fut avant la création, il est le formeur des formes dont lui-même est la gloire, en lui-même, en son essence, que glorifie le Créateur s’ils reconnaissent son pouvoir et sa divinité d’avoir fait le ciel et la terre, d’avoir créé en harmonie la répartition des choses. Des anges qui le vénèrent, dix chorales homogènes harmonieuses, je veux dire dix rangs : au plus haut rang, certains parmi eux sont les plus proches du trône du Seigneur Dieu pour déverser d’abondantes louanges, c’est le rang du prince d’où s’élèvent toutes les louanges des anges envers Dieu.

C’était au début au 1er jour, qui est le 1er jour saint, chef des jours, où plus tôt en ce jour, Dieu créa le ciel supérieur, les mondes, le rang qui est le plus haut rang des anges, les archanges, les pouvoirs, les chefs, les trônes, les dignités, les gouverneurs, les chérubim, les séraphim, la lumière du jour et la nuit, le vent, l’eau, l’air, le feu et ce qui est comme ces éléments. En vérité le Seigneur – que son Nom soit sanctifié – forma tous ceux-là par l’exécution de sa parole éternelle saint Esprit sans parler. Et dans le 1er jour où ces choses furent créées le saint Esprit survola au-dessus des eaux et elles furent bénies et sanctifiées dans son envol au-dessus d’elles.

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INCOMPRÉHENSIBLE  | Essai sur les six jours de la création p.4, Gaucher 1896

L’esprit ne peut le comprendre, car il est incompréhensible (s. Aug.). L’intelligence ne peut le saisir, car ses sentiers ne gardent que les traces de son passage à travers la création, investigabilis. L’oeil ne peut le saisir, car il est invisible, invisibilis. La langue ne peut l’exprimer, car il est ineffable, ineffabilis. L’Écriture elle-même ne peut faire entendre, ne peut déployer sa nature, explicare, car il est le mystère caché aux siècles, inexplicabilis (Gr.d.Naz.). D’une main il couvre le ciel qu’il voile, et dans la paume de l’autre main il enveloppe le cercle de l’univers. Coelum manu cooperit, pugno omnem mundi ambitum concludit.

Jéhovah l’éternel est son Nom, le monde est son ouvrage
Il entend les soupirs de l’humble qu’on outrage
Juge tous les mortels avec d’égales lois
Et du haut de son trône interroge les rois
Des plus fermes états la chute épouvantable quand il veut
N’est qu’un jeu de sa main redoutable (Rac.).

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GRANDE LUMIÈRE  | Catalogue des manuscrits éthiopiens (gheez et amharique) de la bibliothèque nationale, p.247 [ms d’Abbadie 67], Zotenberg 1877

En étendant ce feu, Dieu créa la grande lumière, et avec celle-ci le ciel suprême et le 1er ciel, puis le 2e ciel et le 3e, éclairés avec la lumière du haut, et pourvus de murs et de portes de lumière. Telle fut la création de la 1ère heure du premier jour mois de khoiak koiak (nov-déc).

Dans la 2ème heure, Dieu prit le grand feu et plaça une partie au-dessus des trois cieux. Il créa ensuite la Jérusalem céleste au-dessus du grand feu, au-dessous de son trône, puis les anges de différentes formes, leur nombre avec leurs sections et distribution dans les trois cieux, les fonctions des chefs, etc. Une (1) heure du temps de la création divine est égale à 83 années et 4 mois 1000 mois. 

L’Esprit de Dieu saint Esprit sanctifia successivement tout ce qui avait été créé.

Création au deuxième jour des autres cieux avec l’eau ; création des ténèbres, de la terre, de la mer, des montagnes, etc.

Création au troisième jour du paradis avec l’arbre de vie et l’eau de vie.

Création au quatrième jour en présence des anges. Dieu forma le soleil de sept parts de lumière, puis il lui en ôta deux pour les donner à la lune, une autre pour les étoiles, et une part pour les nuages. Pendant trois jours, c’est-à-dire 3000 ans, satan resta sans péché. Il voulut prendre du grand feu pour produire lui aussi des créations. Il séduit d’autres anges qu’il conduit au combat contre st Michael et son armée et il fut précipité du ciel et tomba dans la ville de la Mecque.

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SAINT ESPRIT  | Séfer de Jésus ou évangile de Barnabé p.53 | Charles 1893, The Book of Enoch 42, trad. (guèze, annoté au latin) prof. Dillmann

Son nom est Merveilleux. (Ésaie 9.5).  Dieu le nomma ainsi lui-même quand il créa son âme et le plaça dans la splendeur céleste. Et Dieu lui dit :

—  Attends. Je vais créer le paradis, le monde et une grande multitude de créatures pour ta cause, dont Je te fais présent quand Je t’enverrai dans le monde, car Je t’enverrai comme messager de mon salut : ta parole sera si véritable que le ciel et la terre failliront mais ta foi ne faillira jamais. Qui te bénira sera béni, qui te maudira sera maudit.

···

La sagesse Esprit saint ne trouva pas d’endroit où pouvoir habiter (sur terre), alors une demeure lui fut assignée aux cieux. La sagesse était venue faire son habitation parmi les enfants des hommes mais ne trouvant pas d’habitat, la sagesse revint alors à sa place et reprit son trône parmi les anges. L’injustice sortit de ses chambres pour trouver ceux qu’elle ne cherchait pas et habita avec eux, (ayant été accueillie) comme la pluie au désert, comme la rosée dans une terre assoiffée.

Là je vis celui qui a l’entête des jours saint Esprit, sa tête blanche comme laine, et avec lui un autre être à la ressemblance d’un homme au visage débordant de grâce comme l’un des saints anges. Je demandai à l’ange qui m’accompagnait de me montrer toutes les choses cachées sur ce fils d’homme, qui il est, d’où il vient et pourquoi il accompagne l’entête des jours. Et il me dit en réponse :

—  C’est le fils de l’homme qui a la justice, avec qui les justes demeurent, qui révèle tous les trésors de ce qui est caché. Le Seigneur des esprits l’a choisi parce que son lot a depuis toujours tout surpassé en justice devant le Seigneur des esprits.

J’eus la vision de ces jours où l’ancien des jourssaintEsprit s’assied sur le trône de sa gloire, le livre des vivants  est ouvert devant lui et toute son armée céleste autour de lui aux cieux se tient devant lui. Les coeurs de sainteté se remplissent de joie à l’approche du nombre des justes, et parce que la prière des justes est entendue et le sang des justes réclamé par le Seigneur des esprits.

J’eux à cet endroit la vision d’une fontaine de la justice intarissable, et autour, plusieurs fontaines de la sagesse dont tous les assoiffés boivent, se remplissent de sagesse, et ont leurs habitations avec les justes, l’élite et les saints. À cette heure, ce fils d’homme est désigné par son nom en présence du Seigneur des esprits devant l’entête des jours. Avant que le soleil et les signes fussent créés, avant que les étoiles du ciel fussent formées, son nom a été nommé devant le Seigneur des esprits. Il sera une houlette sur laquelle les justes se soutiendront pour ne pas faillir, il sera la lumière des nations, l’espoir de ceux dont les coeurs sont troublés. Tous les habitants de la terre se baisseront, les genoux pliés devant lui, pour chanter des chants de célébration au Seigneur des esprits. C’est pour cette raison qu’il a pour toujours été choisi et caché devant lui avant la création de l’univers. La sagesse saint Esprit du Seigneur des esprits l’a révélé aux saints et aux justes parce qu’il préserve le lot des justes qui détestent avec mépris ce monde d’injustice, qui ont de la haine de tous leurs faits et gestes dans le Nom du Seigneur des esprits. Ils sont sauvés en son Nom, car il est le vengeur de leur vie.

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SON BIEN-AIMÉ  |  Ascension d’Isaie (traduit du guèze, grec, latin et slave), Tisserand 1909

Lorsqu’Ésaie dit à Ézéchias, roi de Judah, des paroles de foi et de vérité, tous les princes d’Israel, les eunuques et les conseillers du roi s’assirent. Ayant appris qu’Ésaie était venu de Galilée vers Ézéchias, 40 prophètes et fils de prophètes vinrent de villages, montagnes et plaines pour le saluer et entendre ses paroles, et qu’il leur impose les mains pour pouvoir prophétiser et écouter la prophétie.

Le roi avait fait approcher tous les prophètes et le peuple près de Miché Micah, le vieil Anania, Joel, et Josab assis à la droite d’Ésaie. Tandis que tous étaient face à lui, Ésaie dit à Ézéchias des paroles de foi et de vérité, et tous entendirent une porte s’ouvrir et la voix de l’Esprit saint. Tous entendirent la voix de l’Esprit saint et tous se prosternèrent à genou, et louangèrent le Très-Haut Dieu d’avoir donné à l’homme une porte du monde supérieur dans un monde étranger. Et alors qu’il parlait dans l’Esprit saint et que tous écoutaient, son esprit fut ravi, il se tut et il ne vit plus les hommes devant lui. Sa bouche se tut, les yeux ouverts et son souffle en lui, son esprit fut enlevé au-dessus de lui et il vit une vision. L’ange qui lui fut envoyé pour la vision n’était pas de ce firmament voûte, ni d’entre les anges de gloire de ce monde, mais il vint du septième ciel. Le peuple qui était là ne crut pas qu’Ésaie fut ravi en esprit à l’exception des prophètes. Son fils Josab et Miché firent sortir le peuple dès qu’il fut enlevé de ce monde comme un qui est mort.

Ésaie rapporta la vision à Ézéchias, à Josab son fils et aux autres prophètes qui étaient venus, ainsi qu’au scribe Samnas Joachim et l’historien Asaph, justes ouvriers ayant le bon parfum de l’esprit. Les magistrats, les eunuques et le peuple ne l’entendirent pas. Vision qu’Ésaie rapporta à Ézéchias, Josab son fils, à Miché et aux autres prophètes.

Alors que je prophétisais suivant le témoignage que vous avez entendu, je vis un ange dont la gloire n’était pas comme celle des anges que j’ai toujours vus, il avait une grande gloire et dignité dont je ne peux décrire la splendeur. Il me prit par la main et je lui dis :

—  Qui es-tu, quel est ton nom, et où me fais-tu monter ?

Le pouvoir de m’entretenir avec lui m’avait été donné.

—  Quand je t’aurais fait faire une ascension et que t’aurais fait voir la vision pour laquelle j’ai été envoyé, alors tu comprendras qui je suis. Mais tu ne sauras pas mon nom parce que tu dois revenir dans la chair. Tu verras où je te ferai monter car c’est pour cela que j’ai été envoyé.

Je me réjouis parce qu’il me parlait avec douceur.

—  Te réjouis-tu parce que je te parle avec douceur ?! Tu verras un plus grand que moi te parler avec paix et douceur, tu verras aussi le Père du plus grand. J’ai été envoyé du septième ciel pour tout t’expliquer.

Nous sommes montés au firmament voûte où il y avait une grande querelle, où les uns portaient envie aux autres.

—  Quelle est cette querelle ?

—  Cette querelle est ainsi depuis que ce monde existe jusqu’à maintenant, jusqu’à ce que celui que tu dois voir vienne le détruire, dit l’ange.

Il me fit monter au firmament supérieur, qui est le 1ier ciel. Là je vis des anges à gauche et droite d’un trône placé au milieu. Les anges de gauche n’étaient pas comme les anges de droite qui avaient plus de gloire. Tous louangeaient d’une seule voix le trône au milieu : ils le louangeaient. Ceux à gauche suivaient mais ni leurs voix ni leur louange n’étaient comme ceux de droite.

—  À qui cette louange est-elle destinée, demandai-je à l’ange qui me conduisait.

—  Au Glorieux qui repose dans le monde saint et à son bien-aimé au septième ciel, où j’ai été envoyé vers toi.

Il me fit monter au 2ième ciel qui est aussi haut que du ciel à la terre. Comme dans le 1er, il y avait des anges à droite et à gauche d’un trône au milieu. La louange de celui assis sur le trône et des anges du 2ième ciel était d’une grande gloire et de plus grande splendeur que tout, leur louange n’était pas comme la louange de ceux au 1er ciel. Je tombai sur ma face pour adorer, mais l’ange qui me conduisait ne le permit pas.

—  J’ai été envoyé pour te conduire. N’adore ni trône ni ange qui sont dans les six cieux, mais seulement qui je te dirai au 7ième ciel, car ton trône, tes vêtements, et ta couronne que tu dois voir sont placés au-dessus de tous ces cieux et de leurs anges.

J’eus une grande joie que ceux qui aiment le Très-haut et son bien-aimé y monteront à leur dernier jour par le messager envoyé, ange, מַלְאָךְ malak de l’Esprit saint רוּחַ קָדְשְׁ rouha qadosh.

Et il me fit monter au 3ième ciel. L’éclat de mon visage se transfigurait alors que je montai de ciel en ciel.            
Je vis ceux à droite et à gauche d’un trône pareillement placé au milieu. Cependant la mémoire du monde n’était pas nommée. Je dis à l’ange qui était avec moi :

—  Il n’y a rien du monde vain qui soit nommé ici ?

—  Il n’y a rien qui est nommé à cause de son infirmité. Mais rien n’est caché ici de ce qui se fait là-bas.

Je souhaitai apprendre comment cela se faisait connaitre. 

—  Quand je te ferai monter au 7ième ciel qui est au-dessus de ceux-ci, d’où j’ai été envoyé, tu sauras que rien n’est caché aux trônes, aux anges, ni à ceux qui résident dans les cieux, répondit-il.

La splendeur de celui assis sur le trône et la louange chantée étaient grandes, car les anges qui étaient à droite et à gauche avaient plus de gloire que le ciel du dessous.

Il me fit monter au 4ième ciel. La distance entre le 3ième et le 4ième était plus grande que de la terre au firmament. Je vis chanter celui assis sur le trône au milieu avec ceux à sa gauche et à sa droite : la splendeur et la louange des anges de droite étaient plus grandes que ceux de gauche, et la splendeur de celui assis sur le trône était plus grande que celle des anges de droite. Leur gloire était plus grande que de ceux du dessous.

Il me fit monter au 5ième ciel où je vis celui qui siégeait sur le trône plus glorieux que celui au 4ième ainsi que ceux qui étaient à droite et à gauche. La gloire de ceux de droite était plus grande que ceux de gauche et que du 4ième et 3ième ciel. La splendeur de celui assis sur le trône était plus grande que celle des anges à sa droite. Leur louange était d’un plus grand éclat qu’au 4ième.

(Je m’étonnai de voir une telle multitude d’anges ornés de différentes bontés qualités, chacun ayant gloire et louange pour celui qui est en hauteur, dont le nom n’a été révélé à aucune chair et qui donne une telle gloire aux anges de chaque ciel. L’ange me dit :

—  Pourquoi t’étonnes-tu qu’ils ne soient pas d’un seul type ? N’as-tu pas vu les puissances, qu’on ne peut surpasser, et les milles milliers d’anges.)

Je louangeai celui qui n’est pas nommé, le fils unique qui réside dans les cieux, dont le nom n’est révélé à aucune chair, qui a donné une telle gloire de ciel en ciel, qui a fait grande la gloire des anges, et plus excellente la gloire de celui assis sur le trône.

Il me fit monter dans l’air vers le 6ième ciel. En montant, je vis une gloire que je n’avais pas vue dans les cinq cieux, et des anges en grande gloire. Ici la louange est admirablement sainte.

—  Que vois-je mon-seigneur ? dis-je à l’ange qui me conduisait.

—  Je ne suis pas ton seigneur, je suis ton compagnon, dit-il.

—  Pourquoi n’y a-t-il aucun ange en face des anges de droite ?

—  Au 6ième ciel et au-dessus il n’y a ni trône au milieu, ni de gauche, parce qu’ils reçoivent leur gouvernance de la puissance du 7ième ciel où demeure celui qui n’est pas nommé, l’élu dans le nom n’a pas été révélé, dont aucun des cieux ne peut connaître le nom. Il est la seule voix à laquelle répondent tous les cieux et tous les trônes. J’ai reçu pouvoir et ai été envoyé pour te faire monter jusqu’ici pour que tu voies cette gloire, et que tu voies le seigneur de tous ces cieux et de ces trônes, qui se transfigurent pour être selon votre apparence et votre forme. Je te le dis Ésaie, aucun homme devant retourner dans la chair n’est monté dans ce monde, ni vu, ni compris ce que tu as compris et ce que tu dois voir. Mais parce que tu dois venir dans le lot du seigneur, dans le lot du bois, d’où vient la puissance du 6ième ciel et de l’air.

J’exaltai le seigneur avec louange parce que je devais venir dans son lot même.

—  Écoute encore ton compagnon. Quand tu seras monté là par la volonté de l’Esprit, tu verras le vêtement que tu recevras, et d’autres vêtements déposés et comptés. Alors tu deviendras égal aux anges du 7ième ciel.

Il me fit monter au 6ième ciel où il n’y avait ni trône au milieu, ni de gauche, où tous étaient de même forme et de louange égale. Il me fut donné de chanter avec eux et l’ange, et notre louange était comme la leur (nous étions tels que notre gloire et leur gloire étaient une seule), tous désignaient le premier Père, son bien-aimé et
l’Esprit saint d’une seule voix.

