Le testament des patriarches


Adam, Abraham, Isaac, Jacobs & fils

 

 The Testaments of the | Three| Patriarchs  

2e édition | 2015

 

 

 

Table des matières

  LIVRE D’ADAM ........................................................................................................... 1

TESTAMENT D’ABRAHAM ....................................................................................  18

 TESTAMENT D’ISAAC ..............................................................................................  40

 TESTAMENT DE JACOB ..........................................................................................  50

 TESTAMENT DES DOUZE .......................................................................................  57


 

 

Une grande accumulation dans cette
vie rend un sûr témoignage de ne
rien avoir à recevoir dans l'autre.

                         Jésus




 

Le livre d'Adam

Préface

Un père de famille fit une distribution de vêtements de grande valeur parmi ses enfants. Ceux d’entre eux qui étaient sages les gardèrent en bon état et ne les portaient que les jours de fêtes, les conservant précieusement au fond de leur armoire. Les sots ne les ménagèrent guère et les portaient même lorsqu’ils étaient occupés à des jeux sales et dégoutants, jusqu’à les couvrir de tâches et d’ordures. Quelques temps après le généreux père voulut revoir les précieux vêtements qu’il avait distribués parmi ses enfants et les fit appeler auprès de lui.

Les sages parurent devant lui habillés dans leurs vêtements propres et les sots vinrent habillés de leurs vêtements souillés. Satisfait à l’aspect des premiers, le père dit avec bonté :

―  Qu’on apporte les plus beaux vêtements de ma garde-robe à ces enfants dignes pour qu’ils soient heureux et satisfaits avec moi !

Quant aux seconds, ils furent reçus on ne peut plus mal par le père indigné qui ordonna :

― Faites nettoyer leurs vêtements, et que les enfants indignes qui les ont portés soient jetés au fond d’une prison obscure !

Reconnais dans cette parabole le jugement que Dieu portera un jour sur toi qui as reçu de lui une âme pure et sans tâche. Heureux si tu peux lui rendre exempte de souillure, mais malheur à toi si tu l’as couverte de vices et de crimes.


LE LIVRE D'ADAM

Book of Adam and Eve, ou Apocalypse of Moses | Adamgirkÿ Vita Adæ et Evæ| Saltair Na Rann| Eva und Adam, trad. de l’arménien par Aakÿel de Siwnikÿ, du géorgien par Adam K'urc'ikidze, du grec par Von Tischerdorf 1866, du latin par Meyer 1878, aussi en slave et copte.

Cela arriva après qu’Adam quitta le jardin avec sa femme Ève, du côté est du jardin. Leurs larmes coulaient sans cesse et ils passaient leurs journées en union d’esprit, se lamentant et disant l’un l’autre :

―    Nous sommes loin de la vie...

(+) Nous étions en prière quand l’archange Michæl, un messager de Dieu, vint vers moi. Je vis un chariot comme le vent et ses roues étaient de feu. Je fus pris au paradis de justice et je vis le Seigneur assis ; sa face était de flamme de feu impossible à supporter, et plusieurs milliers d’anges étaient à droite et à gauche du chariot. La terreur me saisit en voyant cela, je fus agité et me prosternais face contre terre devant Dieu. Et Dieu me dit :

―    Vois comme tu meurs depuis que tu as dévié l’ordre céleste pour avoir écouté la voix de ta femme ! Mais malgré avoir dévié mes paroles en l’écoutant, je l’ai mise sous ton autorité pour que tu la maintiennes sous ta volonté.

Quand j’entendis de Dieu ces paroles, je tombais à plat ventre pour vénérer le Seigneur, et je dis :

―    Mon Seigneur tout-puissant et miséricordieux, Dieu saint et juste ! Je meurs et mon souffle va sortir de ma bouche mais ne laisse pas s’effacer le nom de la mémoire de ta majesté et convertit mon âme. Ne rejette pas celui que tu as formé d’argile terrestre de ta présence, ne bannis pas celui que tu nourris de ta faveur !

