La légende de Soliman

Le temple de Soliman

 

 Legends of the Mussulmans, Weil 1846
Tales of King Solomon, Seymour 1924
Legends of the Jews, Ginzberg 1998
Chronique de Tabari, Zotenberg 1867 

3e édition | 2021

 

 

 

Table des matières

Fin du règne de Daoud ............................................................................................................ 2

Des pouvoirs célestes................................................................................................................. 6

De l’autorité du roi....................................................................................................................  9

Du temple de Soliman..............................................................................................................  17

De la sagesse ............................................................................................................................... 27

Des jugements............................................................................................................................. 29

De la reine de Sheba................................................................................................................. 51

Des énigmes du roi..................................................................................................................... 67

Des voyages du roi....................................................................................................................  76

Des pierres précieuses.............................................................................................................. 88

 


 

 

O Seigneur Dieu, béni es-Tu de donner
une telle autorité à Soliman : à Toi puissance
et gloire dans tous les âges, amen.

                     Du sage Soliman





PRÉFACE


Soliman le sage |  Chroniques de Tabari vol. 1, chap. 15 trad. (persan) Zotenberg 1874

L’ange Gabriel dit à Daoud :

—  Celui de tes enfants qui répondra à ces questions te succèdera après ta mort ; les génies, les hommes, les démons, les oiseaux de tout l’univers seront sous sa domination.

Il réunit ses enfants et leur dit :

—  O mes enfants, Gabriel m’a apporté de la part de Dieu ces feuillets contenant dix questions, celui qui répondra correctement sera prophète revêtu du manteau d’apôtre, comme Dieu a dit.

Daoud commença à lire en présence de ses enfants, mais personne ne put donner de réponse excepté Soliman. Il se leva et dit :

—  O mon père, je répondrai à ces questions par la force de Dieu.

Rempli de joie, Daoud lut les questions une à une :

—  Qui est tout, qui n’est rien ? Qui est quelque chose, qui n’est moins que rien ?
Qui sont les moins nombreux, et qui les plus nombreux ? Qu’est le plus beau, qu’est le plus laid ?  Qu’est le plus sûr, qu’est le plus incertain ?

—  Dieu le Créateur est tout, répondit Soliman, et ce monde créé n’est rien.
Le croyant est quelque chose, le faux croyant est moins que rien.
Les hommes qui croientsont en petit nombre, ceux qui doutent sont les plus nombreux.
Le plus beau c’est un pécheur converti, le plus laid un croyant incrédule.
Le plus sûr c’est la mort et le jugement dernier et le plus incertain c’est le sort de l’âme à sa résurrection. La vraie sagesse ne vient ni du temps, ni des livres, elle vient seulement de Dieu, sagesse par excellence, ajouta-t-il.

—  Tu as dit vrai, dit Daoud à Soliman.

Et cet anneau venu du paradis devint le sceau de Soliman où était écrit à chaque côté :

                                      À Dieu la préséance  إلى الله السيادة

                                      À Dieu l’autorité suprême
                                      À Dieu la toute-puissance
                                      À Dieu l’excellence

 

Des esprits | Palestine Exploration Fund Quarterly Statement volumes 31 - 40, chap. 5 & 6, Baldensperger 1899

Les mauvais esprits et revenants de tous genres occupent l’univers des arabes musulmans ou chrétiens, des maisons à la campagne, en ville, sur terre ou l’eau, certains lieux même plus hantés que d’autres. Les cimetières grouilleraient d’êtres invisibles qui apparaissent et disparaissent les jeudis soirs particulièrement. Le vendredi étant sacré pour les mahométans. La veille les revenants se rassemblent pour prier ou pour déranger, il vaut donc mieux éviter les cimetières les jeudis soirs. Les revenants musulmans apparaissent souvent, surtout aux musulmans et parfois aux nés chrétiens. Les occidentaux eux n’en voient jamais parce qu’ils n’y croient pas, donc ils n’apparaissent pas, c’est ce qu’on m’a assuré d’être un fait (quand j’ai dit que je n’en avais jamais rencontré, ni vu ou entendu aucun). Il y a cinq, six classes distinctes de revenants, même que la classe principale la plus nombreuse (autant sinon plus que les humains) vit directement sous la terre, connus comme jan ou jinn, nom commun à tous les revenants, même s’il y a plusieurs sortes de jan avec différents noms et fonctions parmi la masse générale de jan.

Les jans : ils mangent, boivent, ont leurs gouverneurs et leurs lois mahométanes, mais n’ayant pas de nourriture, ils doivent s’en procurer des humains. Ils sont supposés rôder autour des aliments secs ou des cuisines. Et si une femme touche un pain, farine, beurre ou quoi que ce soit, et oublie de dire le nom du Seigneur, le jan saisit aussitôt leur part de nourriture et l’emportent sans être vus dans leur habitats souterrains. Par conséquent aucune femme ne fera quoi que ce soit, pas même sortir d’une pièce, sans dire Dans le nom de Dieu, le très miséricordieux, le tout miséricordieux ; et ne parleront jamais de revenants que de manière respectueuse en nommant Dieu à chaque phrase. Ils pensent que c’est mieux d’éviter de parler d’eux car les jans écoutent et voient tout ce qui se dit et fait et prennent revanche. Certains ont le pouvoir de tuer des humains quand leur transgression est trop grande pour les jans, ou les prennent pour les juger dans leurs cours de justice ; on m’a assuré qu’il y a 110 pots-de-vin dans la cour des jan, comme pour montrer en passant que nos tribunaux sont corrompus.

Les jinns : il y a des jinns hommes, femmes, enfants, ils se marient à l’occasion avec des humains. À un employé qui faisait très bien son travail, je lui demandai de mettre les abeilles dans un endroit isolé à quelques kilomètres de Ramleh Ramla en Philistie ; après avoir refusé net, il m’informa qu’une jan femme amoureuse était si jalouse qu’elle le frappait s’il ne faisait que sourire à une femme, elle se rendait visible que s’il était seul. Il restait parfois assommé pendant plusieurs heures. Suite à quoi il n’allait plus seul, même de jour, ainsi elle ne lui apparaissait que pour le gronder à la moindre chose. Par la suite cet homme devint épileptique. De même un jan mâle peut être amoureux de femmes humaines. Un employé avait battu si brutalement sa femme qu’elle tomba (de la fenêtre ?) et un jan amoureux d’elle saisit l’occasion pour entrer dans son esprit lorsqu’elle tombait jusqu’à son habitat sur le sol sans dire Le miséricordieux ; le jan voulait qu’elle le suive en Égypte où ils pourraient vivre ensemble ouvertement plutôt qu’en terre sainte où cela ne leur était pas permis. Il l’avait presque persuadée de s’enfuir lorsque les prêtres en furent avertis, et par leur prière et encens ils coupèrent la communication. Dans sa chute, les sens de la pauvre femme se dérobèrent et son esprit toujours rempli du jan ne parlait que du jan dans sa folie et désir secret de quitter son mari. Elle mit tout ça de côté quand elle devint mieux.

Lekird : cette deuxième sorte de revenant est un démon du pays.

Le mared : esprit de haute taille, apparaissant surtout dans les villes et endroits où des gens ont été tués, dans la première année d’abord puis par période pour rappeler au monde où se trouve l’endroit. Les mahométans placent là de gros piquets en fer ou bois pour empêcher les revenants d’apparaître, les chrétiens placent une croix. Ce mared terrorise les femmes de la ville, non seulement il apparaît parfois, mais il parle, interpelle, se moque, crie ou rit. Généralement en blanc.

Le rassad : gardien de trésor, il plane au-dessus des trésors cachés, apparaissant quand nécessaire pour chasser les chercheurs de trésors ou les mettre hors-piste. Il peut se changer en toute sorte de choses mouvantes jusqu’au simple animal, même en nombre, comme une poule et ses poussins ou des pouliches rouge et blanche. Il attaque parfois, parfois il ne fait qu’effrayer.

La karine : esprit femelle qui accompagne une femme et a le même nombre d’enfants que la femme à qui elle est attachée. Si la femme a bon caractère, l’esprit est bienveillant et gentil ; si la femme est querelleuse ou de mauvaise disposition de quelque manière, karine l’est aussi et châtie même les enfants humains. Le roi Soliman qui avait pouvoir sur les jan lui demanda quelle était son activité et elle répondit, Tout le contraire du bonheur de la vie conjugale, et elle donna au roi les directives pour la conjurer. Très prisés, les talismans conjurent rarement deux mal, l’écrit est enveloppé, brûlé, ainsi de suite de façon différente.

Le mauvais oeil : à part les mauvais esprits, les humains (homme ou femme) peuvent aussi exercer une mauvaise influence. Dès qu’un enfant se sent malade, à cause d’un mauvais aliment ou un rhume, c’est d’abord attribué au mauvais oeil. Le nom de Dieu est souvent employé en abordant un enfant, même un animal, et ils disent immanquablement, Je vous entoure avec Dieu, ou le nom de Dieu soit sur vous, ou que le mal soit dehors, et paroles semblables.La prochaine étape est de trouver la personne qui a fait ce tort, et si possible avoir un morceau de son vêtement ou chiffon pour brûler sous l’enfant, les fumées sont salutaires dans plusieurs cas. Si le tort persiste des experts sont amenés avec différentes méthodes ; la plus simple est de prendre alun, sel, encens, tamari ou palmier du dimanche des rameaux, mettre sur le feu et faire le tour, l’effet du mauvais oeil se rompt au craquement d’alun ou sel. Ils recherchent des talismans, et ceux qui préfèrent prévenir que guérir mettent des talismans sur leurs enfants, avec parfois des perles bleues.

Anges ; êtres spirituels en relation entre le visible et l’invisible, engagés au bien du genre humain pour le salut des hommes, porteurs de grâces divines et repousseurs du mal. Dans les trois classes de tradition hébraïque chrétienne, on retrouve :   1. séraphim, chérubim, trônes. 2. dominations, vertus, puissances. 3. princes,archan-ges, anges. Job les identifie aux étoiles, au feu dans le livre d'Henoc. Dans la tradition musul-mane, les anges furent créés à partir de pierres précieuses pures, les génies du feu, et l'homme de l’argile. Les anges ne mangent pas, ces serviteurs et aimants compagnons d'Allah approchent son trône et agissent comme messagers. Ange déchu, diable.
Dictionary of Mythology
p. 95, Jobes 1962

Les versets du Qu’ran sont considérés efficaces, tout vient de Dieu, surtout la maladie (traitée comme un péché, à expier par la lecture des saintes écritures, communion des saints, repentance). Quand presque tout espoir a disparu un médecin est parfois consulté. Le malade reçoit tout ce qui lui fait plaisir. Les soignants locaux font des saignées et donnent des purgatifs, ils peuvent le même jour en essayer une douzaine d'après les visiteurs venus partager leurs connaissances. Quand un visiteur arrive, la première chose qu’il dit est, À ta santé, ou que le mal s’en aille, ou que le nom de Dieu soit sur toi. Le malade répond, Que Dieu t’épargne et tes enfants vivre. La chambre du malade se remplit de visiteurs venus discuter de l’état du malade et chacun dit quoi faire au mieux de sa connaissance. Il n’est pas rare de trouver plus de quatre groupes parler d’un remède ou en rejeter un. Le patient, du moins sa famille, peut accepter de les essayer tour à tour, assurant au malade qu’untel a essayé et a guéri, untel a refusé et a décédé. Dès que le café est offert aux visiteurs, on parle de tout sauf de la maladie, et la chambre du malade se remplit de la fumée de leurs pipes. Plus il y a de visites, plus il y a d’honneur.

Source : Philip J. Baldensperger [1856-1948]. Heinrich Baldensperger son père (missionnaire suisse), s’installa en 1848 en Palesti-ne à Artas/Irtas أرطاس‎, village au sud de Bethléem, parmi les premiers européens engagés dans l’agriculture. Né en Palestine Philip élevait des ruches d’abeilles, il parlait arabe et connaissait bien les us et coutumes locaux, ses articles ont été publiés à Palestine Explora-tion Fund Quarterly Statement 1899, vol. 31-40, chap. 5 & 6.

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Une nuit avec les esprits | Légende dorée de Voragine [1228-1298], troisième partie, p.51, trad. (latin) Roze 1902 

Un juif venu à Rome et n’ayant pas trouvé où se loger, voyant qu’il se faisait tard, il entra se réfugier dans un temple d’Apollon où étaient des idoles. Comme il craignait de passer la nuit dans ce lieu sacrilège, bien qu’il n’eut pas du tout confiance en la croix, il eut soin cependant de se signer. Au milieu de la nuit, il se réveilla et vit une foule d’esprits malins s’avancer sous la guide de quelque autorité. Le chef qui commandait s’assit au milieu des autres et se mit à discuter des affaires et des actions de chacun des esprits placés sous sa soumission pour s’assurer des torts de tout ce que chacun avait fait. À cet effet, après avoir vu leur entrée dans ce temple d’idoles et satan s’asseoir avec toute sa milice présente devant lui, un malin esprit entra et l’adora, et satan lui dit : D’où viens-tu ? L’autre répondit : J’ai été dans une province où j’ai suscité quantité de guerres ; j’ai soulevé beaucoup de troubles, j’ai versé du sang en abondance, et je suis venu te l’annoncer. Et satan reprit : En combien de temps as-tu fait ça ? Il dit : En trente jours. Le chef des ténèbres dit : Comment si peu en autant de temps. Il s’adressa alors à ses assistants et dit : Allez le fouetter et frappez durement.

Un second vint et l’adora en disant : Maitre, j’étais dans la mer et j’ai excité d’épouvantables tempêtes ; j’ai englouti de nombreux navires, j’ai fait périr beaucoup d’hommes. Et satan dit : En combien de temps as-tu fait ça ? En vingt  jours, répondit l’autre. Et satan le fit fouetter comme le précédent en disant : C’est pour avoir fait si peu en autant de temps.

Vint un troisième qui dit : Je suis allé dans une ville et j’ai excité des querelles durant une certaine noce ; j’ai fait verser beaucoup de sang, j’ai même tué l’époux, et je suis venu te l’annoncer. Et satan dit : En combien de temps as-tu fait ça ? En dix jours, répondit-il. Et satan lui dit : Tu n’as pas fait plus en autant de jours. Il le fit aussi frapper par ceux qui étaient autour de lui.

Vint un quatrième qui lui dit : Je suis resté dans le désert pendant quarante ans, j’ai travaillé autour d’un moine, et c’est avec peine si enfin je l’ai fait tomber dans le péché de la chair. Entendant cela, satan se leva de son siège, embrassa ce démon, ôta la couronne de son front, lui mit sur la tête, et après l’avoir assis près de lui, il dit : C’est une grande chose que tu as eu le courage de faire là, tu as travaillé plus que tous les autres.

Quand chacun des mauvais esprits eut exposé le mal qu’il avait fait, un qui s’élança au milieu de cette assemblée et fit connaître la tentation charnelle il avait agité dans l’esprit d’André, par rapport à cette religieuse, ajoutant que la veille, à l’heure des vêpres prière en soirée, il en vint jusqu’à pousser son esprit à donner un coup sur le dos de cette femme en signe de caresse. Le malin esprit satan l’engagea à compléter ce qu’il avait commencé afin qu’il ait la palme la plus remarquable pour faire succomber André. Il ordonna ensuite qu’on cherche à savoir qui était si présomptueux pour se coucher dans ce temple. Cet homme trembla plus fort quand les esprits envoyés pour le reconnaître virent qu’il était signé du mystère de la croix et se mirent aussitôt à crier avec effroi : Le vase est vide il est vrai mais il est scellé ! À ce cri, la troupe de malins esprits disparut aussitôt.

Le juif se hâta de venir trouver l’évêque André et lui raconta tout de point en point. Entendant cela, l’évêque renvoya toutes les femmes de la maison et il baptisa le juif.

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Entrée dans un jardin, une religieuse conçut un violent désir en apercevant une laitue, elle la saisit en omettant de la bénir et mordit avec avidité, elle tomba à l’instant, saisie par le démon. Quand Équitius vint auprès d’elle, le diable s’écria en feignant l’innocence : Qu’ai-je fait, qu’ai-je fait, j’étais assis sur la laitue et celle-ci est venue et m’a mordu. Sur l’ordre du saint homme le démon sortit de suite. 



La légende de Soliman

FIN DU RÈGNE DE DAOUD

1

En mettant Soliman à l’épreuve, les docteurs de la loi  voulaient empêcher son accession au trône, tandis que Daoud se disait qu’ils cesseraient d’objecter qu’un jeune de 12 ans conteste leurs décisions en voyant l’étendue de sa sagesse qui faisait de lui un digne successeur. L’épreuve passée, ayant répondu à leurs questions par des réponses remplies de sagesse, Soliman leur dit :

—  Vous avez eu tort d’essayer de montrer votre supériorité devant cette assemblée, je vais maintenant vous poser de simples questions qui peuvent se répondre par la raison et intelligence. Dites-moi ce qui est tout et ce qui n’est rien, ce qui a du prix et ce qui est moins que rien ?

Ils ne trouvaient rien à dire.

—  Le Créateur Dieu est tout, le monde créé n’est rien.
Le vrai croyant a du prix, le croyant hypocrite ne vaut rien, dit Soliman.

Soliman demanda à un scribe :

—  Qu’est le plus grand nombre et le plus petit ? Qu’est le plus doux et le plus amer ?

Il ne savait pas quoi répondre.

—  Ceux qui doutent sont plus nombreux que ceux qui ont la foi.
Le plus doux c’est un statut respectable, une femme vertueuse et des enfants obéissants.
Le plus amer, la pauvreté, une femme irréconciliable et des enfants rebelles, dit le jeune prince.

S’adressant à un chef, il demanda :

—  Qu’est le plus laid et le plus beau ? Qu’est le plus certain et le moins ?

Les questions furent sans réponse.

—  Le plus laid c’est un croyant devenu incroyant.
Le plus beau c’est un pécheur qui se convertit.
Le plus certain c’est la mort et le jugement.
Le moins certain c’est le sort de l’âme humaine à sa résurrection.
Voyez comme les plus intelligents ou les plus vieux ne sont pasles plus sages. La sagesse ne vient ni par les ans, ni par l’étude des livres, la sagesse vient seulement de Dieu suprême au-delà de tous.

Dans l’assemblée, les chefs du peuple s’émerveillèrent et s’écrièrent ensemble :

—   Loué est notre Dieu qui a donné au roi un fils qui nous surpasse en sagesse, vraiment il est digne de s’asseoir sur le trône de son père !      

2

Lorsque le roi arriva à un vieil âge, l’archange Gabriel vint porter une lettre lumineuse et dit :

—  Dieu te dit de réunir tes fils pour leur lire les questions écrites ici. Celui qui répondra correcte-ment s’assiéra sur ton trône.

Daoud fit venir ses fils et leur lut la lettre en présence des chefs du peuple, mais les plus âgés ne surent donner aucune réponse. Les hommes d’Israel se tournèrent vers le jeune Soliman, qui demanda à son père d’énoncer les questions une à une. 

—  Mon fils, qu’est le plus beau au monde ?

—  Quand Dieu pardonne aux hommes et quand ils se pardonnent l’un l’autre, dit Soliman.

—  Mon fils, qu’est le plus doux au monde ?

—  C’est l’amour, l’Esprit de Dieu dans sa création.

Ces paroles plongèrent les assistants dans l’étonnement. Les chefs du peuple déclarèrent tous :

—  Loué soit Allah qui a donné une telle sagesse au fils du roi, il est digne de s’asseoir sur le trône de Daoud.

Daoud remercia le Seigneur de cette grâce envers le jeune Soliman, cependant une autre épreuve fut réclamée parce que les gens murmuraient de son jeune âge. Daoud dit à tous les chefs de tribu et à Soliman de Judah de prendre une branche et d’y écrire leur nom, que la branche qui porterait fruit désignerait son successeur. Les branches furent déposées sous garde. Quand on les reprit le lendemain, la branche de Soliman avait porté fruit ; par ce signe, le Seigneur faisait connaître son intention de l’asseoir sur le trône de Daoud.

3

Le dernier souhait de Daoud restait de connaître son futur compagnon du paradis  avant sa mort.

—  Ta requête est accordée, lui dit une voix céleste, mais tu dois partir le rencontrer seul et approcher de lui en renonçant à toute pompe terrestre, mais aller sur terre comme un pauvre pèlerin.

Ayant nommé Soliman son représentant, le lendemain il changea ses vêtements royaux pour un simple vêtement de laine, prit des sandales et un bâton et quitta le palais. Il alla de ville en ville, village en village, demander qui était connu pour sa piété, et cherchait à faire sa connaissance. Après quelques semaines, n’ayant pas encore trouvé qui il put voir comme son compagnon destiné à la vie à venir, il arriva dans un village au bord de la Méditerranée même temps qu’un pauvre vieillard d’aspect honorable qui portait une lourde charge de bois sur la tête. Daoud le suivit pour voir où il restait mais il ne fit que vendre son bois à un marchand, à l’entrée du magasin. Du peu d’argent reçu, le vieil homme en donna une moitié à un pauvre en quête d’aumône et s’acheta un morceau de pain avec le reste ; il en donna une bonne moitié à une aveugle en quête de miséricorde du croyant et se remit en route vers la montagne d’où il venait.

—  Pourrait-il être mon compagnon du paradis... se demanda Daoud. Ces actions témoignent d’une foi rare compte-tenu de sa condition, je vais chercher à faire sa connaissance.

Il le suivit à distance, et après des heures d’une marche pénible sur des pentes, à travers les ravins, le vieil homme entra dans une grotte où le jour éclairait par une fente. Resté à l’entrée, Daoud l’entendit prier avec ferveur, et lire la loi et les psaumes jusqu’au coucher du soleil. L’ermite alluma une lampe, dit la prière du soir, sortit le pain de son sac dont il mangea la moitié. Alors Daoud, qui n’avait pas dérangé le saint homme dans ses dévotions, s’avança dans la grotte et le salua.

—  Qui es-tu ? demanda-t-il après lui avoir rendu son salut. Je n’ai jamais vu quelqu’un dans ces régions, à part Mata bin Johana, le futur compagnon du paradis du roi Daoud qui craint Dieu.

Daoud se nomma et demanda où restait Mata.

—  Il m’est pas possible exactement de t’indiquer sa demeure mais en parcourant cette montagne avec soin, dit l’ermite, tu ne pourras le manquer.

Daoud marcha longtemps sans trouver trace de Mata. Il allait retourner vers l’ermite dans l’espoir d’obtenir quelque précision quand d’en haut il aperçut un endroit humide en plein sol rocailleux.

—  Il est surprenant, se dit-il, qu’un sol si humide soit sur la cime d’une montagne comme celle-ci, et impossible qu’il y ait une source.

Alors dans les réflexions, de l’autre côté de la montagne vint un homme qui marchait les yeux baissés, d’aspect plus angélique qu’humain. Il se plaça sur ce sol humide et se mit à prier ; il pria d’une si grande ferveur que les larmes coulèrent en torrent de ses yeux. Comprenant comment le sol était si humide, Daoud se dit que l’homme qui prie Dieu ainsi pourrait être son compagnon du paradis. Toutefois il s’abstint de lui parler avant d’entendre comment il priait.

—  Mon Dieu, pardonne le péché du roi Daoud, et garde-le d’un plus grand péché. Fais-lui miséricorde pour moi puisque tu me destines d’être son compagnon du paradis.

Daoud alla vers lui mais dès qu’il fut en sa présence il était mort. Daoud creusa la terre molle avec son bâton, le lava avec l’eau de sa gourde et l’enterra. Il dit sur lui la prière aux morts :

—  Glorifié et sanctifié soit le grand Nom de Dieu dans le monde créé suivant sa volonté, qu’Il rétablisse bientôt son royaume dans les jours de ta vie. Béni à toujours soit son grand Nom pour l’éternité. Béni, louangé, glorifié et honoré soit son saint Nom - béni soit-il - par-dessus toute bénédiction, chant, louange et consolation dans le monde. Amen.

Le roi regagna alors sa capitale. L’ange de la mort vint dans son harem et l’accueillit dans ces mots :

—  Allah a accordé ta requête, ta vie est maintenant terminée.

—  Que la volonté de Dieu soit faite, dit Daoud en tombant sur le sol.

Gabriel descendit vers Soliman apporter un vêtement céleste pour envelopper son père. Et tout Israel fit procession derrière son corps jusqu’à l’entrée de la grotte où repose Abraham.

 

DES POUVOIRS CÉLESTES

4

Après la mort de son père, Soliman partit entre Hébron et Iérusalem et tomba endormi dans une vallée. Quand il s’éveilla, il y avait face à lui huit (8)  anges avec des ailes innombrables, de différentes couleurs et formes, qui s’inclinèrent trois fois.

—  Qui êtes-vous ? demanda  Soliman.

—  Nous sommes les princes qui dirigent huit vents du ciel. Dieu nous envoie pour étendre ton autorité sur les vents qui nous sont soumis. Ils viendront à ton ordre sur la terre pour de te porter sur les montagnes les plus hautes. Ils se feront rafale, tempête ou léger souffle suivant ta volonté.

Le plus grand ange lui donna une pierre précieuse ayant gravé, Dieu tout-puissant.

—  Lorsque tu auras un ordre pour nous, lève cette pierre au ciel et nous apparaîtrons devant toi comme servants, dit-il avant de tous disparaître.

Quatre (4) êtres angéliques apparurent. Le premier avait l’apparence d’une baleine, le deuxième d’un aigle, le troisième d’un lion et le quatrième d’un serpent. Ils s’inclinèrent face à lui et dirent :

—  Nous sommes les gouverneurs des êtres qui vivent dans l’eau, dans l’air et sur terre. Nous sommes devant toi par ordre de Dieu pour que tous les êtres que le Créateur nous a soumis combattent tes ennemis. Nous viendrons avec toi les confronter ou les détruire suivant ton ordre.

Le prince des oiseaux lui donna une pierre précieuse ayant gravé, Tout être créé louange le Seigneur.

—  Nous viendrons sur ton ordre face à cette pierre élevée au-dessus de ta tête, dit-il.

Soliman lui demanda de faire venir les êtres vivants de l’eau, de l’air et de la terre par couple. Les princes partirent et réunirent devant lui en un instant tous les êtres vivants, du petit ver à l’éléphant. Soliman conversa avec eux et connut leurs noms, leurs vertus et leurs manières de vivre ; il écouta leurs plaintes et abolit ainsi de nombreux abus. Il dialogua longtemps avec les oiseaux en raison de leurs paroles sages et agréables à entendre :

Huppe : Qui ne montre pas de pitié ne recevra aucune pitié.

Tourterelle : Seul Allah est éternel, toutes les choses passent.

Hirondelle : Faites le bien et vous en serez récompensés.

Rossignol : Le contentement est joie la plus grande.

Pigeon : Mieux valut pour beaucoup de n’être jamais nés.

Oiseau de Syrdar : Que les pécheurs reviennent vers Allah.

Coq : Souvenez-vous de votre Créateur, hommes sans intelligence.

Corbeau : Loin de l’homme, le mieux.

Kata : Qui garde silence fait sa vie en grande sécurité.

Pélican :Louange à Allah au ciel et sur terre. 

Aigle : Bien que notre vie soit longue elle termine dans la mort.

5

Soliman prit une huppe pour compagnon de voyage, parce qu’elle instruisait un sage enseignement et pouvait aussi trouvait les sources d’eau comme si la terre fut de cristal, et que l’eau ne manque pas pour étancher la soif et pour les lavements prescrits. Il caressa la tête des tourterelles et leur dit de faire les habitats de leurs petits près du temple qu’il allait construire ; et après plusieurs années, ce couple de tourterelle se multiplia si bien qu’un quartier entier de la ville se traversait sous l’ombre des ailes des tourterelles jusqu’au temple.

6

Un être dont le haut était de terre et le bas d’eau apparut devant Soliman alors seul, il s’inclina et dit :

—  Dieu m’a créé pour exécuter sa volonté dans l’eau de la mer et sur terre sèche, Dieu m’envoie pour faire connaître ta volonté sur terre et dans l’eau. Les plus hautes montagnes s’abaisseront ou le sol s’élèvera suivant ton ordre, le désert ruissellera d’eaux ou les rivières de la mer s’assècheront suivant ton ordre.

Il lui donna une pierre précieuse ayant gravé, La terre et le ciel servent Dieu.

Un archange se présenta et lui dit :

—  Face à cette pierre, tu gouverneras les puissances des esprits qui remplissent presque tout l’espace entre la terre et le ciel. Une partie de ces esprits gardent foi et rendent gloire au véritable Dieu, tandis que les incroyants rendent gloire pour certains au feu, pour d’autres au soleil, et d’autres encore aux étoiles ou à l’eau. Les injustes ne cherchent qu’à nuire aux humains, sous forme invisible ou ce qui leur plait, aussi les esprits droits entourent les hommes pieux pour les protéger des nuisances du péché.

Il lui remit une pierre ayant gravé, Dieu seul et le messager de Dieu.