C’était là une voix tonalité différente, et beaucoup de lumière, non comme la voix des anges dans les cinq cieux ni comme leurs paroles. Quand je fus au 6ième ciel, j’estimai obscure la lumière vue dans les cinq cieux, je me réjouis et je louangeai celui qui a donné de telles lumières à ceux qui attendent sa promesse, je demandai à l’ange qui me conduisait de ne plus retourner dans le monde charnel. Ézéchias, Josab mon fils et Miché, je vous dis en vérité, il y a beaucoup de ténèbres ici. L’ange qui me conduisait comprit ce que je pensais et dis :

—  Si tu t’es réjoui de cette lumière, combien plus tu te réjouiras dans le 7ième ciel quand tu verras les lumières dans lesquels sont le Seigneur et son bien-aimé par qui j’ai été envoyé, qui sera appelé fils dans le monde. Lui qui doit être dans le monde corruptible n’a pas encore été manifesté, non plus que les vêtements, les trônes et les couronnes disposés pour les justes et ceux qui croiront en ce seigneur qui descendra sous votre forme. Au 7ième ciel la lumière est grandement merveilleuse. Pour ce qui est de ne pas retourner dans la chair, tes jours ne sont pas encore accomplis pour que tu viennes là.

Je m’attristai en entendant cela.

—  Ne sois pas triste, dit-il.

Il m’éleva dans l’air vers le 7ième ciel et j’entendis une voix qui dit :

—  Jusqu’où montera celui qui habite parmi les étrangers ?

J’eus crainte et tremblai, et comme je tremblai, voici, une deuxième voix fut envoyée et dit :

—  Il est permis au saint Ésaie de monter là, son vêtement est là (n’empêche pas d’entrer qui est digne de Dieu).

—  Qui est celui qui m’a empêché et celui qui m’a permis de monter, demandai-je à l’ange.

—  Celui qui t’empêchait préside (est entête des anges) à la louange du 6ième ciel. Celui t’a permis c’est ton seigneur, mais tu ne pourras l’entendre avant que tu sois sorti de cette chair.

Et il me fit monter au 7ième ciel où je vis la merveilleuse lumière, et des anges sans nombre (exprimable). Je vis tous les justes depuis le temps d’Adam, le saint Abel et tous les justes. Là je vis Henoc et tous ceux qui sont avec lui avec leurs vêtements d’en-haut, sans habit de chair. Ils étaient dans une grande gloire comme les anges qui se tiennent là, mais ils n’étaient pas assis sur leurs trônes et leurs couronnes de gloire n’étaient pas sur eux.

—  Pourquoi ont-ils reçu les vêtements sans les trônes et les couronnes ? interrogeai-je l’ange avec moi.

—  Ils savent et voient à qui seront les trônes et à qui les couronnes, mais ils n’ont pas encore reçu ni les couronnes ni les trônes jusqu’à ce que le bien-aimé descende sous la forme où tu le verras descendre. Car en vérité, il descendra dans le monde à la fin des jours, il sera appelé le christ oint מָשִׁיחַ,machiah du Seigneur après être descendu et devenu semblable à votre forme, qu’on le croira de chair et homme du monde. Dieu étendra sa main sur son fils, mais ils poseront leurs mains sur lui et le suspendront au bois sans savoir qui il est. Ainsi même, il cachera sa descente des cieux comme tu verras et que ne soit pas manifesté qui il est.

Quand il aura dépouillé l’ange de la mort (il descendra au shéol, il fera un désert de lui et de toutes les visions du shéol, il capturera le prince de la mort et brisera toute sa puissance). Il montera le troisième jour et restera en ce monde 545 jours.* Beaucoup de justes monteront avec lui. Leurs âmes ne recevront pas leurs vêtements avant que le christ du Seigneur soit monté. Et quand ils seront montés avec lui, ils recevront alors leurs vêtements, leurs trônes et leurs couronnes quand il sera monté dans le 7ième ciel.

Je lui dis ce que je lui avais demandé dans le 3ième ciel et il me dit :

—  Tout ce qui se fait dans le monde est connu ici.

Tandis que je parlai avec lui, voici, un des anges qui se tiennent là plus glorieux que la gloire de l’ange qui me fit monter du monde. Il me montra un livre (il l’ouvrit et me le donna, et je vis l’écriture) non comme les livres du monde. Il me donna et je le lus, voici, les actions des enfants d’Israel étaient écrites ainsi que les actions de ceux que tu ne connais pas mon fils Josab (les oeuvres de tous les hommes y étaient, desquels j’étais aussi).

—  Vraiment il n’y a rien qui se fait dans le monde qui soit caché au 7ième ciel. (Qui est celui qui surpasse tous les anges dans sa gloire ?

—  Cet ange est le grand archange Michael qui prie toujours pour l’humilité et l’humanité).

Je vis déposer beaucoup de vêtements, beaucoup de trônes et beaucoup de couronnes.

—  À qui sont ces vêtements, ces trônes et ces couronnes ? dis-je à l’ange.

—  Ces vêtements, dit-il, nombreux sont ceux de ce monde qui les recevront en croyant aux paroles de celui qui sera nommé comme je te l’ai dit. Ils croiront et les observeront, ils croiront en sa croix. Ces choses sont préparées pour eux.

Je vis le Merveilleux Esprit saint dont la gloire les dépassait tous tant elle était grande. (En me tournant, je vis la grande gloire de ce seigneur et tremblai beaucoup). Aussitôt les justes et les anges que j’avais vus s’approchèrent tous de lui. Adam, Abel, Seth et tous les justes patriarches vinrent devant lui pour le révérer. Ils le louangèrent tous d’une seule voix. Je chantai avec eux, ma louange fut comme la leur. Puis tous les anges s’approchèrent (Michael s’approcha) et ils adorèrent en chantant. Je fus transfiguré et devins comme un ange. L’ange qui me conduisait me dit :

—  Adore.

J’adorai en chantant.

—  Il est le seigneur des splendeurs que tu as vues.

Tandis qu’il parlait, je vis un deuxième glorieux qui lui était semblable (en tout). Les justes s’approchèrent de lui et ils adorèrent en chantant, je chantai avec eux. Sa gloire ne se transfigura pas selon leur aspect. Puis les anges s’approchèrent et adorèrent. Le seigneur et un second ange se tenaient debout, le second était à gauche du seigneur. Je demandai :

—  Qui est-il ?

—  Adore. C’est le messager de l’Esprit saint qui parle en toi et en tous les justes, me dit-il.

Puis les yeux de mon esprit s’ouvrirent et je vis le Très-Glorieux, que ni moi ni l’ange qui m’accompagnait n’étions capables de regarder, ni les anges que j’avais vus adorer, mais seuls les justes d’un grand pouvoir regardaient sa gloire. Le seigneur Esprit saint s’approcha de moi, ainsi que le messager de l’Esprit, et dit :

—  Vois, il t’est donné de voir Dieu, ce pouvoir t’est donné par l’ange qui est en toi.

Le seigneur et le messager de l’Esprit adorèrent : tous deux adressèrent leurs louanges à Dieu. Puis les justes s’approchèrent et l’adorèrent. Puis les anges s’approchèrent et l’adorèrent. Tous les anges chantèrent : j’entendis les hymnes des voix entendues dans les six cieux qui s’adressaient tous au Très-Glorieux. J’entendis et vis sa louange sans pouvoir regarder sa gloire. Le seigneur et le messager de l’Esprit entendaient et voyaient toute la louange qui montait des six cieux, elle s’entendait et elle se voyait. L’ange qui me conduisait dit :

—  Sa hauteur surpasse tous ceux qui sont élevés ! (Seul éternellement vivant), il demeure dans le monde saint, il repose parmi les saints ! L’Esprit saint l’appelle Père du seigneur dans la bouche des saints justes.

(Nous n’avons pas pu supporter le Nom, ni la vue). J’entendis la voix du Très-Haut dire au fils du seigneur :

—  Sors et descends par tous les cieux, puis descends du firmament jusqu’au monde, et tu descendras près de l’ange dans le shéol. Tu te transfigureras selon la forme de ceux qui sont dans tous les cinq cieux, tu veilleras à te transfigurer selon la forme des anges du firmament et des anges dans le shéol. Qu’aucun des anges de l’univers ne sache que tu es avec moi, le Seigneur des sept cieux et de leurs anges. Qu’ils ne sachent pas que tu es avec moi, jusqu’à ce que J’aie appelé de ma voix au 6ième ciel les cieux, leurs anges et leurs lumières, pour que tu juges et anéantisses les princes et les anges des dieux du monde, et le monde qu’ils dominent. Car ils m’ont nié en disant ‘Seulement nous et personne hors de nous’. Après les anges de la mort, tu seras ressuscité et tu monteras à ta place. Tu ne te transfigureras pas de ciel en ciel mais tu monteras dans la gloire et tu t’assiéras à ma droite. Les princes et les puissances de l’univers t’honoreront (les anges et toutes leurs principautés dans les cieux, sur la terre, et dans les shéols).

Le Très-Glorieux donna des ordres au seigneur et il sortit du 7ième ciel et descendit au 6ième ciel. L’ange qui me conduisait depuis le monde me dit :

—  Ésaie, comprends et reconnais la transfiguration du seigneur et sa descente.

Quand les anges au 6ième ciel l’aperçurent, ils louangèrent et le révérèrent car il ne se transfigura pas.

Quand il descendit au 5ième ciel, il se transfigura sous la forme des anges, sa forme était comme la leur.

Quand il descendit au 4ième ciel, il se transfigura sous la forme des anges, sa forme était semblable à eux.

Quand il descendit au 3ième ciel, il se transfigura sous la forme des anges du 3ième ciel. Ceux qui gardent la porte du Ciel demandèrent le mot de passe et le seigneur leur donna pour ne pas être reconnu, et sa forme était comme leur forme.

Quand il descendit au 2ième ciel, le seigneur donna aussi le mot de passe à ceux qui gardaient la porte parce qu’il était semblable à la forme des anges du 2ième ciel, sa forme était comme leur forme.

Quand il descendit au 1er ciel, là il donna aussi le mot de passe à ceux qui gardaient les portes. Il avait pris la forme des anges à gauche de ce trône, sa forme était comme leur forme (il montrait le caractère aux gardiens des portes à travers chaque ciel). Personne ne m’interrogeait à cause de l’ange qui me conduisait. De nouveau il descendit dans le firmament où habite le prince de ce monde et il donna le mot de passe à ceux de gauche, sa forme étant comme la leur. Aussi ils ne louangèrent pas, mais ils luttaient l’un contre l’autre par envie, car là il y avait un pouvoir de mal et des rivalités pour des riens.

Quand il descendit encore, il se rendit semblable aux anges de l’air, il fut lui-même comme l’un d’eux. Il ne donna pas de mot de passe car ils se volaient et s’opprimaient les uns les autres.

—  Comprends, Ésaie fils d’Amos, car c’est pour cela que j’ai été envoyé par le seigneur.

Ézéchias et Josab mon fils, ce que j’ai vu, je le dis aussi aux autres prophètes qui sont là : il a été caché à tous les cieux, à tous les princes, à tous les anges de ce monde.  […] Je vis comment il monta dans le 7ième ciel et tous les justes et tous les anges l’honoraient. Il s’assit à droite du Très-Glorieux dont je ne pus regarder son éclat, et le messager de l’Esprit saint s’assit à gauche. Cet envoyé me dit :

—  Ésaie fils d’Amos, tu as contemplé ce qu’aucun enfant engendré de la chair n’a contemplé. Retourne dans ton vêtement jusqu’à ce que tes jours soient accomplis, alors tu viendras là.

Fin de la vision du prophète.

* 545 jours = 5 trimestres x 91 jours + 90 jours (équivalent à 18 moins 1 jour).
Calcul basé sur le calendrier du livre des jubilés (c..6) :  Mois de 30 jours. Trimestre  de 91 jours (ajout du jour de mémoire épagomène). Année de 364 jours (91 jours x 4 trimestres).

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ESPRITS CÉLESTES  | Vermes 2014, The Dead Sea Scrolls (Complete English Translation) 4Q405 20 ii, 21-2, 4Q405 23 i, et 4Q405 23 ii

Ses glorieux chariots. Quand ils vont … ils ne vont pas sur le côté … mais avancent tout droit …  Pour lemaî[tre. Chant de l’holocauste du] douzième [s]abat [du 21 du troisième mois]. [Louangez Dieu pour … merveille, exaltez-le … en gloire dans le ta[bernacle de] la connaissance de Dieu.

Les [chéru]bim se prosternent devant lui pour bénir, et lorsqu’ils se relèvent, une voix céleste murmure … il y a une clameur de louange. Lorsqu’une voix céleste [murmure], ils rabaissent leurs ailes. Les chérubim bénissent l’image du trône-chariot au-dessus du firmament, [et] louangent [la majes]té du lumineux firmament qui est sous de son trône de gloire.

Lorsque les roues avancent, les anges de sanctification vont et viennent. Il y a entre ses glorieuses roues une intense vision des très saints esprits, et autour d’eux d’apparents ruisseaux de feu aussi brillant que du laiton et un travail de … irradiant de gloire de multiples couleurs et de merveilleuses teintes distinctement entrelacées. Les vifs esprits des célestes se déplacent toujours avec la gloire du merveilleux chariot. La voix qui murmure la bénédiction accompagne la clameur de leur avancée, tandis qu’ils louangent le saint Être sur leur voie de retour. Lorsqu’ils montent, ils montent fabuleusement, et lorsqu’ils arrêtent, ils restent immobiles. La clameur de joyeuse louange est silencieuse, et il y a une bénédiction des célestes murmurée dans tous les campements de Dieu… parmi toutes leurs divisions … et de tous leurs nombres une seule louange, chacun à son tour. … son offrande entière.

Les célestes le louangent [quand ils se placent] à leur station et tous les es[prits du] lumineux firm[am]ent jubilent par sa gloire dans une clameur de bénédiction, dans toutes ses divisions, c’est-à-dire aux firmaments de sa gloire, et ses portes louangent en écho. Lorsque les célestes de la connaissance de Dieu entrent par les portes de gloire et que les saints anges partent vers leur région, les portes d’entrée et les portes de sortie proclament la gloire du Roi, pour bénir et louanger tous les esprits de Dieu quand ils sortent et entrent par les portes.

Aucun d’entre eux n’omet un commandement, non plus qu’ils … contre la parole du Roi … Ils ne s’écartent pas de la voie, et ne départissent pas de son royaume. Ils ne sont ni trop élevés ni trop petits pour son ambassade, car il aura compassion au moment de sa fureur et détruira la colère : il ne jugera pas dans les moments de colère de sa gloire. La crainte du Roi des célestes est imposante à [tous] les célestes [et tous font] ses ambassades en vertu de son ordre véritable et ils vont …

À leurs merveilleuses stations, les esprits sont de multiples couleurs comme un travail tissé et composé d’ornements splendides. Ils se tiennent à leur station sacrée parmi une gloire d’aspect rouge écarlate, aux couleurs de la très haute lumière spirituelle, devant [le R]oi des esprits parmi des couleurs [pures] d’un aspect blanchâtre. L’Esprit de gloire semble d’or fin brillant comme un travail tissé, tout l’ouvrage est distinctement travaillé comme un tissage. Ceux-là sont les princes de ceux qui sont merveilleusement bien vêtus pour servir, les princes du royaume et du royaume des saints du Roi de sainteté, et de toutes les hauteurs des sanctuaires de son royaume de gloire. Les princes en charge des offrandes ont la connaissance des langues [et] ils bénissent Dieu en connaissance de toute la gloire de ses travaux …

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QUATRE ANIMAUX  | Grébaut 1920, Patrologia orientalis tome 14, p.122

Un jour que Jésus était monté à Jérusalem, il entra dans le temple avec beaucoup de juifs et des scribes. Alors les juifs se mirent à parler avec admiration de la construction du temple, de sa grandeur et solidité, et dirent à Jésus :

—  Maître, ne vois-tu pas la grandeur de ce temple, la gloire de l’ornementation…

—  Oui il est beau comme vous dites, mais si vous voulez le détruire, moi-même le relèverai en trois jours.

—  Les gens te regardent comme fou à cause de ces paroles, dirent les juifs.

—  Si vous regardez mes paroles comme folie, pourrez-vous mépriser les miracles que je ferais ?

—  Nous verrons si tu fais un prodige. Nous méprisons ta parole car tu déclares ce qui ne convient pas, tu te fais comme Dieu.

—  Ne croyez pas en moi si je ne fais pas l’oeuvre de mon Père.

Jésus se tourna et voyant dans le temple l’image de la vision d’Ézéchiel des quatre animaux qui portent la roue, l’un avec une face d’homme, les autres avec une face de lion, de boeuf et d’aigle, il leur dit :

—  Qu’est cette image ?

—  L’image de la vision du prophète Ézéchiel. (Éz. 1.10)

—  Cette image n’est-elle pas faite de diverses figures ?

—  Oui, nous-mêmes savons cela.

—  Si moi-même j’ordonne à ces images d’animaux de devenir des intelligences, ne croirez-vous pas que je suis le fils de l’homme qui a puissance sur tout ce qu’Il a fait et qu’il n’y a aucune puissance hormis la sienne ?

—  Maintenant nous savons que ton intelligence s’est évanouie, ta raison délire. Tu es le fils de Joseph en vérité, dirent les juifs.

—  Si je ne fais pas comme je vous ai dit, si je ne rends pas ces images vivantes, alors sachez que je suis le fils du charpentier Joseph comme vous dites.

—  Fais, de grâce, que nous voyons. Si tu fais cela, nous croirons que tu es le fils du Seigneur, le messie que les peuples attendent pour le salut du monde entier.