Une parole vint vers moi et le Seigneur me dit :

―    Depuis que les jours furent formés, tu as été créé avec un [esprit d’] amour de la connaissance à mon service qui ne sera jamais retiré de ta semence.

Entendant ces paroles, je me jetais à terre et vénérais le Seigneur Dieu. Et je dis :

―    Tu es le suprême Dieu éternel à qui toutes les créatures rendent louanges et honneur, tu es la vraie lumière qui éclaire au-dessus de toute lumière, le vivant vital de toute-puissance infinie ! Les pouvoirs des esprits te rendent louanges et honneur ! Tu as fait l’espèce humaine dans l’abondance de ta miséricorde.

Après avoir vénéré le Seigneur, Michæl l’archange de Dieu me saisit par la main et me sortit de la vision du paradis et de l’ordre de Dieu. Il tenait un bâton dans sa main et toucha les eaux qui entouraient le paradis et elles gelèrent. Je traversais et Michæl l’archange traversa avec moi pour me ramener à l’endroit où j’avais été pris.

―    Les hommes purifieront leurs péchés par l’eau, et ceux qui ne veulent pas se purifier par l’eau seront con-damnés, me dit-il. (+)

Après 7 jours ils eurent faim et cherchèrent à manger. Et Ève dit à Adam :

―    J’ai faim mon-seigneur, lève-toi et cherche à manger pour que nous puissions vivre, et savoir si Dieu viendra nous ramener à notre place dans le jardin.

Ils se levèrent et allèrent aux alentours de la terre mais ne trouvèrent aucune nourriture de celle dont ils avaient été nourris [dans le jardin].

―    Je meurs de faim mon-seigneur, il vaudra mieux que je sois morte : peut-être te ramèneront-ils dans le jardin, car c’est à cause de moi que Dieu est en colère, dit Ève à Adam.

―    Une grande colère est tombée sur nous, je ne sais pas si c’est à cause de moi ou toi, dit Adam.

―    Tue-moi si tu veux pour que la colère de la rage s’annule envers toi et qu’ils te ramènent au jardin, lui répondit Ève, car c’est arrivé à cause de moi.

―    Ne dis pas cette chose Ève, de crainte de devenir méprisable et que Dieu amène sur nous de plus grands maux. Et comment pourrais-je vraiment te faire du mal, car tu es mon corps, lui dit Adam.

―    Lève-toi et cherchons de la nourriture, dit Ève.

Ils cherchèrent mais ne trouvèrent pas la nourriture [comme celle qui était dans le jardin].

―    Dieu a établi cette végétation en nourriture pour que les bêtes puissent manger sur la terre, dit Ève, mais notre nourriture est de celle que les anges mangent. Lève-toi et faisons 40 jours de pénitence, peut-être Dieu aura-t-il pitié de nous et nous donnera une meilleure nourriture que celle des bêtes et que nous ne devenions pas comme eux.

―    Quelle pénitence feras-tu, combien de temps pourras-tu supporter une pénitence ? Peut-être commenceras-tu mais seras-tu incapable de repentir comme nous avons été incapables de garder ce que nous avons reçu à l’origine, et Dieu n’écoutera pas, dit Adam à Ève.

―    Fixe le nombre de jours pour que je fasse pénitence. Peut-être les jours seront-ils très longs, car j’ai amené ce châtiment sur toi, dit Ève.

―    Tu ne pourras pas supporter le même nombre de jours que moi, mais fais ce que je te dis, dit Adam, et garde l’instruction : je serais [en pénitence] 40 jours, 6 jours de plus que toi parce que tu as été créée au 6e jour [de ceux durant lesquels] il accepta ses travaux.  Maintenant lève-toi pour aller à la rivière du Tigris, prends une pierre, place-la sous tes pieds et tiens-toi dans l’eau jusqu’au cou avec tes vêtements. Ne laisse sortir aucun mot de ta bouche, ni supplication, vers Dieu, car nous sommes répréhensibles [d’âme] et nos lèvres souillées d’impuretés par notre faute d’avoir mangé de l’arbre dans le jardin. Reste en silence 34 jours dans l’eau pour faire ta pénitence et je serais dans la rivière du Jourdain, jusqu’à ce que j’apprenne que Dieu nous a entendus et nous donne notre nourriture.