Soliman lui demanda de voir les jinns sous leur vrai aspect. L’archange fusa au ciel dans une colonne de feu et réunit en un instant un grand nombre de jinns shaitans. Soliman frissonna à leurs aspects répugnants, à la vue de têtes d’homme autour du cou d’un cheval, des ailes d’aigle fixées sur la croupe d’un dromadaire, et encore des cornes de gazelle sur la tête d’un paon.

7

Soliman plaça dans un anneau les (4) pierres précieuses que les anges lui avaient remis afin d’exercer autorité en tout temps sur les capacités des esprits, et sur toutes bêtes de la terre et des mers, et sur les vents. Il déclara :

—  Toute la grandeur de ma force est devant cet anneau. En me le confiant, le Seigneur m’a mis à part  des autres pour gouverner les jinns rebelles.

Il se mit à genou pour rendre grâce à Dieu avec toute l’assemblée et louangea notre Dieu tout-puissant du matin au soir. Quand le roi releva la tête, ni lui ni l’assemblée ne purent regarder l’anneau à cause de la très grande lumière.

—  Dites avec moi : Dieu seul et le messager de Dieu.

Ils purent regarder l’anneau de face après avoir dit cela.

 

DE L'AUTORITÉ DU ROI

 8

Le roi commença à assujettir  les puissances des jinns, car de tous les êtres qui lui étaient confiés, ceux-là seuls se rebellaient. Gabriel étendit son aile droite à l’est, son aile gauche à l’ouest, et dit :

—  Jinns shaitans, le Seigneur vous dit de vous réunir devant le roi Soliman.

De tous lieux obscurs des trous des déserts, montagnes, collines et vallées, les jinns shaitans sortirent et se rassemblèrent devant Soliman.

—  À ton service, à ton service, criaient-ils, messager du Seigneur tout-puissant.

Ils furent répartis en 420 divisions, chaque ayant un aspect différent, et se dirent les uns les autres :

—  C’était une erreur d’avoir dit que nous étions meilleurs qu’Adam. Qu’ran7.12

Alors face à lui, Soliman examina leurs apparences, les formes et couleurs de leurs vêtements - jaune, rouge, noir, blanc, multicolore - et leurs ressemblances aux serpents, mules, ânes, vaches, chiens loups :
– nombreux avaient des griffes, un museau et une queue ;
– d’autres ayant une face à l’épaule crachaient des étincelles de la bouche ;
– d’autres encore au visage vert, les yeux bleus et le corps noir ;
– certains ayant une tête de lion sur un corps d’éléphant ;
– d’autres à deux têtes, une au pied, l’autre à l’épaule.

Après les avoir examinés, Soliman se prosterna pour glorifier Dieu, et le remercier du pouvoir accordé, et dit :

—  Mon Dieu, je ne savais pas que tu avais créé de telles choses... Je te prie de me donner assez de force et de dignité et pour les regarder sans défaillir.

—  Ce pouvoir t’est accordé. Tiens-toi sur tes pieds, dit Gabriel.

9

Le roi se releva alors. À la vue de l’anneau à son doigt et du cercle de royauté à sa tête, les jinns se prosternèrent en criant :

—  Fils du roi Daoud, nous te sommes entièrement soumis et devons t’obéir.

Le roi les questionna sur leur gouvernance, leur religion, leurs lignées généalogiques, leur boire et manger.

—  Quelles sont ces différences de formes de votre aspect alors que vous descendez tous du même père depuis Gan גָּןJardin ?

—  Quand il s’est mélangé à nous, iblis nous a poussé à vivre avec ses enfants et lui, dirent-ils. Nos formes diffèrent suivant le nombre de nos transgressions.

Soliman aperçut la fumée d’un effrayant jinn qui portait un couteau et une épée sur le côté ; un feu sortait de sa bouche et du sang coulait de ses cheveux à son corps. Le roi le questionna :

—  Qui es-tu ? Que fais-tu ?

—  halal profane, porteur de l’épée d’iblis, car pas une goutte de sang humain n’est versée sur terre que par moi, dit-il. La chaîne que tu vois à mon cou est le sang d’Abel.

Le roi ordonna à l’archange de l’attacher mais il cria :

—  Ne m’entrave pas, prophète de Dieu, et je rassemblerais pour toi tous les géants de la terre. (Henoc 15).  Je ferais une promesse sûre de ne te faire de mal aussi longtemps que tu vivras.

Le roi marqua le sceau à son cou : il fut obéissant et Soliman le laissa aller.

Apercevant un shaitan à long museau, d’aspect mi-chat mi-chien, le roi lui dit :

—  Qui es-tu ? Que fais-tu ?

—  mahr bin hafaf (af, colère) que Nouh Noah prit dans l’arche. Je donne aux hommes à boire le jus pressé des grappes, dit-il, mes enfants et moi habitons dans les vallées de l’Inde. Par la harpe et le luth, nous poussons les hommes à s’enivrer et faire toutes tromperies contraires aux décrets de Dieu : mentir, faire de faux témoignages oui oui, assassiner.

Le roi ordonna de l’attacher avec des chaînes. Un jinn vint devant Soliman, il avait de longues griffes tranchantes et ressemblait à un singe, il portait une harpe. Le roi lui dit :

—  Qui es-tu ? Que fais-tu ?

—  murra brèche le fils d’el-harit. Je fis le premier une harpe et en joua pour que les humains sentent par ce moyen un désir sexuel, répondit-il.

Le sol était totalement noir de jinns et ressemblait à un essaim de fourmis. Il manquait sakhar marid, le chef des mauvais jinns qui se cachait dans une île de l’océan, à qui Dieu promit la liberté jusqu’au dernier jour du jugement. Le hautain iblis qui n’avait pas reçu le sceau à l’épaule vint devant Soliman.

—  Je ne rends hommage ni à toi, ni à ton père Adam, à qui je n’ai pas fléchi par soumission à Dieu. (Qu’ran 38.74). Je n’aurais pas plus pour toi de soumission devant l’anneau tant que mon temps de liberté durera jusqu’au jour du jugement, dit-il avant de partir.

Soliman apposa le sceau au cou de tous les démons rassemblés, les marquant comme ses esclaves. Il les divisa par groupe et leur imposa des logis. Il entravait rapidement les shaitans insoumis sous les fers, et si certains essayaient encore de se révolter, les anges apportaient des bâtons et venaient se mettre devant Soliman pour les rabaisser.

10

Le roi appela ces jinns à la foi, et certains devinrent de véritables croyants comme d’autres. Il rendit justice à Dieu face aux jinns athées qui se rebellaient en le rejetant ; et parce qu’ils le mirent en colère, ils furent placés attachés au centre d’une grande pierre, puis tranchés et réduits en poudre avec la pierre broyée. Soliman employa les jinns aux travaux de construction du temple, des fortifications, et des villes. Il imposa aux jinns mâles l’assemblage des matériaux pour l’élévation du temple à construire. Il employa aussi les jinns pour plonger chercher des perles dans le fond de la mer, comme dit le Qu’ran (38.39) : Nous lui avons assujetti le vent qui par son souffle modéré soufflait où il voulait, et autant tous les démons pour l’architecture et plonger pour tout motif, certains liés à des chaînes ; voilà notre don, retiens-le ou distribue-le sans rendre compte. 

Il imposa aux jinns femelles de filer la laine et la soie, tisser des étoffes, porter l’eau, laver, cuisiner et cuire : ce qu’elles faisaient était distribué aux pauvres. Les repas se cuisaient dans de larges chaudrons solides comme les montagnes, puis servis sur des tables disposées dans un espace couvrant 6,44 km2, où chaque jour 30,000 repas de boeuf, autant de mouton, étaient consommés en plus de la volaille et du poisson. Les jinns démons s’asseyaient aux tables de fer, les pauvres aux tables de bois, les chefs d’homme aux tables d’argent, et les sages aux tables d’or avec les hommes pieux, que Soliman servait lui-même.

11

Un jour, alors que tous les hommes, les esprits, les bêtes et les oiseaux se levaient de table rassasiés, Soliman demanda à Dieu s’il pouvait nourrir tous les animaux en même temps. Dieu répondit qu’il demandait une chose impossible, ajoutant :

—  Vois ce que tu peux faire demain pour satisfaire les habitants de la mer.

Le lendemain très tôt, Soliman ordonna aux jinns de charger du maïs sur 100,000 chameaux et autant de mules, et les emmener au bord de mer.

—  Habitants de l’eau, venez manger jusqu’à vous rassasier, dit-il aux poissons.

Toutes espèces de poissons vinrent à la surface manger le maïs que Soliman leur jetait et replongeaient rassasiés. La tête d’une baleine fit tout à coup surface comme une montagne et Soliman dit aux esprits de verser le maïs sac après sac dans le monstrueux gosier. Quand la réserve fut totalement épuisée, et qu’il ne restait plus un seul grain, la baleine cria :

—  Nourris-moi Soliman, nourris-moi, jamais je n’ai souffert de faim comme en ce jour.

Soliman lui demanda s’il y en avait beaucoup comme elle au fond de l’eau, et la baleine répondit :

—  Ceux de ma race sont autant que 1000 espèces, et le plus petit est si grand que tu semblerais dans son ventre comme un grain de sable du désert.

Soliman se jeta au sol à cause de sa présomption, priant le Très-haut de lui pardonner.

—  Ma royauté est beaucoup plus grande que la tienne, lui dit Allah. Lève-toi et vois cet être sur lequel aucun humain n’a eu encore autorité.

L’eau de la mer se mit à écumer comme secouée par huit vents enragés contre elle, et le léviathan s’éleva hors de la saumure eau salée, si grand qu’il pourrait avaler 7000 baleines comme celle que Soliman avait souhaité nourrir. Il se fit un bruit tel un grondement du tonnerre quand le léviathan cria :

—  Gloire à Dieu qui me préserve de mourir de faim par son puissant pouvoir.

12

Soliman quitta le bord de la mer, et arrivé à Iérusalem, entendant les bruits que les marteaux, les scies et les haches faisaient pour la construction du temple au point que les habitants ne pouvaient s’entendre parler, il fit stopper le travail et demanda aux jinns s’il y avait un moyen de scier les pierres sans faire de bruit. L’un d’eux s’avança et dit :

—  Ce moyen est connu de Sakhar qui a échappé à ton autorité jusqu’à présent.

—  Est-il possible de m’emmener ce Sakhar ? dit Soliman.

—  Sakhar est plus fort que nous tous en force et en vitesse, dit le jinn. Une fois par mois il va au pays de Hidjr boire à une fontaine, là tu pourras l’amener sous ton sceptre.

Soliman envoya Benaiah bin Jehoiada un homme fort, avec le Nom de Dieu écrit sur une chaîne, et il ordonna qu’un jinn aille vider le puits d’eau à Hidjr et le remplir de vin fort.

En approchant le puits, Sakhar remarqua le changement de l’eau mais il était si affligé de soif qu’il plongea et but à satiété. Il tomba dans un profond sommeil et Benaiah mit la chaîne à son cou ; à son réveil, Sakhar voulut se dégager mais il ne réussit pas à briser la chaîne.                                             

—  Le Nom de ton Dieu est sur toi, dit Benaiah.

Il fut soumis et Benaiah l’emmena. Il se frotta sur le tronc d’un palmier mais il brisa sous son poids. Il se pencha sur la hutte d’une pauvre veuve pour briser la chaîne mais elle courut le supplier de s’abstenir. Il se mit sur le côté et fit pareillement, mais il tomba et se cassa un os de la jambe en disant :

—  Voilà la signification de l’écrit une parole douce brise les os. (Proverbes 25.15)

Ils reprirent la route et croisèrent un aveugle qui s’était perdu, et Sakhar le remit sur la bonne route. Ils croisèrent un homme ivre, également perdu, qu’il remit aussi sur la bonne route. Benaiah lui demanda pourquoi il les avait traités pareillement et il répondit :

—  L’aveugle est connu au ciel comme un parfait tsadiq juste, quiconque lui vient en aide sera récompensé. L’ivrogne est un parfait méchant, je lui ai donné ce petit plaisir car il n’aura rien après. (Psaumes 1.5)

À la vue d’un cortège de mariage qui approchait, Sakhar pleura. Benaiah lui en demanda la raison et il répondit :

—  Je pleure car le fiancé n’a pas trente jours à vivre et sa veuve devra attendre treize ans avant que son petit frère soit assez grand pour la marier. (Deut. 25.5)

Passant près d’une cordonnerie où un homme s’inquiétait si les sandales seraient solides pour les sept prochaines années, Sakhar se mit à rire. Questionné, il répondit que cet homme n’avait pas sept jours à vivre. Arrivé à la maison royale, trois jours passèrent avant qu’il soit en présence du roi. Le premier jour Sakhar demanda :

—  Pourquoi le roi ne me fait-il pas venir ?

—  Il a beaucoup bu, le vin l’a empêché, répondirent-ils.

Sakhar prit une brique qu’il plaça sur une autre. Ils le rapportèrent et Soliman dit :

—  Cela signifie faites le boire encore.

Le jour suivant, Sakhar posa la même question et ils répondirent :

—  Le roi a trop mangé.

Sakhar retira une brique de l’autre. Ils le rapportèrent au roi qui dit :

—  Cela signifie enlevez une part de nourriture.

13

Quand il fut en présence de Soliman, Sakhar prit une tige, mesura un espace de quatre coudées sur le sol et dit en pointant Soliman :

—  Cet homme à sa mort n’obtiendra rien de ce monde que quatre coudées de terre après avoir amené le monde entier à sa soumission, et il désire aussi me dominer...

—  Quel besoin ai-je de toi, dit le roi, mais du shamir pour la construction du temple.

—  Je n’ai pas le shamir, répondit Sakhar, il est sous la garde de l’ange des eaux des océans, Sara dima djama, qui ne le prête qu’à la bécasse qui fit le serment de lui rendre. Elle le porte aux sommets rocailleux des montagnes, là où ni herbe ni arbre ne pousse, pour fendre les rocs de pierre et déposer des amas de semences et plants d’arbre dans le sol ainsi préparé, et que les sommets stériles se couvrent de verdure. C’est pourquoi la bécasse est appelée briseuse de montagne.

Il dit que si Soliman désirait avoir le shamir, de chercher le nid des petits d’une bécasse et le recouvrir d’une feuille de verre, et quand la mère retournera avec de la nourriture, dans l’incapacité d’atteindre ses petits elle apportera le shamir pour casser le verre. Benaiah fit cela, puis il se cacha près du nid. Dès que le verre fut brisé il courut prendre le shamir que l’oiseau échappa dans sa fuite et le rapporta au roi. Il est écrit qu’on se servit de pierres toutes taillées lorsqu’on bâtit la maison, que ni marteau, ni hache ou instrument de fer se fit entendre lorsqu’on construisit la maison de Dieu. (Exode 20.25)

14

Dans le palais, parmi les jeunes au service du roi Soliman, il y avait un beau garçon intelligent aussi très chaste, et qualifié dans tous les métiers, que le roi aimait comme son fils et qu’il mit en charge de plusieurs services au palais. Dans l’intention de gêner les travaux du fils de Daoud, un démon vint tourmenter l’imagination de ce garçon, et son âme en fut si troublée qu’il maigrit et son visage perdit ses belles couleurs. Le roi s’en aperçut et le questionna sur sa santé, le garçon répondit péniblement :

—  Chaque fois que je m’étends après une journée de travail, un esprit noir attrape mon petit doigt et me suce le sang jusqu’à mon coeur.

Soliman lui remit l’anneau qu’il devait utiliser conformément aux ordres de l’archange Michael. Le soir venu quand le démon vint, le garçon marqua sa poitrine du sceau de Dieu. L’esprit impur cria :

—  Malheureux, je me suis laissé marquer par le sceau de Soliman.

Le jeune homme amena alors le démon devant le roi et Soliman rendit grâces à Dieu.

—  Qui es-tu ? Que fais-tu ? Pourquoi persécutes-tu ce garçon ? dit-il au démon.

—  Ornias. Je tourmente cet enfant par des scandales débauche mentale, car nous convoitons la beauté des garçons sans arrêt, nous scandalisons le coeur de plusieurs hommes jusqu’à ce qu’ils fassent ces actions abominables par oubli du Dieu des cieux. J’entraîne les hommes à l’envie charnelle en me montrant en rêve, parfois je me fais jolie fille, d’autres fois en chien, aussi aigle ou lion pour nous présenter aux hommes avec mes compagnons. Nous disparaissons à la vue des archanges Michael et Gabriel.

Soliman invoqua Michael et Gabriel qui, aussitôt descendus du ciel, enchaînèrent Ornias et sa milice et leur commanda d’aller d’un bout à l’autre de la terre prendre de très lourdes pierres de marbre. À leur retour, Soliman leur imposa de tailler les marbres et à travailler le fer nécessaire à la construction du temple du Seigneur.

Le roi fit ensuite venir le beau garçon intelligent et lui dit :

—  Prends ce sceau de Dieu et va dans les déserts accompagné d’Ornias, à tout endroit où les démons se trouvent, marque-les du sceau du Seigneur et amène-les ici avec leurs légions.

Voyageant avec le démon Ornias, le jeune homme trouva le chef des démons et dit :

—  Le roi Soliman t’appelle par ordre du Seigneur Iehvah shabaot.

—  Qui est ce roi Soliman dont tu me parles ? dit le démon.

L’enfant marqua le sceau de Dieu à la poitrine du roi des démons, il fut contraint d’aller chez le roi Soliman avec sa légion de 6000 démons.Les démons au travail à la construction du temple s’inclinèrent devant leur chef ; Salomon rendit grâces à Dieu, Créateur du ciel et de la terre, de l’avoir comblé autant en bénédiction et bonheur.

—  Qui es-tu ? dit-il au démon.

—  veelzevoul (déité-mouche), dit-il, aussi nommé débauché du ventre et passionné de chair. Je suis chef de 6000 démons, ces mêmes anges autrefois avec moi dans le paradis, où se trouvait lucifer que Dieu a maudit et condamné aux chaînes dans les abîmes de la terre. (Henoc 10). C’est moi qui contrains les rois à déclarer la guerre vengeance  et fais couler autant de sang humain et amener autant de prisonniers sur terre et sur mers au shéol ; je ne désire aucun bien aux hommes. Je suis chef sur ces démons des airs qui entraînent les hommes à des rêveries abominables jusqu‘à ce qu’ils se souillent avec l’humain-e dont nous prenons l’apparence, et nous suffoquons les enfants à côté de leur mère.
Si une femme ou un homme est possédé par nous, qu’il enfume la bile du glanos poisson-chat d’eau douce et dise cette prière : Raphael qui es devant Dieu, tire-moi d’embarras. Nous serons forcés de remonter dans les airs.

—  Quel ange met ta capacité à néant ? demanda Soliman.

—  Seuls l’archange Raphael et le tout-puissant Nom de Dieu peuvent détruire notre capacité, dit veelzevoul.

Soliman lui imposa d’aller scier les pierres et le marbre : lui et sa légion se mirent au travail à construire le temple du Seigneur suivant à son ordre, car les démons avaient très peur d’une réprimande.

Un roi assyrien d’Arabie fit dire à Soliman qu’un démon fort renversait les maisons de son royaume, déracinait les arbres, et projetait les hommes dans le feu ou l’eau ; le roi assyrien écrit dans sa lettre :  « J’entends dire que tu soumets les démons grâce au sceau qu’un archange t’a apporté de Dieu. Je te prie sans délai d’envoyer quelqu’un dans mon royaume pour détruire ce démon. Si tu m’en délivres je t’enverrais trente talents pour la construction du temple de Dieu. »

À la lecture, Soliman dit au beau garçon intelligent d’aller par dromadaire en Arabie porter une lettre au roi assyrien, et de prendre sur lui le sceau de Dieu avec une peau neuve gourde, d’être sur ses gardes à son arrivée au repaire du démon.

—  Lorsqu’il soufflera en tempête, lui dit-il, tiens l’ouverture de la peau face au vent jusqu’à ce que la peau se gonfle, ferme et marque l’ouverture avec le sceau de Dieu, puis mets la peau sur le dromadaire et amène-moi ce démon.

Le garçon se mit en route, arrivé chez le roi d’Arabie, il fit comme Soliman lui dit et revint avec la gourde qui enfermait le mauvais esprit.

Le démon avait supplié le garçon en chemin de lui rendre la liberté, sous promesse de dire où trouver la pierre verte et or, mais l’enfant avait répondu au monstre :

—  Je te conduirai devant Solimanqui fera de toi ce qu’il jugera à propos.

Dès qu’il fut en présence de Soliman, il s’inclina dans la gourde et se mit à rouler. Le garçon dénoua l’ouverture, le roi marqua le démon au cou et à la poitrine à sa sortie. Le fils de Daoud lui dit :

—  Qui es-tu ?

—  ephippas (poisson).

—  Que fais-tu ?

—  Toute méchanceté. Je te prie O roi, ne me maudis pas au Nom de Dieu, je t’apporterais ainsi la pierre angulairequi brille dans le fond de la mer plus que le soleil. Des hommes et même des démons ont voulu la soulever sans y parvenir ; je la placerais au milieu du temple du Seigneur.

Ce prodige fut trouvé admirable. Le roi demanda s’il y avait d’autres démons comme lui.

—  Seigneur, je connais ceux qui sont gardés dans la mer Rouge sous la colonne.

—  Mon enfant, dit le roi au garçon, prends le sceau de Dieu et va à la mer Rouge trouver avec lui les démons gardés sous la colonne. Marque le sceau à leur poitrine et qu’ils apportent la colonne ici.

Le garçon partit à la mer Rouge avec ephippas et suivit les instructions reçues ; il marqua le sceau à la poitrine des démons et dit :

—  Prenez la colonne et allons chez le roi Soliman.

Les démons soulevèrent la colonne et l’emportèrent jusqu’au temple de Dieu. Soliman et d’autres furent ébahis de ce grand prodige. Le roi ordonna aux démons de garder la colonne suspendue et de la maintenir en l’air jusqu’à la consommation des siècles. Le roi fit venir le démon Ornias pour savoir s’il en connaissait d’autres.

—  O seigneur roi, il y a un autre démon qui est très fort.

—  Où reste-t-il ?

—  Dans une région de tombeaux, aux endroits escarpés. Il est chef d’une légion qui cause beaucoup de torts aux hommes, il fait même trembler la terre. Personne ne lui résiste.  

—  La force de ce démon n’est pas ton affaire, O Ornias. Va dans le Nom de Dieu avec ce garçon, qu’il amè-ne ces mauvais génies jusqu’ici.

—  Mon enfant, dit-il au garçon, prends le sceau de Dieu et va avec Ornias chercher ce chef et sa légion de démons, marque-les du sceau et amène-les en ma présence.

Le garçon emporta le sceau et partit avec Ornias chercher ce démon. Quand il finit par les rencontrer, le garçon leur cria :

—  Esprits impurs, arrêtez-vous par le très-haut Nom de Dieu.

Les démons s’immobilisèrent, dans l’incapacité de bouger, le garçon les marqua du sceau de restriction et les amena au roi Soliman. Assis à son trône, sceptre et bâton en main, couronne en tête, le roi surveillait les travaux des maîtres-maçons et des démons quand le garçon emmena à lui les démons. Soliman remercia Dieu pour ce grand bienfait et pour l’obscur visage sauvage qu’il leur donna, qui convient à ces mauvais pour leur honte. Il dit à leur chef :

—  Qui es-tu ? Que fais-tu ?

—  salma. Nous attendons certains voyageurs sur la grande route pour les projeter dans des précipices et les paralyser. S’ils en meurent nous entrons dans la carcasse des morts pour dévorer leur chair et prendre ensuite leur forme, et nous remontons dans les airs. Nous rendons certains hommes lunatiques changeant pour sucer leur sang par la suite, les faire écumer épilepsie, grincer des dents, les étouffer près de leur foyer cheminée dans les forteresses, les projeter dans les gouffres de la mer. En les faisant mourir subitement au moment du péché, nous les condamnons à la damnation et qu’ils soient à jamais sous notre joug.

—  Crains le Dieu du ciel et de la terre. Quel ange met ta capacité à néant ?

—  À la venue du salut du monde sur la terre, le fils verbe de Dieu fera une amulette marque au front et à la poitrine de la main droite. Quand il sera venu, notre capacité sera détruite.

Le roi Soliman maudit salma et sa milice dans le Nom du Seigneur Dieu, le très-miséricordieux, et les marqua du sceau au cou et à la poitrine. Il leur imposa la coupe des marbres et des pierres, et porter l’eau et la chaux dans les chantiers du temple. Soliman rendit grâces que Dieu lui permette de pouvoir soumettre ces démons des airs, de la mer et des abîmes, et de la terre.

 

DU TEMPLE DE SOLIMAN

15

Quand le roi Daoud débuta les travaux de fondation du temple et que les ouvriers creusèrent, ils percèrent le grand abîme eau profonde. Les eaux tumultueuses menaçaient de recouvrir tout Iérusalem et le monde comme aux jours de Nouh et le roi Daoud ne savait que faire. Un conseiller ou un certain Achitophel dit de graver le Nom de Dieu sur une pierre ou peut-être un planche qu’ils placèrent à l’entrée des eaux, et elles se retirèrent.

16

Daoud épousa plusieurs femmes et eut des concubines, voici les noms des onze fils qu’il eut : Ammon, Emmos, Eban, Nathan, Soliman, Jeban, Elien, Phalna, Ennaphen, Jenae, Eliphal, Abshalom et sa soeur Thamar. Il eut aussi deux autres fils nommés Jonas et Eliphas. 1Chroniques 3.1

Daoud avait convoqué Soliman et l’emmena dans la salle des trésors, où de nombreux rangs de coffres pleins de richesses se trouvaient : 100,000 talents d’or, 1,000,000 talents d’argent, du cuivre, du marbre, et du bois de cèdre en grande quantité.

—  Ces trésors amassés appartiennent à Dieu, dit-il, et ces matériaux sont pour son temple, la maison où sa gloire va habiter, et que tu vas construire quand tu seras roi. Voici les plans du temple dessinés par mon architecte suivant les poids et les mesures qui m’ont été indiqués en rêve : ce sont les plans de la maison de Dieu que tu construiras, dont la propension est monumentale. (1Chroniques 28.11). J’ai confiance en tes talents, mais c’est une oeuvre grandiose, tu auras besoin d’aide pour la réaliser.

—  Que Dieu m’accorde la sagesse pour élever son temple suivant sa volonté, dit Soliman.

Daoud prit d’un coffre une vieille carte de peau où était indiquée la cave des siècles de Melchisédec.

—  Le sacrificateur du très-haut Dieu m’a oint d’huile d’onction en disant que je serais roi d’Israel, que mes descendants devront gouverner par le Nom de Dieu. Demande son aide, car il possède des pouvoirs d’assistance comme sacrificateur de Dieu, va à lui pour que le temple du très-haut Dieu soit une édification de grand respect, sinon il ne viendra pas, car ce qu’il doit réaliser en propre il le réalise de lui-même. Demande-lui assistance et bénédiction, cette carte te conduira jusqu’à lui lorsque tu seras prêt.

Trois ans après la mort de son père, après s’être assuré de la paix par des mariages de convenance avec les filles des rois voisins, Soliman se prépara à construire le temple pour Dieu, car jusqu’à là Dieu était vénéré sous la tente tabernacle où se trouvait l’arche de l’alliance. 2Samuel 6.17

Soliman demanda assistance et bénédiction à Melchisédec avant de construire le temple comme son père lui dit, Melchisédec lui remit une bague sertie de quatre pierres des grandes vertus, chacune ayant gravé d’une lettre du merveilleux Nom de Dieu   et l’instruit de son utilité. Puis il lui dit :

—  Va jeune roi d’Israel, que le Seigneur te guide et puisse maintenant habiter en toi dans ton coeur, le moins voyant des temples.    

17

Il s’était passé 515 ans depuis que Josué frappa les cananéens par ordre de Dieu, avant que les tribus se partagent la terre. Toutefois les jébusiens n’avaient pas été chassés de Iérusalem (mont Sion. Josué 15.63). Daoud prit leur ville de force et la nomma cité de Daoud ; il fit réparé les brèches et s’y établit 33 ans jusqu’à la fin de son règne après avoir passé 7½ ans en Judah à Hébron. Par l’assistance qu’il reçut de Dieu ses affaires prospérèrent, il embellit Iérusalem et la ville devint célèbre. Son nom était Salem du temps de notre père Ibrahim.

Hiram roi de Tyr avait envoyé des ambassadeurs vers Daoud pour rechercher alliance et amitié. Pour la construction du palais royal, il lui dépêcha des hommes d’expérience en bâtiment et architecture, avec quantités de bois de cèdre et des mécaniques. Daoud fit des bâtiments autour de la ville basse qu’il joint à la citée pour en faire un tout, et les entoura de remparts.