—  À vous images antiques, dit Jésus, je vous dis d’avoir en vous un esprit qui devienne pour vous chair. Descendez de votre place jusqu’à la terre où nous nous trouvons. Allez ensuite vers les tombeaux où se trouvent Abraham, Isaac et Jacob, et vers quiconque des enfants des pères enterrés avec eux depuis les premiers, et dites-leur : Le fils du Seigneur Créateur éternel vous ordonne de venir tous dans le temple. Que vienne avec vous un de vos fils qui connaissait mes mystères et l’histoire de ma venue dans le monde pour informer vos fils juifs de qui je suis, d’où je viens, et où je vais.

Après avoir parlé à ces images, il survint une grande obscurité sur la terre de Jérusalem, un tremblement de terre, de violents éclairs et le souffle d’un vent d’ouragan, tels que tous les gens de Jérusalem tombèrent face contre terre. Quand l’obscurité se dissipa, les gens virent les images devenir des animaux qui se mirent à bouger et descendre à terre. La face d’homme, la face de lion, la face de boeuf et la face d’aigle partirent avec hâte ; les uns vers le lieu des tombeaux des patriarches et des douze enfants des patriarches, quant à l’aigle, il partit vers le tombeau du prophète Moïse. Ils les appelèrent et les emmenèrent rapidement au temple comme il avait ordonné. Ils arrivèrent en un clin d’oeil. Tous ceux des israélites qui s’y trouvaient les virent, ils virent Abraham à la chevelure blanche, Isaac se montra comme il était avant de mourir, et Jacob avec la marque que l’ange du Seigneur lui fit quand il combattit à Aram, au désert de Haran. Ils virent aussi Moïse au visage enveloppé de splendeur et reconnurent le balbutiement de sa langue.

—  O assemblée des juifs, dit Abraham pour commencer, je suis votre père, et voici mes deux fils Isaac et Jacob. Voici aussi le prophète Moïse qui est plus grand que mes fils. Voici, nous sommes venus ensemble avec les patriarches que vous voyez avec nous par la puissance de cet homme dont vous avez nié la divinité Esprit saint. Mes enfants, écoutez-le et obéissez à sa parole même.

—  O mes frères israélites, je suis Moïse qui ai fait sortir vos pères de la terre d’Égypte à main forte et à bras levé. C’est moi qui aie châtié l’Égypte de dix plaies, qui ai divisé la Mer Rouge pour faire passer vos pères, et qui ai englouti pharaon et ses troupes dedans. Tous les prodiges que j’ai faits ont été faits par la puissance de cet homme qui se tient debout au milieu de vous.

C’est lui qui m’a parlé dans le buisson, dit Moïse en tendant ses mains vers Jésus, c’est lui qui fit descendre la manne pour vous dans le désert, c’est lui qui fit sortir l’eau du roc dur pour vous, c’est lui qui éclaira pour vous les ténèbres avec la colonne de feu alors que vous avanciez, c’est lui qui m’a indiqué son Nom au sommet de la montagne en disant : Je suis ahiah acher ahiah אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה, Exode 3.14 celui qui a existé et qui existera, le Seigneur tzébaot צְבָאוֹתdes armées. C’est de lui que j’ai moi-même prophétisé en vous disant que le Seigneur fera venir pour vous un prophète comme moi d’entre vos frères. (Deut. 18.15 ). C’est lui qui m’a fait entrer dans la caverne au sommet de la montagne. C’est lui qui a autrefois façonné notre père Adam et le fit à son image et sa ressemblance. Il est maintenant venu dans le monde pour sauver Adam de la peine du péché d’égarement. Israélites, écoutez-le et obéissez-lui, car toute âme qui ne l’écoutera pas parmi le peuple périra.

Moïse termina son discours aux israélites, le visage de Jésus fut enveloppé de splendeur et la lumière grandit jusqu’à briller comme le soleil. Voyant cela, les israélites tombèrent sur leur face comme morts. Jésus les fit se relever et fortifia leurs coeurs.

—  Contesterez-vous maintenant ce que témoignent ces pères ?

Il ne leur fut pas possible de dire un mot. La plupart crurent en lui.

—  Ne vous vantez pas qu’Abraham est votre père, car j’ai le pouvoir de faire sortir des fils d’Abraham de ces pierres, ajouta-t-il.

Tous les anciens pères ressuscités de leurs tombeaux restèrent trois jours sur la terre de Jérusalem, appelant à la foi en notre-seigneur Jésus Christ et prêchant en son nom. Les juifs qui ne crurent pas qu’ils étaient leurs pères, ne les reçurent pas et leurs jetaient des pierres en disant :

—  Sorciers compagnons de Jésus. Les sorciers Ines et Jambres d’Égypte firent de plus nombreux prodiges que ceux du fils du charpentier.

—  Si vraiment je suis sorcier, dit Jésus, ces pères purs sont-ils aussi des sorciers ? Je vous dis en vérité, je ferai sortir de vous, contre vous, des juges qui vous feront opposition au jour du Jugement, jour de la résurrection, quand je viendrais dans ma gloire et dans la gloire des armées de mes anges purs.

À ces paroles ils lui jetèrent des pierres. Une nuée l’emporta et l’emmena jusqu’au fleuve du Jourdain où les pères vinrent vers Jésus. Ils lui dirent :

—  Voici que nous avons vu ta gloire, seigneur, que nous ordonnes-tu maintenant ?

—  Retournez en paix aux places d’où vous êtes ressuscités.

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CRÉATION DES ANGES  | Charles 1896, The Book of the Secrets of Enoch (2Enoch), c. 24, trad. slave (russe, bulgare, serbe) par Morfill

Le Seigneur m’appela et dit de m’asseoir à sa gauche avec Gabriel ; j’obéis au Seigneur et le Seigneur dit :

—  Henoc, les choses que par moi tu as vues sont complètes. Je te déclarerai maintenant à compter de la première quelles choses Je créai du non-existant, quelles choses visibles de l’invisible : mes secrets que Je n’ai pas même déclarés à mes anges, ne leur informant pas de leur origine, ne leur laissant pas comprendre ma création infinie, que Je te révèle aujourd’hui. Car avant que toutes les choses visibles existent, Je gardais mon cours seul parmi les choses invisibles d’est en ouest et d’ouest en est, comme le soleil. Même si le soleil se repose en soi, Je ne trouvai pas de repos parce que Je créai toutes choses.

Je planifiai alors de poser la fondation pour faire la création visible. J’ordonnai aux profondeurs תְּהוֹםtéhomGen 1.2 de sortir les choses visibles des invisibles, et voici, Adoil sortit très immense, sa couleur rouge était d’une grande lumière. Je le regardai fixement et lui dis, ‘Éclate en morceaux, que ce qui vient de toi soit visible’. Il éclata en morceaux et de là sortit une immense lumière. De la lumière sort la lumière parce que J’étais dans une immense lumière. De là sortit le grand monde, révélant toute la création que J’avais l’intention de faire. Je vis que ce fut bon. Je me fis un trône et m’assis dessus, et Je dis à la lumière, ‘Va en haut et sois établie par-dessus mon trône et sois les fondations des choses en haut’. Il n’y avait rien de plus haut que la lumière, et Je la vis de mon trône alors que Je l’inclinai devant moi.

Je convoquai une 2e fois les profondeurs et Je dis, ‘Que les choses solides sortent de l’invisible’. Arkhas sortit très rouge, solide et lourd, et Je lui dis, ‘Arkhas, départage-toi et que tu produises le visible’. Lorsqu’il fut départagé, le monde sortit solide, lourd et très foncé, amenant la création de ceux du dessous. Je vis que c’était bon et Je lui dis, ‘Va en bas t’établir et sois une fondation pour ceux d’en bas’. Il fut ainsi. Il alla s’établir et devint une fondation pour ceux d’en bas.

Comme il n’y avait rien sous l’obscurité, J’ordonnai une séparation entre la lumière et l’obscurité, Je dis, ‘Qu’une épaisse substance soit là’. Il fut ainsi. De là Je répandis l’eau, Je la répandis sous la lumière, au-dessus de l’obscurité. Ainsi J’affermis solidifiai les eaux, c’est-à-dire leurs profondeurs. J’encerclai les eaux avec la lumière et Je créai sept cercles que Je formai secs et humides comme du cristal, c’est-à-dire verre transparent et glace comme pour les eaux et les autres éléments pluie, neige, rosée, gel. Je montrai à chacun d’eux comment avancer dans leurs voies par rapport aux sept étoiles, chacun en leur ciel. Je vis que c’était bon.

J’ai séparé la lumière de l’obscurité, c’est-à-dire par les eaux, ici et là, et J’ai dit à la lumière, ‘Sois jour’, et à l’obscurité, ‘Sois nuit’. Le soir et le matin, ce fut le 1er jour.

J’affermis ainsi les cercles des cieux et fis que les eaux du dessous, sous les cieux, se rassemblent en un seul lieu et que les vagues s’assèchent. Il fut ainsi. J’affermis d’immenses pierres hors au-dessus des vagues et Je groupai ensemble une substance sèche hors des pierres que J’appelai terre.

Au centre de la terre J’assignai un gouffre, c’est-à-dire un abysse. (J’ordonnai aux eaux des abysses de s’assécher et que les débordements des abysses se rassemblent en rivières vers les mers au même endroit, et Je les délimitai d’un joug).

Je dis à la mer, ‘Voici, Je te donne une part éternelle mais tu ne bougeras pas de ta position établie’.Je fis le firmament et le fixai au-dessus de l’eau. J’appelai cela le 1er jour de création.

Il y eut un soir et un matin, le 2e jour Je conformai la nature de toutes les armées célestes à celle du feu : mon oeil regarda fixement la pierre très dure et solide et l’éclair reçut sa merveilleuse nature de la lumière sortie de mon oeil.

Le feu est dans l’eau et l’eau dans le feu, que ni l’un n’éteint, ni l’autre n’assèche. Aussi, l’éclair est plus lumineux que le soleil, et l’eau douce plus forte que la pierre dure.

Je retranchai des pierres le puissant feu, et Je fis du feu les rangs des armées spirituelles, 10 000 anges (et toutes les armées des étoiles, et les chérubim, les séraphim et les ophanim). Leurs armes sont de feu et leur habit est une flamme brûlante. Et Je leur commandai de se tenir chacun dans leurs rangs.

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ORDONNANCEMENT  | Charles 1913, The Book of Jubilees c.1 – Apocrypha and Pseudepigrapha of the Old Testament

L’ange de la présence parla à Moïse d’après la parole du Seigneur :

—  Écris l’histoire complète de la genèse et comment le Seigneur Dieu compléta tous ses travaux et tout ce qu’il avait créé en six jours, et se garda au repos le 7e jour. Il le choisit comme consacré dans tous les âges, en signe de tous ses travaux.

Au 1er jour il créa les cieux d’en-haut, les eaux d’en-haut, et tous les esprits de la terre qui servent devant lui :
1.     Les anges de la présence.
2.     Les anges de sanctification.
3.     Les anges de l’esprit des vents.
4.     L’ange de l’esprit des nuages de noirceur, de neige, de grêle et de cristal glacé.
5.     Les anges des voix esprits du tonnerre et de l’éclair.
6.     Les anges des esprits du froid, du chaud, du printemps, d’automne, d’été.
7.     Tous les esprits de ses créatures (qu’il créa) qui sont aux cieux, sur terre et aux abysses – dans l’obscurité, dans le crépuscule et dans la lumière de l’aube et du jour qu’il a préparés en connaissance de son coeur.

Lorsque nous avons vu ses travaux, nous avons louangés la gloire devant lui au compte de tous ses travaux parce qu’il avait créé ces sept grands travaux au 1er jour.

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ARCHANGES  | Charles 1893 The Book of Enoch, chap.20, trad. (guèze) prof. Dillmann

Voici les noms des saints anges qui surveillent :

Gabriel     גבריאל, un des saints anges,   sur le paradis, les séraphim et chérubim.

Michael     מיכאל, un des saints anges,    placé sur la meilleure part de l’humanité, sur le peuple.

Raguel       רְעוּאֵל, un des saints anges,     qui fait vengeance contre le monde et contre les luminaires.

Raphael   רפאל, un des saints anges,      l’ange des esprits des hommes.

Remeiel     רעמיאל, un des saints anges,   sur ceux qui s’élèvent les orgueilleux.

Saraqael  זהריאל, un des saints anges,   placé sur les esprits qui pèchent dans l’Esprit.

Ouriel      אוריאל, un des saints anges,   sur le monde et le shéol.

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LIBRE ARBITRE  | Gaster 1899, The Chronicles of Jerahmeel, p.15, trad. (hébreu) 

Quand Dieu voulut créer le monde terrestre, il appela l’unité des anges de l’archange Michael et leur dit :

—  Faisons l’homme à notre image, d’après notre ressemblance.

—  Qu’est-ce que l’homme que tu te souviennes de lui, le fils de l’homme, pour que tu penses à lui ? dirent-ils.

Dieu tendit son doigt parmi eux et les détruit aussitôt, il ne resta que Michael. Il appela l’unité des anges que Gabriel commandait et dit :

—  Faisons l’homme à notre image.

—  Qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui ? répondirent-ils aussi.

Dieu tendit de nouveau son doigt et les détruisit. Il appela ensuite Boel et son unité et leur dit :

—  Faisons l’homme à notre image.

—  Voyez ce qui est arrivé à ceux qui ont dit ‘Qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui’, tous furent détruits, dit Boel  à ses associés . Si nous répétons ce qu’ils ont dit, il fera la même chose pour nous et à la fin il accomplira sa volonté. Mieux vaut nous conformer à sa volonté.

—  Seigneur de l’univers, dirent-ils tous, c’est bien que tu aies pensé de créer l’homme. Crée-le conformément avec ta volonté, nous agirons comme participants et servants envers lui, et lui révélerons tous nos secrets.

—  Désormais, dit Dieu, ton nom ne sera plus Boel mais Raphael, car par ton conseil tu as sauvé toute ton armée pour qu’elle ne soit pas consumée comme les autres unités.

Dieu appela Gabriel et lui dit :

—  Va m’apporter de la poussière des quatre coins de la terre pour que Je crée l’homme.

Mais quand Gabriel alla prendre des poussières de la terre, la terre le repoussa et ne lui permit pas de prendre la poussière. Et Gabriel dit :

—  Terre, pourquoi ne pas écouter la voix de ton Seigneur qui t’a posée sur les eaux, sans base ni colonnes ?

—  Je suis destinée à devenir une malédiction d’être maudite à travers l’homme. Si Dieu lui-même ne prends pas de la poussière, jamais personne d’autre ne le fera, dit la terre.

Quand Dieu vit cela, il étendit sa main et prit de la poussière avec laquelle il créa le premier homme au sixième jour. Dieu créa la matière de l’homme de quatre couleurs, blanc, noir, rouge et vert : les os et les tendons du blanc, les intestins du noir, le sang du rouge et du vert la peau du corps. Et quand l’âme quitte le corps, le corps devient aussitôt livide vert. Alors la Torah dit à Dieu :

—  Seigneur de l’univers, cet homme que tu as créé péchera face à toi et vivra brièvement : qu’adviendra-t-il de lui ?

—  Serait-ce sans raison que Je suis appelé lent à la colère et abondant de miséricorde et de vérité… dit Dieu.
Je pardonnerai à celui qui revient à moi avec pénitence.

—  Si c’est ainsi, que ta volonté se fasse, dit la Torah.

Dieu pétrit la poussière et modela le premier homme dans un lieu pur, il le couvrit de peau et de nerfs, et lui donna une forme humaine, mais il n’avait pas encore de souffle, ni d’âme en lui. Dieu souffla avec le souffle de sa bouche et mit l’âme en lui comme il est dit : Il a soufflé dans ses narines le souffle de vie. (Genèse 2.7).  Adam se leva alors, regarda au-dessus et au-dessous, et il fut étonné d’émerveillement en voyant toutes les créatures que Dieu avait créées. Il se mit à exalter des louanges envers son Créateur, disant :

—  Seigneur, comme tes oeuvres sont grandes !

Lorsqu’il se tint debout, il ressemblait à Dieu et toutes les créatures qui le virent et eurent de la crainte : croyant qu’il était leur Créateur, ils prosternèrent face à lui mais Adam dit aux animaux :

—  Pourquoi vous prosterner devant moi ? Venez, allons tous auprès de celui qui nous a créés avec majesté et force pour le couronner Roi sur nous.

Dès qu’Adam eut parlé, toutes les créatures approuvèrent et se présentèrent devant la majesté et la force de leur Créateur et le proclamèrent Roi sur eux :

—  Notre Seigneur et Roi est vêtu de majesté !

Et Adam alla dans le jardin d’Éden pour servir comme un des anges.

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ORDRES DES RANGS  | Renan 1853, Journal Asiatique 1853, tome II, p.458, trad. (syriaque)

De la nature et des services que le Tout-Puissant attribua aux pouvoirs célestes pour gouverner ce monde. Ces êtres forment différents ordres placés l’un dessous des autres jusqu’à celui porté et mû par le prince.

Chérubim, séraphim & Trônes :  Ce sont eux qui se tiennent devant la gloire du Seigneur pour faire le service au trône et adresser en toute heure leurs offrandes et leurs honneurs.
― Les chérubim portent le trône et tiennent le sceau.
― Les séraphim font le service à la chambre du seigneur saint Esprit. (Psaumes 45.10)
― Les trônes sont à la porte du saint des saints.