Ève partit au Tigris et fit comme lui dit Adam. Adam partit au Jourdain, la chevelure de sa tête était découverte ; il supplia, disant :

―    Je vous parle eaux du Jourdain ! Soyez pour moi des compagnons d’infortune ! Rassemblez toutes choses qui se meuvent en vous et laissez-les m’entourer et me plaindre, non dans leurs propres intérêts mais pour le mien, car Dieu ne leur a pas retiré la nourriture qu’il avait désignée au commencement mais parce que je suis privé de ma nourriture vitale.

Après qu’Adam dit cela, toutes les choses mouvantes du Jourdain se joignirent à lui et se tinrent comme un mur autour de lui ; à cet instant les eaux du Jourdain s’arrêtèrent et leurs courants devinrent stationnaires. Adam cria vers Dieu et d’entre toutes les tonalités il en mit 600 à part pour en appeler à Dieu dans les prières de tous les jours. Après 18 jours de lamentation, satan prit la tenue splendide de forme d’un chérub pour aller tromper Ève à la rivière du Tigris. Ses larmes tombaient de sa tenue jusqu’à terre lorsqu’il dit à Ève :

―    Cesse et sors de l’eau ! Dieu a entendu ton repentir et celui de ton mari Adam parce que nous avons supplié Dieu ! À partir d’ici Dieu [m’] envoie vous conduire pour vous donner la nourriture de celle que vous vous repentez. J’arrive à l’instant d’Adam qui m’a envoyé vers toi en me disantVa fils et fais venir ma femme !  Viens, partons maintenant vers Adam et que je vous conduise au lieu où est votre nourriture.

Et Ève sortit de l’eau. L’eau avait changé sa chair et sa peau fut comme l’herbe défraichie, mais la forme de sa gloire resta brillante. Elle tomba de grande faiblesse et resta 2 jours sur le sol, incapable de bouger. Lorsqu’elle se releva, satan la conduit jusqu’à Adam. Quand Adam vit satan et Ève qui le suivait, il gémit bruyamment et dit à Ève d’une voix forte :

―    Où est l’instruction de pénitence que je t’ai donnée ! Comment avoir déviée pour suivre celui à cause de qui nous sommes coupés de notre résidence ?

À l’entendre, Ève comprit que satan l’avait trompée et tomba devant Adam à cet instant. La détresse d’Adam s’accrut du double en voyant les souffrances de sa femme tombée morte inanimée et gémit de grande tristesse. Il dit à satan :  

―    Pourquoi avoir engagé contre nous un si grand combat : quels sont nos péchés contre toi pour nous avoir fait sortir de notre résidence ? Avons-nous pris de toi ta gloire ? T’avons-nous refusé de faire partie de notre possession pour combattre sans raison contre nous ?

Satan geint bruyamment et dit :

―    L’arrogance de ma douleur vient de toi ! C’est à cause de toi que j’ai quitté ma résidence et à cause de toi que je suis rejeté du trône des chérubim qui ont étendu une restriction servant à m’enfermer, et à cause de toi mes pieds ont foulé la terre !

―    Qu’avons-nous fait contre toi que tu fasses tout ça ? dit Adam.

―    Tu ne m’as rien fait, mais je suis arrivé à ce niveau à cause de toi ! répondit satan. Je suis sorti le même jour que tu fus créé, quand Dieu insuffla en toi son esprit et que tu reçus la ressemblance de son image. Et Michæl vint et t’agenouilla devant Dieu.

―   Voici, j’ai créé Adam à ma ressemblance ! dit Dieu à Michæl.