18

À la nouvelle que le prince Soliman reçut la royauté de son père, le roi de Tyr envoya des ambassadeurs pour lui témoigner joie et prospérité. Soliman écrivit et Hiram répondit :
«Le roi Hiram au roi Soliman. Je rends grâce à Dieu que vous avez succédé à la couronne royale de votre père qui était un prince très sage et vertueux. J’aurais le plaisir de faire ce que vous souhaitez de moi : je ferais couper de mes forêts quantités de bois de cyprès et de cèdres que je ferais attacher et transporter par mer jusqu’au rivage d’un lieu de vos états que vous jugerez convenable pour être portés à Iérusalem. Je vous prie en retour de vouloir permettre une traite de blé dont vous savez que nous manquons dans cette île. »

Satisfait du procédé, Soliman accorda de retirer chaque année de ses états 2000 mesures de froment blé, 2000 baths d’huile et 2000 baths de vin, un bath étant 72 pintes 36 litres. L’amitié des deux rois augmenta et dura toujours. N’ayant rien de plus à coeur que de construire le temple, Soliman lui demanda de fournir 30,000 ouvriers et de répartir l’ouvrage ainsi : 10,000 hommes au mont Liban pour la coupe de bois pendant un mois puis retour chez eux deux mois, 10,000 pour les remplacer et retourner chez eux après un mois de travail, 10,000 autres pour les remplacer.

19

Pendant 10 ans l’intendance fut confiée à Adoniram, chef architecte de milliers, en charge des matériaux, cèdre, marbre, airain et or, servant à construire le temple et les palais de Soliman bin Daoud. Il passait la nuit à assembler les plans et s’occupait des ornements de jour. Il établit des forges non loin du temple, dans les fonderies souterraines où le bronze liquide coulait le long des canaux de sable. Il avait sous ses ordres plus de 100,000 artisans : 30,000 fondeurs, 80,000 maçons et tailleurs de pierres dont 3200 maîtres, 70,000 étrangers habitués du royaume pour le transport des matériaux provenant de différents lieux. Au moment de remettre à chacun leur salaire à l’entrée des ateliers, Adoniram plaçait des gardiens et ouvrait son vaste coffre pour payer les ouvriers suivant trois classes, maîtres, compagnons et apprentis, chaque classe ayant un mot et signe de reconnaissance secrets. Ils passaient devant Adoniram et ses intendants en disant leur mot secret et Adoniram remettait leur salaire en fonction de la classe.

20

Soliman se mit à construire le temple dans la 4e année de son règne en iar, au 2e mois des hébreux, 592 ans depuis la sortie d’Égypte, 1020 ans depuis qu’Ibrahim sortit de Mésopotamie pour Canaan, 1440 ans depuis le déluge, 3200 ansde la création d’Adam.

Les fondations étaient très profondes afin de soutenir une large masse et résister aux intempéries du temps, les fondations furent remplies par de grandes pierres toutes très blanches, non moins dignes d’admiration que les ornements, de la fondations à la couverture. Le temple était long de 60 coudées 30 m, 60 de haut, 20 de large, on éleva sur cet édifice un autre de même grandeur. Toute la hauteur du temple était de 120 coudées, faisant face à l’orient.

Son porche de même hauteur était de 120 coudées, longde 20, largede 10. Autour du temple étaient 30 chambres sous forme de galerie, servant d’arc-boutants pour le soutenir du dehors, chacune de 25 coudées de long, autant en largeur, 20 de hauteur, on passait des unes dans les autres. Au-dessus de ces chambres, il y avait deux étages du même nombre de chambres toutes semblables. Ainsi la hauteur des trois étages ensemble s’élevait à 60 coudées à hauteur du premier étage du temple, il n’y avait rien au-dessus. Toutes ces chambres étaient recouvertes de bois de cèdre, ayant chacune une couverture en pavillon jointe à de longues poutres pour les rendre plus fermes, et faisaient un seul corps toutes ensemble. Leurs plafonds de bois de cèdre étaient enrichis de feuillages dorés taillés dans le bois, le reste était lambrissé recouvert de bois de cèdre si bien travaillé et si doré qu’on n’entrait pas sans que leur éclat éblouisse les yeux.

Toute la structure de ce superbe édifice était de pierres si bien jointes et si polies que les liaisons ne s’apercevaient pas, il semblait que la nature les avait formées en une seule pièce sans que l’art ni les instruments dont les excellents maîtres se servaient pour embellir leurs ouvrages n’y aient contribué. Soliman fit faire selon son invention un degré-à-vis escalier tournant dans l’épaisseur du mur avec deux portes pour monter jusqu’au haut du temple. Le temple avait encore au-dehors et au-dedans des ais planches de cèdre attachés ensemble par de grandes chaînes fortes pour servir à le maintenir. Ce grand bâtiment achevé, Soliman le divisa en deux parties :

-- Le saint des saints ou sanctuaire pour l’alliance de Dieu dans une arche de 20 coudées de long, où personne n’était permis d’entrer. Le roi fit faire deux chérubim d’or massif, chacun haut de 5 coudées, les ailes de même longueur ; deux de leurs ailes tendues couvraient l’arche en se rejoignant, les autres touchaient l’une le sud, l’autre le nord. Tout le pavé était recouvert de lames d’or.

-- Le saint temple pour les sacrificateurs, long de 40 coudées. Soliman fit mettre sur sa porte un voile semblable à celui de la porte du grand porche, toutes deux en cèdre taillé et parfaitement doré, larges de 20 coudées, autant en hauteur, recouvertes de lames d’or, où flottaient desvoiles de lin ornés de fleurs aux couleurs pourpre, hyacinthe et écarlate. Soliman ne laissa rien dans le temple qui ne fut recouvert d’or.

Devant le porche du temple étaient les deux colonnes, Iakin  à droite et Boaz  à gauche, de bronze épais de 4 doigts, haut de 18 coudées, 12 coudées 6 m de tour, aux corniches en fonte de 5 coudées en forme de lys, couverts d’un feuillage d’or et 200 grenades en fonte sur 2 rangs.

Soliman fit venir Chiram de Tyr un admirable ouvrier descendant d’israélite, son père se nommait Ur, sa mère était de la tribu de Nephtali ; il fabriqua le vaisseau de cuivre nommé mer, de 10 coudées, contenant 2000 baths d’eau 72,000 litres, ayant douze bouvillons à sa base orientés aux quatre vents principaux. Il fit aussi dix autres vaisseaux placés contre le mur, 5 coudées de long, 4 de large, 6 de haut, leur base avait en bas-relief un lion, un taureau et un aigle ; cinq des vaisseaux faisaient face au nord à la gauche du temple, à droite cinq face au sud. Le grand vaisseau nommé mer servait à laver les sacrificateurs, mains et pieds, avant d’entrer au temple pour faire les sacrifices. (Exode 30.19). Les vaisseaux servaient à laver les bêtes offertes en holocauste sacrifice au feu, des pieds aux entrailles. Il fit un autel de fonte de 20 coudées, autant de large, 10 de haut, où brûler les holocaustes, ainsi que leurs instruments ; coupelles, chaudrons, tenailles, bassins, crochets etc. en cuivre si beau et si bien poli qu’on les aurait pris pour de l’or.

Le roi Soliman fit faire un grand nombre de tables dont une très grande, la table d’offrande en or massif, où mettre les pains consacrés à Dieu. Il fit dix chandeliers comme Moussa avait instruit, dont le grand chandelier qui brûlait jour et nuit dans le temple comme la loi demande ; le chandelier était au sud du temple et la table au nord, dans la partie antérieure de 40 coudées devant le saint des saints séparé d’un voile. En plus des coupes en or et en argent, des plats d’or pour la fleur de farine à détremper sur l’autel, il y avait aussi des plats d’argent et des tasses d’or pour détremper la farine dans l’huile, des tasses d’argent, des hins 3 pintes en or et argent, ainsi que des encensoirs d’or pour brûler les parfums et porter le feu du grand autel jusqu’au petit qui était dans le temple.

Le sage roi fit les habits des sacrificateurs pontifes, aux tuniques longues jusqu’aux talons et leurs éphods garnis de pierres précieuses ; les étoles de lin aux épaules des lévites qui chantaient les hymnes et les psaumes, leurs ceintures de pourpre ; ainsi que les trompettes d’or et d’argent que Moussa avait prescrit, et autres instruments, harpes, psaltérions  et autres. La couronne où Moussa inscrit le Nom de Dieu qu’on voit encore aujourd’hui est unique.

Soliman orna le temple avec magnificence et consacra tout en l’honneur de Dieu. Il fit une enceinte mur haute de 3 coudées 1,50 m autour du temple, que personne d’autre n’entre que les sacrificateurs cohanim et les lévites. Hors de cette enceinte, il fit construire un autre temple synagogue de forme quadrangulaire carré entouré de galeries, avec quatre portiques et leurs portes toutes dorées : seuls ceux qui étaient purifiés selon la loi et résolus d’observer les commandements de Dieu étaient autorisés d’y entrer. Pour placer cet autre temple en hauteur il fallut combler un vallon de 400 coudées, si profond qu’on ne pouvait regarder sans frayeur ; le roi le fit entouré d’une galerie double soutenue par deux rangs de colonnes de pierre et des portes en argent recouvertes de cèdre.

Le chandelier, la table et l’autel, tous d’or, avaient été mis devant le sanctuaire aux mêmes positions que dans le tabernacle. Seulement l’autel des holocaustes fut mis devant le porche du temple pour que chacun puisse voir les sacrifices aussitôt qu’on ouvrait les portes. Ces choses furent achevées en tout respect et révérence, le roi Soliman acheva en sept ans ces travaux, admirables par leur grandeur, leur richesse et leur beauté. Il passa sept ans à construire le temple, treize pour le palais royal ; personne n’avait pu imaginer que ce fut possible de les avoir fait en si peu de temps.

Le palais de justice était autant magnifique que spacieux car le roi voulait contenir la grande multitude du peuple qui se déplacerait pour la décision de leurs différents ; de 100 coudées de long, 50 de large et 30 de haut, soutenu par seize grosses colonnes carrées, des portes ouvragées, et un pavillon carré de 30 coudées de large soutenu par de fortes colonnes, placé à l’opposé du temple, au centre duquel s’élevait le grand trône où Soliman rendait justice. Le grand trône d’ivoire était un excellent travail de sculpture, on y montait par six marches à l’extrémité desquelles était embossée une figure de lion, le tout couvert d’or. Près du palais, le roi fit une maison royale pour la reine et d’autres logements où il allait se délasser après avoir travaillé aux affaires de son état. Le grand prince écrivit aux anciens et aux magistrats de déclarer au peuple de se venir à Iérusalem au 7e mois de thury tishrei pour entrer l’arche de l’alliance dans le temple et participer à la fête des tabernacles. Au jour ordonné (10 du 7e mois, yom kipour), tous vinrent de toute part du royaume pour le transport du tabernacle tente et l’arche de l’alliance, avec tous les récipients servant aux sacrifices que Moussa fit.

Tout le chemin entre le mont Sion  et le mont Moriah fut arrosé du sang des victimes offertes par le roi, les lévites et de tout le peuple, et l’air fut remplit d’une quantité si prodigieuse de parfums qu’on sentait de très loin : personne ne douta que Dieu vienne honorer par sa présence ce temple tout neuf qui lui était consacré. Ceux qui étaient près de cette procession sacrée ne relâchaient pas de danser et de chanter des hymnes à sa louange jusqu’à ce qu’ils fussent arrivés au temple. Voilà de quelle façon se fit l’entrée de l’alliance quand ils déposèrent l’arche dans le saint des saints que les sacrificateurs avaient portée sur leurs épaules ; ils entrèrent seuls et la déposèrent entre les deux chérubim, leurs ailes la recouvraient comme une voûte, il n’y avait que les deux tables de pierre des dix commandements que Dieu avait déclarés de sa bouche au mont Sinaï. Dès que les sacrificateurs sortirent du sanctuaire saint des saints, une nuée recouvrit entièrement le temple et une petite rosée se répandit sur les sacrificateurs, au point qu’ils pouvaient à peine se voir. Le roi Soliman se tourna vers le temple, étendit les mains vers le peuple et s’adressa à Dieu. (1Rois 8.28).

Il se prosterna et resta longtemps avec ferveur en prière, puis il se leva offrir sur l’autel des sacrifices en grand nombre. Dieu fit connaître que cela lui était agréable, sous les yeux du peuple un feu du ciel descendit visiblement sur l’autel et les consuma entièrement. Tous se prosternèrent pour adorer et rendre grâces. Ce grand miracle ne permit plus de douter que Dieu résiderait sur ce temple. Devant ces signes si manifestes, le sage Soliman demanda à Dieu de les préserver du péché, en les faisant vivre dans la piété et la justice suivant les ordres donnés à Moussa qui les rendraient les plus heureux des hommes. Les premières victimes que le prince offrit pour lui et le peuple, dont le sang fut répandu dans le temple, furent des sacrifices de veaux et d’agneaux. Puis il donna un festin en grande magnificence à tout le peuple, hommes, femmes et enfants, pendant quatorze jours, et la fête des tabernacles se célébra par des festins publiques.

21

Après avoir tout accompli ce qui pouvait témoigner de son zèle et dévotion envers Dieu, Soliman permit à chacun de retourner chez soi. Le peuple entier ne pouvait se lasser de rendre grâce à Dieu pour la bonté avec laquelle il les avait gouvernés après 10 ans de construction, louant sa sagesse d’avoir entrepris un si grand ouvrage aujourd'hui achevé. Ils prièrent Dieu de le faire régner sur eux si heureusement des années encore, et partirent en chantant dans la joie, sans cesser leurs cantiques de louange à Dieu, et arrivèrent chez eux sans s’être aperçus de la longueur du chemin. Après que l’arche fut placée dans son temple, après qu’on avait sacrifié tant de victimes expiatoires, après qu’on avait passé tant de jours à célébrer en festin publique, et après que chacun revint dans sa maison, Dieu fit connaître en rêve à Soliman qu’il avait exaucé sa prière de préserver ce temple, qu’il honorerait de sa présence, tant que le peuple et lui honoreraient ses lois. (1Rois 8.25). Les célébrations d’inauguration du temple furent de huit jours pour sa dédicace à Dieu, et sept jours pour sa fête des tabernacles.

Moise et Aaron devant l'arche de l'Alliance

22

Vingt et un (21) rois des descendants de Daoud ont successivement reçu le sceptre de Judah, leur règne a duré 514 ans, six mois et six jours, incluant les 20 années  de Saul. Puis 470 ans après l’inaugura-tion du temple, Nabucadnetsar envoya son armée à Iérusalem avec ordre de brûler le temple et le palais royal, après avoir pris tout ce qui s’y trouverait, de tout ruiner de fond en comble, et amener les habitants à Babylone comme des esclaves.

Nabuzaradan son général dépouilla le temple de tout ce qu’il trouva d’or et d’argent, prit tous les vassaux de cuivre et le plus grand appelé mer, les deux colonnes d’airain Iakin et Boaz, les tables et les chandeliers d’or. Il brûla le temple et le palais royal, il ruina entièrement la ville et la renversa jusque dans ses fondations. Il amena au roi de Babylone à Riblah, Syrie, tout le peuple prisonnier, dont le grand sacrificateur Séraiah, le second sacrificateur Zéphaniah, les trois gouverneurs de la garde du temple et les eunuques, Sédekiah roi de Judah, ses sept amis, son scribe et soixante autres gouverneurs. Le roi ordonna de couper la tête du grand sacrificateur et des gouverneurs, puis il conduit Sédekiah et tous les captifs à Babylone.


DE LA SAGESSE

Qui apprend des règles de la sagesse sans s’y conformer  est comme qui laboure son champ sans le semer

23

Proverbes de Soliman fils de Daoud :

- pour apprendre l’instruction de la sagesse,

- pour comprendre les paroles de l’intelligence, 

- pour recevoir les leçons du bon sens, de la justice et l’impartialité du jugement, 

- pour donner du discernement aux simples, connaissance et réflexion au jeune homme.

La sagesse commence par la crainte de Iehvah.

Le sage écoute et son savoir augmente, l’intelligent obtient l’habilité pour saisir un proverbe, une énigme et les paraboles des sages.

24

Ne sors pas de mes lois, mon fils, que mes paroles restent dans ton coeur, ils ajouteront à ta paix et à ta vie de longs jours ; que la vérité et la charité ne s’éloignent pas de toi, serre-les dans ta gorge, grave-les dans ton coeur, tu trouveras faveur avec succès aux yeux d’Élohim et de l’homme.

Ne te fie pas à ton seul jugement, fie-toi de tout coeur en Iehvah : reconnais-le dans tout ce que tu fais, car il te fera marcher dans la droiture. Sois sage avec la crainte de Iehvah, non à tes propres yeux, et délaisse le mal pour guérir au sein même de ta moelle des os.

Honore Iehvah dans toute ta richesse, dans tout premier-fruit de ton produit, qu’ainsi tes greniers abondent et que tes presses regorgent de nouveau vin.

Ne rebiffe pas à la correction de Iehvah, ne sois pas abattu s’il te corrige mon fils, car Iehvah corrige qui il aime, comme un père son fils bien-aimé.

Béni l’homme qui a trouvé la Sagesse et en partage la compréhension : son échange est meilleur qu’un échange en argent, son gain meilleur que l’or fin, plus précieux que les rubis. Toutes choses que tu peux souhaiter ne sont pas comparables à elle. La longévité est dans sa main droite, la richesse des honneurs dans sa main gauche ; ses marches sont plaisantes, ses voies sont toutes pour la paix. Elle est un arbre de vie pour ceux qui l’ont en estime, heureux qui la retient.

C’est par la Sagesse que Iehvah fonda la terre, par l’intelligence qu’il éleva les cieux, c’est par sa connaissance que leurs profondeurs furent divisées et que la rosée descend comme une poudre.

Garde la Sagesse, mon fils, ne la quitte pas des yeux quand tu réfléchis, et attache la miséricorde à ton cou, elles sont vitales à ton âme pour marcher avec assurance, sans faire trébucher ton pied. Tu n’auras pas crainte de t’allonger, ton sommeil sera agréable quand tu te coucheras, sans crainte à une soudaine alarme, ni de l’abattement qui viendra sur les mauvais : Iehvah sera à ton rein et une garde à ton pied pour ne pas être pris.

Ne soustrais pas ton bien envers ceux pour qui c’est dû quand ta main peut le faire : ne dis pas à ton prochain, ‘Va et reviens encore car je donnerais demain’, quand tu l’as avec toi.

Ne pense pas à mal de ton prochain alors qu’il demeure près de toi en sécurité.

Ne dispute pas sans raison si un homme ne t’a fait aucun tort.

Ne jalouse pas un homme, n’emprunte rien de sa voie : se détourner de Iehvah est une abomination mais il est avec le juste en secret et il bénit la maison du juste. Mais la malédiction de Iehvah est dans la maison du mauvais. Il ridiculise sûrement les ridicules mais donne grâce au rabaissé. Le sage hérite de la gloire, mais la honte est pour celui qui valorise les insensés.

DES JUGEMENTS

Rien ne porte plus atteinte à la vertu que l’indulgence pour le crime

25

S‘étant s’absenter pour son commerce, un homme confia ses perles à un homme avant son départ, mais à son retour l’homme ne voulait pas lui rendre et prétextait n’avoir rien reçu. Pour vérifier son intégrité le roi demanda au commerçant de prendre le bâton et la cloche célestes et il déclara :

—  J’affirme que j’ai confié des perles à cet homme qui ne veut pas me les rendre.  

La cloche resta silencieuse. L’autre homme assez âgé et marchant avec une canne, se présenta aussi et faisant tenir sa canne par le commerçant, il saisit le bâton et déclara :

—  Je jure avoir rendu les perles à cet homme.

La cloche resta silencieuse. Surpris, le roi demanda qu’on entende de nouveau leur déclaration. Le commerçant prit le bâton et la cloche et dit :

—  J’affirme solennellement que j’ai confié mes perles à cet homme et qu’il ne veut pas les rendre.

Le roi Daoud demanda si des conditions furent rattachées à l’échange et le commerçant dit que la seule condition était de les rendre à son retour de voyage. La cloche fut silencieuse. Le vieil homme remit sa canne au commerçant et déclara en saisissant le bâton :

—  J’affirme solennellement que je lui ai rendu les perles, c’est lui qui les a.

Soliman était dans le hall observant attentivement le procès. Il s’approcha de son père, et après lui avoir parler à l’oreille, le roi demanda de reprendre les témoignages mais de retenir la canne et ne pas la remettre au commerçant pour la tenir. L’homme âgé commença à se tortiller, il prit le bâton d’une main et sa canne de l’autre, et dit :

—  J’affirme que je lui ai rendu les perles, il les a.

La cloche tinta ding, ding, ding.

—  Laisse-moi voir ta canne, dit Daoud.

Il examina la canne et trouva les perles cachées sous le pommeau. Quand sa ruse fut exposée, il baissa sa tête de honte et Daoud lui dit :

—  Pour cette fraude ta tête mérite d’être tranchée plutôt que baissée, mais le Seigneur est miséricor-dieux et je suis son servant.

Daoud avait consulté Soliman qui lui dit que le bâton et la cloche ne pouvaient pas se tromper parce qu’ils étaient de source divine, mais que quelqu’un trompait la vérité. Dès cet instant la réponse fut évidente. Le roi se réjouit du merveilleux dispositif qui allait l’aider en situation de jugement.

Si un homme donne à un autre de l’argent ou des objets à garder et qu’on les vole dans sa maison, dans le cas où le voleur serait trouvé, il fera une restitution au double ; si le voleur ne se trouve pas le maître de la maison se présentera devant Dieu pour déclarer qu’il n’a pas mis la main sur le bien de son prochain. Exode 22.7

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Quand une femme d’une parfaite beauté vint trouver le juge du roi pour le litige qu’elle avait, parce qu’elle lui plaisait, le juge lui fit des propositions malhonnêtes mais elle répondit :

—  Je suis au-dessus de ça !

Le cadi juge prit le chef de garde, le chambellan administrateur et le chef du marché pour s’entendre ensemble et témoignèrent contre cette femme qu’elle avait dressé un chien à des manoeuvres immorales. Le roi Daoud avait ordonné qu’elle soit lapidée. (Lévitique 18:23). La nouvelle vint aux oreilles de Soliman qui n’était alors pas encore pubère adolescent, il sortit alors avec ses camarades et désigna l’un d’eux pour faire le juge, l’autre chef de garde, l’autre chef du marché, l’autre chef des chambellans, et un pour jouer le rôle de la femme. Il s’assit sur le siège de Daoud et lorsque ses camarades témoignèrent contre celui qui faisait la femme, Soliman décida de les interroger séparément sur la couleur du chien.

—  Il était roux, dit l’un.

—  Gris, dit l’autre.

Ils différèrent également sur sa description, s’il était mâle ou femelle, et sur sa taille, grand ou petit, aussi Soliman rejeta leurs témoignages. Informé de ce jeu, Daoud fit venir les hommes qui avaient témoigné contre la femme et les interrogea séparément : comme ils donnaient tous des réponses différentes, le roi ordonna de les mettre à mort à la place de la femme.

Lorsqu’un faux témoin se lèvera contre quelqu’un pour l’accuser d’un crime, les deux hommes en contestation comparaîtront devant l’Éternel - devant les sacrificateurs et les juges alors en poste. Les juges feront avec soin des recherches : le témoin est-il un faux témoin, a-t-il fait contre son frère une fausse déposition, alors vous le traiterez comme il avait dessein de traiter son frère. Tu ne jetteras aucun regard de pitié. Deutéronome 19.15

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La première année que le sage Soliman monta sur le trône, un de ses sujets mourut. Ce prince de Soissonne Soissons, Fr possédait trois châteaux et une grande terre qu’il laissait à deux fils de caractères différents, l’un féroce et dur, c’est-à-dire inhumain, l’autre le cadet était aussi doux et vertueux que son frère aîné l’était peu. À peine le père eut-il les yeux fermés que l’aîné des enfants réunit ses barons et demanda qu’on règle le partage entre lui et son frère. Le plus jeune s’écria en larmes :

—  Oublions ces discussions que nous pourrons reprendre un autre jour, mon frère, voyant devant vous celui que nous venons de perdre : ne songeons qu’à le pleurer et prier pour lui en cet instant.

L’autre ne voulut rien entendre, les barons eurent beau le conjurer d’attendre au moins que le corps soit enseveli mais leurs prévenances furent inutiles, il exigea qu’on procède immédiatement au partage. Le roi entra à ce moment, venu honorer les funérailles en personne, plein d’estime à la mémoire du vertueux mort. On l’instruit de la requête de l’aîné et il voulut y satisfaire au même instant ; il fit mettre le corps entre deux poteaux et dit aux deux frères :

—  La défense de l’héritage de ce brave chevalier demande après lui un courage égal au sien : voyons lequel de vous se montrera digne de le posséder.

Il fit donner une lance à chacun, et afin qu’on puisse apprécier leur adresse il leur assigna une cible, le corps de leur père mort.

—  Celui qui aura le coup le plus ferme sera récompensé du don de l’entière terre.

—  L’aîné accepta sans répugnance la condition et frappa celui dont il avait reçu la vie. On proposa ensuite au cadet de prendre la lance mais il recula de frayeur et dit :

—  Moi que je porte les mains sur mon père ?! Que le ciel au contraire m’écrase à cet instant si je ne venge bientôt l’outrage qu’il vient de recevoir.

Dès que Soliman connut les sentiments des fils qu’il venait d’éprouver, il se prononça en ces mots :

—  Le chevalier mort ne doit avoir pour héritier son seul fils qui a su le chérir et le respecter. L’autre est un dénaturé monstrueux avide de son bien et indigne de lui.

Il ordonna à celui-ci de sortir des états et qu’il le ferait pendre s’il le trouvait encore le lendemain.

Celui qui frappera son père ou sa mère sera puni de mort.Exode 21.15 

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Deux femmes s’étant présentées devant le roi, la veuve dit au prince d’avoir confié son argent à sa voisine avant de voyager et qu’elle ne voulait pas lui rendre. Elle l’avait mis dans le fond d’un pot et recouvert de miel, quand elle récupéra le pot il y avait le miel mais plus l’argent. La voisine dit qu’il n’y avait que du miel.

Soliman prit le pot et goûta plusieurs fois au miel, il en inspecta le fond puis le jeta contre terre. Le pot cassé, le miel se répandit et Soliman aperçut une pièce, il la porta à la veuve en demandant si c’était son argent. La voisine tomba à genou et avoua son erreur, elle implora le pardon. Soliman s’assit sur le trône que son père lui avait permis d’occuper pour cette cause, il regarda la femme d’un air consterné et lui dit que puisqu’elle avait rendu service à la veuve en gardant le pot pendant son voyage et qu’elle n’avait jamais été accusée avant, qu’enfin le Seigneur nous demande d’être miséricordieux, il lui dit seulement de lui retourner l’argent et de s’excuser auprès de la veuve. Les deux femmes le remercièrent vivement, l’une pour avoir retrouvé son argent, l’autre pour sa miséricorde.

Si un homme donne à un autre de l’argent ou des objets à garder et qu’on les vole dans la maison de ce dernier, le voleur fera une restitution au double. Exode 22.7

Le roi Daoud félicita son fils pour l’inspiration de casser le pot et pour la miséricorde démontrée.

—  Une chose m’étonne pourtant, dit-il, c’est d’avoir plusieurs fois goûté au miel et été si pensif...

Soliman répondit d’être surpris que les hommes donnent plus de valeur à l’or qu’au miel.

—  L’or n’a aucune qualité médicinale, ni valeur esthétique de plus que de vulgaires paillettes, et il attire les voleurs. Tandis que le miel soulage de nombreuses maladies et procure le plus doux plaisir, comme un avant-goût du paradis, et il vient des abeilles des champs mais non des esclaves dans d’horribles puits où l’or est soutiré. C’est un don de Dieu.

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Deux mères vinrent devant le roi concernant un nouveau-né dont chacune se disait être la mère. Après les avoir écoutées, n’étant pas certain de qui disait la vérité et qui ne la disait pas, Soliman dit que cette cause était difficile à juger étant donné qu’il n’y avait aucun témoin. Il leur proposa un compromis en place à la justice : partager l’enfant en deux. Il demanda à son conseiller si son épée était assez tranchante pour en donner moitié à l’une, moitié à l’autre. Lorsque le conseiller s’approcha de l’enfant avec son épée en main, Soliman dit aux femmes :

—  Acceptez-vous la résolution de votre dispute ?

—  Partagez le bébé en deux, dit l’une, si je ne peux pas l’avoir, elle ne l’aura pas non plus.

—  Non, ne le tuez pas, donnez-lui l’enfant, dit l’autre en se jetant vers l’avant.

—  Range ton épée et donne l’enfant à cette femme, dit Soliman, voici la mère de l’enfant. Sa sollicitude à son égard a révélé qu’elle est sa mère. Quant à toi, dit-il à l’autre, la honte de cette affaire est ta punition.

On dit aussi que deux femmes se baignaient dans une rivière, chacune accompagnée de leur jeune fils, mais un loup vint enlever l’un des enfants. Les femmes se disputèrent l’enfant restant parce que chacune d’elle voulait l’avoir. Daoud trancha le différend en faveur de l’une. Or il arriva qu’elles passèrent près de Soliman et lui dirent la situation.

—  Qu’on m’apporte un couteau, dit Soliman, je vais partager l’enfant entre vous.

—  Ne le coupez pas, s’écria la vraie mère de l’enfant.

—  C’est cela partagez-le entre nous, disait l’autre.

L’enfant fut remis à celle qui ne voulait pas le voir couper en deux.