Dominations :  Leur fonction est d’avoir l’intendance des royaumesentre leurs mains. Ce sont eux qui décident des victoires et des défaites sur le signe du Dieu vivant qui leur a confié le soin de la guerre.

Vertus :  Leur fonction est d’empêcher que les démons détruisent la création de Dieu par envie envers les humains. S’il fut permis à la race maudite de démons de faire leur volonté durant une heure, ils agiteraient à l’instant toute la création si la puissance de Dieu qui veille sur eux ne leur avait imposé ces gardiens.

Puissances :  Leur fonction est la gouvernance des corps lumineux du soleil, de la lune, et des étoiles.

Principautés :  Leur fonction est de se porter aux endroits où les nuages montent des extrémités de la terre, comme dit le prophète David, (Ps 135.7) pour faire descendre la pluie sur la terre. Ce sont eux qui produisent tous les changements de l’atmosphère, pluie, neige, grêle, pluies de poussière et pluies de sang. Les tonnerres et les éclairs leur appartiennent.

Archanges :  Leur fonction est de faire vivre tous les êtres d’après l’ordre de Dieu. Tous ceux qui existent dans la création – animaux terrestres, animaux ailés, reptiles, poissons, tous ceux qui sont dans ce monde, à l’exclusion des humains, sont confiés aux soins de leur gouvernance.

Anges :  La fonction que Dieu leur a confiée est de veiller sur chaque humain. Chaque homme vivant en ce monde a été adjoint pour sa garde d’un ange de cet ordre inférieur.

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PRIÈRES UNIVERSELLES  | Grébaut 1911, Revue de l’orient chrétien 1911, p.172 (guèze), Budge 1925, Book of the Cave of Treasure (syriaque), Migne 1856, Dictionnaire des apocryphes tome 1, p.290 (syriaque)

Apprends les heures du jour et de la nuit, (et sache) comment il faut que tu intercèdes auprès du Seigneur, etque tu pries à chaque temps. En effet, mon Créateur m’a enseigné cela. Il m’a dit les noms de toutes les bêtes sauvages, des animaux et des oiseaux du ciel, ensuite le Seigneur m’a fait comprendre le nombre des heures du jour et de la nuit, il m’a exposé comment les anges glorifient le Seigneur.         

1h, veille du jour — Comprends qu’à la première heure lever du soleil, la prière de mes enfants monte vers le Seigneur.

2h— La prière et demande des anges. Les prières et les pétitions des anges prennent place.

3h— Les oiseaux du ciel glorifient le Seigneur. Les oiseaux des cieux le glorifient.

4h — Adoration des spirituels.Les êtres spirituels se prosternent.

5h — Les bêtes et tous les animaux le glorifient.Tous les animaux sauvages et les bêtes le saluent.

6h— La demande des chérubim. Les pétitions des kirubel (chérubim) prennent place.

7h — Les anges entrent auprès du Seigneur, puis ils se départent de lui, car à cette heure la prière de tous les vivants monte vers le Seigneur.Tous les anges entrent dans la présence de Dieu et sortent, car à cette heure les prières de tous ce qui est vivant montent vers Dieu.

8h — Les lumineux êtres célestes le glorifient. Les brillants résidents du ciel le louangent.

9h — Les anges du Seigneur qui se tiennent devant le trône du Très-Haut le servent.Les anges de Dieu qui se tiennent devant le trône du Très-Haut lui rendent honneur.

10h — L’Esprit saint fait de l’ombre sur les eaux. Les démons s’enfuient et s’éloignent des eaux tout le jour, sinon personne ne pourrait boire l’eau car elle corromprait le corps à cause des démons mauvais. Si le prêtre prend de l’eau, y mélange l’huile sainte et oint les malades et ceux qui ont des esprits impurs, ils seront guéris de leurs maladies.Le saint Esprit ombrage les eaux et les démons se retirent des eaux en fuyant. Et si chaque jour à cette heure le saint Esprit n’ombrageait pas les eaux, personne ne pourrait boire des eaux, car sa chair serait détruite par les mauvais démons. Et si le prêtre prend l’eau à cette heure et ajoute une huile sainte pour oindre de ce mélange les malades et ceux qui sont possédés d’esprits souillés, ils seront guéris de leur maladie.

11h — Joie des justes. Les glorifications des justes prennent place.

12h— Le Seigneur Très-Haut reçoit la prière et la demande des enfants des hommes. Dieu le Très-haut reçoit les prières et les pétitions de tous les enfants des hommes.

1h, veille de la nuit — À la première heure de la nuit coucher du soleil, les démons rendent grâce au Seigneur Très-Haut et n’ont pas de méchanceté contre personne durant leur service.Aucun mal ni danger pour personne n’est en eux jusqu’à ce qu’ils finissent leur service d’honneur.

2h — Les poissons le glorifient, toutes les bêtes et monstres marins qui se trouvent dans l’eau.

3h — Le feu le glorifie jusqu’aux infimes profondeurs. À cette heure, personne ne peut s’entretenir avec le Seigneur.

4h — Les séraphim lui disent ‘Saint saint saint’. Les surafel (séraphim) le proclame Saint. [(Migne) Mon fils, avant mon péché j’entendais leurs ailes battre dans le paradis avec un son harmonieux consacré à leur service dans le temple].

5h — Les eaux qui sont au-dessus des cieux le glorifient (le cri des anges était semblable au bruit de grandes roues), et les flots crient vers le Seigneur des paroles de glorification.Les anges criaient la louange vers Dieu comme le cri d’une grande roue, comme le cri des vagues de la mer. [(Migne) Mon fils Seth, à cette heure les anges et moi entendions le bruit des grandes eaux élevant leur voix pour rendre gloire à Dieu par le signe caché de Dieu qui les agite].

6h — Les nuées glorifient le Seigneur avec crainte et terreur.Les nuages louangent Dieu avec tremblement de crainte. [(Migne) Assemblage des nuées. Terreur religieuse qui marque le milieu de la nuit].

7h— Toute la terre se tait, ainsi que tout ce qui est sur elle, et les eaux dorment. Si le prêtre prend de l’eau et mélange d’huile sainte (ex. huile de lampe d’église) et oint les malades et ceux qui ne dorment pas suite à une grande souffrance, ils seront guéris et ceux-là dormiront.La terre est jetée dans le silence avec tout ce qui était dessus et les eaux dorment. Si le prêtre etc. [(Migne) Repos des pouvoirs et de toutes les natures et que les eaux dorment. Si le prêtre etc.].

8h — La terre fait sortir l’herbe et les plantes, et fait pousser les arbres.La terre fait pousser herbes et plantes vertes, et fait sortir feuilles et fruits des arbres. [(Migne) Actions de grâces à Dieu pour la production des herbes et des graines quand la rosée céleste descend sur elles].

9h — Les anges servent le Seigneur et la prière des enfants des hommes entre devant le Seigneur Très-Haut.Les anges accomplissent leur service en honneur à Dieu et la prière des enfants des hommes vient dans la présence de Dieu Très-Haut. [(Migne) Service des anges qui se tiennent devant le trône de la Grandeur].

10h — Les portes du Ciel s’ouvrent et la prière de mes fidèles enfants est entendue, et les demandes qu’ils font sont exaucées par le Seigneur. À ce même moment, au bruit des ailes des séraphim, les cops chantent et glorifient le Seigneur. À cette heure où les séraphim battent des ailes et le coq chante, tout ce que l’humain demande est accordé. Les portes du Ciel sont ouvertes et Dieu entend la prière des enfants des croyants et la pétition qu’ils demandent à Dieu leur est accordé. Au bruit des ailes des séraphim à ce moment-là les coqs coqueriquent et louangent Dieu. [(Migne) Adoration des hommes. La porte du Ciel s’ouvre et laisse entrer les prières de tout ce qui vit ; elles se prosternent puis sortent].

11h — Joie et allégresse sur la terre quand le soleil entre dans le paradis et sa lumière se lève dans toutes les extrémités du monde et éclaire les créatures. À la 11er heure, joie et allégresse sur toute la terre car le soleil entre dans le Jardin et sa lumière se lève dans les confins du monde et illumine tout ce qui est créé. 

12h — Que mes enfants se tiennent devant le Seigneur et le servent. À cette même heure il y a un silence chez tous les êtres célestes. À la 12e heure il convient que mes enfants se tiennent devant Dieu et lui rendent hommage, car un silence s’impose à cette heure sur tous les êtres célestes. [(Migne) Attente et profond silence parmi tous les ordres des lumières et des esprits jusqu’à ce que les prêtres placent des parfums devant Dieu, puis tous les ordres et toutes les pouvoirs célestes se séparent].

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Inspire-moi de saints cantiques : mon âme, bénis le Seigneur ! L’éclat pompeux de ses ouvrages, dès la naissance des âges, fait l’étonnement des mortels. Les feux célestes le couronnent, les flammes qui l’environnent sont ses vêtements éternels. Pompignan

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UNIS POUR L'ÉTERNITÉ  | Rev. Baring-Gould 1884, Legends of the Patriarchs and the Prophets, p.15 (traduction révisée)

Au commencement de la création du ciel et de la terre, les anges furent créés libres d’arbitre, et d’intelligences, et d’être heureux de son amour et de sa volonté, unis à Dieu par la pensée et l’action pour l'éternité.

Libres, c’est avoir son propre jugement.
Heureux, c’est n’avoir besoin que de connaître sa volonté et savoir son amour.
Unis, c’est n’être des êtres spirituels qui ne font qu’un par son Esprit.

Dieu est parfaitement bon et pur. Sa science et son intelligence à l’infini sont la source de toutes les sciences et intelligences. Seul Créateur des vivants, visibles ou invisibles de toutes formes. Il ravive et anime les esprits, les âmes et les corps de tous uniquement par sa présence. Sa puissance est sans borne, comme sa miséricorde envers ses créatures. L’être à la sagesse suprême, fabuleux, insondable. Nul ne connaît l’étendue de sa puissance qui dépasse l’entendement.

C’est par leur libre arbitre qu’un petit groupe d’anges vint jusqu’à s’opposer à Dieu par désaccord à sa volonté. Le conflit fut suivi par la guerre dans le ciel dont parle Jean dans l’Apocalypse (xii. 7) : Il y eut la guerre dans le ciel, Michael et ses anges combattirent contre le dragon et ses anges qui ne prévalurent pas, leur place ne fut plus trouvée au ciel. Ce dragon (forme sous laquelle satan apparut lorsque Dieu lui retira son vêtement de splendeur], depuis qu’il a été chassé du ciel sur terre, avec ceux qui se sont joints à lui, trompe le monde entier.

Ce conflit survint aussitôt que satan voulut se faire adorer comme Dieu l’est de ses milices célestes (Ésaie xiv. 13) : Tu as dit dans ton coeur, je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des anges des étoiles de Dieu, je m’assoirai sur la montagne de l’assemblée du côté nord, je monterai au-dessus des anges des hautes nuées, je serai comme le Très-Haut. Cela fut désigné chute des anges ou anges déchus.

Les myriades d’anges de Dieu combattent où se trouvent ses ennemis, que ce soit sur terre, sur mer, ou au ciel, comme dit le prophète David : Je t’invoque car tu m’exauces, O Dieu, dans ma détresse j’ai invoqué l’Éternel, j’ai crié vers mon Dieu, et de son palais il a entendu ma voix, mon cri est parvenu à ses oreilles jusqu’à lui. (Psaumes 17.6, 18.7)

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ARCHANGES JUSTICIERS  | Charles 1893, The Book of Enoch, c. 9, transl. (guèze) Dillmann ; Charles 1896, The Book of the Secrets of Enoch, c.1, transl. (slave) Morfill

Quand la terre se plaint des injustes, les hommes périssaient, ils élevèrent leur voix qui monta jusqu’au ciel. Du ciel, Michael, Gabriel, Raphael et Ouriel regardèrent en bas et virent la grande quantité de sang versé sur la terre, et tous les méfaits perpétrés sur la terre. Ils se dirent l’un l’autre :

—  La terre qui a formé les habitants fait porter l’écho de leurs cris jusqu’à la porte du Ciel. Et c’est vers vous maintenant, saints du ciel, que les âmes des humains se plaignent et disent : Faites-nous justice auprès du Très-haut.

Et ils parlèrent à leur Seigneur Roi :

—  Élohim, Seigneur des seigneurs, Roi des rois sur toutes les générations des âges ! Gloire à ton saint Nom et au trône de ta gloire dans tous les âges ! Tu es glorieux et béni par ce que tu as fait, tu as domination sur tout ! Toutes choses sont nues et découvertes à ta vue, tu vois tout et rien ne peut se cacher à toi !

Tu as vu tout ce qu’azazel a fait et enseigné, les injustices qu’il a révélées sur terre, ainsi que les choses formées aux cieux qui sont cachées au monde. Et shemihazah, à qui tu as donné autorité pouvoir de diriger ses affiliés, leur a révélé des enchantements pour aller vers les filles de la terre et coucher avec elles. Ils se sont corrompus avec les femmes à qui ils ont révélé ces péchés, et elles ont enfanté des géants qui ont rempli la terre entière de sang et d’injustices. Voici, maintenant les âmes des morts se plaignent et gémissent jusqu’à la porte du Ciel, leurs plaintes montent parce qu’ils n’arrivent pas à se détourner des injustices qui sont faites sur terre. Tu connais toutes choses avant qu’elles arrivent, tu connais cette chose et chaque chose qui les affecte, mais tu ne nous as rien dit. Que devons-nous faire ?

Le Très-haut saint glorieux dit d’envoyer Ouriel vers Noah [1056–2006 de la création] fils de Lamech pour lui dire :

—  Dis-lui en mon Nom : Cache-toi. Et révèle-lui la fin qui approche, que la terre entière va être détruite par un déluge qui viendra à présent, que tout ce qui est sur la terre sera totalement détruit. Avertis-le ainsi pour qu’il en échappe et que sa lignée soit préservée pour les générations.

Et le Seigneur dit à Raphael :

—  Attache pied et main d’azazel et mets-le dans le noir. Fais une ouverture au désert de Dudael et mets-le dedans, mets sur lui de rugueuses pierres acérées et couvre-le de noir, qu’il y reste pour toujours. Couvre sa face qu’il ne voie pas la lumière, et au grand Jour du jugement il sera jeté au feu.

Guéris la terre, annonce la guérison de la terre que ces anges ont souillée, car Je guérirai la terre et les enfants des hommes ne périront pas tous à cause des secrets que les vigiles ont révélés et enseignés à leurs fils. La terre entière a été souillée à travers les enseignements malfaisants d’azazel, qu’à lui incombe tous les péchés.

Et Dieu dit à Gabriel :

—  Procède contre les enfants de fornication des réprouvés et détruis les enfants de fornication des vigiles parmi les humains. Fais-les sortir et envois-les l’un contre l’autre qu’ils se détruisent en combattant l’un contre l’autre et n’aient pas de longs jours. Aucune requête que leurs pères te feraient à leur sujet ne sera acceptée malgré leur espérance de vie de 500 ans et de vie éternelle.

Le Seigneur dit à Michael :

—  Va annoncer à shemihazah et ses affiliés qui se sont unis aux femmes jusqu’à se souiller avec elles dans leurs impuretés, qu’ils verront leurs fils bien-aimés se faire tuer à mort l’un l’autre. Attache-les sous les collines de la terre pendant 70 générations, jusqu’au jour de leur achèvement et leur jugement, jusqu’à ce que le jugement s’accomplisse pour toujours à jamais. En ces jours ils seront conduits vers l’abysse de feu où ils seront enfermés dans le tourment pour toujours à jamais en prison. (shemihazah sera brûlé) et quiconque est condamné sera attaché ensemble et détruit avec eux jusqu’en fin de toutes les générations. Détruis totalement les âmes pleines de convoitise et les enfants des vigiles qui ont égaré la race humaine ; détruis totalement l’oppression de la surface de la terre, que tout acte malveillant cesse.

Et quand le plant de justice et de droiture messie paraitra, le labeur prouvera une bénédiction. La justice et la droiture seront rétablies à tout jamais dans la joie. Quand tous les justes réchapperont, ils vivront jusqu’à engendrer 1,000 enfants et tous les jours de leur jeunesse et leurs sabbats seront complétés en paix.

En ces jours toute la terre sera labourée avec justice, entièrement plantée d’arbres, et pleine de bénédiction. Tous arbres délicieux y seront plantés et les vignes y seront plantés. Le plant de vigne qui y sera planté portera du vin en abondance et toutes les semences qui y seront semées porteront 10,000 pour une mesure, et une mesure d’olive produira 10 presses d’huile.

Nettoie totalement la terre des oppressions, des injustices, des péchés, des impiétés et des impuretés qui ont été commis sur terre : détruis-les de la terre. Que tous les enfants humains deviennent justes et que toutes les nations m’offrent des louanges d’adoration et me vénèrent tous lorsque la terre sera entièrement nettoyée des corruptions, des péchés, des tourments et des châtiments. Car Je ne (les) lui enverrai plus jamais, de génération en génération pour toujours.

En ces jours J’ouvrirai les chambres de bénédiction qui sont au ciel pour les envoyer en bas sur terre sur le travail et labeur des enfants des hommes. Justice et paix seront fiancées dans toutes les générations du monde et durant tous les jours du monde.

Dieu aima ce grand sage bienfaisant et l’accueillit pour qu’il voie les résidences célestes des royaumes du grand Dieu sage et immuable, inconcevable Maître de tout, et la gloire merveilleuse de :
− toutes les positions lumineuses maintenues par les servants anges du Seigneur ;
− l’inapprochable trône du Seigneur ;
− les degrés et manifestations des armées incorporelles ;

et pour être le témoin visuel de :
− l’administration indicible de la multitude des créatures et de la variété des aspects ;
− le chant indescriptible de l’armée des chérubim ;
pour qu’il témoigne intégralement de ce monde infini.