Michæl convoqua tous les anges et Dieu leur dit :

―   Venez vous agenouiller à la ressemblance que j’ai faite.

Michæl s’inclina le premier puis il m’appela et dit :

―   Toi aussi agenouille-toi à Adam.

―   Va-t’en Michæl ! Je ne m’agenouillerais pas à celui qui est postérieur à moi, car je le devance. Pourquoi serait-ce juste [pour moi] de m’agenouiller à lui ?

Les autres anges qui étaient avec moi entendirent ça et mes paroles leur semblèrent plaisantes, aussi ils ne se sont pas prosternés vers toi Adam. Dieu se mit en colère contre moi et commanda de nous expulser de notre résidence et nous jeter à terre, moi et les anges en accord avec moi. Vous étiez dans le jardin à ce moment-là quand je réalisais qu’à cause de toi j’étais loin de l’habitation de lumière et étais dans les détresses et les douleurs, alors je préparais un piège pour toi afin que je [puisse] te destituer ta joie tout comme je fus destitué moi aussi à cause de toi.

Quand Adam entendit ça, il dit au Seigneur :

―    [Mon âme est dans ta main Seigneur !] Fasse que cet ennemi qui est mien s’éloigne de moi, car il désire m’éga-rer quand je recherche la lumière que j’ai perdue.

Satan disparut devant lui et Adam resta dans les eaux en pénitence. Ève était comme morte sur le sol depuis 3 jours. Après le 3e jour, elle se releva du sol et dit à Adam :

―    Tu es innocent du 1er et de ce 2e péché. C’est moi seule que satan a trompée suite à ta parole et celle de Dieu. Voici, je partirais à l’ouest pour avoir ma nourriture d’herbe jusqu’à ce que je meure, car je suis indigne des nourritures de vie.

Ève partit à l’ouest, elle était triste et jeûna. Elle fit pour elle une hutte à l’ouest, car elle était avancée dans sa grossesse et son ventre avait Caïn le sans-loi. Quand les temps de son accouchement arrivèrent, elle commença à crier d’une forte voix et dit :

―    Où est Adam pour qu’il puisse voir cette douleur qui est mienne ? Qui vraiment ira rapporter mes souffrances à Adam ? Y-a-t-il un vent sous les cieux qui irait dire à Adam, Viens aider Ève! Vous tous luminaires, je vous supplie, parlez de mes souffrances à mon-seigneur Adam quand vous allez vers l’est.

Adam entendait Ève pleurer et se lamenter depuis la rivière du Jourdain. Et Dieu écouta la voix repentante d’Adam et lui apprit à semer et à récolter, et ce qui arrivera, à lui et à sa semence. Entendant la voix suppliante d’Ève à l’ouest, Adam se dit, Cette voix qui se lamente est ma chair ; je me lèverais pour aller vers elle et voir pourquoi elle pleure, peut-être la bête l’attaque encore. Adam se leva et suivit le son jusqu’à Ève. Quand Ève vit Adam, elle parla et lui dit :

―    As-tu entendu le son de mes pleurs ? Est-ce que les vents t’ont informé, qui t’a supplié ? Est-ce les luminaires du ciel qui t’ont informé durant leur trajectoire de chaque jour dans les régions de l’est ? Est-ce les oiseaux des cieux ou les bêtes de la terre qui t’ont informé que je te convoquais et les envoyais vers toi pour te dire, Lève-toi et plaide ton créateur de me délivrer de ces souffrances.

Adam pleura et pria Dieu à sa place et voici, 2 anges et 2 pouvoirs descendirent du ciel, vinrent vers Ève et se tinrent devant elle. Et les pouvoirs lui dirent :

―   Ève, tu es bénie à cause d’Adam, élu de Dieu, car ses prières sont puissantes. C’est par lui que l’aide de Dieu est venue jusqu’à toi, sinon tu serais incapable de survivre à cette naissance.