Il y en a qui sont comme le tranchant d’une lame, mais la langue du sage guérit. Proverbes 12.18 

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Un homme fortuné avait envoyé son fils pour un long voyage en Afrique. Le fils à son retour apprit que son père était mort, que ses richesses étaient passées aux mains d’un esclave qui se fit passer pour l’héritier après avoir fait fuir les serviteurs pour se débarrasser d’eux. Le fils vint devant le roi Daoud, mais ne pouvant témoigner pour lui-même, ni faire témoigner pour lui, il n’eut pas moyen de déposséder l’esclave qui se disait être le fils du défunt. Le jeune Soliman qui écouta la cause trouva un moyen de parvenir à la vérité. À sa demande, on déterra le corps du père, et il mit du sang de l’esclave sur un des os, puis le sang du fils. Le sang de l’esclave ne montra aucun lien avec l’os, tandis que le sang du fils s’y imprégna complètement, cela garantit le lien entre le fils et le père, et son héritage.

Sachez aussi que je redemanderai le sang de vos âmes : je le redemanderai à tout animal et je redemanderai l'âme de l'homme à l'homme, à l'homme qui est son frère. Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé, car Dieu a fait l'homme à son image.Genèse 9.5

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Parmi les sept hommes se tenant devant le roi, l’un avait deux têtes ; ces descendants d’un caïnite à deux têtes avait eu sept fils d’une femme de la région durant le règne du roi Daoud. Quand le caïnite mourut, ils eurent une dispute pour diviser l’héritage, car celui à double tête voulait une portion double. Le roi devait déterminer combien d’êtres étaient présents dans cet homme. Si une tête serait consciente de ce que fait l’autre, c’est qu’elles font partie d’un seul être ; de l’autre côté si une tête ne serait pas consciente de ce que fait l’autre, alors ils seraient deux êtres distincts. La seconde fois que les fils du caïnite revinrent se présenter devant le roi, il demanda de bander leurs yeux et de verser de l’eau froide sur une des têtes. Les deux têtes rouspétèrent en même temps et crièrent ensemble :

—  Nous mourrons, nous mourrons. Nous ne sommes pas deux mais un.

Soliman déclara que le fils à double tête n’était qu’un et qu’une seule part de l’héritage lui revenait.

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Trois hommes venus devant Soliman s’accusaient réciproquement de voleur. Voici l’histoire. Alors qu’ils voyageaient ensemble, à l’approche du shabat, ils firent halte en vue de préparer le repos et cherchèrent où mettre leur argent, car porter son argent à shabat n’était pas permis. Ils se mirent tous les trois d’accord pour la cachette. À la fin de shabat, lorsqu’ils virent que l’argent était volé, l’un d’eux était clairement le traître, mais lequel.

—  Sachant que vous êtes des hommes d’expérience, leur dit Soliman, consciencieux en affaires, j’ai-merais avoir votre aide sur un cas que m’a soumis le roi de Tyr. Dans ce royaume, un serviteur et une jeune fille s’étaient promis par serment de ne pas se marier sans l’accord de l’autre, et lorsque les parents de la jeune fille la fiancèrent à celui qu’elle aimait, elle ne voulut pas devenir son épouse sans avoir l’accord de son ami. Elle partit donc le visiter avec des présents d’or et d’argent. Le jeune homme lui adressa ses voeux ainsi qu’à son fiancé, mettant de côté son affection envers elle, de plus il refusa le moindre retour pour la permission accordée. À leur lune de miel, l’heureux couple fut surpris par un voleur de chemin qui voulut voler et l’argent et la jeune fille. La fille raconta au brigand l’histoire de sa vie et ajouta, ‘Si un jeune homme a maîtrisé sa passion envers moi, combien plus un vieil homme comme toi le devrait ; sois dans la crainte de Dieu et laisse-moi passer mon chemin’. Cela fit effet et le voleur ne mit la main ni sur l’argent ni sur la fille. Je dois maintenant décider laquelle de ces personnes a agi le plus noblement, la fille, le jeune homme ou le voleur de chemin, et j’aimerai avoir votre opinion.

—  Ma louange va à la fille qui a gardé si loyalement serment, dit le premier.

—  Je donnerais la palme au jeune pour s’être mis en échec, et ne pas laisser prévaloir la passion, dit le second.

—  Je louerais plutôt le voleur qui a retenu sa main sur l’argent, car il aurait pu prendre l’argent même en renonçant à la fille, dit le troisième.

Cette réponse suffit à Soliman pour savoir qu’un homme qui admire les vices d’un voleur peut être avide d’argent lui-même. Il fut doublement examiné et à la fin une confession fut soutirée ; il avait fait ce vol et révéla où il avait caché l’argent.

Ne vole pas. Ne convoite pas la femme de ton prochain. Ne fais pas d’adultère. Exode 20

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Un homme de distinction des enfants d’Israel avait des soupçons d’infidélité sur sa femme dont il avait trois fils ; il savait qu’un seul était le sien, sans savoir lequel. Avant de mourir, il écrivit un testament par lequel il léguait tous ses biens à son seul fils légitime, les deux autres étant exclus. Après plusieurs disputes, les frères décidèrent de s’en remettre à la sagesse de Soliman. Après les avoir entendus, le roi dit d’apporter le corps du père dans son suaire et de l’attacher à un arbre. Il fit apporter un arc et des flèches et dit aux trois frères de tirer une flèche sur le corps, car il donnerait l’héritage à celui qui ferait le meilleur tir suivant son jugement. Prenant l’arc, le plus vieux transperça la main de l’homme mort. Le second tira une flèche au travers du front ; il devint joyeux, convaincu de l’héritage. Prenant l’arc et la flèche, le plus jeune se préparait à tirer quand il les jeta soudainement et s’écria en larmes :

—  Dieu m’interdit de traiter mon père avec outrage. Plutôt perdre toute possibilité d’hériter ses biens.

—  Tu as toi-même prouvé que tu es sûrement son fils, ses biens te reviennent, déclara Soliman.

Honore ton père. Deutéronome 5.16

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Un riche marchand avait mit un pauvre au défi de passer la nuit dans une fontaine par temps froid, mais il refusait de remettre l’argent promis sous prétexte que la chandelle que sa mère tenait à côté de son fils l’avait réchauffé. Le roi Daoud donna raison au marchand. Quand le pauvre raconta son histoire au jeune Soliman, celui-ci promit de faire la lumière sur cette affaire. Alors qu’un repas se préparait pour le roi et ses invités, Soliman ordonna que les plats soient chauffés à côté du feu, non au-dessus. S’étant fait servir des plats froids, le roi Daoud demanda aux cuisiniers de s’expliquer. Les cuisiniers répondirent qu’ils avaient exécuté les ordres de Soliman. Le jeune prince prit la parole :

—  Si ces plats n’ont pas pu chauffer à côté de la flamme, c’est vrai pour la fontaine également ; la chandelle que la mère tenait à côté de son fils n’a pas pu réchauffer l’eau où il se trouvait.

Le roi comprit avoir fait une injustice et la redressa.

Si ton frère est devenu pauvre et que sa main tombe près de toi, tu le relèveras ; tu le feras ainsi pour l’étranger qui demeure dans le pays. Lévitique 25.35

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Une femme et son mari s’accusaient réciproquement d’infidélité et vinrent consulter le roi. Après les avoir entendus, Soliman les prit chacun à part et les engagea de tuer leur conjoint à une date fixée. L’heure venue, le mari prit un couteau mais ne put se soumettre à ce crime, incapable de s’exécuter. Au jour prévu, sa femme prit un couteau, déterminée à tuer son mari, mais elle fut empêchée par les gardes que le roi avait fait poster là.

—  Celle qui n’a pas eu d’hésitation à tuer son mari n’hésitera pas à le tromper, déclara le roi.

Si le mari est saisi d'un esprit de jalousie et a des soupçons que sa femme s'est souillée sur, ou bien saisi d'un esprit de jalousie il a des soupçons sur sa femme qui ne s'est pas souillée : l’homme amènera sa femme devant le sacrificateur en apportant 1/10e d'épha de farine d'orge en offrande pour elle (il n'y répandra pas d'huile et n'y mettra pas d'encens, c'est une offrande de jalousie, une offrande de souvenir qui rappelle une iniquité). Le sacrificateur etc. (Nombres 5.14).  nota : C’est peut-être pour éviter une procédure si complexe que le couple est allé voir Soliman, ou bien l’homme voulait qu’elle soit exposée en public.

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Trois frères s’étaient mis au service de Soliman dans l’espoir de gagner en sagesse, mais après treize ans, déçus de n’avoir rien appris, ils se présentèrent au roi pour demander à quitter son service. Le roi leur dit de choisir entre recevoir 100 pièces chacun, ou se faire enseigner trois conseils sages. Ils choisirent l’argent. Ils venaient tout juste de quitter la ville quand le plus jeune des trois, malgré les protestations de ses frères, revint vers Soliman.

—  Mon-seigneur, dit-il, je n’ai pas pris service sous toi pour gagner de l’argent, mais j’aimerais gagner en sagesse : reprends ton argent je te prie et apprends-moi la sagesse.

—  En voyage à l’étranger, arrête ta marche au coucher du soleil, détourne-toi devant la noirceur.
Ne traverse pas une rivière en crueaugmentation rapide des eaux.
Ne révèle jamais un secret à une femme, dit Soliman en terminant par ce troisième conseil.

L’homme revint vers ses frères pour voyager ensemble, il ne leur dit pas ce qu’il avait gagné en sagesse. Peu avant la 9e heure, à l’approche d’un endroit convenable où passer la nuit, le plus jeune proposa de s’arrêter. Ses frères se moquèrent de la stupidité qu’il démontrait depuis qu’il avait retourné l’argent au roi et continuèrent leur route. Le jeune prépara ses quartiers pour la nuit et le soir venu il fut à l’abri du froid, mais ses frères furent surpris dans une tempête par laquelle ils périrent. Continuant son voyage, le jour suivant il trouva les corps de ses frères sur le chemin ; il les enterra et repartit après avoir pris leur argent. Quand il arriva devant une rivière en pleine crue montée soudaine des eaux, il suivit le conseil du roi et retarda de traverser jusqu’à ce que la crue se soit calmée.

Du rivage, il vit les serviteurs d’un roi essayer de passer le gué endroit peu profond d’un cours d’eau avec des bêtes chargées d’or mais ils furent rapidement emportés par la crue. Dès que les eaux baissèrent, il traversa et prit l’or attaché sur les animaux noyés. De retour chez lui prospère et sage, sa femme fut curieuse de savoir comment son mari avait eu sa richesse mais il ne lui dit rien à de ce qu’il avait vécu. Elle le supplia de si près avec ses questions qu’il oublia le conseil du roi et lui dit tout. Un jour que sa femme le querellait, elle s’écria :

—  Ce n’est pas assez d’avoir assassiné tes frères que tu souhaites aussi me tuer ?

À ces mots ses deux belles-soeurs l’accusèrent de meurtre. Il fut durement éprouvé et condamné à mourir, mais il en échappa car il avait été un ancien serviteur de la cour royale. Et Soliman lui dit :

—  Tu te devais de partager ta richesse avec tes deux belles-soeurs : ce conseil avec les trois conseils venant de moi valent de l’or, un homme sage les considère ensemble avec certitude.

—  J’apprends par la voie dure, dit le jeune homme.

Un bien mal acquis ne profite pas, seule une conduite juste préserve de la mort. Proverbes 10:2

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Trois frères vinrent se présenter devant Soliman pour demander conseil et recevoir ses directives parce qu’ils étaient chacun dans une position malheureuse :
- l’un dans l’incapacité de manger quoi que ce soit avec goût ;
- l’autre dans l’incapacité de faire prospérer son affaire ;
- le troisième dans l’incapacité de vivre en paix avec sa femme.

Le plus âgé en premier parla de sa plainte et Soliman lui dit :

—  Va dans la forêt.

Vint le second frère, et Soliman lui dit :

—  Va tôt le matin.

Vint le troisième et plus jeune, et Soliman lui dit :

—  Va à la forge.

Une fois en-dehors du palais, les frères n’arrivaient pas à croire à ces conseils si futiles. Le plus âgé des trois dit :

—  Je vais quand même faire ce qu’il m’a conseillé, je verrai ce qui arrivera.

Il partit en forêt et rencontra des hommes en difficulté de charger dans leur chariot l’arbre qu’ils avaient coupé. Il alla les aider et força si fort que la sueur coulait sur lui. Revenu chez lui, fatigué par ce travail, le pain lui sembla plus savoureux que tout ce qu’il avait mangée dans sa vie.

Le second frère suivit le conseil du roi, il se levait plus tôt que les autres et se couchait le dernier, son affaire se mit à prospérer grandement.

Voyant que ses deux frères avaient acquis, le plus jeune se rendit à la forge. Il observa les forgerons au travail et vit comment le fer devenait malléable sous le feu, prenant la forme qu’on voulait sous les coups de marteau. Il comprit la juste mesure d’affection et d’austérité qui lui permit de vivre avec sa femme.

Mange ton pain à la sueur de ton front. (Genèse 3.19)  Lève-toi de bon matin. (Exode 8.20). Le goutte à goutte continuel un jour de pluie et une femme querelleuse sont choses semblables. (Proverbes 27.15)

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Un homme vint se plaindre au roi concernant ses oies :

—  Prophète de Dieu, j’ai des voisins qui volent mes oies, mais je ne peux découvrir le coupable.

Soliman fit assembler tous ses voisins et leur fit un discours. En plein milieu du discours, il dit :

—  L’un de vous a volé les oies du voisin et une plume lui est restée sur la tête.

Le coupable se frotta aussitôt la tête.

—  C’est lui. Qu’on arrête le voleur, s’écria Soliman.

Certains regardent les volailles de basse-cour aux pieds palmés comme impures. (Lévitique 11.13). Si de nos jours, l’oie est élevée pour son foie, c’était autrefois pour ses plumes (couverture en duvet, pinceau, plume à écrire, éventail). Dictionnaire de l’industrie et arts industriels, Lamy 1887

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Deux hommes vinrent devant le roi, l’un d’eux déclara :

—  Je possède un champ cultivé et la semence était arrivée à maturité, dans la nuit cet homme-là qui possède un grand nombre de brebis les a emmené paître dans mon champ et elles ont tout mangé.

Daoud se prononça en disant de donner les brebis au propriétaire du champ pour que le prix du lait et de la laine qu’elles donneraient cette année dédommagent la perte de son champ. Soliman dit que cette sentence était juste cependant il connaissait une sentence favorable pour les deux parties :

—  Que le berger donne l’usage de son troupeau au propriétaire du champ - tout leur travail, leur lait et leurs petits - jusqu’à ce que le champ soit remis dans le même état qu’au moment où le troupeau est entré, que les brebis retournent alors à leur propriétaire. (Qu’ran 21.78, Exode 22.5).

Voici ce que le cadi Shurayh et d’autres pieux anciens ont rapporté. Cette tribu avait un champ de vignobles et les moutons d’une autre tribu étaient entrés dans ce champ et brouté tous les végétaux. Les deux tribus allèrent vers Daoud, sur lui le salut, demander son arbitrage. Daoud leur dit que le troupeau devenait la propriété de ceux dont le champ fut ravagé. En quittant le roi, ils croisèrent Soliman qui leur demanda quel avait été le jugement du prophète de Dieu, et après l’avoir informé Soliman leur dit : Si c’était moi qui avais jugé, j’aurais dit de confier provisoirement le troupeau aux propriétaires du champ à titre d’usufruit intérêt, les fautifs reprendront leur troupeau lorsque le champ sera comme il était, après qu’ils l’auront arrosé. Informé de ce jugement, Daoud l’adopta et le prononça. Histoires des prophètes d’Ibn Kathir, p. 374, éd. Enmour 2014.

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Deux hommes des enfants d’Israel se présentèrent devant Soliman. l’un des deux dit :

—  O prophète de Dieu, j’ai acheté un morceau de terre de cet homme de telle longueur et largeur, mais j’y ai trouvé enterré un grand trésor. J’ai rapporté ma découverte à cet homme en disant, ‘Je n’ai acheté que la terre de toi, le trésor est donc à toi’. Il ne veut pas le prendre, il dit qu’il m’a vendu la terre avec tout ce qui était dedans.

—  O prophète de Dieu, dit l’autre homme, j’ai acheté cette portion de terre de gens qui depuis sont morts il y a longtemps. Le trésor ne m’appartient pas.

Le roi Daoud leur dit de partager le trésor entre eux. Soliman demanda à l’un :

—  As-tu un enfant ?

—  Même que c’est un grand garçon, dit-il.

—  As-tu un enfant ? demanda-t-il à l’autre 

—  J’ai une fille, répondit il.

—  Pour régler votre conflit sans faire d’injustice ni à l’un, ni à l’autre, unissez vos enfants en mariage et donnez-leur ce trésor en dot, dit Soliman.

Dans l’ancien Israel, le rachat des terres se faisait qu’entre familles de même tribu, ainsi que leurs mariages. Lévitique 25.25

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Deux hommes vinrent se plaindre au roi Daoud. Il y a quatre ans, alors que les deux hommes voyageaient ensemble, l’un prêta un oeuf à l’autre et exigeait maintenant un repaiement de 19,999 poules selon son compte. Il expliqua que la poule née de cet oeuf aurait pondu des oeufs, qui devenus des poules auraient pondu d’autres oeufs, etc. Il montra le papier où ses calculs étaient écrits en x sous forme de pyramide. Daoud fit le compte des oeufs et des poules et lui donna gain de cause, déclarant qu’il devait remettre 19,999 poules en remboursement de l’oeuf impayé. L’homme dit qu’il n’avait pour lui-même que neuf poules, incapable de repayer. Le roi dit d’en trouver le moyen sinon il serait réclamé comme esclave jusqu’à remboursement de la dette.

Le jeune Soliman alla trouver cet homme avant qu’il sorte du hall du palais de justice et lui murmura quelque chose à l’oreille ; ils se mirent d’accord et l’homme partit. Le lendemain, alors que le roi et Soliman étaient à cheval, ils virent cet homme sur un terrain et Daoud lui demanda ce qu’il faisait.

—  Je sème des pois cuits, votre-majesté, répondit-il.

Le roi rit de la chose en disant qu’un pois cuit ne pouvait pas germer. Soliman dit :

—  O roi, puisque tu reconnais que des pois cuits ne peuvent germer, tu reconnaîtras qu’un oeuf cuit ne peut pas éclore, ni une poule sortir d’un oeuf cuit.

Le roi dit à l’homme qu’il n’avait qu’un seul oeuf à rembourser.

À ton frère qui vivra avec toi, tu ne lui prêteras pas ton argent à intérêt, tu ne lui prêteras pas tes vivres à usure ; vous garderez mes lois, je suis Iehvah ton Dieu qui vous ai faits sortir du pays d’Égypte et vous ai donnés le pays de Canaan pour être votre Dieu. Lévitique 25.35

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Le roi Daoud déclara un jour à ses nobles :

—  Heureux celui qui laisse derrière lui des enfants qui prieront Dieu pour lui, qui feront des sacrifices d’expiation pour son âme afin qu’il entre au paradis.

Quand Juda vint avec les siens prendre les corps pour les enterrer dans les tombeaux de leurs pères, ils trouvèrent sous les tuniques des morts des objets profanes des idoles que la loi interdit, il fut pour tous évident que cela avait été la cause de leur mort. Tous bénirent le Seigneur, juste juge qui rend les choses cachées manifestes. Ils se mirent en prière pour demander que le péché commis soit entièrement pardonné, puis Juda recueillit 2000 drachmes qu’il l’envoya à Iérusalem pour être utilisée en sacrifice expiatoire. 2Maccabées 39

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Un honnête vieillard bravait la chaleur et le poids du jour en labourant lui-même son champ : de sa main, il jetait une semence pure et nette au sein de la terre qui ne demande qu’à rétribuer notre travail. Sous l’ombre d’un grand tilleul, une forme d’apparence divine se présenta tout à coup sous les yeux du vieillard qui recula de peur.

—  Je suis Soliman. À quoi t’occupes-tu maintenant ? dit l’esprit sur un ton rassurant.

—  Comment peux-tu me faire cette demande si tu es Soliman. Dans mes jeunes années, tu m’as envoyé vers la fourmi, et j’ai admiré sa conduite. Si je suis laborieux et que j’amasse, c’est d’elle que je l’ai appris. Et ce que j’appris depuis, je le fais encore aujourd’hui, dit l’homme.

—  Tu n’es instruit qu’à demi. Retourne vers la fourmi, elle t’apprendra que dans l’hiver de tes ans il est temps de te reposer, et te réjouir de ce que tu as amassé dans l’été de ta jeunesse.

Il y a quatre petits pourtant des plus sages sur terre :
- les fourmis, peuple sans force, qui préparent leur nourriture durant l’été ;
- les damans (lapin), peuple faible, qui font leur habitat dans les rochers ;
- les sauterelles qui, même sans roi, sortent par bandes ;
- les lézards, qu’on attrape des mains, qui sont dans les palais des rois. Proverbes 30.24

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Comme le roi avait besoin d’aide pour construire le temple, Soliman écrit à pharaon pour demander d’envoyer des artisans à Iérusalem.

« Soliman à Vaphrès roi d’Égypte, son ami par succession paternelle. Salut. Par le secours du plus-grand Dieu, j’ai hérité de la royauté de mon père Daoud, qui m’a dit d’élever un temple au Dieu Créateur du ciel et de la terre. Je te prie aussi de m’envoyer des gens de ta nation pour m’aider, jusqu’à finir la construction comme il m’a été prescrit. »

Réponse de pharaon : « Roi Vaphrès au roi Soliman. Salut. J’ai éprouvé une grande joie en lisant ta lettre, et regardé comme heureux, pour moi, pour toute mon armée et mon peuple, le jour où tu as reçu le pouvoir des mains d’un roi vertueux et agréable au Dieu tout-puissant. Quant à ce que tu m’écris au sujet des hommes, je t’en envoie 80,000 pris parmi mes sujets et te fais savoir les noms des populations auxquelles ils appartiennent : 10,000 des sébrithite, 20,000 chaque des mendésien et des sébenuète, 10,000 chaque des bousirite, des leontopolitain et des bthrithite. Aie soin de pourvoir à leurs besoins, en plus de maintenir l’ordre entre eux, et qu’ils retournent sains et saufs dans leur patrie la construction achevée. »

Pharaon se conforma à sa requête mais pas honnêtement, il fit déterminer par ses astrologues quels hommes étaient destinés à mourir au cours de l’année et envoya à Soliman ces candidats de la mort. Le roi ne fut pas dupe et découvrit le tour qu’il jouait, il les renvoya en Égypte avec à chacun un habit d’enterrement et il écrivit : « À pharaon. Je suppose que tu n’as aucun linceul pour ces gens, aussi je t’envoie les hommes avec ce dont ils avaient besoin. »

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U n homme avec une jarre pleine de lait entendit gémir près d’un champ et vit un serpent se lamenter misérablement. Il lui en demanda la raison, le serpent dit qu’il avait très soif et demanda ce qu’il portait dans sa jarre. Dès qu’il sut il demanda à boire contre une promesse de lui montrer un trésor caché. L’homme donna le lait au serpent, celui-ci à son tour l’amena près d’un gros rocher.

—  Le trésor repose sous ce rocher, dit-il.

L’homme fit rouler le rocher sur le côté, et dès qu’il voulut prendre le trésor, le serpent sauta sur lui s’enroula autour du cou.

—  Que signifie cela ? s’étonna l’homme.

—  Je vais te tuer si tu me voles mon argent, dit le serpent qui voulait seulement lui montrer le trésor.

L’homme et le serpent se présentèrent devant le roi. Soliman dit au serpent de déclarer ce qu’il voulait de l’homme. Le serpent répondit qu’il voulait le tuer vu qu’il est écrit, Tu blesseras l’homme au talon.

—  Lâche ton étreinte du cou de cet homme, descends te présenter devant moi, lui dit Soliman.

Le serpent glissa jusqu’à terre et Soliman répéta sa question. Mais le serpent fit la même réponse.

—  À toi, dit Soliman à l’homme, Dieu t’ordonne d’écraser la tête du serpent.

L’homme écrasa la tête du serpent.

Je mettrai la haine entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence (générations), quand vous blesserez leur talon, ils écraseront votre tête, Dieu dit au serpent. Genèse 3.15 

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Mariam es Samha vivait dans le désert avec ses sept frères, qui s’absentaient en semaine pour affaires et revenaient le 6e jour, apportant des présents pour leur soeur et de la nourriture qu’elle leur cuisinait. À grande distance de là vivaient un goule et sa fille nommée Fatna. Contrairement à son père, elle aimait les humains et souhaitait leur être associée. Un jour elle rendit visite à Mariam et lui apporta un de ses beaux bracelets, par la suite elle la visita encore, lui apportant de précieux bijoux et d’autres présents. Quand les frères de Mariam virent les ornements sur leur soeur, ils demandèrent où elle les avait trouvés, elle répondit que Fatna binti fille goule lui avait apportés. Ils lui dirent de n’avoir rien à faire avec la fille d’un goule qui lui apporterait l’infortune, mais malgré leur avertissement, Mariam garda son amitié et devint très proche de Fatna. Lorsque ses frères apportèrent sept moutons, les moutons se firent aussitôt voler, un mouton chaque soir, jusqu’au 6e jour. À leur retour, elle leur rapporta ce qui arrivait et ils se cachèrent derrière la maison, laissant librement le dernier mouton manger l’herbe avec les sept autres moutons qu’ils avaient encore apportés. À la tombée de la nuit, un vilain goule vint pour prendre un des moutons, mais les frères se jetèrent sur lui comme de braves guerriers et le tua avec leurs épées en conséquence de sa force et sa taille. Le plus vieux frère coupa la tête du goule et la mit dans l’armoire. Le jour suivant, alors que les frères étaient partis, Fatna vint visiter Mariam et lui proposa de peigner ses cheveux. Mariam lui dit de prendre son peigne dans l’armoire, et Fatna, n’ayant pas compris le mot peigne khalkool mais tête de goule rasil-ghool, prit la tête du goule.

—  O mon pauvre père, dit-elle en gémissant. Mon père est mort.

Après des heures à gémir de la mort de son père, elle dit à Mariam :

—  Je dois punir tes frères pour avoir tué mon père, avec toi aussi.

Et elle disparut. Au retour des frères, elle vint armée de sept épines et mit une épine dans la tête de chacun d’eux et les frères devinrent sept grands taureaux forts. Elle disparut avant que Mariam puisse la supplier de relâcher le sortilège. Mariam craignit que l’endroit où elle vivait depuis des années soit maintenant sous un mauvais sort et elle émigra sur d’autres terres avec ses frères les taureaux. Elle trouvait de l’herbe pour les taureaux et en retour ils trouvaient des vaches pour qu’elle ait du lait, et ils vécurent ainsi. Mariam se mettait toujours à pleurer à la tombée de la nuit, et ses frères répondaient en beuglant fortement. Elle devint une femme vertueuse, car Allah accorde sa grâce aussi souvent que sa punition. Plusieurs virent lui proposer le mariage mais elle répondait invariablement qu’elle devait prendre soin de ses frères les sept taureaux. Cette étrange réponse vint jusqu’aux oreilles du roi du pays - Allah est le roi de tous les rois - qui était Soliman, encore jeune en ces jours. Il demanda que Mariam et ses sept taureaux soient amenés devant lui. Quand elle arriva, devant son exceptionnelle beauté, il la demanda en mariage mais elle fit la même réponse :

—   Je dois prendre soin de mes sept frères ici.

—  Lorsque tu seras ma reine, tu auras des serviteurs qui feront ça pour toi, dit le roi en souriant.

Il appela le maître d’étable pour donner aux sept taureaux de l’herbe grasse en abondance ; Mariam consentit ainsi à se marier. Ce fut un bon mariage, et après une année Mariam donna au roi un fils nommé Abu Salama. Ils vivaient heureusement depuis cinq années jusqu’au mauvais jour où Fatna apprit que Mariam avait marié le roi d’un autre pays. Un jour malchanceux, elle vint à la cour du roi pendant que Mariam jouait avec son fils.

—  Il est temps maintenant de te punir toi aussi pour la mort de mon père, dit Fatna.

Lui enfonçant une épine dans la tête, elle devint un pigeon qui vola sur un arbre du jardin et se mit à gémir du mauvais destin, comme beaucoup de pigeons semblent faire en tout temps. Dans l’après-midi, le roi Soliman entendit un pigeon chanter tristement dans l’arbre :

—  Ce matin je me suis levée mère d’un prince, reine d’un bon roi, mais la fille d’un goule m’a jetée un sort et coincée une épine dans la tête.

Le roi Soliman comprit le pigeon et le fit venir dans sa main. Il l’examina, découvrit l’épine et la retira, sa femme se tenait devant lui.

—  Raconte-moi l’histoire de ta vie et n’omets rien, car ainsi demande le roi, dit-il.

Après lui avoir raconté toute la triste histoire, le roi alla au pâturage questionner les sept taureaux de leur étrange infortune. Le chef des taureaux dit :

—  C’est comme notre soeur a dit, votre-majesté, la fille du goule nous a jeté un sort.