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ANGES SECOUREURS  | Gervaise 1699, La vie de s. Martin

Quoiqu’il y eut déjà beaucoup de chrétiens dans les plus grandes villes, il y en avait cependant très peu, ou presque pas dans la campagne. C’était là ou l’idolâtrie s’était retranchée comme dans son fort depuis que les adorateurs d’idoles tombèrent dans le mépris, qu’ils eurent été dégradés et déclarés incapables de fonctions et d’emplois publics par les empereurs chrétiens. Ceux qui étaient plus attachés à leur superstition se retirèrent dans les campagnes afin d’avoir la liberté d’exercer du culte sacrilège qu’ils rendaient aux idoles.

C’est de là qu’on croit que leur a été donné le nom de païens, pagani en latin, d’ou dérive le mot pagus qui signifie bourg ou village, comme qui aurait voulu dire habitant des villages, ou paisans. C’était aussi dans ces endroits les plus retirés que le démon exerçait sa tyrannie avec plus de cruauté. Je ne sais si la brutalité et la stupidité des habitants de ce lieux y contribuait, ou si les démons se plaisent davantage dans les endroits solitaires que dans les lieux habités, mais des personnes dignes de foi ont observé pendant leur séjour parmi les infidèles que ces esprits malins ont plus de liberté d’y nuire, et qu’ils sont plus redoutés par ces misérables idolâtres que dans les villes et les lieux les plus habités.

Il y aurait lieu de croire que c’était pour achever de détruire l’emprise des démons dans les déserts, que Dieu inspira tant de solitaires de quitter les villes et de s’aller cacher dans ces lieux écartés pour y attaquer ces esprits de ténèbres dans leur fort. Ce fut aussi à la campagne que Martin [316–397] s’attacha dans les premières années de son épiscopat évêque de Tours, rien ne convenait mieux à cet esprit d’humilité dont il était rempli, ni à un apôtre comme lui de commencer les fonctions de son ministère par où Jésus a lui-même fait ainsi que les douze premiers qu’il a formés, je veux dire par annoncer le Royaume de Dieu aux pauvres et aux personnes simples, et les plus grossières.

On ne peut s’imaginer combien de sueurs, de fatigues et de travaux il lui fallut essuyer, ni à combien de dangers il exposa sa vie pour procurer la connaissance de Dieu à ces païens encore à demi barbares. Comme il détruisait autant qu’il put les temples des fausses divinités, sitôt qu’il avait affranchi de ces servitudes les habitants d’un lieu, il avait soin d’élever à l’instant sur leurs ruines des églises et d’y consacrer des autels au vrai Dieu. Sa divine bonté daigna lui faire connaitre en plusieurs rencontres, par les prodiges qui autorisèrent ses entreprises, combien son zèle lui était agréable. Car si les païens des environs s’y opposaient comme il arrivait souvent, et que les nouveaux chrétiens ne fussent pas assez forts, ni en assez grand nombre pour leur résister, il l’aidait alors du ministère de ses anges. On les a vu plus d’une fois combattre pour lui, et mettre en fuite des troupes d’idolâtres qui étaient venus s’opposer à la démolition de ces édifices.

Il y avait dans un bourg, que Severe Sulpice appelle le Lepreux, qu’on croit être de Louroux, en Touraine près de Mantelan, un ancien temple d’idoles fort fréquenté, devenu extrêmement riche par les dons qu’on y faisait de tous côtés. Martin, après avoir annoncé l’évangile aux habitants du lieu et en avait converti plusieurs à la foi, voulut à son ordinaire travailler avec eux à sa destruction. Mais les païens du bourg et des environs ayant été avertis, s’y assemblèrent en si grand nombre et avec tant de fureur, qu’il fut repoussé avec ceux de sa suite avec perte. Plus touché de voir la force de Jésus Christ surmontée en quelque façon par celle du démon, que confus du mépris et de la raillerie auxquels il s’était exposé, il s’alla cacher dans un lieu désert peu éloigné du bourg et y passa trois jours entiers sans manger, prosterné face contre terre, couvert de cendre et d’un cilice, demandant à Dieu avec larmes qu’il lui plut d’employer son bras tout puissant dans une occasion ou la force humaine avait été obligé de succomber. Trois jours ne furent pas plus tôt expirés que deux anges se présentèrent à lui, armés de lances et couverts de boucliers, tout disposés à livrer combat aux esprits de ténèbres. Ils lui dirent qu’ils avaient été commandés exprès pour l’aider dans le dessein qu’il avait formé, et mettre en fuite toute cette multitude de barbares qui l’avaient obligé de fuir lui-même. Qu’il retourne donc sur le champ achever avec son zèle ordinaire la démolition du temple qu’il avait commencée. Martin se leva à l’instant, et revenu au bourg assuré de la victoire, il démolit ce fameux temple de fond en comble, renversa ses autels, brisa en poudre les idoles sans que les païens y firent aucune résistance.

Une vertu toute semblable, ayant autrefois frappé d’aveuglement l’armée des assiriens assyriens lorsqu’elle assiégeait le prophète Élisée dans la ville de Dothan, les rendit immobiles pendant toute l’action. Et les yeux de leurs âmes s’étant ouverts après, ils reconnurent que c’était-là l’ouvrage du vrai Dieu dont seule la puissance avait pu les empêcher de résister à un homme qui paraissant la faiblesse même, qu’ils avaient repoussé honteusement trois jours auparavant.

Ils crurent en Jésus Christ, et rendant gloire, ils détestèrent leurs idoles dont ils reconnaissaient l’impuissance, et se disposèrent tous à recevoir le baptême que le st évêque leur conféra après les avoir instruits suffisamment dans la foi.

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ANGES DE LUMIÈRE  | Emmerich, Vie notre-seigneur Jésus Christ, tome 3, trad. (allemand) Duley et Ébeling, Téqui 1922, ou Passion de Jésus Christ

Jésus rendit son âme dans un grand cri. Son âme lumineuse pénétra dans la terre au pied de la croix, et plusieurs anges l’accompagnaient avec Gabriel. Resplendissant de lumière, le seigneur fut porté en triomphe en enfers par les anges, sa divinité saint Esprit resta unie à son âme, autant qu’à son corps pendu sur la croix. [...] Il se montra en juge sévère quand il approcha le fond de l’Abîme.

L’enfer a la forme d’une voûte immense taillée dans un roc d’aspect épouvantable, partout les ténèbres règnent à part une lueur très faible de reflet métallique. À l’entrée sont d’énormes portes noires dont la seule vue fait frémir. Lorsque les portes furent enfoncées, un horrible hurlement se fit entendre quand l’horrible monde des ténèbres apparut. L’enfer ressemble à un regroupement d’hommes et de maisons au milieu des champs où la discorde, la haine et le désespoir règnent, et tout est désordonné. En enfer sont d’affreuses cavernes où règnent les ténèbres, la malédiction et le désespoir, il y a des déserts et des marais remplis de choses qui suscitent le dégoût et l’horreur. Ici l’haineuse discorde des réprouvés, là toutes sortes de perversité et de mensonge punissables de tourments infinis. Tout est désolation et seulement la pensée que chacun doit récolter ce qu’il a semé par ses péchés d’après la justice de Dieu. La nature démoniaque du péché est à nu et le serpent dévore ceux qui le nourrissaient dans leur sein. 

Quand les anges ouvrirent les énormes portes, un chaos de plaintes blasphématoires et hurlements injurieux se firent entendre. Les anges terrassèrent les armées de démons et la plupart furent enchaînés, tous contraints de reconnaître Jésus et de le révérer, ce qui fut pour eux un supplice cruel. Au milieu de l’enfer se trouve un abîme de ténèbres, lucifer y fut précipité, chargé de chaînes, et des vapeurs noires s’étendirent autour de lui. D’innombrables troupes d’âmes rachetées sortirent du purgatoire de l’enfer pour accompagner Jésus au paradis.

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ANGE DE LA MORT  | Ginzberg 1911, The Legends of the Jews, volume 3, p.462 et 446

Tout comme il avait prononcé onze bénédictions, Moïse composa onze psaumes pour les onze tribus bénies par lui. Ces psaumes de Moïse furent plus tard mis dans le Psautier de David où les psaumes d’Adam, de Melchisédec, d’Abraham, de Salomon, d’Asaph et des trois fils de Koré ont aussi trouvé leur place. Voici les premiers psaumes de Moïse. Ce psaume de Moïse va à la tribu de Lévi qui demeurait sous l’ombre du Tout-Puissant dans le Sanctuaire :

–     Tu détournes l’homme de la destruction en disant : Retournez fils d’hommes, pardonnez le père de la tribu de Réuben qui a péché, revenez à Dieu. Celui qui habite dans le lieu secret du Très-Haut demeurera sous l’ombre du Tout-Puissant.

Ce psaume revient à la tribu de Judah dont le nom signifie louange au Seigneur :

–     C’est une bonne chose de remercier le Seigneur.

Ce psaume va à Benjamin, car le Sanctuaire se tenait dans son lot, d’où ce psaume se termine ainsi :

–     Le Seigneur est vêtu de majesté. O Seigneur, la sainteté revient à ta maison pour toujours.

Le psaume composé par Moïse est pour la tribu de Gad. Élie qui était membre de cette tribu devait détruire les fondements des idolâtres et lever la vengeance du Seigneur contre eux :

–     O Seigneur, brille toi Dieu à qui revient la vengeance, toi Dieu à qui revient la vengeance.

Ce psaume va à la tribu des instruits d’Issacar, cette tribu s’occupait du livre des louanges de la Torah :

–     Viens, chantons au Seigneur, faisons de joyeux sons au Rocher de notre salut.

Moïse eut encore d’autres bénédictions pour chaque tribu, mais sachant que son temps touchait son terme il les inclut tous en une bénédiction  :

–     Bienheureux es-tu O Israel, qui est un peuple comme toi sauvé par le Seigneur, le bouclier de ton secours et l’excellence de ton épée. 

Par ces mots il répondait en même temps à une question qu’Israel mit devant lui :

—  Maître Moïse, dis-nous quelle bénédiction Dieu nous accordera-t-il dans le monde futur ?

—  Je ne peux la décrire mais je peux vous dire d’être heureux de ce décret envers vous, répondit-il.

Au même moment Moïse implora Dieu de restituer à Israel dans le monde futur l’arme céleste qu’il leur avait repris après l’adoration du veau d’or. Et Dieu dit :

—  Je jure de leur rendre.

Quand Moïse termina sa bénédiction, il demanda à Israel de pardonner sa sévérité envers eux.

—  Vous avez beaucoup supporté de moi pour accomplir la Torah et ses commandements, pardonnez-moi. 

—  Notre maître et seigneur, c’est pardonné, répondirent-ils.

Ce n’était pas à leur tour de lui demander pardon mais ils le firent par ces mots :

—  Nous avons souvent soulevé ta colère et t’avons imposé de nombreuses charges, pardonne-nous maintenant.

—  C’est pardonné, dit-il.

—  L’heure est venue de partir du monde, des gens vinrent lui dirent.

—  Béni soit le Nom de celui qui vit et endure en toute éternité ! dit Moïse.

Se tournant vers Israel, il dit :

—  Quand vous serez entrés en terre d’Israel, je vous prie de vous souvenir de moi et de mes os, et ne pas dire ‘Malheur au fils d’Amram qui courrait devant nous comme un cheval mais ses os sont restés au désert’. 

—  O notre maître, dit Israel, que deviendrons-nous quand tu seras parti ?  

—  Dieu était avec vous quand j’étais avec vous, dit Moïse, mais ne pensez pas que tous les signes et les miracles qu’il a faits par moi ont été faits pour moi, mais pour votre bien, et pour son amour et sa miséricorde. Il exécutera vos souhaits si vous avez foi en lui.

Ne vous confiez pas aux princes fils d’homme qui ne sont d’aucun secours. Que pouvez-vous attendre du secours d’un homme créé de chair et de sang, qui ne peut se protéger de la mort ? Mettez votre confiance en la parole de celui qui soulève le monde, qui vit et endure en toute éternité. Que vous soyez à charge de péché ou non, déversez votre coeur devant lui, tournez-vous vers lui. 

—  Le Seigneur est Dieu, le Seigneur est Dieu, notre force et refuge en Dieu, dit Israel.

Une voix du ciel retentit en disant :

—  Moïse, pourquoi t’efforces-tu en vain ? Tu n’as qu’une demi-heure à vivre dans le monde.

Moïse, à qui Dieu avait montré la rétribution des hommes pieux dans le monde futur et qu’il ouvrirait les portes du salut et de la consolation à Israel par la suite, dit alors :

—  Réjouis-toi O Israel : qui est un peuple comme toi sauvé par le Seigneur ? 

—  Habitez en paix, je vous reverrai à la résurrection, dit-il en faisant ses adieux au peuple en pleurant.

Et il s’éloigna d’eux en pleurant fortement. Israel éclata en larmes si fortement que leurs lamentations s’élevèrent au plus haut ciel. Moïse retira son vêtement du dessus, déchira sa tunique et jeta de la poussière sur sa tête, la recouvrant comme ceux qui sont en deuil. Il se rendit vers sa tente dans cet état, au milieu des larmes et des lamentations, et dit :

—  Malheur à mes pieds qui n’entrent pas en terre d’Israel, à mes mains qui n’en cueillent pas ses fruits, à mon palais qui ne goûte pas les fruits de la terre où coulent le lait et le miel.

Moïse prit un parchemin où il écrivit le Nom ineffable et le livre du chant, et alla le remettre à Josué. Arrivé dans la tente de Josué, Josué étant assis, Moïse resta debout penché devant lui sans être remarqué par Josué. Par ce traitement irrespectueux, Dieu fit en sorte que Moïse puisse souhaiter la mort de lui-même, car Moïse avait prié Dieu de le laisser vivre ne fût-ce comme un simple citoyen. Dieu agréa sa prière et lui dit :

—  Si tu n’as pas d’objection à te subordonner à Josué, alors tu vivras.

Après ce consentement, Moïse partit écouter l’enseignement de Josué. Les gens s’étaient rassemblés devant la tente de Moïse, selon leur habitude, pour écouter de lui la parole de Dieu. Ne le trouvant pas et apprenant qu’il était parti chez Josué, ils y allèrent aussi et trouvèrent Josué assis et Moïse debout. Ils dirent à Josué :

—  À quoi penses-tu assis, pendant que ton maître Moïse se tient les mains jointes penché devant toi ?

Indignés vis-à-vis de Josué, ils l’auraient sitôt tué dans leur colère si une nuée n’était descendue s’interposer entre le peuple et Josué. Josué remarqua que Moïse se tenait face à lui et se leva en pleurant avec larmes :

—  O Moïse mon père et maître, qui m’a élevé comme un père dès ma jeunesse, qui m’a instruit avec sagesse, pourquoi me faire une telle chose qui m’apporterait une punition divine ?

Les gens demandèrent alors à Moïse de les instruire comme d’habitude dans la Torah.

—  Je ne suis pas permis de faire ainsi, leur dit- il.

Ils ne cessèrent de l’importuner jusqu’à ce qu’une voix du ciel retentît en disant :

—  Apprenez de Josué.

Les gens furent d’accord de reconnaître Josué comme maître et s’assirent face à lui pour écouter son enseignement. Et Josué commença à les enseigner, Moïse assis à sa droite, Éléazar et Itamar les fils d’Aaron à sa gauche. Josué commença par ces mots :

—  Louange à Dieu qui prend plaisir aux hommes pieux et à leurs enseignements !

Au même instant les trésors de sagesse quittèrent Moïse et allèrent dans la possession de Josué, à tel point que Moïse fut dans l’incapacité de suivre l’enseignement de son disciple Josué. Quand Josué termina l’instruction, Israel demanda à Moïse de revoir avec eux ce que Josué avait enseigné.

—  Je ne sais comment répondre à votre demande, leur dit- il.

Il essaya d’expliquer l’enseignement de Josué mais ne le pouvait pas car il n’avait pas compris. Il dit à Dieu :

—  Seigneur de l’univers, je désirais la vie jusqu’à maintenant mais à présent je souhaite la mort. Plutôt cent fois mourir que jalouser une seule fois.

Dieu perçut que Moïse était prêt à mourir et il dit à l’ange Gabriel :

—  Va me chercher l’âme de Moïse.

—  Comment présumer l’approcher pour prendre son âme, dit-il, qui surpasse soixante myriades de mortels ?

Dieu chargea l’ange Michael d’aller chercher l’âme de Moïse mais il refusa avec larmes sous les mêmes motifs que Gabriel. Dieu dit alors à l’ange Zagzagel : 

—  Va me chercher l’âme de Moïse.

—  Seigneur de l’univers, j’ai été son maître et lui mon disciple, comment pourrais-je prendre son âme ?

Et Samael ange de la mort parut devant Dieu et dit :

—  Seigneur de l’univers, Moïse le maître d’Israel, est-il vraiment plus grand qu’Adam que tu as créé à ton image et ta ressemblance ? Moïse est-il plus grand peut-être que ton ami Abraham, qui pour la gloire de ton Nom s’est jeté dans la fournaise ardente ? Moïse est-il plus grand peut-être qu’Isaac qui fut d’accord d’être attaché sur l’autel en sacrifice pour toi ? Est-il plus grand aussi que ton premier-né Jacob, ou que ses douze fils, tes arbrisseaux ? Pourtant aucun d’eux ne m’a échappé. Permets-moi d’aller chercher l’âme de Moïse. 