L’ange dit à Ève :

―   Prépare-toi, car je serais pour toi une sage-femme.

Elle accoucha de l’enfant dont la couleur de son corps était comme celle des étoiles. Et dans l’heure où l’enfant doit tomber dans les mains de la sage-femme, il bondit et ses mains déracinèrent l’herbe de la terre, près de la hutte de sa mère, et les infertilités devinrent nombreuses à cet endroit. L’ange lui dit :

―   Dieu est juste de ne pas t’avoir fait tomber dans ma main, car tu es Caïn le sans-loi qui détruira le bon et […] plante vivante et adultère, amertume, et sans douceur.

L’ange dit à Adam :

―   Reste auprès d’Ève pour qu’elle fasse ce que j’ai ordonné.       

[…] Adam prit l’enfant et Ève et les amena dans la partie de l’est pour y habiter ensemble et être avec elle. Passés 18 ans et 2 mois, elle devint enceinte et porta un fils [que la sage-femme appela du nom d’Abel]. Et Ève dit à Adam :

―    Mon-seigneur Adam, j’étais endormie quand j’ai vu dans une vision nocturne que le sang de mon fils Abel entrait dans la bouche de son frère, notre fils Caïn, qui buvait son sang sans miséricorde. Abel le supplia de lui en laisser un peu mais il ne voulut pas l’écouter et but tout son sang.

―    Caïn va sûrement tuer Abel. Séparons-les l’un de l’autre en leur faisant des endroits distincts pour y être et empêcher que le mal se fasse parmi nous, dit Adam à Ève.

Adam leur dit d’agir suivant cette disposition :

―    Mes fils, levez-vous, partez chacun à votre place !

Ils se levèrent et allèrent suivant cette disposition. Après ces propositions, Dieu dit à l’archange Michæl :

―   Va et dis à Adam : Ne parle pas à Caïn du secret que tu sais ; il est fils de la colère qui va tuer son frère Abel. Ne t’attriste pas de lui, à sa place je te donnerais Seth qui montrera toutes les mémoires à travers moi, ainsi que ce que tu lui diras, car il est comme ma première ressemblance.

Quand Dieu eut parlé, l’ange partit parler à Adam et Adam garda cela à l’intérieur. Ève et lui furent attristés. Ève devint enceinte et porta Seth. Et Adam dit à Ève :

―    Voici, nous avons reçu un fils à la place d’Abel que Caïn a tué [devant nous].

Puis il eut des fils et des filles, 30 de chaque, qui grandirent. Adam fut 930 ans sur terre quand il fut touché d’une maladie mortelle. Il cria et dit d’une forte voix :

―    Que tous mes fils viennent se réunir près de moi et que je les voie avant de mourir.

Tous ses fils de chaque partie du monde se réunirent près de lui [à l’intérieur de l’endroit par lequel Ève était entrée]. Il pria le Seigneur Dieu.

―    (+) Entendez mes paroles ! Quand Dieu me créa de terre, et ta mère Ève aussi, nous allions dans une gloire qui se voyait des éternels d’où nous venions. Ils m’apprirent une parole de connaissance du Dieu éternel, car nous étions éternels comme les grands anges mais nous étions plus hautains que Dieu qui nous avait créés et des pouvoirs qui sont avec lui, mais nous ne le savions pas. Dieu qui est le Maitre des pouvoirs des éternels nous sépara et dans sa colère nous sommes devenus 2 temporels, privés de la première connaissance qui soufflait habituellement en nous. La gloire déserta nos cœurs à ta mère et moi. La gloire fuit de nous pour entrer dans d’autres grandeurs et une autre grandeur. C’est pourquoi Seth mon fils, je t’ai appelé du nom de cet homme dont la semence est de la grande race. Après que la connaissance du véritable Dieu éternel se retira de ta mère et de moi, depuis ce temps nous connaissons les choses mortelles comme des humains. Nous reconnaissons que Dieu nous a créés, car nous ne sommes pas étrangers à ses pouvoirs et nous le servons avec soumission et crainte mais nos cœurs s’obscurci-rent encore. Alors que je dormais, dans la pensée de mon cœur, je vis 3 hommes devant moi dont je ne reconnus pas l’aspect, ni s’ils venaient des pouvoirs de Dieu qui m’a créé tant leur gloire était grande. Les hommes me dirent :

―   Adam ! Relève-toi du sommeil mortel et écoute concernant la semence éternelle de cet homme à qui la vie est venue, celui qui est sorti de toi et de ta femme Ève.