Soliman dit à Mariam :

—  Si Fatna revient, dis-lui de rester pour le thé et envoie vite un serviteur m’avertir.

Dès que Fatna entendit que Mariam la reine du pays était redevenue vigoureuse, elle vint de nouveau la visiter. Mariam envoya secrètement un messager et le roi arriva aussitôt. Voyant aux caractères merveilleux de la bague que Soliman avait autorité sur les démons, Fatna se prosterna et dit :

—  Ordonnez et j’obéirai, votre-majesté.

—  Va retirer le sort de ces sept taureaux, dit le roi.

Elle retira les sept épines de la tête des taureaux et ils redevinrent des hommes forts ; ils la saisirent alors et se préparaient à la tuer mais le roi leur ordonna de la relâcher, et dit :

—  Elle a agi pour venger la mort de son père, ce qui était son devoir.

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Il y avait en Égypte un roi nommé Asim Azim bin Safwan, généreux et libéral, digne de respect, qui avait plusieurs châteaux, des terres et des soldats, mais son vizir Faris bin Salih et lui, ainsi que ses sujets, vénéraient le feu et le soleil. Ce roi âgé de 120 ans, devenu infirme par la maladie et la vieillesse, n’avait pas d’enfant, garçon ou fille ; cela le jetait dans l’inquiétude et le chagrin jour et nuit. Un jour favorable, alors assis sur son trône entouré de ses ministres et courtisans, un de ses émirs entra avec son fils et le roi l’envia. Il se dit :

—  Chacun est heureux et se complaisent en leurs enfants, tandis que je suis sans fils. Demain je mourrais en laissant mon royaume, mon trône, mes terres et mes trésors, et des étrangers s’en saisiront. Personne ne se rappellera de moi, il ne restera aucune mémoire de moi dans ce monde.

Sur ce, le roi Asim pleura, il descendit de son trône pour gémir et s’humilier. Le vizir et les sages firent sortir les gens en disant :

—  Rentrez chez vous, restez-y jusqu’à ce que le roi revienne à lui.

Tous sortirent jusqu’à ce qu’il ne reste que le vizir Faris qui lui dit

—  O roi des âges, je suis plus vieux que toi de 100 ans et je n’ai jamais été béni d’un enfant. Je souffre d’inquiétude et sans cesse de chagrin le jour comme la nuit, mais que pouvons-nous y faire vous et moi... J’ai entendu la renommée du roi Soliman bin Daoud comme un seigneur capable de tout faire. Allons le rencontrer avec un présent et ayons recours à lui, il priera son Seigneur et peut-être serons-nous chacun bénis d’un enfant.

Alors que le vizir préparait de magnifiques présents pour ce voyage, Dieu dit à Soliman dans une révélation :

—  En vérité le roi d’Égypte t’envoie son chef-vizir. Envoie ton vizir Asaph bin Berakia à sa rencontre avec des provisions pour les haltes, et quand il sera devant lui, qu’il dise : Le roi t’a envoyé demander telle chose. Propose-lui la foi.

Asaph alla à la rencontre du vizir Faris, le salua honorablement en lui souhaitant meilleurs voeux, car ses affaires seraient accomplies et ses désirs se réaliseraient. Surpris, le vizir demanda à Asaph :

—  Qui vous a informé de notre visite et désir ?

—  Soliman m’a informé de cette vérité, répondit-il.

—  Qui a informé Soliman ?

—  Le Seigneur du ciel et de la terre, dit Asaph.

Ils voyagèrent ensemble jusqu’à leur approche du trône du gouvernement où, tout au long du chemin, Soliman fit regrouper en rang les hommes, les jinns et autres, ainsi que les animaux sauvages et créatures de la mer en deux rangs, chaque espèce séparément, regroupés ensemble avec les jinns maintenant visibles aux airs si effrayants, tous étaient sur deux rangs. Les oiseaux tendaient leurs ailes pour ombrager les autres créatures avec des gazouillis de toutes gammes et de tous langages. Les hommes d’Égypte avancèrent avec peur et ne voulurent plus continuer, mais Asaph leur dit de ne pas craindre car ils étaient tous sujets à Soliman. Le vizir et sa suite furent conduits en ville aux logis des maisons de divertissement hôtellerie pour étrangers  où ils furent honorablement accueillis et servis avec largesse pendant trois jours avant d’être emmenés devant Soliman. Ils voulurent embrasser le sol devant le roi mais il les en empêcha, disant qu’il n’était pas bon qu’un homme se prosterne excepté devant Dieu, le Créateur de toutes choses. Une fois assis, Soliman déclara au vizir le motif de sa venue.

—  Ce que tu as dit est vrai, O prophète de Dieu, qui t’a informé de tout cela ? dit le vizir.

—  Mon Seigneur connaît le coup d’oeil furtif et la pensée du coeur, il m’a informé, dit Soliman.

Le vizir Faris dit qu’il n’y avait aucun Seigneur aussi puissant et excellent capable d’accomplir ces choses : il embrassa la foi, lui et tous ceux avec lui. Soliman indiqua tous les présents que le vizir avait apportés et les accepta, mais il lui redonna ensuite en disant que demain ses affaires seraient accomplies. Le lendemain, Soliman lui dit :

—  Quand tu iras vers le roi Asim pour avoir un entretien avec lui, allez monter sur tel arbre vous asseoir en silence, et au moment entre les deux prières midi et soleil couchant, lorsque la chaleur du milieu du jour est assouvie, descendez regarder au pied de l’arbre, vous trouverez deux grands serpents qui s’avancent, l’un à tête de singe, l’autre à tête de jinn : frappez-les de vos flèches puis coupez-leur la tête et la queue et jetez-les à une distance de grande envergure. Soliman fit apporter un anneau, une épée et une tunique sertie de bijoux dans une toile, et lui dit :

—  O vizir Faris, quand les deux fils auront grandi et atteint maturité, donne une de ces choses à chacun d’eux pour que Dieu te rende prospère. Maintenant il ne te reste plus qu’à te préparer pour ton retour car le roi guette ton arrivée jour et nuit.

Le vizir Faris embrassa les mains de Soliman, lui adressa ses voeux et partit plein d’allégresse entrain et de joie. Arrivé en Égypte, il proposa au roi la foi qu’il avait reçue avec toute sa suite. Après huit jours de repos, il vint au palais rapporter au roi Asim tout ce qui s’était passé entre Soliman et lui. Le roi et son vizir prirent des arcs et des flèches et partirent seuls jusqu’à l’arbre, ils y montèrent, et le temps venu de descendre, ils virent deux serpents apparaître, chacun portant un collier d’or.

—  Ces serpents sont parés de colliers d’or, quelle chose merveilleuse par Allah, dit le roi avec étonnement, prenons-les pour les mettre en cage et se complaire à les regarder.

—  Dieu a créé cela pour leur usage, dit le vizir. Frappe l’un d’une flèche et je frapperai l’autre.

Ils agirent comme ils avaient été instruits et les frappèrent de leurs flèches. Au temps prévu leurs femmes enfantèrent des fils ; le fils du roi fut nommé Saif al-muluk le roi et l’autre Saïd. L’anneau et la tunique furent donnés à Saif al-muluk : par le premier,il réussit à détruire avec sagesse l’esprit d’un jinn caché, par le second il obtint une femme.

Nous avons désigné les diables comme des alliés à ceux qui ne croient pas. Qu’ran 7.27

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Une veuve, tisseuse de filets de pêche, se présenta au roi Soliman. Alors qu’elle apportait un sac de farine chez elle, le sac fut emporté dans les airs par le vent et disparut dans la mer.

—  Je n’ai plus un seul grain de farine pour vivre, dit-elle.

Soliman convoqua les quatre vents, le vent du nord avoua son geste : il dit avoir utilisé le sac de farine pour boucher le trou d’un bateau sur le point de couler et sauver les voyageurs qui avaient prié Dieu de les sauver d’un naufrage certain. Au moment de délibérer, des marchands vinrent apporter un sac de pièces pour le temple en gratitude de leurs vies, car leur bateau n’avait miraculeusement pas coulé. Soliman fit remettre ce sac à la veuve mais elle le refusa, disant qu’il était destiné à Dieu. Voyant sa grande piété, le roi lui confia les tâches des voiles et des rideaux du temple.

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Un petit moustique venu des champs vint déposer sa plainte devant Soliman et implora justice :

—  O Soliman, toi qui étends la droiture sur les hommes et les démons, où pareillement les poissons et les volatiles habitent à l’ombre de ta justice, quel oppressé n’a-t-il pas cherché ta miséricorde ? Je suis très affligé de ne pouvoir glaner les prés et les jardins, donne-moi réparation.

—  O chercheur de droit, dit Soliman, de qui veux-tu réparation, quel oppresseur t’a frappé de face ?

—  Celui dont je cherche réparation est le vent qui a tendu son voile contre moi, dit le moustique. Par son oppression je suis dans un cruel détroit impasse, je bois du sang les lèvres sèches.

—  O douce voix, répondit Soliman, Dieu m’a ordonné en disant qu’un dispensateur de justice n’entend jamais l’un sans l’autre. Car jusqu’à ce que les deux parties soient présentes devant le juge, la vérité n’est jamais complète.

Soliman demanda que l’accusé se présente devant lui. À son ordre, un vent fort et vif vint, mais le moustique fut soufflé par lui ; la cause ne put pas être entendue pour cette raison.

Le premier qui parle dans sa cause paraît juste, on l'examine quand vient sa partie adverse. Proverbes 18.17

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Un jour le roi des fourmis vint devant le juge Soliman pour se plaindre qu’un éléphant foulait toutes les fourmis qui se trouvaient sous ses pieds, il ne voulait même pas entendre aucune requête du roi des fourmis. Soliman parla à l’éléphant et l’avertit de regarder où mettre son pied pour ne pas marcher sur les fourmis, mais l’éléphant répondit :

—  Quelle importance que les fourmis, que peuvent-ils me faire !

Le roi des fourmis décida de lui donner une leçon, il rassembla ses sujets et ils creusèrent un large trou, assez profond pour un éléphant, qu’ils recouvrirent de branches avec des feuilles et des touffes d’herbes. Ce trou fut fait en une seule nuit à un endroit où l’éléphant passait chaque matin pour son bain dans la rivière. Le jour suivant au lever du soleil, l’éléphant tomba en chemin dans le trou et n’en sortit plus jamais : les fourmis se glissèrent dans son corps et le dévorèrent de l’intérieur. C’est pourquoi Soliman disait ouvertement :

—  Vous orgueilleux, observez les fourmis et apprenez l’humilité.

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Soliman, le plus sage des hommes, était assis à l’entrée de son palais au mont du temple, appré-ciant le ciel s’éclaircir à la clarté du jour. Deux oiseaux devant lui roucoulaient et gazouillaient gaiement en se cajolant. Tandis que le roi regardait, il entendit l’un des oiseaux dire à sa compagne :

—  Qui est cet homme assis ici ?

—   C’est le roi dont le nom remplit le monde par sa renommée, répondit-elle.

—  L’appelle-t-on puissant aussi ! dit l’oiseau piqué d’orgueil. Même s’il renforçait suffisamment ses palais de forteresse, je les renverserais d’un battement d’aile si je voulais.

—  Fais ainsi, encouragea sa compagne, montre la valeur de ton pouvoir si tu as la force d’exécuter tes paroles.

Surpris de cet échange, Soliman fit signe à l’oiseau d’approcher et lui demanda le motif d’un orgueil aussi démesuré. Terrifié, l’oiseau trembla et répondit à l’auguste roi :

—  Que le roi mon-seigneur m’accorde la miséricorde de son bon sentiment et sa bonté de coeur, je ne suis qu’un pauvre oiseau incapable, qui ne peut lui faire du tort. Tout ce que j’ai dit était pour plaire à ma compagne et me faire grandir dans son estime.

Elle se tenait sur le toit, ne pouvant se contenir dans l’attente du retour de son compagnon et demander pourquoi le roi l’avait fait venir. Et quand il revint, elle lui demanda très excitée :

—  Que voulait le roi ?

Il répondit gonflé d’orgueil :

—  Le roi a entendu mes paroles et m’a supplié de ne pas apporter de destruction sur sa cour, ni de réaliser mon but.

Lorsque Soliman entendit cela, il se mit en colère contre l’oiseau effronté et les changea tous deux en pierre afin que les autres s’abstiennent de fanfaronner à vide en vaine prétention, et enseigner aux femmes du peuple de ne pas inciter leurs élus à poser des gestes téméraires de folie.

La bouche de l'insensé est une ruine prochaine. Proverbes 10.14

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Un jour que notre-seigneur Soliman présidait de son trône un grand conseil devant les péris, divs, démons, bêtes sauvages, reptiles et oiseaux, suivant leurs rangs, et la simorgue dit à Soliman :

—  Prophète de Dieu, je n’ai foi ni en la providence, ni la prédisposition.

—  Qui nie la providence n’est pas dans la vraie foi, et c’est un devoir pour nous de croire que nos actions nous prédisposent, dit Soliman.

À l’instant Dieu envoya l’ange Gabriel qui parut devant Soliman en disant :

—  Que ton coeur ne s’attriste pas aux paroles de la simorgue, le temps n’est pas loin où elle fuira honteusement se cacher aux yeux de ta cour. Si tu veux la confondre, apprend-lui qu’il est né cette nuit une fille à Djabersa occident et un garçon à Djaberka orient à qui il est ordonné de se rencontrer par décret de la providence. 

—  Qu’as-tu à répondre, dit le roi, tu viens d’entendre le décret de la providence. Quand bien même les sages s’uniraient aux puissants pour le changer, ils n’y parviendraient pas. Il faudra que tu crois.

—  Tu es vraiment prophète de Dieu. Par la puissance toute-divine, je crois fermement que Dieu est le dispensateur suprême de toutes choses, cependant je ne crois pas que le fils et la fille puissent jamais se rencontrer, dit la simorgue.

—  Ne parle pas ainsi, je devrais te châtier sévèrement, reprit Soliman.

—  O envoyé de Dieu, je sais que tu es vraiment prophète, si tu veux m’accorder la permission, je percerai le décret que l’ange Gabriel t’a révélé pour que tu saches que la vérité est avec moi.

Soliman accorda 15 années à la simorgue. La simorgue enleva la fille du roi de Djabersa et l’emmena sur un figuier en bordure de la mer, elle l’éleva comme sa fille durant ces années, allant chaque jour lui rendre visite sur le figuier où elle avait construit une petite cabane. Le fils du roi de Djaberka vint vers Soliman mais à peine arrivé il tomba malade. Le roi Soliman le soigna et il retourna dans son pays en bonne santé. Après plusieurs années, le fils du roi de Djaberka partit en bateau avec ses compagnons car il aimait les voyages. Poussés par le vent, ils avançaient jusqu’à ce qu’il leur dise de le débarquer à un certain endroit. Il alla sous le figuier et s’endormit. La jeune fille lui jeta des feuilles du haut de l’arbre et quand il ouvrit les yeux, elle dit :

—  À part ma mère la simorgue, je suis seule ici. D’où viens-tu ?

—  De Djarberka, dit-il.

—  Pourquoi le Seigneur n’a pas créé d’autres créatures que moi, ma mère et notre-seigneur Soliman ?

Elle n’avait jamais vu d’autre visage que celui de la simorgue qui était devenue sa mère.

—  Dieu a créé toutes sortes d’hommes et de pays, dit-il.

Chaque jour la jeune fille cachait à la simorgue la présence du jeune homme, qui resta près d’elle et l’informa sur les êtres de la terre et des mers, du monde que Dieu avait créé. Elle dit un jour :

—  Amène ton cheval, égorge-le et apporte du camphre pour l’assécher et suspendre le cuir.

Quand la simorgue vint, elle se mit à pleurer en disant :

—  Pourquoi ne me conduis-tu pas chez notre-seigneur Soliman ?

—  Je t’emmènerai demain.

Elle dit au fils du roi :

—  Va te cacher à l’intérieur du cheval.

Le lendemain la simorgue prit la jeune fille et ils partirent avec la peau du cheval car elle demanda de l’apporter avec elle. Arrivés chez Soliman, il dit à la simorgue :

—  Ne t’avais-je pas annoncé que la jeune fille et le jeune homme se rencontreraient.

Sur-le-champ la simorgue s’enfuit dans une île.

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On racontait autrefois qu’un dragon dinosaure et ses petits vinrent à une source d’eau, en haut de Cherchell, quand ils sortirent jouer à l’entrée de la grotte, des jeunes de la ville les frappèrent et en tuèrent quatre. Ayant su ce qui était arrivé, leur père dans sa colère mit du poison dans l’eau, tous ceux de la ville qui en burent moururent empoisonnés. Ceux qui restaient se plaignirent à Soliman qui eut pitié et partit avec eux. Il mit sur sa tête celle d’un coq égorgé afin de donner l’assurance de ne vouloir aucun mal passant pour idiot, puis il alla vers le dragon et dit :

—  Tu n’as rien à craindre tant que cette tête sera sur moi.

Le dragon le crut et sortit de son trou ; il plaça sa tête sur le pommeau de la selle du cheval de Soliman et avançait en se traînant de chagrin. Quand ils arrivèrent dans la Metidja plaine d’Algérie, le prince le tua, le dragon n’eut que le temps de se jeter sur la queue du cheval qu’il coupa au ras. Le roi partit aussitôt ordonner aux jinns à Hammam Righa de chauffer l’eau pour laver le sang du dragon qui coulait sur lui.

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Un bijoutier fit appel à Soliman, en sa justice, car dans la nuit un voleur força la porte de sa boutique et prit l’or qu’il trouva.

—  Aux jours de votre père ces choses n’arrivaient pas, dit le bijoutier. Sur votre honneur, seigneur, arrêtez ce voleur et punissez-le, et que je retrouve mon or.

—  L’honneur est plus précieux que l’or, dit Soliman.

Il demanda si quelqu’un avait vu ou entendu quelque chose, mais on n’avait rien vu ni entendu. Alors Soliman dit qu’il allait questionner la porte et entendre son témoignage. On annonça publiquement que Soliman allait questionner une porte, et déjà la foule se pressait devant la boutique du bijoutier. 

Soliman demanda à la porte ce qu’elle avait vu et entendu. Il approcha son oreille, et il dit à la foule que la porte était d’accord pour témoigner. Il demanda à la porte le nom de l’homme qui avait fait ça. Collant son oreille sur la porte, il dit qu’elle ne savait pas le nom du voleur mais qu’une toile d’araignée était restée collée sur lui. Un homme dans la foule se mit à frotter vivement sa cape et Soliman le fit arrêter. Le voleur restitua l’or et demanda grâce sous promesse de changer, mais le roi dit que ce n’était pas l’heure de grâce, qu’il serait mis en cellule afin de mettre en garde ceux qui voudraient prendre le bien d’autrui. Le conseiller Asaph riait quant à la possibilité qu’une porte puisse témoigner. Soliman lui dit que non seulement la porte avait reconnu le voleur, elle donna aussi une description détaillée en le désignant dans la foule, cela servit à le confondre.

—  Bien que le témoignage d’une porte ne soit pas acceptable devant un tribunal, ajouta Soliman, la balance de la justice a penchée sur le poids d’une toile d’araignée.

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Chaque année un homme venait de loin rendre visite au sage roi, et avant de repartir, Soliman avait l’habitude de lui accorder un présent. Cette année-là l’étranger demanda au roi de lui apprendre le langage des oiseaux et des animaux au lieu d’un présent. Soliman fut favorable à lui accorder sa requête mais il voulait le prévenir du grave danger rattaché à un tel savoir :

—  Tu encours une mort certaine, et inévitable destruction, si tu rapportes un mot que tu as entendu d’un animal.

Nullement intimidé, l’étranger assura sa requête et le roi lui enseigna le secret. De retour chez lui, il entendit cet échange entre son boeuf et son âne :

—  Frère, combien de charges avec ces gens ? dit l’âne.

—  Comme tu vis frère, je passe jour et nuit en douleur à travailler durement, dit le boeuf.

—  Frère, je peux te donner relâche. Si tu suis mon conseil tu vivras dans le confort, dégagé de tout travail difficile, dit l’âne.

—  O frère, dit le boeuf, que ton coeur se tourne de pitié pour moi et m’aider, je promets d’aller ni à droite ni à gauche de ton conseil.

—  Dieu sait que je te parle avec un coeur droit et des pensées pures, dit l’âne, mon conseil pour toi est de ne pas manger ni paille ni fourrage cette nuit, ainsi notre maitre va supposer que tu es malade et ne mettra aucun fardeau sur toi, tu pourras alors prendre du bon repos. C’est ce que j’ai fait aujourd’hui.

Le boeuf suivit le conseil du confrère et ne toucha à rien de la nourriture déposée devant lui. Soupçonnant une ruse de l’âne, le maitre se leva dans la nuit pour observer l’âne à l’étable : il faisait son plein de nourriture du boeuf. Il ne put s’empêcher de rire à voix haute, ce qui surprit grandement sa femme qui n’avait rien vu. Évasif à ses questions, le maitre dit en guise de réponse :

—  Une chose ridicule vient tout juste d’arriver.

Déterminé à punir l’âne pour le tour joué au boeuf, il donna ordre à un serviteur de laisser le boeuf se reposer pour la journée et que l’âne fasse le travail des deux. Exténué de fatigue le soir venu, l’âne peinait dans l’étable. Le boeuf le salua et dit :

—  Je les ai entendus dire t’avoir assommé. Tu devrais refuser de manger ce soir s’ils veulent sauver ta peau.

À peine eut-il la réponse que le boeuf se jeta sur la nourriture de l’âne comme un lion enragé sur sa proie, sans rien laisser derrière. Le maitre fut saisi d’un rire hilarant et cette fois sa femme insista pour en connaître la raison. Voyant qu’elle implorait en vain, elle jura de ne plus vouloir vivre avec lui s’il ne lui disait pas. L’homme aimait si dévotement sa femme qu’il était prêt à sacrifier sa vie pour satisfaire son caprice, et avant de prendre congé de ce monde, il souhaitait voir une dernière fois sa famille et ses amis et les invita tous dans sa maison. Averti que la fin de son maitre approchait, le chien fut dans une grande tristesse et ne prit ni manger ni boire en marque de fidélité. De l’autre côté le coq et ses poulettes prirent sa nourriture en appréciant joyeusement le banquet. Outragé d’un voisinage si insensible, le chien dit au coq :

—  Quelle grande impudence à manger joyeusement sans retenue quand ton maitre est à un pas de la tombe.

—  Est-ce ma faute si notre maitre est fou idiot ? dit le coq. J’ai dix femelles que je domine comme je veux, et aucune n’ose s’opposer à mes ordres. Notre maitre a une seule femme et il ne peut ni contrôler ni diriger celle-là seule.

—  Que faut-il que notre maitre fasse ? demanda le chien.

—  Qu’il prenne un bâton dur et frappe le dos de sa femme, je te garantis qu’elle ne le harcèlera plus à révéler ses secrets, dit le coq.

Le mari entendit cette conversation et le conseil du coq lui sembla bon : il le suivit et évita la mort.

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Un homme se présenta de très bonne heure au palais du prophète Soliman, il était blême avec des lèvres bleuies. Soliman lui demanda :

—  Comment es-tu dans cet état ?

—  L’ange de la mort a jeté sur moi un regard plein de colère, dit l’homme effrayé. Pour le salut de mon âme et mon corps, je te supplie de commander au vent de m’emmener en Perse.

Et Soliman commanda au vent de faire ce que l’homme demandait. Le lendemain le prophète demanda à l’ange de la mort :

—  Comment as-tu pu jeter un regard menaçant à cet homme qui est fidèle, tu lui as fait si peur qu’il a quitté sa patrie.

—  Il a mal interprété ce regard, dit l’ange de la mort, je l’ai regardé d’étonnement, non de colère, Dieu m’a dit d’aller prendre sa vie en Perse et je me suis dit comment pourrait-il se rendre en Perse à moins d’avoir des ailes ?

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Un pauvre homme dans la misère qui avait sept enfants vint demander la charité à Daoud. Le roi venait de répartir les aumônes et il ne restait rien à donner. Il lui dit de suspendre son manteau jusqu’au prochain partage mais le pauvre homme répondit :

—  Parce que tu n’as rien à donner, peux-tu au moins mettre ta bénédiction dans le fond de mon manteau et que je l’apporte jusqu’à chez moi ?

Daoud lui donna sa bénédiction. L’homme reprit son manteau comme s’il y avait un poids dedans. Quand il revint chez lui, lorsqu’il lava le manteau dans le puits du jardin, le puits se remplit soudain de bons poissons, qu’il vendit pour une somme d’argent. Lorsqu’il fit sécher le manteau sur un pommier fané, tandis qu’il le suspendait, l’arbre se couvrit soudain de bonnes pommes dont trois grosses pommes de rouge doré tout au sommet. Le pauvre apporta à Daoud les trois pommes comme présent de fruit et lui dit ce qui était arrivé. Daoud distribua les trois pommes entre lui, Soliman, et le pauvre.

—  Mieux valut donner ce qui était dans ton coeur que le suspendre, dit Soliman.

Celui qui donne au pauvre ne manquera pas. Proverbes 28.27

 

DE LA REINE DE SHEBA

Alors que Soliman traversait le désert sous une très forte chaleur, il fit appeler la huppe, mais voyant que l’oiseau avait déserté sa place, il commanda à l’aigle de le rechercher. Qu’ran 27.20

—  Monte en hauteur, lui dit-il, et retrouve-moi ce déserteur, que je le déplume et le renvoie nu sous le soleil être la proie des insectes.

Soliman était en colère, il avait besoin de la huppe pour trouver des points d’eau dans le désert. L’aigle monta en haut jusqu’à ce que la terre soit sous lui comme un globe en rotation, et regarda dans toutes les directions jusqu’à ce qu’il aperçut la huppe venant du sud ; l’aigle l’aurait saisie de ses serres mais le petit oiseau implora de l’épargner au nom de Soliman afin de faire son récit au roi.

—  N’espère pas la protection de Soliman, dit l’aigle.

Et il accompagna la huppe vers le roi. Voyant que le roi était irrité, elle lui dit :

—  Roi et prophète de Dieu, n’oublie pas que tu te tiendras devant le trône du jugement de Dieu.

Le roi demanda le motif de son absence et la huppe répondit :

—  Seigneur, j’apporte des nouvelles d’une reine d’un pays lointain, dont tu n’as jamais entendu le nom, la reine Balqis du pays de Sheba שְׁבָא . (Qu’ran 27.22). Une huppe de ce pays m’a dit que ton nom était inconnu dans son pays, qui ne connait pas ta majesté et la grandeur de ton autorité. Elle m’a raconté l’histoire de la reine de Sheba qui commande une armée de 12,000 officiers et m’a parlé de son palais et des merveilles qu’il y avait là-bas.

Soliman dit à l’aigle de relâcher la huppe et qu’elle raconte ce qu’elle entendit de Sheba et sa reine.

27

Le roi qui fonda le royaume de Sheba, dont la capitale porte le nom, était adorateur du soleil, iblis l’avait détourné du vrai Dieu, lui qui du ciel envoie la pluie pour que la terre se couvre d’abondances et lit les pensées du coeur humain. Après Sheba il y eut des rois successifs, et le dernier de la dynastie était Sharahbil Cherahil,  tyran aux moeurs dégénérées pervers, redouté des pères et des maris pour leur fille et leur femme. Son vizir al-himyari l’himyarite Bou-Schar’h aimait passionnément la chasse. Il vit un jour deux serpents se battre, un grand noir et un petit blanc, il les sépara et tua le noir quand il allait tuer le blanc à moitié étouffé et sans connaissance. Le vizir le transporta près d’une source d’eau et le laissa se reposer avant de partir. Un jeune homme se présenta à son cabinet le lendemain soir pour lui parler, disant qu’il était le serpent que le vizir avait sauvé la veille.

—  O prince, dit-il, je ne suis pas un homme mais un péri, fils d’un chef de péris. Je suis ce serpent blanc que tu as délivré du serpent noir, serviteur de mon père qui avait de la haine contre moi. Il a voulu me tuer lorsqu’il m’a rencontré seul dans le désert hier, c’est alors que tu m’as délivré de sa main. Je veux maintenant te récompenser.

Le péri offrit au vizir des trésors mais celui-ci refusa, il n’avait pas besoin d’or ni d’argent. Le péri proposa de lui enseigner la médecine mais il refusa, disant qu’il y avait déjà dans le royaume des médecins qui guérissent. Le péri dit qu’il avait une soeur Uméra  dont il n’avait jamais vue d’aussi belle, qu’il la lui donnerait pour épouse. Il ajouta :

—  Elle est une péri et toi un homme, aussi tu ne devras jamais lui demander ce qu’elle fait ni pourquoi elle le fait, car tu ne la reverrais plus.