—  Pas un d’eux tous ne l’égalent, répondit Dieu. Comment prendras-tu son âme, par sa face ? Comment approcheras-tu sa face qui a regardé ma face. Par ses mains ? Comment approcheras-tu ses mains ont reçu la Torah. Par ses pieds ? Comment approcheras-tu ses pieds ont touché mes nuages ? Non, tu ne pourras pas du tout l’approcher. 

—  Néanmoins je te prie de me permettre d’aller chercher son âme, dit Samael.

—  Tu as mon consentement, dit Dieu.

Samael sortit de la présence de Dieu en grande jubilation. Il prit son épée, se ceignit de cruauté, s’enveloppa grandement de colère et de rage et se rendit vers Moïse. Quand Samael aperçut Moïse, qui était occupé à écrire le Nom ineffable, une flèche de feu jaillit de sa bouche, ses yeux et son visage irradiaient autant que le soleil qu’il semblait être un ange des armées du Seigneur. Samael s’effraya tremblant et pensa :

—  C’était vrai quand les autres anges ont déclaré qu’ils ne pouvaient prendre l’âme de Moïse.

Moïse sut que Samael viendrait, et avant son arrivée, il avait levé les yeux et regardait Samael. C’est à cela que les yeux de Samael s’obscurcirent à la radiante face de Moïse ; il tomba sur sa face saisi des douleurs d’une femme qui accouche et ne put ouvrir la bouche dans sa terreur. Moïse s’adressa à lui :

—  Samael, Samael. Mon Dieu dit ‘Il n’y a pas de paix pour les méchants’. Pourquoi te tiens-tu devant moi ? Sors tout de suite d’ici ou je te coupe la tête.

—  Mon maître, répondit Samael tremblant avec crainte, pourquoi être en colère contre moi, donne-moi ton âme car ton temps est venu de quitter le monde.

—  Qui t’envoie vers moi ?

—  Celui qui a créé le monde et les âmes.

—  Je ne te remettrai pas mon âme.

—  Toutes les âmes depuis la création du monde sont remises dans mes mains.

—  Je suis plus grand que tous les autres venus dans le monde, j’ai eu avec l’Esprit de Dieu une communion plus grande que toi et vous ensemble.

—  Sur quoi se base ta prédominance ?

—  Ne sais-tu pas que je suis le fils d’Amram, sorti circoncis du ventre de ma mère, qui non seulement ai marché à l’âge de trois jours mais ai parlé avec mes parents, qui n’ai pris aucun lait de ma mère jusqu’à ce qu’elle reçoive son salaire de la fille de pharaon.

Quand j’ai eu trois mois ma sagesse était si grande que j’ai prophétisé que je recevrai plus tard la Torah de la main droite de Dieu. À l’âge de six mois je suis entré dans le palais de pharaon et retirai la couronne de sa tête.

À 24 ans j’apportai les dix plaies sur pharaon et les égyptiens, tuai leur ange gardien et conduis les soixante myriades d’Israel hors d’Égypte. J’ai séparé la mer en douze parts et conduit Israel au milieu. J’ai noyé les égyptiens de la même manière. Ce n’est pas toi qui aies pris leur âme, mais moi.

C’est aussi moi qui ai transformé l’eau amère en douce, je suis monté au ciel et ai parlé là avec Dieu face à face. J’ai taillé deux tables de pierre où Dieu a écrit la Torah à ma demande, j’ai demeuré au ciel 120 jours et autant de nuits où je suis resté sur le trône de gloire comme un ange. Pendant tout ce temps, je n’ai consommé ni pain ni eau. J’ai conquis les habitants du ciel et fis connaître leurs secrets à l’humanité.

J’ai reçu la Torah de la main droite de Dieu et sur son ordre j’ai écrit 613 commandements qu’ensuite j’ai enseignés à Israel. J’ai aussi fait la guerre contre les héros de Sihon et d’Og, créés avant le déluge, si grands que les eaux du déluge n’ont pu atteindre leurs chevilles, par mon bâton j’ai tué les deux héros dans la guerre contre eux et décrété au soleil et à la lune de s’arrêter. (Nombres 21.21)

Où y-a-t-il peut-être dans le monde un mortel qui pourrait faire tout cela ? Comment oses-tu méchant, prétendre vouloir prendre mon âme pure qui me fut donnée avec la sainteté et avec la pureté du Seigneur de sainteté et de pureté ?! Tu n’as pas le pouvoir de t’asseoir où je m’assois, ni de te tenir où je me tiens. Pars sur-le-champ d’ici car je ne te remettrai pas mon âme.

Terrorisé, Samael retourna vers Dieu pour lui rapporter les paroles de Moïse. La colère de Dieu s’enflamma contre Samael :

—  Va me chercher l’âme de Moïse. Si tu ne le fais pas, je te déchargerai de ta fonction de prendre les âmes des hommes et j’en investirai un autre.

—  O Seigneur Dieu de l’univers dont les actions sont terribles, implora Samael, dis-moi d’aller dans le shéol et de le renverser de haut en bas, et de bas en haut, je le ferai aussitôt sans hésiter, mais je ne peux paraître devant Moïse.

—  Pourquoi pas je te prie ? 

—  Je ne peux le faire parce qu’il est comme les princes de ton grand chariot, des éclairs et des flèches de feu sortent de sa bouche quand il me parle, comme les séraphim lorsqu’ils t’acclament et te glorifient de louanges. Je te prie de ne pas m’envoyer vers lui car je ne peux paraître devant lui.

—  Va me chercher l’âme de Moïse, Dieu dit à Samael avec colère.

Alors qu’il partait mettre à exécution l’ordre de Dieu, le Seigneur dit en plus :

—  Toi méchant, qui fut créé du feu de l’enfer, tu retourneras au feu de l’enfer à la fin. Tu as entrepris de tuer Moïse en grande allégresse d’abord, mais quand tu as perçu sa grandeur et son éminence, tu as dit ‘Je ne peux rien entreprendre contre lui’. Maintenant il est manifestement clair devant moi que tu reviendras dans l’humiliation de la honte par lui une seconde fois.

Samael tira son épée du fourreau et partit en grande fureur vers Moïse en se disant :

—  Soit je le tuerai, soit il me tuera.

Lorsque Moïse le vit, il se leva de colère, son bâton en main où était gravé le Nom ineffable, prêt à chasser Samael. Moïse le poursuivit car Samael s’enfuit de peur, quand il l’atteint et le frappa de son bâton, il l’aveugla aussi par la radiance de sa face puis le laissa fuir dans la honte de la confusion. Il fut près de le tuer, mais une voix du ciel retentit en disant :

—  Moïse, qu’il vive car le monde a besoin de lui.

Moïse se contenta de châtier Samael. Le temps de Moïse étant complet, une voix du ciel retentit en disant :

—  Moïse, pourquoi t’efforcer en vain ? Ta dernière seconde approche.

Moïse se leva aussitôt prier :

—  Seigneur de l’univers, rappelle-toi du jour où tu t’es révélé à moi dans le buisson d’épines, rappelle-toi aussi du jour où je suis monté au ciel pendant 40 jours que je n’ai rien pris à manger et à boire. Toi miséricordieux et graciant, ne me livre pas dans les mains de Samael.

—  J’ai entendu ta prière, répondit Dieu, moi-même je m’occuperai de toi, je t’enterrerai.

Moïse se sanctifia comme font les séraphim des plus hauts cieux qui entourent la majesté divine. Dieu se révéla pour recevoir l’âme de Moïse. Lorsqu’il aperçut le saint Être, béni soit son Nom, Moïse tomba sur sa face en disant :

—  Seigneur de l’univers qui as créé le monde avec amour, qui le guides avec amour : traite-moi avec amour aussi, ne me livre pas dans les mains de l’ange de la mort. 

—  Moïse, n’aie crainte, vint lui dire une voix céleste, la gloire du Seigneur sera ta rétribution, car ta justice ira devant toi.

Dieu descendit du ciel avec les trois anges Michael, Gabriel et Zagzagel : Gabriel arrangea la couche de Moïse, Michael y étendit un drap violet, et Zagzagel déposa un oreiller de laine. Dieu se mit à la tête de Moïse, Michael à sa droite, Gabriel à sa gauche, et Zagzagel à ses pieds. Et Dieu dit à Moïse :

—  Croise tes pieds.

Moïse le fit. Et il dit ensuite :

—  Ferme tes mains et pose-les sur ta poitrine.

Moïse le fit. Et Dieu dit :

—  Ferme tes yeux.

Moïse le fit. Et Dieu parla à l’âme de Moïse :

—  Ma fille, j’avais décrété il y a 120 ans que tu habites dans le corps de ce juste. Ton temps est maintenant venu, n’hésite pas à le quitter.

—  Je sais que tu es Dieu sur les esprits et les âmes, que les âmes des vivants et des morts sont dans ta main, que tu m’as créée et mise dans le corps de cet homme juste. Est-il nulle part dans le monde un corps aussi pur et saint que celui-ci, où jamais une mouche ne s’est posée, où jamais la lèpre ne s’est montrée. Je l’aime et ne veux pas le quitter, répondit l’âme.

—  Ta fin est venue ma fille, n’hésite pas, Dieu répondit. Moi-même Je te prendrai dans les plus hauts cieux et te laisserai demeurer sous le trône de ma gloire comme les séraphim, les ophanim, les chérubim et les autres anges.

—  Seigneur de l’univers, je souhaite rester avec cet homme juste. Tu as suspendu azza et azazel par punition entre le ciel et la terre, les deux anges descendus du ciel sur terre qui ont souillé leur mode de vie et aimé les filles de la terre. Mais lui, fils d’Amram, créature de chair et sang, répondit l’âme, s’est gardé séparé de sa femme depuis le jour où tu t’es révélé dans le buisson d’épines. Permets-moi donc de rester où je suis.

Voyant que son âme résistait à quitter, Moïse dit :

—  Est-ce parce que l’ange de la mort souhaitait avoir son pouvoir sur toi ?

—  Non, car Dieu ne souhaite pas me livrer dans les mains de la mort, répondit l’âme.

—  Peut-être voudrais-tu pleurer mon départ avec ceux qui pleureront ?

—  Le Seigneur a délivré mes yeux des larmes. (Psaumes 116.8)

—  Peut-être voudrais-tu aller dans l’enfer quand je serai mort ? 

—  Je marcherai devant le Seigneur יָהוֶה dans la terre des vivants.(Psaumes 116.9 )

Entendant ces paroles, Moïse permit à son âme de le quitter et lui dit :

—  O mon âme, retourne dans ton repos car le Seigneur יָהוֶה t’a traité avec bienveillance. (Psaumes 116.7)

Dieu prit l’âme de Moïse en posant un baiser à sa bouche. L’activité de Moïse ne cessa pas à sa mort car il est au ciel un des servants du Seigneur. Dieu plaça le corps de Moïse dans un lieu que Moïse lui-même ne connut pas. Tout ce qui est connu à son sujet c’est qu’un passage le relie aux tombeaux des patriarches. Bien que le corps de Moïse soit mort, il est toujours aussi frais dans sa tombe que lorsqu’il était vivant.

À la mort de Moïse, une voix du ciel retentit en disant dans tout le camp d’Israel, mesurant douze miles de long sur douze de large :

—  Malheur Moïse est mort, malheur Moïse est mort…

Avant son décès, tout Israel pleurait déjà la mort imminente de Moïse depuis trente jours, mais ils ajoutèrent trois mois de deuil de plus pour lui. Le peuple d’Israel ne fut pas seul à pleurer Moïse, Dieu même pleura pour Moïse, disant :

—  Qui se lèvera pour moi contre les méchants, qui se lèvera pour moi contre les ouvriers du péché ? (Ps 94.16)

—  Moïse était un des tiens dans sa vie, il est un des tiens dans sa mort, dit Métatron en présence de Dieu.

—  Je ne pleure pas pour la cause de Moïse, Dieu répondit, mais de la perte qu’Israel endurera à sa mort. Que de fois ils m’ont mis en colère… mais il priait pour eux et apaisait ma colère. (Exode 32.11)

—  En qui sera trouvé la sagesse ? dirent les anges qui pleuraient avec Dieu. (Job 28.12)

—  L’homme de Dieu est détruit de la terre, se lamenta le ciel. (Michée 7.2, Ésaïe 57.1)

—  Il n’est aucun homme droit parmi les hommes, déplora la terre. (Ps 14.3)

—  Le juste périt et personne ne le prend à coeur, se lamentèrent les étoiles, les planètes, le soleil et la lune. (És 57.1)

Dieu déclara l’excellence de Moïse en ces mots :

—  Tu as dit de moi : Le Seigneur est Dieu et nul autre. (Deut 33.26)
Je dirai de toi : Il ne s’est pas levé de prophète comme Moïse en Israel. (Deut 34.10)

(Les anges s’endeuillèrent pour Moïse. Et parce que les anges se lamentèrent à sa mort, ce jour-là les armées ne chantèrent pas l’hymne à cause du départ de Moïse : il n’y eut pas de jour comme celui-ci et il n’y en aura jamais non plus où il a fait cesser l’hymne des anges à cause d’un homme. À la mort de Moïse, les israélites perdirent leur intercesseur entre Dieu et eux. La sépulture de Moïse fut cachée au regard des hommes pour que les hébreux n’en fassent pas un sanctuaire et les païens un lieu d’idolâtrie). Parmi les mortels, ce fut Iokebedmère de Moïse et son disciple Josué qui pleurèrent sa mort ; ils cherchèrent Moïse partout, n’étant pas certains s’il était mort, Iokebed alla d’abord en Égypte et dit à ce pays :

—  Mizraim, Mizraim, as-tu vu Moïse ?

—  Aussi vrai que tu vis Iokebed, je ne l’ai pas vu depuis le jour où il a tué tous les premiers-nés d’ici, dit Mizraim.

Iokebed se rendit ensuite au Nil et dit :

—  Nil, Nil, as-tu vu Moïse ?

—  Aussi vrai que tu vis Iokebed, je n’ai pas vu Moïse depuis le jour où il a changé mon eau en sang, dit le Nil.

Iokebed alla à la mer et dit :

—  Mer, mer, as-tu vu Moïse ?

—  Aussi vrai que tu vis Iokebed, je ne l’ai pas vu depuis le jour où il a conduit les douze tribus au travers de moi, répondit la mer.

Iokebed alla dans le désert et dit :

—  Désert, désert, as-tu vu Moïse peut-être ?

—  Aussi vrai que tu vis Iokebed, je ne l’ai pas vu depuis le jour où il fit pleuvoir la manne, dit le désert.

Iokebed alla au Sinai et dit :

—  Sinai, Sinai, as-tu vu Moïse peut-être ?

—  Aussi vrai que tu vis Iokebed, je ne l’ai pas vu depuis le jour où il est descendu de moi avec les deux tables de la Loi, dit le Sinai.

Iokebed alla finalement au rocher et dit :

—  Rocher, rocher, as-tu vu Moïse ?

—  Aussi vrai que tu vis, je ne l’ai pas vu depuis le jour qu’il m’a frappé deux fois avec son bâton, dit le rocher.

Josué chercha son maître Moïse aussi en vain. Dans son chagrin à la disparition de Moïse, il déchira ses vêtements, pleura à voix forte et appelait sans cesse :

—  Mon père, mon père, char d’Israel et leurs cavaliers (2Rois 2.12), en qui sera trouvé la sagesse ?

Et Dieu dit à Josué :

—  Combien de temps continueras-tu à chercher Moïse en vain ? Il est mort, c’est moi qui l’ai perdu, non toi. (Pourquoi t’endeuilles-tu et espères-tu en vain à penser que Moïse vit encore ? Tu attends sans aucune raison puisque Moïse est mort).

Samael l’ange de la mort n’entendit pas que Dieu prit l’âme de Moïse de son corps et l’avait placée sous le trône de gloire ; croyant que Moïse était encore parmi les vivants, il vint dans la maison de Moïse pour prendre son âme, craignant retourner devant Dieu sans avoir exécuté l’ordre de prendre l’âme de Moïse. Comme il ne trouva pas Moïse à sa place habituelle, il se précipita en terre d’Israel, pensant que : Moïse a longtemps espéré être autorisé d’entrer sur cette terre, est-il là peut-être ? Et il dit à la terre d’Israel :

—  Moïse est-il avec toi peut-être ?

—  Non, il ne se trouve pas sur la terre, répondit la terre.

Samael pensa : Je sais que Dieu a dit à Moïse, lève ton bâton et divise la mer. Peut-être est-il près de la mer. Il se précipita vers la mer et dit :

—  Est-ce que Moïse est là ?

—  Il n’est pas là, je ne l’ai pas vu depuis le jour qu’il m’a coupée en douze parts et que les douze tribus m’ont traversée, répondit la mer.

Samael alla dans le purgatoire et demanda :

—  As-tu vu Moïse fils d’Amram ?

—  J’ai entendu le cri de mes oreilles mais je ne l’ai pas vu, répondit le purgatoire.

Il alla dans les shéols et dit :

—  Avez-vous vu le fils d’Amram ?

—  Par pharaon roi d’Égypte, nous avons entendu son appel mais nous ne l’avons pas vu, répondirent-ils.

Il alla dans l’abysse et demanda :

—  As-tu vu le fils d’Amram ?