Quand j’entendis ces paroles de ces grands hommes qui se tenaient devant moi, je fus accablé dans mon cœur et Ève avec moi. Et le Seigneur Dieu qui me créa se tint en notre présence et nous dit :

―   Adam ! Pourquoi vous accabler dans vos cœurs ? Ne sais-tu pas que je suis Dieu qui vous a créés et que j’ai insufflé en vous un esprit de vie pour la vitalité de l’âme ?

Et Dieu qui nous a créés se créa un fils. La noirceur tomba sur nos yeux.  J’avais souillé la pensée de mon cœur pour avoir eu un désir envers ta mère, car en nous la force de la connaissance éternelle expira et la faiblesse nous poursuivit. Les jours de nos vies devinrent moindres et je savais m’être assujetti au pouvoir de la mort. (+)

Son fils Seth dit à Adam :

―    Mon père, es-tu accablé par le manque des fruits du jardin et tu te souviens de l’habitude d’en manger ? Dis-moi si c’est vrai, car je m’approcherais du jardin en pleurant, je jetterais de la poussière sur ma tête et peut-être Dieu me donnera-t-il du fruit que je te rapporterais pour éloigner cette douleur de toi.

―    Ce n’est pas cela [mon fils Seth], j’ai une maladie mortelle et douloureuse, lui dit Adam.

―    De qui cette douleur vient-elle ? lui dit Seth.

―    Mon fils Seth, Dieu avait séparé le jardin entre ta mère Ève et moi pour que nous le surveillions ; à moi il donna la partie est [et nord] et à ta mère l’ouest [et sud], et nous avions 12 [2] anges qui circulaient avec chacun de nous en vue de protéger le jardin jusqu’à l’heure de la lumière. C’est à l’heure où les anges gardiens de l’arbre montent pour vénérer Dieu qui nous a créés et qui a donné l’ordre à ta mère et moi de ne pas manger de cet arbre, que satan nous trompa. Ils partaient chaque jour à l’heure et allaient aux cieux [vénérer le Seigneur] ; c’est à ce moment-là que satan trompa ta mère et lui fit manger du fruit, lui dit Adam. C’est à ce moment-là qu’il lui fit manger [et m’en donna aussi], car satan savait que les anges n’étaient pas avec elle, ni avec moi. Il incita Ève à manger ce fruit, ce que je ne savais pas quand Ève m’en donna à manger. Je sus que Dieu était en colère contre nous dès que je mangeais le fruit, car Dieu dit :

―   Pour avoir désobéi à mon ordre [et l’avoir mis en arrière], je donnerais à votre corps 70 douleurs qui vous tourmenteront, [à commencer à ta tête], aux yeux et tintement d’oreille, [en bas aux ongles de tes pieds] et chaque jointure séparément, au compte des douleurs réservées pour moi dans les trésors célestes à envoyer dans les derniers temps. [Dieu a assigné toutes ces choses comme châtiment sur moi et toute notre race.]

Après avoir parlé à son fils Seth, Adam dit en criant :

―    Je suis en grande souffrance et la douleur… que dois-je faire ?

―    Mon-seigneur Adam, dit Ève en pleurant, lève-toi et donne-moi une partie de ta douleur pour que je la porte en la recevant, car c’est à cause de moi que ces douleurs viennent tomber sur toi.