Le péri amena le vizir au milieu du désert, dans un jardin aux murs en or, argent, perle et émeraude, et l’assit sur un trône entouré de jeunes filles et de garçons assis en rangs. La soeur du péri vint apporter devant le trône un bassin doré rempli d’eau pour les ablutions, et tous passèrent à la table du repas. Le vizir prit pour femme la soeur du péri et l’emmena dans ses habitations. Il eut en premier un fils aussi parfait qu’un rare joyau qu’il aima par-dessus son épouse même, mais il disparut le jour où sa mère l’enveloppa d’une toile qu’elle jeta au feu ; le vizir fut très désemparé et se lamenta longtemps. La péri eut ensuite une fille aussi belle que la lune et le soleil, jamais aussi beau visage n’avait été vu du vizir et il retrouva sa joie, mais elle disparut aussi le jour où sa mère l’enveloppa et la jeta à un chien ; le vizir déchira ses vêtements et se lamenta longtemps. Il prit son mal à parti, ne pouvant questionner son épouse sur le motif de ses gestes, et parce qu’il l’aimait d’un grand amour.

Il arriva qu’un ennemi se mit en guerre contre le roi et le vizir se joint à son armée pour le combat, apportant avec eux une grande provision de nourriture. Mais la marche dans le désert jusqu’au lieu du combat fut longue, et ils avaient déjà épuisés leurs réserves de nourriture. Un intendant du roi, prévenu que les provisions manquaient, fit charger 25 ânes qu’il envoya au vizir, et dès leur arrivée au camp, l’épouse du vizir perça toutes les outres pleines d’eau d’un couteau et ouvrit les sacs de farine : tout se dispersa au sol et au vent. On avertit le vizir, qui la réprimanda pour avoir dépassé les limites :

—  J’ai eu un fils qui surpassait en beauté toutes les créatures du monde que tu l’as jeté au feu. J’ai eu une fille aussi belle que la lune et le soleil ensemble que tu as fait disparaître. Je n’ai rien dit et j’ai gardé le silence. Mais tu devras maintenant répondre de tes gestes et me dire pourquoi tu prives tous ces hommes et toute mon armée de nourriture et d’eau.

—  O mon époux, écoute ma réponse. J’ai renversé l’eau et la farine parce qu’elles sont empoisonnées, dit sa femme, si tu veux t’en convaincre, fais venir l’intendant qui a envoyé ces provisions et demande-lui d’en boire et manger ; s’il accepte tu sauras que je t’ai menti, s’il refuse, sache qu’il a reçu 100,000 dirhems pour te faire périr avec ton armée. J’ai confié notre fils au feu, la plus compatissante des nourrices, je lui ai donné pour que nous n’ayons pas de chagrin pour lui, Dieu l’a pris maintenant. J’ai confié notre fille au chien, une véritable nourrice en vérité, qui prend soin d’elle mieux que tout autre.

Elle poussa un cri et la nourrice vint, portant dans les bras une enfant couverte de la tête aux pieds d’ornements d’or et de pierres précieuses, resplendissante de beauté. La mère prit son enfant et la mit dans les bras du vizir en disant :

—  Voilà ta fille.

Elle indiqua au vizir un endroit où trouver de l’eau et des provisions pour son armée et lui, elle envoya ensuite des jinns devant ses ennemis pour les confondre et les rendre inoffensifs. Elle disparut sous le regard du vizir, qui ne la revit jamais. Le vizir fit venir l’intendant et mit devant lui un peu de la farine ainsi que l’eau des outres, mais il ne voulut ni boire ni manger, alors il ordonna qu’on le tue sur-le-champ. Après que la péri lui remit sa fille et disparut, le vizir se retira loin de la capitale avec l’enfant qu’il nomma Balqis, dans une vallée où ils vivaient en réclusion.

28

À mesure que Balqis grandissait, sa beauté, étant d’une nature surhumaine, devint plus saisissante et la rumeur vint jusqu’aux oreilles du monstre dégénéré assis sur le trône de Sheba. L’ex-vizir redoubla de précaution pour préserver Balqis, la gardant à la maison et lui faisant porter un voile en public. Ce-pendant Sharahbil avait coutume de voyager sous des déguisements pour se tenir personnellement au courant des états et conditions de son empire ; il se tint à la porte de l’ex-vizir, vêtu en lambeaux de mendiant, et aperçut Balqis, alors âgée de 13 ans et gracieuse comme une houri, faisant un pas pour lui donner l’aumône. Le père pressait sa fille et au même instant les yeux des deux hommes se croisè-rent et l’ex-vizir tomba aux pieds du roi Sharahbil : ce dernier, devenu amoureux de Balqis, le restitua à sa première place comme grand vizir et les logea dans un magnifique palais près de Sheba. Le vizir était rempli d’inquiétude, terrifié que le tyran prenne Balqis dans son harem.

—  Ne crains pas pour moi, mon père, lui dit-elle, ce que tu crains n’arrivera pas. Parais joyeux devant le roi, et s’il désire me marier, demande-lui de me faire un mariage remarquable.

Quand Sharahbil envoya demander Balqis en mariage, le vizir répondit qu’il souhaitait célébrer le mariage sans pompe et le roi acquiesça. Un banquet remarquable fut préparé, et le vizir se retira après le repas avec toute la compagnie, laissant seule Balqis et le roi en présence de quatre esclaves, chacune d’elle pour chanter, pour la harpe, danser, et verser du vin au roi. Balqis prit le pot et servit son royal fiancé jusqu’à ce qu’il tombe ivre sur le sol, et le frappa d’une dague au coeur. Elle dit ensuite à son père d’envoyer cet ordre dans toute la ville :

—  Que tous les citoyens apportent leurs filles devant le roi afin qu’il ajoute celles qu’il choisira à la longue liste des femmes et concubines.

Quand ce fut fait, la ville se révolta, les parents rassemblèrent leurs amis, les officiers de l’armée soulevèrent les soldats à la révolte et vinrent précipitamment au palais mettre à mort le tyran. Aussitôt que les portes du palais furent renversées, Balqis montra par la fenêtre la tête du roi à la multitude et un cri de joie vibra à travers Sheba : Balqis fut élue reine à la place du tyran assassiné. Depuis cette heure elle gouverne Sheba avec prudence et a rendu le pays prospère. Elle siège au jugement pour entendre les litiges et rend justice sur un trône couvert d’or et de splendeur.

—  Tous prospèrent sous son administration sage, dit la huppe, mais hélas elle est adoratrice du soleil et des étoiles comme ses prédécesseurs.

29

Soliman écrivit une lettre où il apposa le sceau de son anneau, et la remit à l’oiseau avec ordre de la porter aussitôt à la reine de Sheba. Partie en flèche, la huppe vint le lendemain remettre la lettre.

—  Qui a les oiseaux sous ses ordres est un grand roi, dit Balqis avec surprise.

La reine rassembla son armée, elle leur présenta la lettre du roi Soliman, brisa le sceau et lut :
« Soliman bin Daoud, serviteur d’Allah très-haut, envoie salutation à Balqis reine de Sheba. Aunom du Dieu miséricordieux et graciant, paix à ceux qui marchent dans ses voies. Fais ce que je t’ordonne : soumets-toi immédiatement à mon sceptre au nom très-miséricordieux d’Allah. Ne soyez pas hautains avec moi et venez en toute soumission. » (Qu’ran 27.31, Deut. 20.10).

Surprise de l’ordre abrupte et définitif, la reine consulta ses conseillers mais ils la pressèrent de les instruire de son conseil et promirent d’agréer à tout ce qu’elle conviendrait.

—  Vous savez quels désastres résultent de la guerre, dit-elle, je vais d’abord envoyer un messager pour l’apaiser avec des présents : s’il les accepte, il n’est pas au-dessus des autres rois ; s’il les rejette, il est prophète et nous devrons nous incliner devant son empire.

Elle habilla 500 garçons en fille et 500 filles en garçon, et fit préparer des présents ; 1,000 tapis tissés d’or et d’argent, des briques d’or et d’argent, une couronne sertie de perles et diamants, et des parfums en très grande quantité. Elle mit aussi un verre en cristal et un rubis taillé en zigzag dans une boite. Elle remit le tout à son chef-ambassadeur avec une lettre au roi Soliman, disant :

—  S’il est prophète, il reconnaîtra les garçons des filles dans l’ambassade, il devinera les objets dans la boite, il percera le rubis, et remplira le verre d’une eau qui ne vient ni du ciel ni de la terre.

Elle envoya les chefs-nobles de Sheba porter la lettre et leur dit avant leur départ :

—  Ne craignez pas si Soliman vous reçoit avec arrogance, son orgueil sera signe de sa faiblesse. Mais s’il vous reçoit avec grâce, soyez attentifs parce qu’il est un prophète נָבִיאnabi (porte-parole).

L’ambassade était en route quand l’ange Gabriel vint vers Soliman pour lui donner les réponses aux questions de Balqis après que la huppe lui dit ce qu’elle avait entendu. Le roi réunit officiers et nobles courtisans pour les préparer à l’audience. Il ordonna aussi aux jinns d’étendre devant son trône, vis-à-vis de Sheba, un tapis d’une longueur de 7 ligues 35 km  et disposer des gemmes d’or autour, l’extrémité du tapis était au-delà de la vue. Les ambassadeurs de Sheba furent grandement surpris quand ils posèrent leurs pieds dessus, et encore plus quand ils passèrent entre les rangs de jinns, de nobles, de princes et de soldats, sur plusieurs kilomètres. Arrivés au pied du trône, Soliman reçut les chefs de l’ambassade avec un gracieux sourire. Ils lui remirent la lettre de la reine dont Soliman déclara le contenu sans l’ouvrir. Le roi dit à ses serviteurs d’apporter des cruches d’eau et des bassins d’argent à toute la suite des ambassadeurs pour qu’ils puissent laver leurs mains suite à leur voyage : Soliman les observa et distingua d’un coup les garçons des filles. Ils remirent la boite à Soliman et il dit qu’un verre et un rubis étaient dedans ; il fit percer le rubis avec un diamant, puis il appela un ver pour ramper dans la trouée en zigzag jusqu’à l’autre bout avec un fil de soie. En gratitude envers ce petit être, Soliman donna l’arbre mûrier pour toujours. Prenant le verre en cristal, il dit à un soldat de faire galoper sur la plaine un cheval sauvage jusqu’à ce qu’il écume de sueur ; le roi réussit ainsi à remplir le verre d’une eau provenant ni de la terre ni du ciel. Une fois ces tâches faites et accomplies, Soliman dit aux ambassadeurs :         

—  Reprenez vos présents et dites à la reine ce que vous avez vu, ordonnez-lui de se soumettre à ma foi.

À l’écoute du rapport de ses ambassadeurs, Balqis vit qu’il serait vain de résister, elle dit :

—  Vraiment Soliman est un grand prophète, à qui je dois rendre hommage moi-même.

Elle se hâta de préparer le voyage, partant à la tête de 12,000 généraux avec les groupes armés qu’ils commandaient. La distance entre Balqis et Soliman était de deux jours de voyage. Alors qu’elle était à distance d’un jour, Soliman dit :

—  Qui d’entre vous m’apportera son trône avant qu’ils deviennent des croyants ?  

—  Je te l’apporterai avant que tu bouges de ta place, je suis assez fort et fidèle pour cela, dit un éfrit parmi les jinns.

Celui qui avait la science du Livre dit :

—  Je te l’apporterai avant que tu fermes l’oeil : lève tes yeux au ciel et le trône de Balqis sera là avant que tu les baisses.

Celui qui dit cela était son vizir Asaph, un des grands des enfants d’Israel, des fils de Lévi bin Jacob, de la tribu des prophètes. Après avoir invoqué le Nom admirable de Dieu, Soliman vit le trône près de lui et dit :

—  Cela vient grâce à mon Seigneur afin de m’éprouver si je suis reconnaissant ou si je suis ingrat. Changeons son trône afin que nous voyons si elle est bien guidée, si elle le reconnaîtra quand elle le verra.

Soliman embellit le trône de Balqis et quand elle se présenta, il lui demanda :

—  Est-ce là ton trône ?

—  C’est le mien, si c’est celui qu’il était, dit-elle.

Des jinns envieux avaient cherché à détourner le coeur de Soliman en lui disant qu’elle avait le pied tordu et les jambes poilues. Curieux d’inspecter ses jambes, Soliman leur avait ordonné d’étendre un pavé de cristal carré de 100 coudées et de verser de l’eau dessous de sorte qu’en le regardant on pense que c’est de l’eau, il fit ensuite placer son trône sur ce cristal. Lorsque la reine Balqis s’avança vers Soliman, elle releva ses jupes en traversant de ce qu’elle supposait être une eau considérable, et dès qu’elle posa son pied, celui-ci se redressa et devint droit. Depuis il est coutume qu’un homme voit la jambe de sa fiancée avant de l’épouser. Le roi comprit que les jinns avaient voulu la discréditer, le seul défaut de ses jambes était les poils de chèvre qu’il fut possible d’enlever avec un mélange de chaux et d’arsenic. Ce premier onguent fut un des cinq arts introduits dans le monde par Soliman, les autres sont les bains chauds, l’art de percer les perles, l’art de plonger et l’art du cuivre liquide. S’inclinant gracieusement, la reine lui présenta deux bouquets de fleurs, un naturel et un artificiel, et lui demanda lequel il préférait. Le sagace roi sembla perplexe, lui qui a écrit des traités sur les plantes par centaine, de l’hysope au cèdre ; il demanda d’ouvrir la fenêtre et un essaim d’abeilles allèrent aussitôt voltiger sur le bouquet naturel sans qu’aucune approche l’autre bouquet.

—  Je choisis le bouquet que les abeilles ont choisi, dit le roi.

30

La reine de Sheba fit des éloges de l’agencement du temple ainsi que des ministres au service de Dieu, divisés en douze classes pour chaque mois comme l’avait institué Daoud, chaque classe comprenait 24,000 personnes, 6,000 juges, 4,000 harpistes et 4,000 portiers. Elle déclara :

—  Il est raisonnable de douter des choses si extraordinaires rapportées aux rumeurs, tant des pouvoirs que vous possédez par votre sagesse et excellente conduite, que par la grandeur d’un puissant royaume si prospère. Je reconnais que votre bonheur surpasse de loin tout ce que je m’étais imaginé après l’avoir vu. Que vos sujets sont heureux d’avoir pour roi un si grand prince. Heureux vos amis, heureux vos serviteurs qui peuvent s’épanouir par votre présence : les uns les autres ne sauraient trop remercier Dieu d’une telle grâce. O Seigneur, dit-elle, j’ai été imbue de moi-même, je me confie en Allah le maître de l’univers avec Soliman. Qu’ran 27.44

Elle témoigna de son estime devant ces merveilleuses et fit un présent de vingt talents d’or, de pierres précieuses en grand nombre, avec d’excellents parfums en quantités. (1Rois 10.1, Math. 2.11). La reine du sud etiye-azeb se convertit avec toute son armée et aimèrent le vrai Dieu. Elle mit tout son royaume aux mains de Soliman mais il lui remit. Soliman prit Balqis pour femme et elle retourna dans son royaume portant le fruit de leur union, leur fils Menelik, l’ancêtre des rois d’Abyssinie.

Le roi Soliman engagea des hommes instruits de la loi auprès de la reine de Sheba enceinte de son fils Menelik, en y joignant une réplique de l’arche de l’alliance qu’ils conservèrent à Axum.* Son royaume s’étendait jadis sur la côte ouest de la mer Rouge et au Iémen à l’est. Quand l’écossais James Bruce** les visita en Abyssinie, ils lui remirent des livres écrits en guèze qu’il rapporta en Europe : le combat d’Adam et Ève (Gadla Adan wa Hewan, አዳም እና ሔዋን።), le livre de Henoc (Metsahaf Henoc, መጽሐፈ፡ሄኖክ።) et le livre des jubilés de Moïse (Metsahaf Kufale, መጽሐፈ፡ኩፋሌ።) que le prof. allemand Dillmann et le révérant anglais Malan ont traduits. Des archéologues d’Europe de l’est ont trouvé ces mêmes écrits en langues slaves (géorgien, arménien, russe, serbe, bulgare), que les prof. russes Morfill, Sokolov, Popov, et l’orientaliste arménien Mahé ont publiés.Bibliotheca Abessinica, vol.1, p.3, Littmann 1904 | ** Travels to the source of the Nile in the years 1768-1773, vol. 2 p. 395, Bruce 1813. * Church of Axum, Zander 1853 (British Museum)

31

Soliman rendait visite à la reine Balqis chaque mois jusqu’à sa mort. Quand cela survint, il fit transporter son corps à Tadmor Palmyre, la ville qu’elle avait construite dans le désert. Sa tombe ne fut connut de personne jusqu’au règne du calife Walid, où suite d’une lourde pluie les murs de Tadmor tombèrent et on trouva un sarcophage de fer avec cette inscription :
« Ici repose la pieuse Balqis, reine de Sheba, femme du prophète Soliman bin Daoud, qui se convertit à la vraie foi dans la 13e année de l’avènement à la couronne du roi Soliman, qui l’épousa dans la 14e, et mourut dans la 23e année de son règne ». 

Lorsque le fils du calife souleva le couvercle du tombeau, il aperçut une femme aussi fraîche que si elle avait été enterrée récemment et le rapporta à son père pour savoir ce qui devait être fait avec le tombeau. Walid lui dit de le laisser où il l’avait été trouvé et de mettre des blocs de marbre dessus afin qu’aucune main humaine ne le dérange.


DES ÉNIGMES DU ROI

Que dans toute l'étendue de mon royaume on ait de la crainte pour le Dieu de Daniel

32

Le roi Daoud fit cette énigme :

—  Qu’est-ce qui est plus précieux que l’or ?

—  Le blé.

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Pour savoir l’étendue de la grande sagesse rapportée dans la renommée de Soliman, la reine de Sheba énonça des énigmes.

—  Balqis. Qui est celui qui n’est ni né ni mort ?

—  Soliman. C’est le Seigneur de l’univers, béni soit-il.

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—  Balqis. Qui est ton Dieu, à qui ressemble-t-il, quelle est sa figure ?

—  Soliman. Mon Dieu est un être, supérieur à tous les êtres, il n’a pas de figure. Tout être créé a son contraire tandis que mon Dieu est incréé et sans contraire.

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—  Balqis. Où habitait le Créateur avant que l’univers existe ?

—  Soliman. Cela demeure en lui-même.

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—  Balqis. Où se trouvait celui qui a tout créé avant la création de toutes choses ? Où reposera celui qui est immuable après la dissolution de tout ?

—  Soliman. Avant la création de tout, le Seigneur savourait en son être plein de son essence en lui-même ses biens infinis ; c’est en lui que les êtres créés existent depuis la création. Après la dissolution du monde, il continuera d’exister en lui-même et dans les âmes des saints ; ceux-ci habiteront en lui, il les comblera de gloire et sera glorifié par eux.

—  Balqis. De quel côté la circonférence voûte céleste se déplace-t-elle, à droite ou à gauche, tourne-t-elle en entier ou en partie ?

—  Soliman. Cette révolution s’accomplit de deux manières : la circonférence céleste se déplace à droite en partant de l’orient vers le sud, avançant vers l’occident, et revenant par le nord à son point de départ. Ainsi gouvernée par l’ordre du destin, elle fait le tour en un jour et une nuit avec l’ensemble des étoiles fixes.

Quant aux planètes nommées astres errants, elles s’avancent à gauche de l’occident vers l’orient, chacune suivant la position basse et haute de sa zone, suivant la petitesse ou l’étendue de cette zone, et achèvent leur révolution en 30 ans aussi bien qu’en 30 jours depuis chronos qui est saturne jusqu’à sahra qui est la lune.

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—  Balqis. La sagesse est-elle générale ou partielle, est-ce par l’étude, par nature ou par don qu’on l’obtient ?

—  Soliman. La sagesse est générale au genre, naturelle aux êtres animés et aux plantes. La sagesse est en la race humaine par nature et par l’étude en raison de sa complexité, par don de Dieu en vue de sa gloire en raison des forces de sa nature ; cette dernière n’est pas réservée à tous les hommes mais aux plus dignes qui la méritent.

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—  Balqis. Il y a un enclos à dix portes, neuf sont fermées quand une est ouverte, une est fermée quand neuf sont ouvertes.

—  Soliman. Cet enclos c’est la matrice. Les dix portes sont les dix ouvertures de l’homme, yeux, oreilles, narines, bouche, nombril, sorties de déchet et d’urine. Quand l’enfant est dans la matrice, le nombril est ouvert et les autres ouvertures fermées, à sa sortie de la matrice, le nombril est fermé et les autres ouvertures ouvertes.

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—  Balqis.Qui sont les trois qui ont mangé et bu sur terre mais ne sont nés ni d’homme ni de femme ?

—  Soliman. Les trois anges qui se sont révélés à notre père Abraham, paix sur lui.Genèse 18.2

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Balqis amena un certain nombre de gens, certains circoncis, d’autres incirconcis, et demanda de les distinguer. Soliman fit un signe au souverain sacrificateur qui leur pointa l’arche de l’alliance et les circoncis s’inclinèrent à moitié de leur hauteur (le visage rempli de l’éclat de la Shékina Présence), les incirconcis se mirent à plat ventre.

—  Balqis.Trois sont entrés dans une grotte et cinq en sont sortis ?

—  Soliman. Lot et ses deux filles, et leurs deux enfants. Genèse 19.30

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—  Balqis.Une femme dit à son fils : Ton père est mon père, ton grand-père est mon mari, tu es mon fils et je suis ta soeur.

—  Soliman. C’est sûrement la fille de Lot qui parlait ainsi à son fils. Genèse 19.36

—  Balqis. Quelle était cette plante non couronnée par la nature mais encerclée d’une couronne de rayons alimentés par les flammes, dont furent tressées des couronnes pour les fils indignes ?

—  Soliman. Tu as entendu qu’Allah apparut à Moussa dans un buisson ardent et cette apparition souleva des questions et des répliques.

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—  Balqis. Quelle terre n’a vu le soleil qu’une seule fois ?

—  Soliman. Cela fut révélé quand Allah sépara les eaux de la mer Rouge.

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—  Balqis.Que sont ces trois qui n’ont ni mangé, ni bu, ni souffle en eux, qui pourtant ont sauvé trois vies de la mort ?

—  Soliman. Ces trois sont le cachet, le cordon et le bâton de Judah, et les trois vies qu’ils ont sauvées sont Tamar, Pérets et Zérach. Genèse 38.18

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—  Balqis. Qui sont ces enfants nés de la prostitution et cette marâtre meurtrière, déclarée voleuse, nourrice des lois, et ces rois vivant dans l’impunité du crime ?

—  Soliman. N’insulte ni mes ancêtres, ni moi parce que Tamar, prétendue meurtrière des hommes, a nourri mes ancêtres après les avoir dérobés à Judah. Genèse38.15

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—  Balqis.Le mort vivait, la tombe bougea, et le mort pria, qu’est-ce que c’est ?

—  Soliman.Ce mort était Jonas.La tombe qui bougea était le poisson.Ce fut aussi Jonas qui pria.

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—  Balqis. L’époux est invisible, la noce invariable, la couche nuptiale pure : l’épouse ivre de rage sera confondue dans la plus grande honte.

—  Soliman. N’insulte pas notre peuple fiancé à Dieu par des liens indissolubles en vertu de sa promesse ineffable. Puisque nous n’avons plus cette honte de nous être prostitués à des dieux étrangers, c’est vous qui la méritez d’adorer l’oiseau phoenix. Et toi, reçois de nous cette parabole :

Une tour formidable et des armes meurtrières, un temple à trois angles dont les pierres sont allégresse, les fondements amour, la bâtisse eau, le commencement de délivrance est douceur, les plafonds sont danse, les colonnes réjouissance, l’invention étrange, les habitants impersonnels, les suivants nullité, les créneaux sont de lui en soi-même, les fenêtres sont isolées, les instruments sont contraires à la construction et les gardes sont invisibles.

—  La reine. Nous avions eu connaissance de ta sagesse mais nous ne te supposions pas si subtil. Nous sommes désormais convaincus que ton Dieu est l’unique Créateur des êtres visibles et invisibles.

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De Soliman à Balqis.

—  Soliman.Sept cessent, neuf commencent, deux offrent à boire, un seul boit ?

—  Balqis. Sept jours sans menstrues, neuf mois de grossesse, deux seins pour nourrir le nouveau-né.

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—  Balqis. Quelle est cette chose nauséabonde et impure qui se transforme en nuage et nourrit les rois ?

—  Soliman. Ce sont les menstrues des femmes qui servent de nourriture aux rois et aux pauvres par leur conversion en nuage dans les mamelles.

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—  Balqis. Qu’est-ce qui vit sans bouger et voyage partout après sa mort ?

—  Soliman.Ce qui est coupé d’un arbre, le bois taillé pour un bateau.

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—  Balqis. Qu’est-ce qui coule et mousse comme l’eau mais ne vient ni du ciel ni de la terre ?

—  Soliman.Cela vient de la sueur des chevaux.

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—  Balqis. Qu’est-ce qui est enterré avant sa mort, plus il se désintègre plus la vie découle de lui ?

—  Soliman. Cela vient de la semence de blé.

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—  Balqis. Quelle eau est parfois douce parfois amère ?

—  Soliman. Cela vient des larmes.

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—  Balqis. Quel est le gastronome qui augmenta le nombre de cuisiniers, travaillant et faisant travailler les autres pour donner aux mets des saveurs différentes et pourtant le goût est le même ?

—  Soliman. Bien que cela te semble n’avoir qu’un seul goût, ajoute à nos milliers si tu as un excellent cuisinier. Néanmoins l’impie qui s’éloigne de son Seigneur est plongé dans l’amertume et rendra compte au jour du jugement.

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Le fils de Goliath vint affronter Soliman pour venger la mort de son père. Sans esquiver, le roi dit que la partie défiée choisissait les armes, ce à quoi le géant acquiesça, alors Soliman proposa un duel d’énigmes. Le géant bin Goliath commença à énoncer la première énigme :

—  Bin Goliath. Je conquiers les lions et les tigres ne peuvent me résister, toi non plus. Je triomphe de la colère du taureau, je domine aussi le grognement de l’ours. Le puissant roi tombe à mes pieds et s’écroule avec sa couronne de supériorité. Lorsque j’arrive les guerriers intrépides lâchent leurs épées et plongent au fond. Quand le jour est passé, il ne reste personne qui ne soit privé de ma main. Qui suis-je, humain ou chose, dis-moi, dis-moi si tu peux ?

—  Soliman. Le sommeil.

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—  Soliman. Je bouge très lentement ou très vite, je ne suis jamais venu que je suis déjà passé. Je dévore toutes choses vivantes, bête, oiseau, arbre, fleur. Je mets les pyramides en poussière et les autres travaux humains vains. J’abaisse une à une les montagnes qui touchent le ciel. J’efface toute trace de mémoire des rois fiers et arrogants qui donnent des ordres sur de hauts trônes, rois de Babylone, de Tyr, de Thrace, et ruine les villes de leurs pays laissées aux sables mouvants. Qui suis-je, mon nom est réputé, dis-moi si tu sais ?

—  Bin Goliath. Le temps.

Comme le géant n’était pas satisfait, Soliman proposa une autre énigme.

—  Soliman. Combien de scribes faut-il pour remplir une lampe d’huile ?

—  Bin Goliath. Un, deux ? Combien ? demanda le géant.

—  Soliman. Combien peux-tu en produire ? dit-il en regardant celui qui conseillait si mal le géant.

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Énigme d’Hiram roi de Tyr, ami fidèle du roi Daoud, assisté par Abdamon.

—  Hiram. Un bouclier est debout, sur le bouclier un lièvre, un faucon est accouru prendre le lièvre, un hibou s’est mis à sa place.

—  Soliman. Le bouclier c’est ma terre, sur elle est la justice, un ange de Dieu l’a enlevée au ciel et l’injustice a pris sa place.

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—  Quatre entrèrent dans un lieu de mort et sortirent vivants, deux sont entrés dans un lieu de vie et sortirent morts ?

—  Ces quatre sont Daniel, Hananiah, Misael et Azariah. Les deux entrés dans un lieu de vie et sortirent morts sont Nadab et Abihu. (Daniel 1.12, Lévitique 12.2)

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 Discussion entre Soliman et le comte des chaldéens.

—  Le comte. Voici, j’ai goûté au savoir dans les livres des îles grecques, des libyens et grands interprètes bien guidés sur l’histoire du royaume perse, mais dans tous les anciens livres réunis je n’ai pu trouver, et je cherche encore, ce qu’il y a sur l’humeur, la majesté, le pouvoir et caractère de l’action triomphante de notre-Père à la palme victorieux. O roi d’Israel, fils de la lignée de Daoud, si vraiment tu me réconcilies, si tu voulais me souffler les mots du cantique du Saint je te remettrais mes douze fils en plus de trente livres de pièces d’or, et repartirais avec assurance diriger du cyprès bateau sur le dos des eaux diluviennes retrouver la mer de Chaldée golf persique suivant ma volonté.

—  Soliman. Malheureux qui est inutile à la vie sur terre, il divague par manque de sagesse comme le bétail puéril infantile dans la plaine, sans pouvoir honorer le Saint par le cantique. Il restera sous de lourds fers au jour du jugement dernier, dans le néant avec le démon, étranger au Dieu tout-puissant. Pour avoir eu du mépris, l’effroyable dragon renversera son hostile mépris hors de la lumineuse balance, il sera agité et divaguant dans la solitude, mal-aimé des anges. Celui qui a connu quelque chose du cantique sera aimé par cette brillante création remplie d’or et d’argent jusqu’au loin, pleine de trésors dans toutes ses régions.