—  Je ne l’ai pas vu, mais j’ai bien entendu son appel, monta la réponse.

Il demanda aux fils de Koré qui habitent l’abysse : (Nombres 16.32)

—  Avez-vous vu le fils d’Amram ?

—  Nous ne l’avons pas vu depuis le jour que la terre a ouvert sa bouche et nous a avalés sur la demande de Moïse, répondirent-ils.

Il alla dans les nuées de gloire et demanda :

—  Moïse est-il avec vous peut-être ?

—  Il est un des siens aux yeux de tous les vivants, répondirent-ils.

Il alla au ciel et demanda :

—  Avez-vous vu le fils d’Amram ?

—  Nous ne l’avons pas vu depuis que Dieu a commandé qu’il monte jusqu’à nous pour recevoir la Torah.

Il s’empressa d’aller au paradis. Voyant Samael, les anges qui gardent ses portes le repoussèrent :

—  Méchant, méchant, c’est la porte du Seigneur, et seuls les justes entreront.

Samael survola les portes du paradis et demanda au paradis :

—  As-tu vu Moïse peut-être ?

—  Je ne l’ai pas vu depuis qu’il m’a rendu visite en présence de Gabriel pour apercevoir la récompense des hommes pieux, répondit le paradis.

Il alla vers l’arbre de vie qui, à une distance de trois cents parasanges, cria :

—  Ne m’approche pas.

—  As-tu vu le fils d’Amram ? demanda-t-il de loin.

—  Je ne l’ai pas vu depuis le jour qu’il vint jusqu’à moi pour se couper un bâton, répondit l’arbre.

Il alla vers l’arbre de la connaissance du bien et du mal et dit :

—  As-tu vu le fils d’Amram ?

—  Je ne l’ai pas vu depuis le jour qu’il vint à moi pour se couper un roseau pour écrire la Torah, dit l’arbre.

Il alla dans les montagnes avec sa demande et ceux-ci répondirent :

—  Nous ne l’avons pas revu depuis qu’il vint se couper les deux tables.

Il alla dans les déserts et demanda :

—  Avez-vous vu le fils d’Amram ?

—  Nous ne l’avons pas vu depuis qu’il a cessé de conduire Israel pour nous pâturer, répondirent-ils.

Il alla sur le mont Sinai parce qu’auparavant Dieu avait ordonné à Moïse d’y monter, aussi il pouvait être là. Il demanda au Sinai :

—  As-tu vu le fils d’Amram ?

—  Depuis le jour où il a reçu la Torah de la main droite de Dieu, je ne l’ai pas vu sur moi, répondit le Sinai.

Il alla vers les oiseaux et dit :

—  Avez-vous vu Moïse ?

—  Depuis le jour où il a distingué des oiseaux purs des impurs, nous ne l’avons pas vu, répondirent-ils.

Il alla voir les quadrupèdes et demanda :

—  Avez-vous vu Moïse ?

—  Depuis le jour où il a distingué les bêtes qui pouvaient être mangées de celles qui ne le pouvaient pas, nous ne l’avons pas vu, répondirent-ils.

La réponse des oiseaux et des bêtes référait au jour où Dieu rassembla toutes les sortes d’animaux et les conduit devant Moïse pour lui demander lesquels étaient purs et impurs, lesquels pouvaient être mangés et non être mangés. Samael alla ensuite dans la cour des morts où l’ange Dumah garde les âmes des morts, et demanda à l’ange :

—  As-tu vu le fils d’Amram ?

—  J’ai entendu les paroles de lamentation pour lui dans le ciel, mais je ne l’ai pas vu, répondit-il.

Il alla vers les anges et demanda :

—  Avez-vous vu le fils d’Amram ?

Ceux-ci firent la même réponse que Dumah et lui conseillèrent d’aller voir les mortels qui pouvaient éventuellement lui donner des informations sur le sort de Moïse. Il alla vers les mortels et demanda :

—  Où est Moïse ?

—  Notre maître Moïse n’est pas comme les humains, il est confrère des anges du ministère. Comme les anges il est monté au ciel pour habiter au ciel. Comme un ange, il a rassemblé le vent dans ses poings, et Dieu prit son âme pour lui dans le lieu de sa sainteté, répondirent-ils. Quelle connexion alors as-tu avec le fils d’Amram…

La distinction particulière que Dieu accorda à Moïse à sa mort fut bien méritée, puisque Moïse l’emportait sur tous les autres hommes pieux. Quand Moïse mourut, Adam parut et dit :

—  Je suis plus grand que toi car j’ai été créé à l’image de Dieu.

—  Je suis supérieur à toi néanmoins, car la gloire que tu as reçue de Dieu te fut retirée, tandis que je gardais à toujours la radiance de ma face, répondit Moïse.

Noah dit à Moïse :

—  Je suis plus grand que toi car j’ai été rescapé de la génération du déluge.

—  Je suis supérieur à toi car tu t’es seulement sauvé toi-même, tu n’avais pas le pouvoir de sauver tes générations, tandis que je me suis sauvé en sauvant ma génération aussi lorsqu’ils ont transgressé par le veau d’or, répondit Moïse.

Abraham dit à Moïse :

—  Je suis plus grand que toi car j’ai nourri les voyageurs.

—  Je suis supérieur à toi car tu as nourri les incirconcis, tandis que je nourrissais les circoncis, et de plus tu les as nourris dans un pays habité alors que j’ai nourri Israel dans le désert.

Isaac dit à Moïse :

—  Je suis plus grand que toi car j’ai déposé mon cou sur l’autel et j’ai vu la face de la majesté הוֹדhoud.

—  Je suis encore supérieur à toi car tu as bien vu la face de la majesté mais tes yeux se sont assombris, tandis que j’ai parlé face à face avec la majesté et mes yeux ne se sont pas assombris, ni ma force n’a diminuée, répondit Moïse. 

—  Je suis plus grand que toi car j’ai lutté avec l’ange et je l’ai vaincu, dit Jacob. 

—  Tu as lutté avec l’ange sur ton terrain, je suis monté jusqu’au terrain des anges et ils m’ont craint, dit Moïse.

Joseph dit à Moïse :

—  Je suis plus grand que toi car la femme de mon maître n’a pu me tenter de pécher.

—  Je suis encore supérieur à toi car tu t’es abstenu d’une femme étrangère tandis que je me suis abstenu de ma propre femme, répondit Moïse.

Le degré de supériorité de Moïse sur les autres hommes pieux peut être vu dans la suite :

–     Adam mourut parce qu’il fut séduit par le serpent, tandis que Moïse façonna un serpent de laiton dont la vue guérit ceux qui furent mordus par un serpent.

–     Noah offrit à Dieu un sacrifice qui fut agréé, mais lui-même ne fut pas admis dans la présence de Dieu ; de l’autre côté, quand Moïse offrit un sacrifice au nom d’Israel, Dieu lui dit : Apprends que j’habiterai avec toi deux fois par jour. (Exode 25.22)

–     Abraham fut cause de l’esclavage d’Israel en Égypte, car telle fut la punition pour ses paroles ‘Par quoi saurai-je que j’hériterai du pays ? De l’autre côté, Moïse délivra Israel de la servitude égyptienne.

–     Jacob a vaincu l’ange dans sa lutte, mais le coup que l’ange lui infligea à la cuisse l’a disjointe à toujours, tandis que Moïse inspira aux anges une telle peur qu’ils s’enfuirent dès qu’ils le virent dans le ciel.

Moïse n’a pas seulement surpassé tous les autres êtres humains, il a aussi surpassé toute la création que Dieu créa en six jours :

–     Dieu créa la lumière le premier jour. Moïse monta au ciel et saisit la lumière spirituelle de la Torah.

–     Dieu créa le firmament le deuxième jour et décréta que la terre n’allait pas entrer dans la zone du firmament, ni le firmament dans la zone de la terre. Moïse grimpa au firmament bien qu’il appartenait à la terre.

–     Dieu créa la mer le troisième jour. Mais dès que la mer aperçut Moïse, elle recula devant lui effrayée.

–     Dieu a créé le soleil et la lune le quatrième jour pour éclairer la terre, mais Moïse dit à Dieu : Je ne souhaite pas que le soleil et la lune donnent lumière à Israel mais que tu le fasses toi-même. Et Dieu exauça sa prière.

–     Dieu créa les animaux le cinquième jour mais Moïse tua tous les animaux qu’il voulut pour les besoins d’Israel.

–     Et quand Dieu plaça sur la balance tous les buts de la création d’un côté, et Moïse de l’autre, Moïse les surpassait. C’est à juste titre que Moïse fut nommé homme de Dieu, étant mi-homme et mi-ange.

–     Pas seulement dans ce monde, il sera aussi grand chef et maître de son peuple dans le monde futur suivant la promesse que Dieu lui a faite peu de temps avant sa mort : Toi qui as guidé mes enfants dans ce monde, tu les guideras aussi dans le monde futur.

Moïse reçut une autre distinction le jour de sa mort. Ce jour-là Dieu lui permit de monter dans le haut lieu du ciel pour lui montrer la rétribution qui l’attendait dans le ciel et à l’avenir. La miséricorde divine apparut devant lui et dit :

—  Je t’apporte de bonnes nouvelles dont tu te réjouiras. Tourne-toi vers le trône de la miséricorde et vois.

Moïse se tourna vers le trône de la miséricorde et aperçut Dieu construire le temple de gemmes et de perles, la lumière de sa Majesté resplendissait plus lumineuse que les gemmes, au milieu des gemmes et des perles. 

Dans ce temple, il aperçut le messie fils de David et son frère Aaron, debout revêtu de la robe du souverain sacrificateur. Et Aaron dit à Moïse :

—  N’approche pas, c’est le lieu où la Majesté saint Esprit séjourne. Sache que personne ne peut y entrer avant d’avoir goûté la mort et que son âme soit remise à l’ange de la mort.

—  Permets-moi de parler à ton messie avant de mourir, dit Moïse à Dieu en tombant sur sa face.

—  Viens, dit Dieu, je t’enseignerai mon grand Nom, que les flammes de la Majesté ne te consument pas.

Voyant Moïse s’approcher d’eux, Aaron et le messie fils de David surent que Dieu lui avait enseigné le grand Nom et ils allèrent à sa rencontre et l’accueillirent par la salutation :

—  Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur !

Moïse dit au messie :

—  Dieu me dit qu’Israel devait lui élever un temple sur terre, et je le vois aussi construire son temple au ciel.

—  Quand ton père Jacob a vu le temple qui sera construit sur terre ainsi que le temple que Dieu construit de sa main au ciel, il a clairement compris que c’est le temple que Dieu construit de sa main au ciel, maison de lumière de la Majesté, de gemmes et de perles, qui est à préserver pour Israel jusqu’à la fin de toutes les générations et pour l’éternité, répondit le messie. C’est la nuit lorsque Jacob dormit sur une pierre qu’il vit dans son rêve une Jérusalem sur terre et une autre au ciel. Et Dieu dit à Jacob :

–     Mon fils Jacob, je me tiens au-dessus de toi aujourd’hui comme tes enfants se tiendront devant moi à l’avenir.

À la vue de ces deux Jérusalem, terrestre et céleste, Jacob dit :

–     En vérité la Jérusalem sur terre n’est rien, ce n’est pas la maison qui sera préservée pour mes enfants dans toutes les générations, mais cette autre maison de Dieu construite de ses propres mains.

Comme tu as vu Dieu se construire de ses mains un temple au ciel, sache qu’il construira aussi de ses mains le temple sur terre, dit le messie.

Moïse se réjouit grandement en entendant ces mots de la bouche du messie. Il dit, face tournée vers Dieu :

—  O Seigneur de l’univers, quand ce temple construit au ciel descendra-t-il sur terre ?

—  Je n’ai fait savoir le temps de cet événement à aucun des plus anciens, ni aucun des plus jeunes, comment pourrais-je te le dire ? Dieu répondit.

—  Donne-moi un signe hors des événements du monde, que je puisse rassembler quand le moment approchera, dit Moïse.

—  Je disperserai d’abord Israel sur toute la terre comme avec une pelle, et qu’ils se dispersent parmi toutes les nations aux quatre coins de la terre. Puis Je mettrai ma main une deuxième fois et les rassemblerai avec ceux qui ont migré comme Jonas fils d’Amitai vers le pays de Pathros, avec ceux qui habitent dans le pays de Shinéar, Hamath, Élam et les îles de la mer.

Quand Moïse eut entendu cela, il quitta le ciel dans un esprit joyeux. L’ange de la mort le suivit sur terre mais ne put disposer de l’âme de Moïse qui refusait encore de lui remettre, et ne la remit à personne d’autre qu’à Dieu lui-même.

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ANGE DE TYR | Ézéchiel 28.12 (King James Bible - qbible.com/hebrew-old-testament/ezekiel/28.html)

Ainsi parle le Seigneur :

—     Toi, sceau très exact, plein de sagesse et parfait en beauté, toi qui étais dans le Jardin d’Éden d’Élohim entièrement couvert de pierres précieuses de sardoine, topaze, diamant, béryl, onyx, jaspe, saphir, émeraude, escarboucle et d’or. Les instruments de tes assemblages et de tes tuyaux étaient préparés en toi le jour où tu fus créé, toi chérub que J’ai envoyé, placé pour forger. Tu étais sur la sainte montagne d’Élo-him, marchant de haut en bas, au milieu des pierres de feu.

Dès le jour où tu fus créé, tu as été parfait dans tes voies : mais l’iniquité s’est trouvée en toi, par la multitude de tes marchandages qui répandirent la violence au milieu de toi, et tu as péché. Je vais te jeter comme profane hors de la montagne d’Élohim. O chérub forgeur, Je vais te détruire du milieu du feu des pierres. Ton coeur s’est élevé en raison de ta beauté, tu as souillé ta sagesse en raison de ton éclat. Je vais te jeter par terre, t’allonger devant les rois, pour qu’ils voient que tu as souillé tes sanctuaires par tes fautes multiples, à cause de ton trafic. Voici, Je ferai sortir un feu du milieu de toi, Je te réduirai en poussières sur la terre, que tous ceux te voient du regard, tous ceux parmi le peuple qui te connaissent, qu’ils soient étonnés de toi avec terreur, et que tu ne sois plus jamais.

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GABRIEL | Baring-Gould 1871, Legends of the Old Testament vol.1, p.261

Un jour que Moïse מֹשֶׁהMoshé[1630–1510 av. J.-C.] gardait les moutons, son beau-père Jéthro vint lui réclamer le bâton qu’il lui avait donné. Moïse jeta le bâton parmi un certain nombre d’autres bâtons mais celui-ci revenait toujours dans sa main, aussi souvent qu’il le jetait. Alors Jéthro saisit le bâton mais il ne put le bouger. Il lui était étranger, et il fut obligé de laisser Moïse le garder.

Pharaon était mort. Quand la nouvelle arriva jusqu’à Madian, Moïse se leva, mit son épouse Ziporah et son fils Gershom sur un âne, et prit le chemin vers l’Égypte. Comme ils étaient sur le chemin, ils s’arrêtèrent dans un certain endroit, car c’était nuageux, pluvieux et froid. Ils campèrent et Ziporah essaya de faire du feu mais elle ne le put pas parce que le bois était humide. Moïse dit :

—  Je vois un feu brûler au pied de la montagne. J’irai. Il doit y avoir des voyageurs, j’irai chercher un tison pour allumer un feu et nous réchauffer.

Il prit son bâton et partit. Quand il s’approcha de l’endroit, il vit que le feu n’était pas au sol mais au sommet d’un arbre, épineux comme le premier arbre qui poussa quand Dieu créa l’herbe des champs et les arbres de la forêt. Moïse eut peur et se serait retourné fuir, mais une voix sortie du feu l’appela :

—  Moïse, Moïse.

—  Me voici.

—  Enlève tes sandales de tes pieds, car l’endroit où tu te tiens est une terre sacrée, dit la voix.

Et Dieu lui donna le mandat d’aller en Égypte libérer son peuple de la captivité. Mais Moïse eut peur.

—  Je suis lent de la bouche bégaiement.

—  Je t’ai donné ton frère Aaron pour parler pour toi, dit Dieu. Qu’as-tu dans la main maintenant ?

—  C’est mon bâton, répondit Moïse.

—  Pour quelle raison le retournes-tu ?

—  Quand je marche je m’appuie dessus, et quand je viens où il n’y a pas d’herbe, je le retourne et frappe les arbres pour faire tomber les feuilles et nourrir mes moutons.

Quand il eut dit tout ce pour quoi il s’en servait, Dieu lui dit :

—  Avec ce bâton tu prévaudras contre pharaon. Jette-le par terre.

Aussitôt qu’il le jeta, il se transforma en serpent. Moïse tourna le dos pour s’enfuir mais Dieu lui dit :

—  N’aie crainte. Prends-le au cou.

Il l’attrapa de ses mains et il redevint un bâton. Et le Très-saint dit :

—  Mets ta main dans ton sein.

Ce qu’il fit. Mais quand il la retira, elle était aussi blanche et brillante que la lune dans la noirceur de la nuit.Moïse souhaita retourner vers sa femme Ziporah mais l’ange Gabriel le retint en disant :

—  Tu as des devoirs plus élevés à accomplir qu’à veiller sur ta femme. Voici, je l’ai déjà reconduite chez son père. Continue ton chemin vers pharaon comme le Seigneur te l’a commandé.