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—  Le comte. Qui peut le plus facilement ouvrir la sainte porte du Royaume céleste ?

—  Soliman. Quand notre-Père à la palme Shadai Abinou ouvre les cieux, il bénit les saints, radoucit les seigneurs, fait cesser les tueries, éteint le feu du démon pour allumer celui du Seigneur : là par le cantique de lumière vous pouvez brûler le sang ensorcelé du démon, une goutte de sang monte en lui avec hâte et sa poitrine s’épouvante à la pensée du chaudron de cuivre qui emprisonne douze générations d’hommes dans des flammes avides. C’est pourquoi de tous les livres du mashiah Daoud, le cantique a la plus grande réputation d’enseigner les écrits, guider par la voix, garder en place, et utiliser les bras du Royaume céleste.

—  Le comte. Comment celui qui se dresse contre le meurtre peut-il se distancer des coupables, se réjouir au lieu de s’attrister, et avoir conçu le chant de l’Esprit... C’est sans doute le Créateur qui lui a donné si belle merveille. Je m’enquiers plein de curiosité, car le monde qui bouge vite mêle mon esprit. Aucun humain, même héros sous les cieux, ne sait combien mon esprit se noie au labeur dans les livres et combien le coeur se réchauffe qu’avec peine au temps de chaleur montante.

—  Soliman. La parole de Dieu est d’or (lumière, en hébreu) couvert de feuilles d’argent et de précieuses pierres, qui par l’Esprit annonce une bonne nouvelle, sagesse pour la poitrine coeur, miel pour l’âme, lait pour la pensée. Bénie en gloire, Elle fait monter l’âme de la terre, de la nuit éternelle du dessous d’aussi profond que l’infernal l’a mise captive sous les fers de cinquante entraves : lorsqu’Elle casse les entraves, leurs rouages partent tous en morceaux, et Elle vide l’enfer, Elle le détruit en dissipant les feux et rétablit la gloire. Plus courageuse que ce monde, plus forte que tous les rocs, Elle est le bâton des boiteux, la lumière des aveugles, l’oreille des sourds, la langue des muets, le bouclier des coupables repentis. Quand le déluge vint du Créateur, Elle fut l’habitat qui protégea le peuple, un legs pour les réchappés, une défense pour les humbles, un refuge en bois pour les bêtes, une garde dans le désert, un jardin d’adoration.

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—  Le comte. Combien de formes notre-Père à la palme  et le démon prennent-ils pour s’affronter ?

—  Soliman. Trente formes.

—  Le comte. Quelles sont les premières ?

—  Soliman.
En 1er le démon apparait en jeunesse, Abinou apparait en l’Esprit saint.
En 3e le démon apparait en dragon, en 4e Abinou apparait en bâton dit brachia Dei.
En 5e le démon apparait en ténèbres, en 6e Abinou apparait en lumière.
En 7e le démon apparait en bête sauvage, en 8e Abinou apparait en baleine dite léviathan.
En 9e le démon apparait en rêve impur,  en 10e Abinou apparait en vision céleste.
En 11e le démon apparait en mauvaise femme, en 12eAbinou apparait en bouclier céleste.
En 13e le démon apparait en épée, en 14e Abinou apparait en bouclier d’or lumière.
En 15e le démon apparait en ronce, en 16e Abinou apparait en aigle d’argent.
En 17e le démon apparait en marteau, en 18e Abinou apparait en aigle d’argent.
En 19e le démon apparait en chute, en 20e Abinou apparait en Mashiah.
En 21e le démon apparait en oiseau venimeux, en 22e Abinou apparait en aigle d’or lumière.
En 23e le démon apparait en loup, en 24e Abinou apparait en chaîne d’or lumière.
En 25e le démon apparait en colère, en 26e Abinou apparait en paix.
En 27e le démon apparait en mauvaise pensée, en 28e Abinou apparait en l’Esprit pur.
En 29e le démon change très bassement d’aspect en la mort,
en 30e Abinou change très glorieusement d’aspect en Seigneur vivant à toujours.

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—  Le comte. Qui traque le démon dans les profondeurs de la mer pour l’amener aux mains des vaillants du Saint nommés chérubim et séraphim ?

—  Soliman. Uriel et Rumiel.

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—  Le comte. Qui tire des traits brûlants flèche de feu sur le démon ?

—  Soliman. Quand Abinou tire des traits brûlants sur le démon, là la foudre le brûle jusqu’à le marquer, la pluie tombe sur lui, d’épaisses ténèbres le confondent, le tonnerre le frappe d’une hache brûlante et l’emmène sous la chaîne de fer où habite son père satan. Si le démon est très fatigué, il cherche le bétail d’un homme pécheur ou d’un arbre impur, et s’il croise un homme dont le corps et la bouche n’ont pas béni ou l’homme qui oublie Dieu, il entre dans les entrailles, va par sa peau et sa chair jusqu’à terre dans un désert et trouve son chemin en enfer.

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—  Le comte. Quel genre de tête a notre-Père à la palme ?

—  Soliman. La tête d’Abinou est d’or lumière, ses cheveux d’argent. Si toutes les eaux de la terre, du ciel et au-dessus rassemblées ensemble se mettaient à pleuvoir sur toutes ses créatures sur terre, on serait au sec sous une seule des boucles de cheveux d’Abinou. Ses yeux sont 12,000 fois plus brillants que la terre entière si recouverte de brillantes fleurs de lys ayant douze soleils à chaque feuille, douze lunes à chaque fleur, et que chaque lune brille 12,000 fois plus qu’avant le meurtre d’Abel.

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—  Le comte. Quelle est la beauté du coeur de notre-Père à la palme ?

—  Soliman. Le coeur d’Abinou est 12,000 fois plus brillant que les sept cieux au-dessus de nous si tous allumés des feux de la colère du jugement dernier, lorsque cette terre s’allumera totalement sous ceux ayant une langue de flamme, une gorge d’or et une lumière à l’intérieur de la bouche, lorsque tout l’univers sera renouvelé depuis la création d’Adam et que tous les hommes auront les douze sagesses d’Ibrahim, d’Isaac et de Jacob et vivraient 300 ans chacun : ils ne pouvaient encore comprendre la portée de son langage, ni la supériorité de son pouvoir.

Ses bras sont 12,000 fois plus longs que le tour de cette terre entière et ses cieux.
Quand bien même les mains des plus brillants ouvriers ensemble les embelliraient d’argent recouvert d’or et de pierres précieuses du paradis d’un bout à l’autre jusqu’au centre, ses deux mains ont plus de largesse que douze mondes réunis ensemble.

Le chant sacré a des doigts amplitude d’or lumière, chacun 30,000 fois plus long que le monde entier et la terre.

Dans la main droite d’Abinou est une sorte d’épée d’or sans pareil à l’étincelance plus claire, plus lumineuse que toutes les constellations des cieux, que tous les ornements d’argent et d’or pur de la terre entière. De sa seule main droite Abinou peut modeler toutes les créatures ensemble comme de la cire. Même si sept mondes ensemble rassemblent tout ce que le ciel, la terre ou l’enfer ont donné naissance, ils ne arriveraient pas de moitié à la longueur de vie.

Le côté droit de l’épée du Seigneur est douceur plus grande, modération plus grande que toute douceur des parfums du monde. La gauche de son épée est férocité plus grande, tranchant plus grand que tout le monde, qui conduit les bêtes sauvages entre ses quatre montagnes pour les remplir ; chaque bête distincte a douze cornes, chaque corne douze pointes de fer, chaque pointe douze pics, chaque pic 12,000 fois plus tranchant qu’une flèche forgée durcie 120 fois.

Sa pensée est bien plus active et rapide que 12,000 esprits saints ayant chacun douze manteaux de plumes, douze vents à chaque manteau ailes, et douze triomphes à chaque vent.

Sa voix est plus audible que ceux de races humaine et animale ensemble sur une montagne dont l’amplitude atteindrait 33 fois le tour de la terre entière, quand même on rassemblait tout ce que le ciel, la terre ou l’enfer ont donné naissance à ceux qui parlent ou ne parlent pas, chacun avec une trompette d’or en bouche, douze tonalités à chaque trompette, et chaque tonalité plus haute que le ciel et plus profonde que l’enfer : la voix d’or du Très-saint les dépasserait tous et tout serait étouffé avec le reste.

Face à Dieu, l’univers est aussi petit qu’un grain de sable. (Sefer ou évangile de Barnabé)

—  Le comte. Quelle est la beauté du vêtement de notre-Père à la palme ?

—  Soliman.Abinou a un étendard d’or lumière où flottent ces douze voiles ayant 120 anneaux d’or :

1e, CAELESTIS AURUMCiel d’or (or hachamayim, Genèse 1.3)que les ténèbres ne peuvent approcher à moins de 190 km.

2e, SPIRITUM PARACLITUM Esprit conseiller (rouah yiets, Ésaie 9.6) comme les anges disent,porté au dernier jugement parst Michael.

3e, PASTORALICESpasteurs(royim, Ézéchiel 34.2) comme les anges disent, pareil au voile de mon père Daoud qui couvre les colonnes de ce temple.

4e, SOLATIUMréparation (yehaper, Lévitique 5.16) pareille à l’offrande du bienveillant oint Daoud pour son sacrifice envers le sacrificateur Abimélec (1Samuel 21).

5e, VITA PERPETUAvie perpétuelle(hayié olam, Daniel 12.2) voile de la Sainte divinité.

6e, SACRIFICIUM DEI sacrifice de Dieu(zibehei Elohim, Psaumes 51.17) voile de tous les animaux.

7e, [...] Renoncez avant qu’il l’apprenne formellement, avant que les âmes pécheresses demeurent au centre de l’enfer avec les infernaux, car malheur quand le puissant roi fermera l’enfer avec les infernaux de flamme.

Bien que le sage fils de Daoud surpassait en connaissance, le comte des chaldéens qui s’était déplacé de loin fut satisfait de son voyage, et jamais auparavant son esprit n’avait autant souri.

 

DES VOYAGES DU ROI

Quand tu t'approcheras d'une ville d’idolâtres, tu lui offriras d’abord la paix.

33

Soliman commanda aux jinns de tisser un épais  tapis de soie pour ses serviteurs et lui, et y accommoder son trône et les tables de la cuisine. Long de plusieurs parasanges, il y avait 300 trônes d’or et d’argent dessus lorsque Soliman ordonnait aux oiseaux de joindre leurs ailes pour l’abriter du soleil, lui et sa suite. Il ordonnait au vent de soulever ce tapis dans les airs avec tout ce qui s’y trouvait à une hauteur d’un mille ± 1500 m, tantôt plus, tantôt moins, le portant où il souhaitait aller, ombrageant le soleil sur une étendue de 100 parasanges 500 km partout où il arrivait. Le matin il était dans une ville, le soir dans une autre, il restait un certain temps à Iérusalem, un certain temps à Damas Syrie comme dit dans le Qu’ran34.12 : Il soufflait un mois le matin et un mois le soir. Et ailleurs : Nous avons soumis à Soliman le vent violent qui courait sur ses ordres vers le pays que nous avons béni. (Qu’ran 21.81). C’est-à-dire la Iérusalem d’antan. Ce vent portait le tapis avec tout ce peuple sur les ordres du roi sans qu’aucun d’eux n’éprouve le moindre tressaillement.

33

Son palais alors en construction, Soliman fit un voyage à Damas et le vent dirigea son tapis au-dessus de la vallée des fourmis, entourée de hautes falaises et d’infranchissables ravins si profonds qu’aucun homme n’avait pu traverser ; il arriva dans cette vallée pendant qu’elles marchaient sur le sol. Il fut surpris de voir à haute distance une armée si considérable ressemblant à un nuage gris à cause de la couleur de leur oeil et pattes, certaines aussi grosses que des loups. 

—  Rentrez vite dans vos logis, que Soliman et ses armées ne vous écrasent sans savoir, cria une fourmi.

Mais Dieu lui dit de ne pas craindre et de sommer tous ses sujets pour faire Soliman roi de tous les insectes. Soliman entendit les paroles de Dieu que le vent lui rapporta ainsi que la réponse de la reine à une distance de plusieurs kilomètres. Il descendit sur le côté de la vallée et fit rechercher cette fourmi. Quand elle se présenta devant lui, Soliman lui dit :

—  Pourquoi avoir eu crainte de moi alors entourée d’une si nombreuse puissante armée, et pourquoi avoir commandé aux fourmis de voler dans leurs trous quand je parus ?

—  Je ne crains que Dieu seul, dit la reine des fourmis, mais j’ai eu crainte que mes sujets posent sur toi par révérence un regard d’admiration et oublient leur Créateur un seul instant. Comme ton pouvoir s’étend sur le vent, j’ai dit, plaise au ciel que son pouvoir ne devienne pas absolu et qu’ils nous écrasent dans cette vallée.

—  Viens t’asseoir, dit Soliman en lui tendant sa main.

Lorsque la fourmi fut sur sa main, il lui dit :

—  Comment trouves-tu mon trône ?

—  Mon trône est supérieur au tien, O Soliman, dit-elle, le tien est d’or rouge et le mien est ta main sur laquelle je me tiens.

—  Comment trouves-tu mon armée et mon pouvoir ? dit Soliman.

—  Ton puissant pouvoir est fondé sur le vent qui n’a pas de durée. Si tu le permets, dit-elle, je vais amener mon armée sept fois plus nombreuse que la tienne, qui viendra vite à mon signe sur la menace d’un danger.

Elle commanda à son armée de sortir de leurs 70 circuits pour se présenter devant le prophète et roi. Les fourmis sortirent en si grand nombre, impossible à compter. La fourmi dit à Soliman :

—  O prophète de Dieu, tu ne pourrais voir toute mon armée même si tu resterais 70 ans.

Soliman resta stupéfait et dit :

—  Louange à Allah qui agit comme il veut. As-tu quelque chose à me dire avant que je quitte ?

—  Ne fais pas honte à ton nom aussi longtemps que tu vivras. Ne retire jamais ton anneau du doigt sans dire, Dans le Nom d’Allah le très miséricordieux, le tout miséricordieux. 

—  O Seigneur, ton royaume excelle et dépasse le mien, s’écria Soliman.

Il prit congé de la reine des fourmis après qu’elle lui fit un présent d’une demi-patte de sauterelle. Après avoir visité Damas, Soliman retourna par une autre voie pour ne pas déranger les fourmis dans leur pieuse contemplation.

34

Comme la sècheresse sévit quelque temps durant son règne, Soliman recommanda aux gens de sortir de chez eux et demander à Dieu de la pluie. Ils virent une fourmi qui disait :

—  Mon Dieu, nous sommes tes créatures, nous ne pouvons pas nous passer de tes bienfaits...

Dieu fit descendre la pluie.

35

Un jour qu’il retournait vers Iérusalem, il entendit dans le vent cette lamentation :

—  O Dieu, toi qui fus ami d’Ibrahim, libère-moi de cette misérable existence...

Soliman se dépêcha en direction de la voix et vit un très vieil homme, il lui demanda :

—  Qui es-tu ?

—  Je suis un israélite de la tribu de Judah, dit le vieillard.

—  Quel âge as-tu ? demanda le roi.

—  Dieu seul sait. J’ai arrêté de compter mes années quand j’avais 300 ans. Peut-être 50 ou 60 ans ont passés depuis, dit le vieillard.

—  Comment se fait-il que tu aies un âge de cette tranche d’hommes qui existaient avant la mort d’Ibrahim ?

—  La fois que je vis une étoile filante dans la nuit je fis le voeu insensé de rencontrer le plus puissant prophète avant de mourir, répondit le vieillard.

—  Tu as atteint le but de ton attente, prépare-toi maintenant à mourir car je suis le prophète et roi Soliman à qui Allah a donné un pouvoir qui n’a jamais été donné avant à un fils d’homme.

Lorsque l’ange de la mort retira l’âme du vieil homme, Soliman s’écria :

—  Tu devais être près de moi pour avoir agi d’une telle rapidité.

—  Grande est ton erreur. Sache que je me tiens sur les épaules d’un ange dont la tête atteint 10,000 années au-dessus des sept cieux, dont les pieds sont de 500 années sous la terre, qui est si puissant que si Allah le permettait, dit l’ange, il pourrait avaler la terre et tout ce qu’elle contient sans le moindre effort. C’est lui qui me dit quand, où, et comment je dois prendre une âme. Ses yeux sont fixés sur l’arbre Sidrat qui porte autant de noms sur les feuilles qu’il y a d’hommes vivants sur terre ; quand un homme va mourir, la feuille se fane, elle tombe et se dessèche, alors je vole recueillir l’âme du nom inscrit sur la feuille.

—  Que fais-tu alors ? dit le roi.

—  Quand un croyant meurt, Gabriel m’accompagne pour envelopper son âme dans un vêtement de soie verte et l’insuffler au paradis jusqu’au jour de la résurrection. Moi j’enveloppe l’âme du pécheur dans un vêtement de laine goudronné pour le déposer aux portes du shéol où il va divaguer au milieu d’abominables vapeurs jusqu’au dernier jour.

Soliman remercia l’ange et demanda que le jour venu de prendre son âme de cacher sa mort à tous les jinns et aux hommes. Il le lava avant d’enterrer le corps et pria pour alléger son âme des souffrances.

36

Un jour lorsque l’éclat de la grandeur royale était pleinement sur Soliman, porté par le vent avec son trône s’élevant dans les airs, ombragé d’un nuage le couvrant au-dessus, et sous lui un tapis étendu avec une multitude d’hommes et de génies qui l’escortaient, à ce moment un fakir l’aperçut et dit :

—  O Dieu digne de louange, quelle grandeur accordée au fils de Daoud.

Le prophète Soliman entendit ces mots et dit au vent de s’arrêter ; il appela le fakir et dit :

—  Par Dieu qui a donné cette grandeur au fils de Daoud, si tu dis une seule fois LA ILAHA ILA ROUA, Il n’y de Dieu que lui,  (Qu’ran 3.18) et tu obtiendras une grandeur aussi éclatante.

37

Tandis que le vent portait Soliman, il aperçut à une certaine distance un grand palais d’or pur, mais ni lui ni Asaph ne trouvèrent l’entrée. Ramirat le chef des démons ordonna aux jinns de chercher et ils rencontrèrent un aigle qu’ils amenèrent à Soliman. L’aigle qui dit avoir 700 ans ignorait l’entrée du palais et il amena un autre aigle, son frère de 900 ans, qui possédait savoir et compréhension, mais lui aussi l’ignorait. Ils firent venir un plus vieil aigle de 1300 ans, possédant savoir et compréhension, à qui le père avait dit que la porte était sur le côté ouest que le sable avait recouvert. Après que cette très grande porte de fer fut dégagée par le souffle du vent, il y avait cette inscription :  « O fils des hommes, sachez que nous sommes restés plusieurs années prospères et bienheureux dans ce palais avant que la famine viennent sur nous et nous avons broyé des perles au moulin à la place du blé parce qu’il nous restait plus rien. Nous nous sommes allongés par terre en abandonnant notre palais aux aigles et nous leur avons dit que si un homme leur demandait quoi que ce soit sur ce palais, de répondre qu’ils l’avaient trouvé déjà construit. »
Il y avait aussi inscrit : « Personne ne devrait entrer dans ce palais, excepté un roi ou un prophète. Si un tel voudrait entrer, qu’il creuse sur le côté droit de la porte jusqu’à ce qu’il trouve un coffre où il trouvera des clés après l’avoir brisé. »

Soliman, Asaph et ses hommes passèrent la porte d’entrée, puis une autre porte en or, puis encore deux autres portes ; ils traversèrent un hall de rubis, de topaze, d’émeraude et perles, puis virent plusieurs grandes pièces ainsi que des cours pavées de briques d’or et d’argent alternées. Soliman vit une passerelle où il était inscrit : « Ils vécurent prospèrent dans les honneurs et moururent des maladies du temps qui les pénétrèrent et partirent dans leurs tombes sans aucun descendant parmi eux pour marcher sur la terre. »

Soliman arriva à un hall où il était inscrit : « Comment me suis-je comporté et combien plus dois-je endurer, comme je mangeais et buvais, comme je m’habillais de fins habits, comme je terrifiais les autres, et comme j’étais affligé à la fin. »

Il avança encore et vit une bâtisse de topaze et d’émeraude ayant trois portes, où était inscrit sur la 1e porte : « Fils de l’homme, que la fortune ne te séduise pas car tu dois quitter ta place pour aller t’allonger sous terre et dépérir. » Sur la 2e porte : « Ne te hâte pas mais marche avec prudence car le monde se transmet de l’un à l’autre. » Et sur la 3e porte : « Agis en prévision d’un voyage. Prépare de la nourriture tant qu’il fait encore jour pour toi, car tu ne connais pas le jour de ta mort et tu ne seras pas laissé sur terre. »

Soliman entra dans la salle et vit une image statue assise. Qui la regardait aurait juré qu’elle était vivante. Lorsque Soliman passa tout près, l’image trembla et cria d’une voix forte :

—  Partez d’ici, vous enfants d’iblis, le roi Soliman vient pour nous détruire.

Du feu et de la fumée sortirent de ses narines, et un cri assourdissant s’éleva aussitôt parmi les démons. Il y eut du tonnerre et un tremblement de terre et Soliman cria :

—  Cherchez-vous à me terrifier ! Sachez que je suis Soliman le roi qui règne sur toutes les créatures que le Tout-puissant a créées. Voici, je vous châtierai de tous les châtiment si vous vous rebellez contre moi.

Il prononça le Nom admirable de Dieu et ils furent aussitôt figés sans qu’aucun ne puisse plus parler, et toutes les images tombèrent en avant. Les enfants d’iblis s’enfuirent se jeter dans la mer pour ne pas tomber entre les mains de Soliman. Soliman prit une tablette argentée suspendue au cou d’une image par une chaîne, mais dans l’incapacité de la lire, il fut accablé et dit à ses princes chefs :

—  Vous savez quel travail j’ai eu pour arriver à cet endroit, et maintenant que j’ai la tablette je ne peux lire ce qui est écrit.

Tandis qu’il examinait cela en se demandant ce qu’il devait faire, voici, un jeune homme venu du désert s’inclina devant lui et dit :

—  O Soliman, pourquoi t’accables-tu ?

—  Je ne sais pas ce qui est écrit sur cette tablette, répondit Soliman.

—  Le Tout-puissant a vu que tu étais affligé et m’envoya de là où j’étais assis pour lire cela pour toi, dit le jeune. Donne-la moi que je lise pour toi.

Soliman remit la tablette en argent dans la main du jeune homme, il la regarda et pleura.

—  L’écriture est en langue grecque, voici ce qui est écrit :  « Moi Sheddad bin Ad j’ai régné sur plus d’un million de provinces, chevauché un million de chevaux, frappé un million de guerriers, j’avais sous moi un million de vassaux, pourtant je n’ai pas pu résister à l’ange de la mort.Que celui qui lit ces mots ne s’inquiète pas beaucoup de ce monde car la fin de tous les hommes est de mourir et il ne reste rien à l’homme que son bon nom. »

Soliman baissa la tête en écoutant cet écrit et comprit que sa gloire passerait avec lui en ne laissant qu’un souvenir dans les esprits des hommes. Le vent souleva le tapis et tous s’éloignèrent de l’habitation du peuple disparu.

38

Une nuit Ibrahim apparut en rêve au roi  et dit :

—  Dieu t’a donné sagesse et pouvoir par-dessus tout fils d’homme, il t’a donné autorité sur la terre et les vents, il t’a permis de construire une maison en son honneur, et tu as le pouvoir de voler sur le dos des jinns ou sur les ailes des vents où que tu te diriges. Maintenant, utilise le don de Dieu et visite la ville de Bethléem qui donnera un jour refuge à un grand prophète.

Au matin Soliman annonça son intention de faire un pèlerinage visite à un saint ou un lieu saint et recommanda à tout le peuple de se joindre au voyage. Le nombre de pèlerins fut si grand que Soliman fit tisser par les jinns un nouveau tapis de très grande taille afin de desservir l’entière caravane des boeufs et moutons destinés au sacrifice. Sur le point de partir Soliman ordonna aux jinns et autres démons de voler devant les tapis, car sa confiance en leur intégrité était si mince qu’il ne voulait pas les avoir hors de portée, c’est la raison qu’il buvait aussi dans des gobelets de cristal pour garder ses yeux sur eux en buvant.

Il dit aux oiseaux de voler en rangs au-dessus des tapis afin d’ombrager les pèlerins de leurs ailes. Quand tout fut prêt, hommes, jinns, bêtes et oiseaux rassemblés,Soliman ordonna aux vents de descendre soulever le tapis dans les airs avec tout ce qui était dessus. (Qu’ran 27.17).À leur arrivée, Soliman fit un signe aux oiseaux de baisser leurs ailes et aux vents de ralentir, et le tapis glissa sur le sol. Et après trois jours Soliman voulut retourner à Iérusalem.

39

Dans un de ses voyages entre Iérusalem et Marib Iémen, Soliman traversa une vallée de singes qui étaient habillés en homme, ils habitaient des maisons et mangeaient d’une autre manière que les autres singes. Lorsque Soliman descendit de son tapis pour marcher dans la vallée, en tête de ses soldats, les singes se rassemblèrent pour lui faire opposition, mais un de leurs anciens se leva et dit :

—  Baissons nos armes et soumettons-nous plutôt car celui qui vient à nous est un saint prophète.

Trois singes choisis comme ambassadeurs furent envoyés vers Soliman avec des ouvertures de paix. Soliman leur demanda à quelle race ils appartenaient, et ils répondirent :

—  Nous sommes d’origine humaine de la race d’Israel. Nous descendons de ceux qui ont violé le sha-bat en dépit des avertissements et nous avons été changés en singes par châtiment de Dieu. (Qu’ran 2.65)

Soliman eut compassion et il leur donna un écrit pour leur assurer la possession perpétuelle de la vallée devant toute attaque des hommes. Et au temps du calife Omar, quand ses groupes envahirent cette vallée, ils virent avec surprise des singes lapider une femelle surprise en adultère, et quand ils voulurent conquérir la vallée, un vieux singe vint leur porter un parchemin qu’ils furent incapables de lire. Ils l’envoyèrent au calife Omar qui ne put non plus déchiffrer l’écriture, mais un juif de la cour le lut et dit que c’était une assurance que le roi Soliman avait donnée aux singes contre une invasion. Omar envoya des ordres qu’ils devaient être laissés en paix et il leur rendit leur parchemin.

40

Dans ce temps-là, un mauvais roi idolâtre nommé Nubara régnait sur une île et imposait à son peuple de l’adorer comme un dieu. Soliman résolut de le combattre, il fit préparer son tapis et partit avec son armée. Le roi le frappa de sa propre main et convertit à la vraie foi tous les habitants de l’île et l’armée ; il saisit tout ce que se trouvait dans le palais royal et emmena la belle princesse Jarada Djarada, qui pleurait sans cesse la perte de son père et ne voulait parler à personne. Soliman lui demanda quelle consolation apporter et elle souhaita avoir un objet de son père dans sa chambre en mémoire de lui, alors Soliman envoya un jinn rapporter l’objet. Une fois l’objet dans l’appartement, Jarada offrit de l’encens et se prosterna devant l’image qui rappelait son père.

Soliman commit un autre péché. Il aimait beaucoup les chevaux, et un jour que l’heure de la prière approchait, les chevaux de Saul furent apportés devant lui et il passa en revue 900 d’entre eux. Quand Soliman vit que l’heure de la prière était passée et qu’il avait oublié de rendre gloire à Dieu, il dit :

—  J’ai eu plus soin des choses de ce monde plutôt que penser à Dieu.

Il fit rapporter les chevaux et leur trancha la gorge. (Qu’ran 38.31)

41

Le jour que Soliman enleva l’anneau de son doigt, il le remit à Jarada sans invoquer Dieu, omettant aussi le conseil de la reine des fourmis, un jinn prit l’avantage de cette négligence et demanda l’anneau sous les apparences du roi. Il se rendit ensuite dans le hall d’audience et s’assit sur le trône. Quand le roi vint pour reprendre le sceau, Jarada le regarda attentivement et cria :

—  Ce n’est pas le roi. Soliman est dans le hall du jugement, celui-ci est un imposteur qui a son aspect.

À ses cris, Soliman fut traité de fou et emmené hors du palais, et de l’autre côté, le jinn assis sur le trône faisait des ordonnances contraires à la loi. Les hommes s’en aperçurent, sans oser rien dire, mais Asaph visita discrètement les appartements du roi et interrogea les femmes où était le roi ; elles répondirent qu’il y avait longtemps que le roi n’était pas venu. Et quand Asaph se rendit auprès de Jarada, la voyant prosternée devant une image, il renversa l’image et la brisa. Il dit :

—  O Seigneur, je sais combien indigne des fils de Daoud qu’un autre que toi sois honoré après tout le bien que tu nous as comblé.