La nuit où Moïse arriva en territoire égyptien, un ange apparut en rêve à Aaron, ayant à la main un verre en cristal rempli de vin. Il lui tendit et dit :

—  Aaron, bois ce vin que le Seigneur t’envoie en gage de bonne nouvelle. Ton frère Moïse est revenu en Égypte, Dieu l’a choisi pour être son prophète et toi pour être son porte-parole. Lève-toi, va à sa rencontre.

Aaron se leva de son lit et sortit de la ville vers les rives du Nil, mais il n’y avait aucun bateau pour traverser, quand soudain au loin il aperçut une lumière s’approcher, et comme elle s’approchait, il vit un cavalier. C’était Gabriel, monté sur un cheval de feu aussi brillant que le plus brillant diamant. Ses hennissements étaient des hymnes de louange, car le cheval était l’un des chérubim.

Aaron supposa qu’il était poursuivi par un des cavaliers de pharaon, il se serait jeté dans le Nil si Gabriel ne l’avait pas retenu. Après avoir déclaré qui il était, il le fit monter sur le chérub de feu et ils traversèrent le Nil sur son dos jusqu’où se tenait Moïse. Quand il vit Aaron, il s’écria :

—  La vérité vient, le mensonge est passé.

C’était le signe que Dieu avait donné à Moïse, ‘Voici il vient à ta rencontre’. Et ils se réjouirent l’un l’autre.

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CLOCHETTE DE GABRIEL  | Saintyves 1933, Les cinquante jugements de Salomon

David [1062–1022 av. J.-C.] rendait lui-même justice. Mais après avoir envoyé Urie à la mort pour pouvoir prendre sa femme, les archanges Michael et Gabriel lui étaient apparus lui reprocher son crime. Dès lors David s’abstint de juger. Il chargea un cadi juge de paix pour siéger à sa place. Un beau jour, l’archange Gabriel vint du ciel lui apporter une clochette et un bâton de fer et lui dit :

—  Ton humilité a touché Jéhovah, c’est pourquoi il t’envoie cette clochette et ce bâton. Par leur aide tu pourras dispenser jugement à ton peuple et t’assurer de ne jamais te tromper.

Suspends cette clochette dans la salle de justice, place le bâton à côté. Quand tu mettras d’un côté l’accusé, et de l’autre le plaignant, condamne celui qui fera sonner la clochette quand sa main se pose sur le bâton.

David fut ravi de ce don. Et comme le bon droit remportait toujours la victoire, bientôt plus personne n’osait commettre des injustices. Néanmoins, un jour deux hommes vinrent en justice, car l’un d’eux affirmait avoir confié une perle à l’autre, mais ce dernier affirmait l’avoir rendue.

David leur fit toucher le bâton l’un après l’autre mais la clochette resta muette. Il les fit recommencer une seconde fois et la clochette restait silencieuse. David se demanda si le bâton avait perdu ses vertus. Enfin il s’aperçut qu’avant de toucher le bâton l’accusé confiait sa canne à l’homme qui réclamait la perle. Le roi prit la canne et lui dit de toucher de nouveau le bâton, et aussitôt la clochette se mit à tinter. David fit examiner la canne, elle était creuse et la perle était cachée dedans.

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RAGUEL | Grébaut 1913, Revue de l’orient chrétien (Miracles de Raguel archange, p.117 et 280)

Il y avait un juge nommé Josué fils de Noun tribu d’Éphraim qui dominait la terre en long et large avant la naissance du messie. Un jour qu’il combattait contre les ennemis de Dieu, alors que le soleil baissait au couchant et s’assombrissait, Josué fils de Noun pria dans la ville de Gabaon, s’adressant au Seigneur Dieu :

—  Souviens-toi d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et de tous les prophètes d’Israel.

Le Seigneur tzébaot qui domine tout, écouta la prière et demande de Josué fils de Noun, le Seigneur ordonna à l’ange Raguel de tourner le soleil vers l’orient. L’archange Raguel tourna le soleil vers l’orient et le fit s’immobiliser, comme le Seigneur lui ordonna, car il a pouvoir sur le soleil, la lune, les étoiles et tous les luminaires. Après que le juge Josué eut achevé le combat contre les hommes de Gabaon, le soleil baissa et retrouva son couchant par l’ange Raguel. Alors le coeur du juge Josué fils de Noun se réjouit que le Seigneur avait opéré un grand prodige, car il avait arrêté le soleil par Raguel, l’ange des luminaires.

···

Il y avait un devin appelé Balaam qui demeurait au pays de Gibal. Un jour Balaq appela Balaam pour qu’il fasse une malédiction contre Israel. Le devin Balaam se leva et monta son ânesse, et tandis qu’il faisait chemin il rencontra l’archange Raguel sous l’aspect d’un jeune homme, habillé d’un vêtement de lumière, avec une épée de feu dans la main. Balaam ne vit pas cet ange, mais son ânesse refusa d’avancer et il la frappa trois fois. L’ange Raguel fit parler l’ânesse qui dit à Balaam :

—  Pourquoi me frappes-tu sans que je le mérite ? Ne vois-tu pas le grand ange qui se tient devant toi, son vêtement est de feu, son manteau est de feu, et dans sa main est une épée de feu.

Quand Balaam vit l’ange Raguel, il descendit de son ânesse et s’inclina devant l’ange.

—  N’aie crainte, dit l’ange Raguel à Balaam. Va là où tu as été appelé sans faire de malédictions contre Israel.

Il partit alors vers Balaq, comme l’ange Raguel lui avait ordonné. Il monta sur une grande montagne, fit un sacrifice et prophétisa comme lui avait enseigné l’ange Raguel, disant :

—  Une étoile se lèvera de Jacob ! Bénie est l’assemblée d’Israel.

Et Balaaq fut vaincu. Son âme fut sauvée parce qu’il avait fait une prophétie sur la venue du messie Jésus.

···

Lorsque naquit le messie Jésus, de la sainte vierge Marie, par l’ange Raguel une grande étoile apparut à Bethléem aux rois mages dans les jours du règne du roi Hérode, comme Balaam avait prophétisé lorsqu’il se trouvait au milieu de l’autel, en disant : Une étoile se lèvera de Jacob. Cette étoile conduisait les rois mages depuis l’Orient et les fit venir jusqu’au palais du roi Hérode. Arrivés au palais d’Hérode, ils lui racontèrent ce qui était arrivé depuis le début jusqu’à la fin. Hérode avait dit : Racontez-moi où se trouve l’enfant pour que j’adore. Informez-vous de l’enfant qui est né et adorez-le. Quand ils furent sortis du palais, Raguel l’ange des lumières leur fit voir à nouveau l’étoile et les conduit jusqu’à Bethléem où ils trouvèrent l’enfant nouveau-né, qu’ils honorèrent avec des présents d’or, de myrrhe et d’encens.

···

Dans les jours de Ponce Pilate, après que les juifs eurent crucifiés Jésus dans la ville du Calvaire, le centurion Longin vint transpercer le côté de Jésus lorsqu’il se trouvait crucifié sur le bois de la croix. Alors l’ange Ouriel vint recueillir le sang de Jésus, tenant en main un calice d’or. Les juifs ne l’aperçurent pas lorsque l’ange Ouriel recueillit le sang du Christ, l’archange Ouriel lui-même répandit le sang de Jésus dans toutes les extrémités du monde. Par l’ange Raguel, le soleil alors s’obscurcit et la lune devint du sang. Quant aux étoiles, il les fit tomber, car l’ange Raguel a pouvoir sur le soleil, la lune et les étoiles, et tous les luminaires, et personne ne commande au soleil, à la lune et aux étoiles sauf Raguel, l’ange grand et glorieux. Raguel lui-même est le chef des luminaires dans le firmament du ciel qui charge le soleil de luire durant le jour et la lune de luire durant la nuit, et les étoiles d’orner le ciel. En plus de l’ange Raguel, sept princes sont établis sur les étoiles dénommées du même nom qu’a dit le prophète Ésaie : Sharith, mastarih, atared, zahoura, zouhal, shemsch, qamar. Ces princes des étoiles obéissent à l’archange Raguel qui a pouvoir sur tous les luminaires.

···

Quand Josué fils de Noun se leva pour combattre contre les païens, il prit ses armes et beaucoup de gens le suivirent. Un jour que le juge Josué allait avec ses troupes, il rencontra l’archange Raguel sous l’aspect d’un jeune homme, vêtu de lumière, orné d’une couronne d’or sur la tête, avec l’épée de la victoire dans la main. En raison de la crainte en son coeur, le juge Josué dit à ce jeune homme qui était un ange :

—  Qui es-tu, quel est ton nom, de la part de qui es-tu venu : fais-tu partie des miens ou des autres ?

—  Je suis Raguel le chef des luminaires, qui jadis a arrêté pour toi le soleil sur l’ordre du Seigneur ; je l’ai tourné vers l’orient tandis que tu combattais les hommes de Gabaon. Ne crains pas de combattre contre ces idolâtres et ces mécréants, car le Seigneur te donne force et pouvoir de détruire ces idolâtres. Que tu combattes contre eux et ne laisses subsister aucun d’entre eux d’aucune façon.

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Il remplit du chaos les abîmes funèbres. Il affermit la terre et chassa les ténèbres. Les eaux couvraient au loin les rochers et les monts, mais au bruit de sa voix les ondes se troublèrent et soudain s’écoulèrent dans leurs gouffres profonds. Pompignan

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OFFICE  | Grébaut 1919, Patrologia orientalis Tome 12, p.562  (Récit de l’apôtre Jean)

Le Seigneur béni et élevé a fait les hauts cieux resplendissants de lumière. Il a mis le trône de sa gloire au-dessus de tout. Par une parole de sa bouche, il fit les saints sages de ses armées de divers types et classes, qu’il a établis et qu’ils le célèbrent par des chant variés. Il a fait la lumière devant le trône de sa gloire. Il a fait son trône portatif que quatre (4) anges soulèvent, appelés les quatre animaux :
– Le premier a une face d’homme, le deuxième une face de lion, ils portent la droite du trône.
– Le troisième a une face de boeuf, le quatrième une face d’aigle, ils portent le côté gauche du trône.

Les anges appelés chérubim כְּרוּבִים ont quatre ailes. Ceux appelés séraphim שְׂרָפִים ont six ailes :
– Par deux de leurs ailes, ils se couvrent la face pour ne pas être brûlés par la lumière de gloire du Seigneur.
– Par deux de leurs ailes, ils survolent et exclament entre eux : Saint, saint, saint, Seigneur tzébaot ! Toi le parfait qui remplis cieux et terre par la sainteté de ta gloire.

Il fit les anges en dix (10) choeurs principaux, chacun dans leur degré, chacun dans leur ordre :
–  Séraphim à six ailes : Certains d’entre eux glorifient. Certains psalmodient. Certains rendent grâces. Certains célèbrent. Certains bénissent. Certains proclament la sainteté du glorieux Nom du Seigneur.
–  Principautés : Ils sont avec beaucoup d’yeux.
–  Archanges : Ils sont au premier degré au-dessus des anges spirituels.
–  Premiers princes : Ils sont distants des autres princes comme la hauteur du ciel est distante de la terre.

Le Très-haut Seigneur leur donna à tous une voix douce pour le glorifier par des chants parce qu’il les établit dans la lumière et dans la hauteur. Dix (10) saints archanges entourent son trône de gloire et autour du tabernacle lumineux parce qu’ils sont spirituels et saints, c’est pourquoi ils entourent de près de trône de feu du souverain Créateur.

Un ange, qui faisait monter la glorification des anges vers le Seigneur, ayant eu la certitude qu’il était créé d’esprit et de lumière éternelle, commença à penser faire une autre création d’anges que le Seigneur n’avait pas faite. Quitte à perdre le degré où il se trouvait, il demanda à d’autres anges de ne plus glorifier. Dès qu’il eut dit ces mots, il fut déchu de gloire et d’honneur, ainsi que beaucoup d’autres qui tombèrent de leurs degrés. L’ange Gabriel s’écria à haute voix :
—  Tenons-nous avec amour dans notre règle. Soyons fermes dans la foi et la pureté par crainte du Seigneur.

Ceux qui écoutèrent et obéirent à la parole de l’ange Gabriel se gardèrent dans leur règle, chacun en leur degré. Ceux qui n’écoutèrent pas et n’obéirent pas furent expulsés de leurs degrés et tombèrent ; ils devinrent d’impurs esprits de différents types et tombèrent, certains dans l’air, certains sur terre, certains aux enfers inférieurs, et ils resteront à jamais où ils sont tombés.

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VERTUS  | Grébaut 1919, Revue de l’orient chrétien 1918-1919 p.137,  Manuscrits éthiopiens de Délorme (guèze)

Le Seigneur se fâcha contre les mauvais anges et les appela des satans. Il ordonna aux vertus des cieux de les chasser des cieux et de se tenir contre eux pour leur faire la guerre : c’est pourquoi les cieux s’indignèrent suivant la colère du Seigneur. Les cieux s’ouvrirent pour rejeter satan qui avait été appelé l’ange bon, ainsi que toutes ses troupes qui fléchissaient devant lui. Une première partie d’entre eux fut sous le ciel, c’est-à-dire le firmament, une deuxième partie sur la terre, une troisième partie sous la terre.

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EX MENTE ARABUM  | Dupuis 1794, Origine de tous les cultes ou religion universelle tome 1, p.279, Systema Mundi ex mente Arabum

Les arabes et les syriens ont conservé en entier cette distribution avec les noms des différents ordres de génies et leurs rapports avec les sphères (Kirker 1653, Oed. Aeg., t. 2, p.420). Ces derniers placent :
–  Le choeur des anges, dans la sphère de la lune.
–  Les archanges,           dans la sphère de mercure.
–  Les principautés,        dans celle de vénus.
–  Les puissances,           dans le soleil.
–  Les forces ou vertus,  dans la sphère de mars.
–  Les dominations,        dans celle de jupiter.
–  Les trônes,                    dans le haut du système planétaire, sphère de saturne.
–  Les chérubim,              dans la huitième sphère, celle des étoiles fixes.
–  Les génies appelés séraphim, dans la sphère supérieure des étoiles imperceptibles.

Tous ces anges, de noms et d’ordres différents, sont sans cesse occupés à célébrer les merveilles de Dieu universel. Tous sont invités, puissances, vertus, chérubim, ainsi que le soleil, la lune et les étoiles que surveillent ces puissances, à louanger Dieu dans le fameux Benedicte qu’entonnent les trois enfants que Nabuchodonosor fit jeter dans la fournaise, conte assyrien connu sous le nom de prophétie de Daniel (3.51). Il en est ainsi du Laudate, dans lequel David (Ps 148) invite la nature entière à célébrer la gloire de Jéhovah. Il invite jusqu’aux eaux qui se trouvent recouvrir tout le système hiérarchique des syriens dont nous venons de parler. Et au-dessus du ciel des chérubim et des séraphim, ils placent l’immense mer, océan sans borne.

Les arabes classent les différents ordres d’anges ou d’intelligences planétaires chacun sous un chef et  nous décrivent la forme monstrueuse de ces anges : les uns ont la forme humaine, d’autres celle de chevaux, ceux-ci d’oiseaux tels que l’aigle et le vautour. Des pierres précieuses, des perles, des émeraudes, l’or ou l’argent composent la substance de ces différents cieux. (Kirker, ibid. p.423. 32-64). On y trouve les noms des anges en chef qui commandent chaque ciel. On voit par ces échantillons le génie des astrologues de l’orient dans la formation et distribution de leur hiérarchie qu’ils faisaient des intelligences dans les différentes planètes et dans les cieux, ou sphères auxquelles on affectait ces intelligences.

La théologie pythagoricienne leur emprunta le chant qui exprime l’harmonie universelle, résultat de l’accord de leurs divers mouvements.

Origène donnait des corps aux anges, il les rappelait à leur véritable origine (Orig. Com. In Math. tome 1, p.477-458), puisque les corps célestes furent observés avant qu’on eut distingué d’eux les intelligences qui les dirigeaient. Il les classe suivant l’ordre connu qui se divise en principautés, dominations, trônes, etc. dont nous avons trouvé l’énumération plus haut chez les syriens et les arabes. Il pointe aussi un chef à chaque ordre, inspecteur de chaque classe d’intelligences.

Athanase compte plusieurs myriades d’anges rangées en différentes classes sous le nom de trônes, dominations, cieux, chérubim, séraphim (Athan. tome 1, p.202, ad Serap). Athénagore convient aussi que les chrétiens admettent en-dehors de la Triade (qui n’est autre chose que la triade platonicienne) dont parle Macrobe, une quantité prodigieuse d’anges (Athen. Leg. pro Christ, p.40), que Dieu avait disposé en plusieurs classes et distribués dans les cieux, dans les éléments, et dans toutes les parties du monde pour maintenir l’harmonie et l’ordre. On distinguait entre autres les sept gouverneurs principaux.

Les syriens avaient, comme nous l’avons dit, placé les intelligences connues sous le titre de forces dans la sphère de mars, car c’est ce que signifie ce mot virtus en latin. Isidore (Isidor. Origin, livre 7, c.1) déclare que c’était Dieu des armées, Tzébaot chez les hébreux, qui présidait à cet ordre appelé vertus. Il prend occasion de là de rappeler les différentes classes d’anges, d’archanges, de trônes, etc. dont nous avons parlé. Ainsi le système des juifs à cet égard, et conséquemment celui que nous avons encore aujourd’hui chez les chrétiens, ne diffère en rien de celui des orientaux syriens, arabes et chaldéens dont nous avons parlé plus haut.

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Johann Daniel Mylius 1618, Opus Medico Chymicum