Asaph comprit que celui assis sur le trône n’était pas Soliman. Les divs allèrent vers le jinn, disant :

—  Donne-nous une mémoire avant qu’ils te chassent.

Il leur remit des livres de sorcellerie invocation de démons et ils les placèrent sous les pieds du trône pour que personne ne sache, ni même Soliman quand il reprit le pouvoir, car ces livres étaient sous le trône. Une partie de ces livres de sorcellerie tombèrent entre les mains des enfants d’Israel et tout ce qui existe aujourd’hui de sorcellerie vient de là, comme dit au Qu’ran  2.102: Ils suivirent ce que les démons ont imaginé du pouvoir de Soliman. Asaph fit venir les érudits au nombre de 4,000 avec le livre de la loi, qu’ils récitèrent en présence du jinn ; il fut dans l’incapacité d’en supporter davantage et s’enfuit en jetant l’anneau dans la mer, celui-ci fut avalé par un poisson. On se mit à la recherche de Soliman après qu’il fut banni 40 jours pour avoir transgressé ces trois percepts, qu’un roi ne doit pas cumuler les chevaux, ni les femmes, ni les richesses, car c’est ce qui arriva. (Deut. 17.16). Durant ce temps-là Soliman était allé de porte en porte, disant :  Moi Soliman étais roi de Iérusalem... 

Comme les gens se moquaient de lui, il quitta la ville et rencontra près de la mer des pêcheurs pour lesquels il se mit à travailler : ils lui remettaient chaque soir deux poissons en salaire de son travail, il en vendait un pour s’acheter du pain et faisait griller l’autre. Après 40 jours, Dieu pardonna Soliman et lui rendit le royaume. Alors qu’il nettoyait le ventre d’un poisson, il trouva l’anneau qu’il remit à Jarada, qui l’avait ensuite donné à un jinn. Soliman fut plein de joie et ses yeux revirent la lumière aussitôt qu’il retrouva le sceau. Il partit avec hâte à Iérusalem et les gens qui le reconnurent s’inclinaient devant lui.      

42

Il réunit les hommes autour de lui, ainsi que les démons et les oiseaux, et rendit des actions de grâces en remerciement au tout-puissant Dieu. Il s’adressa aux jinns et leur dit :

—  Amenez-moi ce jinn imposteur.

—  Nous ne pouvons pas le prendre car il s’est caché dans le fond de la mer, répondirent-ils.

Un groupe de péris fut dépêché, ils se mirent à pleurer fortement au bord de la mer et ce jinn nommé dhadjar leur dit du fond de l’eau :

—  Qu’avez-vous ?

—  Soliman est mort, lui dirent-ils.

Aussitôt sorti de l’eau pour aller vers eux, les péris se saisirent de lui et l’amenèrent devant Soliman. Le roi donna l’ordre de bien l’attacher entre une pierre et du fer et le jeter au fond de la mer, qu’il y reste jusqu’au jour de la résurrection. Asaph dit à Soliman qu’une idole s’était trouvée dans le palais du roi et Soliman déclara :

—  O Dieu, viens à mon aide car je l’ignorai...

Il jeta des cendres sur sa tête et jeûna. Dieu lui pardonna après avoir supplié et jeûné 40 jours.

43

La 30e année de son règne, Soliman se détourna de Dieu : il fit des temples aux idoles, à l’idole moabite, à l’idole ammonite, ainsi qu’un temple à une grecque. La hauteur de ces temples était de 30 coudées sur 50 de large. En ce temps-là à Damas, Hadad commença à se lever contre Soliman, le prophète Achias eut une vision où des couples de génisses foulaient sous leurs pieds Iérusalem, le temple et les sacrificateurs, et il dit à Soliman que les femmes étrangères qu’il avait épousées détournaient son coeur du Seigneur. C’est ce qui arriva. Dans sa chronique, Aboulpharadj rapporte que Soliman construit ces temples en l’an 34 de son règne. Un feu tombé du ciel incendia la ville de B~albek construite dans les montagnes du Liban par Soliman.

44

À l’époque de la vieillesse de Soliman, son coeur ne fut pas entièrement à son Dieu comme avait été le coeur de Daoud son père, et il fit ce qui est mal aux yeux de Iehvah, il ne suivit pas pleinement Iehvah comme Daoud son père. Moi Soliman je tombai violemment amoureux d’une femme et souhaitai la prendre pour femme comme mes autres femmes. Je dis au prêtre des idoles :

—  Donnez-moi la sunnamite pour femme.

—  Si tu aimes cette servante, entre vénérer les idoles du grand r~phan et de m~loc,répondit-il.

J’étais dans la crainte pour la gloire de Dieu et ne fis pas d’adoration. Mais ils dirent à leur servante de ne pas aller avec moi jusqu’à ce que je me conforme et sacrifie à leurs idoles. Elle m’apporta cinq sauterelles par une ruse du démon de la passion et me dit :

—  Au nom de m~loc, prends ces sauterelles et écrase-les ensemble, alors je coucherais avec toi.

Cela je le fis. Le saintEsprit de Dieu sortit de moi d’un coup et je devins affaibli et insensé, autant que mes mots. Je fus forcé par elle de construire un temple pour ses idoles, mécréant que je suis. Je suivis ses conseils et la gloire de Dieu sortit de moi jusqu’à un certain point, mon esprit s’assombrit et je fus le jouet des démons des idoles. (1Rois 11.7)

 45

Soliman construit des temples à toutes ses femmes étrangères qui présentaient des parfums et des sacrifices aux idoles. Iehvah s’irrita contre Soliman pour s’être détourné, alors qu’il lui était apparu deux fois en lui interdisant d’aller vers des idoles. Iehvah dit à Soliman :

—  Parce que tu as fait cela, que tu n’as pas respecté mon alliance et mes lois, je déchirerai le royaume dessus toi et je le donnerai à ton serviteur Jéroboam. Pour la cause de Daoud ton père je ne le ferai pas dans ta vie mais je l’arracherai de la main de ton fils Roboam (fils de Nahma, femme ammonite). Pour la cause de mon servant Daoud et de Sion צִיּוֹן que j’ai choisis, je n’arracherai pas tout le royaume et je laisserai une tribu à ton fils. (1Rois 12.7)

Et Dieu lui suscita des ennemis. Soliman se repentit de ses péchés plus tard : il se souvint des conseils de son père et se renferma pour pleurer ses crimes, il mourut à 52 ans, après un règnede 40 ans.

Roboam son fils lui succéda sur le trône de Judah pendant 17 ans et Jéroboam régna 22 ans sur Israel ; les prophètes Sadoc, Ahias et Séméias vécurent dans ce temps-là, ainsi que les philosophes Homère et Hésiode que d’autres font vivre antérieurement. Sadoc, de la lignée d’Éléazar, était le 8e pontique après Aaron. Sosakim le roi d’Égypte se leva contre Iérusalem et pilla le temple du Seigneur. Asa le petit-fils de Roboam brûla toutes les idoles qu’il trouva à Iérusalem dans la 17e année de son règne sur Judah, et dépouilla sa mère du titre de reine parce qu’elle vénérait une abomination. Dans sa 41e année, son fils Josaphat lui succéda et régna 29 ans sur Judah. C’est dans la 2e année de Josaphat qu’Achab régna sur Israel avec sa femme Jézabel durant 23 ans.

 

FIN DU RÈGNE DE SOLIMAN

44

Soliman construit pour lui un palais pourvu en grandes richesses d’or, d’argent et de pierres précieuses comme aucun roi avant lui ; dans ces habitations où il établit ses femmes, les halls avaient des planchers d’un très beau cristal avec des toits de cristal, il avait 1000 femmes, 300 légitimes et 700 concubines. Un de ses trônes était en bois incrusté d’or et de pierres précieuses, aux quatre pieds en rubis rouge taillé, aucun autre homme que Soliman ne put s’asseoir sur ce trône. Quand Nabucadnetsar voulut monter sur le trône, des lions se dressèrent pour le frapper et lui brisèrent ses jambes ; il reçut des remèdes et ses jambes furent restaurées, mais personne ne s’aventura plus à s’asseoir sur ce trône.

45

Dieu remplit Soliman d’une Sagesse et d’une Intelligence si extraordinaire que nul autre dans toute l’antiquité ne lui a été comparable : il surpassait les plus capables égyptiens qu’on tenait pour exceller, ainsi que les hébreux les plus célèbres en ce temps. (1Rois 4.31). Cet admirable roi composa cinq mille livres de chants et de vers, en plus de trois mille livres de paraboles proverbes. Quant aux animaux, des volatiles aux poissons et à ceux qui marchent sur terre, ainsi qu’aux plantes, du cèdre à l’hysope, Dieu lui donna une parfaite connaissance de leurs natures et de leurs propriétés qu’il l’écrivit dans des livres et utilisa cette connaissance pour composer différents remèdes à l’utilité des hommes.

Soliman avait des remèdes qui avaient la force de chasser les démons sans qu’ils osent revenir, cette manière de chasser est encore en grand usage parmi ceux de notre nation. J’ai vu un juif Éléazar libérer quelques possédés en présence de l’empereur Vespasien, de ses fils et plusieurs de ses capitaines et soldats. Il attachait au nez du possédé un anneau enchâssé d’une racine que Soliman employait à cet usage, et quand le démon la sentait, il délaissait aussitôt le malade après l’avoir jeté sur le sol. Il récitait ensuite un texte que Soliman avait écrit où il était mention de ce prince avec interdiction au démon de revenir. Une fois, pour bien faire voir le sérieux de ses ordres, il remplit une cruche d’eau et donna ordre au démon de la renverser en signe qu’il avait quitté le possédé, et le démon lui obéit. Moi Flavius Joseph, j’ai cru devoir rapporter cette histoire pour que personne ne puisse douter de la science extraordinaire que Dieu donna à Soliman d’une grâce toute particulière.

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Dieu donna à Soliman une fontaine de cuivre dont nul avant lui n’avait eu de chose pareille comme dit le Qu’ran (36.12), et il faisait broyer des jinns rebelles dans cette fontaine avant de les jeter dans la mer. Malgré son élévation, Soliman mangeait du pain d’orge, disant que le coeur se corrompt si on mange des mets variés et ne peut faire le service envers Dieu, car il convient à un vrai serviteur de rechercher Dieu dans ce monde-ci ainsi que l’autre monde. Les jardins de Soliman étaient pleins de magnifiques arbres, où poussait chaque jour un nouvel arbre. Il demandait à tout arbre inconnu quel était son nom et ses vertus, et l’arbre lui indiquait son nom et à quoi il servait par ses fruits, son parfum, ou son ombre. Le roi transplantait l’arbre dans un autre lieu, et si c’était un arbre à propriété médicinale, il mettait par écrit les remèdes pour lesquels il était utile. Un jour qu’un nouvel arbre avait poussé dans son jardin, Soliman lui demanda :

—  Quel est ton nom, à quel usage sers-tu ?

—  Je sers à la destruction du temple. Sers-toi de moi comme bâton pour t’appuyer, dit l’arbre.

—  Personne ne pourra détruire le temple tant que je serais vivant, dit Soliman.

Mais il comprit que l’arbre l’avertissait qu’il allait bientôt mourir. Il retira du jeune arbre assez pour faire un bâton sur lequel il s’appuyait pour rester debout lorsqu’il priait. Sachant que le temple n’était pas complété et que les jinns abandonneraient la construction s’il mourrait, Soliman pria le Seigneur :

—  Permets que ma mort soit cachée aux jinns afin qu’ils finissent ce temple.

Dieu exauça la prière de Soliman, les jinns restèrent soumis jusqu’à ce que le temple soit terminé. Soliman allait fréquemment au temple et y restait un à deux mois sans départir, plongé en prière. Il prenait sa nourriture au temple, et lorsqu’il était debout, la tête basse dans la humble attitude de celui qui prie, personne ne l’approchait, homme ou jinn, et si un jinn s’approchait le feu tombait du ciel le consumer.

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Soliman mourut dans le temple appuyé sur son bâton, la tête baissée en adoration. L’ange de la mort lui enleva si doucement son âme que le corps resta debout une année entière. Ceux qui le voyaient pensaient qu’il était absorbé en prière et ne l’approchaient pas. Ainsi les jinns travaillèrent nuit et jour jusqu’à ce que le temple fut complété. Le jour même que l’âme de Soliman partit, Dieu ordonna à la fourmi blanche termite qui dévore le bois de sortir de terre sous du bâton et d’en ronger l’intérieur ; elle en mangeait un peu chaque jour, et comme le bâton était solide, elle n’avait pas encore fini à la fin de l’année. (Qu’ran 34.14). Quand le temple fut terminé, le bâton cassa et le corps glissa, c’est  ainsi que les jinns connurent la mort de Soliman. Pour leur avoir annoncé la mort de celui qui les retenait en esclavage, les jinns par gratitude remplissent d’eau et d’argile les cavités du bois rongé par la fourmi blanche et continueront de le faire jusqu’au jour de la résurrection, car si ce n’est pas d’eux, d’où viendraient l’eau et l’argile au milieu du bois. Les sages se réunirent et enfermèrent une fourmi avec un morceau de bois dans une boîte pour comparer la quantité dévorée avec la longueur du bâton, et déterminer depuis combien de temps Soliman était mort.

Soliman n’avait pas encore 20 ans quand il commença la construction du temple, il eut le bonheur d’ériger le premier temple de pierre sur terre au Nom et à la gloire du véritable Dieu, et acheva en peu d’années le plus superbe édifice qui avait été vu jusqu’alors.

La construction du temple achevée, Soliman ressembla toute l’armée des démons et les enferma dans des vases de cuivre solidement fermés qu’il scella du sceau de Dieu, qu’ainsi les démons ne puissent pas sortir. Les sceaux étaient d’or et d’argent. Quand Nabucadnetsar vainquit le royaume d’Israel et fit brûler le temple de Soliman, les chaldéens pillèrent le pays et ruinèrent tout Jérusalem, voyant les précieux métaux sur les vases réservés aux démons, ils les ouvrirent en pensant y trouver des trésors ; les démons s’enfuirent dans leurs obscurs logis et se remirent à tourmenter le genre humain.. Tradition, contes et légendes, p. 250, Carnoy 1891.

Ange punisseur - Tissot 1899


LES PACTES AVEC DIEU

PACTE D’ADAM        Hors du bon jardin d’Éden     Alliance 1 

ADAM, premier fils de terre et de l’Esprit saint (1er fils du ciel).  ‖  Seth l’aîné, grand et bon, d’une âme fine et d’un esprit fort, se tenait en tête de son peuple et les gardait dans l’innocence, la pénitence et la douceur. Il ne permit à aucun d’eux de descendre vers les enfants de Caïn. C’est en raison de la pureté de leur personne qu’ils furent appelés enfants de Dieu, ils étaient avec Dieu à la place des armées des anges qui étaient tombés et continuaient les louanges à Dieu en chantant des psaumes dans leur grotte la Caverne des trésors. Seth se tenait devant le corps d’Adam son père et d’Ève sa mère, priant nuit et jour, demandant clémence envers lui et ses enfants et de lui porter conseil quand il aurait quelque difficulté avec un enfant. Seth et ses enfants n’aimaient pas le travail terrestre, ils s’adonnaient aux choses célestes car leurs pensées n’étaient que louanges à Dieu en glorifications et psaumes. C’est pourquoi ils entendaient à tout moment les voix des anges louangeant et glorifiant Dieu, venant de l’intérieur du Jardin, et quand ils étaient envoyés en mission ou montaient au ciel. Le Jardin n’était éloigné que d’environ 15 cubes célestes au-dessus d’eux, un cube céleste correspond à 3 cubes du bras, ainsi en tout 45 cubes. Ils se nourrissaient des fruits des arbres au parfum sucré qui poussaient sur la montagne où ils demeuraient, ils étaient heureux, innocents, sans frayeur, il n’y avait pas de jalousie, ni action démoniaque, ni haine parmi eux. Et lorsque les hommes devaient jurer, ils juraient par le sang du juste Abel. Chaque jour dans la grotte ils pressaient leurs femmes et leurs enfants à prier et jeûner, et vénérer le Très-haut, ils se bénissaient par le corps de leur père Adam et s’oignaient par lui. Ils agirent ainsi jusqu’à ce que la fin de Seth approche. Dieu fit cette promesse à Seth : Au terme des grands 5½ jours, concernant ce que J’ai promis à ton père et toi, J’enverrai ma Parole qui te sauvera toi et ta semence. C’est pourquoi par la suite Méthusélah dit à Noah : O Noah, béni de Dieu, je t’annonce que je pars de toi vers nos pères partis avant moi et que tu seras laissé seul avec tes enfants sur cette montagne sacrée. Garde l’instruction que je te donne et ne néglige aucune chose de ce que je te dis. Voici, mon Dieu amènera rapidement un déluge sur la terre. Embaume mon corps et couche-le dans la Caverne des trésors, puis prends ta femme, tes fils et leurs femmes, et descends de cette montagne sacrée avec toi le corps de notre père Adam. Va dans l’arche et place-le là jusqu’à ce que les eaux du déluge se retirent de la surface de la terre. O mon fils, quand tu seras sur le point de mourir, ordonne à Shem ton fils premier-né de prendre Melchisédec le fils de Kainan et petit-fils d’Arpachshad - car ce Melchisédec est prêtre du Très-haut - et de prendre avec eux le corps de notre père Adam de l’intérieur de l’arche, de le déplacer et le déposer dans la terre, et que Melchisédec se tienne là pour faire le service devant le corps de notre père Adam sur cette montagne au centre de la terre. Car de ce lieu, O Noah mon fils, Dieu exercera la rédemption d’Adam et de toute sa semence qui croit en Dieu. (Combat d’Adam et Ève p. 64)

 

PACTE DE NOUH              Hors du déluge                      Alliance 2

NOUH /NOAH, fils de Lamech, de Méthusélah, d’Henoc, de Jared, de Mahlaleel, de Kénan, d’Énos, de Seth, fils d’Adam. ‖  L'arc dans le ciel sera le signe de mon alliance, car je ne détruirais plus la terre par les eaux du déluge.

 

PACTE D’IBRAHIM, JACOB & LÉVI         Hors de Chaldée      Alliance 3

IBRAHIM / ABRAHAM, fils de Térah, de Nahor, de Sérug, de Réhu, de Peleg, d’Héber, de Salah, d’Arphaxad, de Shem, fils de Nouh. ‖  La circoncision sera le signe de mon alliance avec toi.

 

PACTE DE MOUSSA             Hors d’Égypte                                Alliance 4

MOUSSA / MOSHÉ, fils d’Amram, fils de Kéhat, de Lévi, de Jacob, d’Isaac, fils d’Ibrahim. Il reçut les 10 commandements de la main de Dieu sur le mont Sinai (Égypte), où pendant 40 jours il écrit la Torah sous la dictée d’un saint ange.  ‖  Je suis Iehvah · seul Dieu· aucune statue · aucun faux serment · respect du shabat · respect aux parents · aucun meurtre · aucun adultère · aucun vol · aucun faux témoin · aucune convoitise. (Exode 20)

 

PACTE DE DAOUD & SOLIMAN         Mont Sion                       Alliance 5

Salomon demanda trois choses au Seigneur qui ne lui accorda que deux, mais nous demandons au Seigneur de lui accorder aussi la troisième. Il lui demanda une sagesse supérieure, ce que le Seigneur accorda. Il lui demanda un empire suivi d’aucun autre semblable, ce que le Seigneur accorda. Il lui demanda que personne ne sorte de son palais sans aller prier au Temple et sortir purifié de ses péchés comme le jour qu’il sortit du ventre de sa mère. Voilà ce que nous prions que le Seigneur veuille accorder à Salomon. (Mines de l’Orient, p. 379)   ‖   J'établirai pour toujours le trône de ton royaume en Israel comme je l'ai déclaré à David ton père en disant, Tu ne manqueras jamais d'un successeur sur le trône d'Israel. Mais si vous et vos fils vous détournez de moi en n'observant pas mes commandements par mes lois que je vous ai prescrites, si vous allez servir d'autres dieux jusqu'à vous prosterner devant eux, alors je détruirai Israel du pays que je lui ai donné, je rejetterai loin de moi la maison que j'ai consacrée à mon Nom et Israel sera un sujet de plaisanterie et de moquerie parmi les peuples. Si haut placée qu'aurait été cette maison, quiconque passera près d'elle sera dans l'étonnement sifflera et dira, Pourquoi Iehvah a-t-il ainsi traité ce pays et cette maison ? On répondra, Parce qu'ils ont abandonné Iehvah leur Dieu qui a fait sortir leurs pères du pays d'Égypte, parce qu'ils se sont attachés à d'autres dieux en se prosternant devant eux et les servant, voilà pourquoi Iehvah a fait venir sur eux tous ces maux. (1Rois 9.5)


PACTE DE CYRUS                                Hors de Babylone           Alliance 6

CYRUS, né à Fars (Iran) d'une longue lignée de chefs, il fut roi de Perse de 550 à 529 av. J-C (21 années) et tenu en grande estime par son peuple ainsi que des grecs et d'autres peuples. Il fonda l'empire achéménide et conquit Babylone avec la Syrie et la Palestine, l'Asie mineure et les mèdes. L’Iran célébra en 1971 le 2500e anniversaire de l’empire de Cyrus. Quand les enfants d’Israel revinrent de la captivité, Zorobabel était sur eux l’ancien et le souverain sacrificateur était Josiah fils de Zadok des fils d’Aaron, comme l’ange de Dieu déclara au prophète Zachariah : Ces deux fils qui se tiennent devant le Seigneur de la terre entière feront pour eux le ministère qui revient à leur fonction. Cyrus le roi de Perse pourvut le royaume pendant les deux ans que dura leur retour de Babylone, à la fin de cette année les 5000 ans déclarés à Adam s’étaient écoulés. Depuis la déportation jusqu’à la 2e année de Cyrus il s’est écoulé 70 ans de captivité, comme l’avait déclaré le prophète Irmia Jérémie et le prophète Daniel. Les enfants d’Israel se mirent à reconstruire le temple aux jours de Zorobabel, de Josiah fils de Zadok et d’Esdras le scribe, ils mirent 46 ans à le reconstruire jusqu’à ce qu’il soit terminé. (Combat d’Adam et Ève p. 116)

 

PACTE DE JÉSUS                          Mont Goulgolat               Alliance 7

JÉSUS [l’imanuel, עִמָּנוּאֵל Dieu avec nous], né en l’an 3 av. J-C à Bethléem de Marie et de l’Esprit saint (tribu de Judah), il est le messie de Dieu, maître des juifs chrétiens, réformateur des injustices faites au commun, fondateur de la vie communautaire, des soins universels, de l’éducation universelle, et du passage de la vie mortelle à la vie éternelle. Ses apôtres et disciples compilèrent ses actes basés sur les récits de la population, désignés comme les saints évangiles (quatre).  ‖  Joachim maria Hanna qui donna naissance à la pure Marie de qui est né le Christ. Laisse-moi te dire o mon frère, que les 5000 ans depuis Adam ne furent pas terminés avant les jours de Cyrus roi de Perse, car de Cyrus jusqu’aux souffrances du Christ notre sauveur, le fidèle Daniel prophétisa en disant : Après 70 semaines le messie viendra et sera mis à mort. Or 70 semaines d’années sont 490 ans, car une grande semaine est de 7 ans. Quand le prophète dit après, il désigne les 10 ans qui restent ; il ne dit pas que le messie viendra à la fin des 70 semaines, il dit après 70 semaines il viendra et sera mis à mort. Ici le sens de après ce sont ces 10 ans qui viennent compléter 500 ans. En cela est la réalisation de la promesse que Dieu fit à Adam, qu’il viendrait le sauver à la fin de ce temps. Voilà comment les bouches sont fermées, à eux revient la honte de blasphémer en disant que le messie n’est pas encore venu. S’ils disaient le messie est venu, croyant comme il faut à la prophétie de Daniel, ils verraient que la prophétie s’est accomplie, que la maison de Dieu est laissée déserte et le sacerdoce aboli, que les 70 semaines se sont réalisées, que le messie vint et fut mis à mort, que la ville sainte fut laissée déserte par le roi Vespasien et son fils Titus. Laisse-moi te dire o mon frère, que dans la 32e année du règne d’Auguste César, le messie naquit à Bethléem en Judah comme écrit dans l’Évangile. Voici, il est évident pour nous que Jésus vint réaliser la prophétie du prophète Micah (5.2) : O toi Bethléem, non la moindre d’entre les royautés de Judah car de toi viendra un roi qui nourrira mon peuple Israel. Les mages connurent dans leurs livres que le sauveur devait naître en terre de Judah, ils montèrent sur une haute montagne à l’est en partance de l’ouest et prirent avec eux les présents qu’ils avaient préparés avant de voyager, l’or, l’encens et la myrrhe qui étaient à Adam dans la caverne des trésors, l’or pour sa royauté, l’encens pour sa divinité fils de Dieu, et la myrrhe pour sa mort. Jésus apparut aux hommes sous les traits d’un agneau, puissant libérateur du mal : il guérit les malades, rendit la vue aux aveugles, libéra les possédés. C’est de lui que Dieu parle lorsqu’il dit à Adam et Ève qu’après 5½ jours, soit 5500 ans, il enverrait sa parole en chair à présenter comme offrande à Dieu pour racheter leurs fautes, et restituer leur première gloire au Jardin, ainsi qu’à toute leur juste semence selon sa promesse. Pendant 40 ans Moussa a conduit vers la terre promise un peuple réticent de se conformer à sa parole, en conséquence tous leurs pères moururent dans le désert. (Combat d’Adam et Ève p.120)

PACTE DE MOHAMED                        Hors de l’idolâtrie              Alliance 8             

MOHAMED [ahmadحَمِيدٌ digne d’éloges. Dieu digne de louange], Qu’ran 14.8 né le 12 rabia en l’an 570 apr. J-C d’Amina et d’Abdallah, fils d'Abdoul Mottalib, en Arabie (tribu de Qoraish), Les anges se révélèrent à lui dès sa jeunesse. Il crut à Jésus sur la prédication d’un chrétien, et retranscrit le saint Qu’ran sous la dictée d’un ange, qui devint le fondement de l’Islam. Il s’opposa à l’idolâtrie (ce qui lui valut de grandes persécutions) et enseigna aux riches de partager avec les pauvres.  ‖  Les gens du livre te demandent de leur faire descendre un livre du ciel comme ils ont demandé quelque cho-se de plus grand en disant à Moussa, montre-nous Allah maintenant, et la foudre les frappa pour leur tort. Ils prirent le veau en adoration malgré avoir reçu des évidences claires mais Nous leur avons pardonné cela par l’autoritéirréfutable donnée à Moussa.

Nous avons élevé le mont Ébal  (Deut. 27.11) pour marquer leur désengagement à l’alliance, Nous leur avons dit, entrez avec humilité par la porte, Nous leur avons dit, ne transgressez pas le shabat, et Nous avions reçu d’eux un engagement ferme. Mais ils ont rompu leur engagement par leur incrédulité aux signes d’Allah, par leur tuerie injuste des prophètes et en disant ‘nos coeurs sont imperméables’ ; en réalité c’est Allah qui a enfermé leurs coeurs dans leur incrédulité pour qu’ils ne croient pas, sauf un petit nombre, et en déniant Marie par leur outrage, à l’accuser et à dire, Avons-nous vraiment tué le messie, Jésus fils de Marie le messager d’Allah ? Quoiqu’ils l’aient tué, sa forme n’était qu’une ressemblance à la leur. Ceux qui diffèrent et doutent sans compréhension ne font que présumer, ils n’ont pas définitivement mis fin à lui, Allah l’a élevé à lui, la sagesse et le pouvoir d’Allah soient exaltés. Celui d’entre les gens du livre qui croira en lui avant sa mort témoignera contre eux au jour du jugement. Nous avons interdit certains aliments aux juifs qui leur étaient licites à cause de leur tord d’avoir fait dévier beaucoup du droit chemin d’Allah, prenant un intérêt illicite et ruinant injustement la prospérité des gens : Nous avons préparé un douloureux châtiment pour les incrédules parmi eux. Pour ceux d’entre eux qui ont gardés la connaissance avec fermeté et aux croyants qui croient à ce qui t’a été révélé. ce qui a été révélé devant toi, ainsi qu’aux fondateurs de salat prière, aux donneurs de zakat aumônes et aux croyants d’Allah, Nous leur donnerons une immense rétribution au dernier jour. (Qu’ran 4.153)

Trois hommes avec un bassin et une cuvette d’or d’eau sont venus, m’ont ouvert le ventre, ont pris tous mes intestins et les ont lavés dans ce bassin. Ils les ont remis dans le corps en me disant : Tu es né pur maintenant tu es plus pur. Ensuite l’un d’eux a plongé sa main dans mon corps et a arraché le coeur, l’a ouvert par le milieu et a enlevé le sang noir en disant : C’est la part de satan qui est dans tous les hommes mais je l’ai enlevée de ton sein. Ensuite il m’a remis le coeur à sa place. L’un d’eux avait un anneau avec lequel il m’a marqué, et le troisième a plongé sa main dans mon corps et tout a été remis en ordre. (Chronique de Tabari, livre 2, p. 241)

Vue du jardin des oliviers - Tissot 1899