―    Lève-toi et va près du jardin avec notre fils Seth ; jetez sur vos têtes de la poussière et là pleurez devant Dieu. Peut-être aura-t-il pitié de moi et il enverra son ange pour aller au jardin à l’endroit où est placé l’olivier d’où l’huile provient et vous en donne un peu pour venir jusqu’à moi. J’en enduirais mes os pour séparer la douleur et que je vous apprenne ce moyen […] comme nous avons avant essayé, lui dit Adam.

Ève partit en direction du jardin avec Seth et comme ils allaient, Ève vit une bête sauvage se battre contre Seth et le mordre. Elle se mit à pleurer et dit, Le jour du jugement venu, tous les péchés me seront reprochés et tous diront : Notre mère n’a pas écouté l’ordre du Seigneur Dieu. Elle cria à la bête sauvage :

―    Bête sauvage ! Comment n’as-tu pas crainte de la ressemblance de Dieu ? Comment oses-tu te battre avec la ressemblance de Dieu ? Comment ta gueule s’est-elle ouverte pour montrer tes crocs et hérisser tes poils ? Rappelle-toi l’obéissance que tu avais avant d’ouvrir ta gueule contre la ressemblance de Dieu ?

―    En vérité notre arrogance vient de toi, car tu as causé l’exemple ! Comment ta bouche s’est-elle ouverte pour avoir osé manger le fruit que Dieu t’a dit de ne pas manger ? cria la bête sauvage à Ève. [Jusqu’à ce qu’il change entièrement nos natures, d’ici là tu es incapable de supporter ce que je te dis ou si je commence à te réprimer.]

―    Ferme ta bouche satan ! Éloigne-toi de la ressemblance de Dieu [jusqu’au jour où Dieu] te fera venir au châtiment ! dit Seth à la bête sauvage.

―    Voici la ressemblance de Dieu. De toi je me tiens à part ! dit-il à Seth.

Et la bête s’enfuit de lui. Ève alla près du jardin avec Seth et demandèrent à Dieu d’envoyer l’aide d’un ange en pleurant à grosses larmes. Dieu leur envoya Michæl, l’ange prince des âmes, [qui leur dit ces mots] :

―   Seth [homme de Dieu], ne nous supplie pas avec force pour l’huile de joie, cette huile qui sort de l’arbre, pour oindre ton père Adam.  L’oint bienaimé relèvera le corps d’Adam à la fin des années complètes, mais non maintenant, en raison des péchés qui ont pris place. Il ira s’immerger dans l’eau du Jourdain, et en sortant Michæl viendra oindre d’huile de joie le nouvel Adam. La même chose arrivera ensuite à toutes les bêtes sauvages de la terre, dignes d’entrer au jardin ; je les oindrais de cette huile pour qu’ils se relèvent à la résurrection. Va vers ton père Adam, car son temps sera complet dans 3 [6] jours ; tu verras plusieurs merveilles aux cieux et sur terre et à tous les [luminaires] dans les cieux.

Après avoir dit ça, l’ange disparut derrière un arbre du jardin. Ève repartit avec Seth où était Adam, couché de maladie. Et Adam se souvint de la désobéissance d’avoir mangé de l’arbre ; il dit à Ève :

―    Qu’as-tu fait ? Quelle sorte de mal as-tu amené sur nous et notre semence ? Dis maintenant à nos enfants comment le mal a prit place, car voici, je suis extrêmement faible de ma force. Peut-être que les souffrances viendront sur la terre à notre mort et toutes les générations venues de nous diront dans leurs labeurs, C’est notre père et mère nous ont apporté ces malheurs !

Ève se mit à pleurer et dit :

―    Venez près de moi pour que je vous raconte comment et par quel moyen le mal a pris place. [Faites-vous des tables de pierre et d’autres d’argile et écrivez.] Au moment où votre père surveillait la partie du lot que Dieu lui assigna et que je surveillais mon lot au sud [et ouest]. Dieu avait assigné entre nous les bêtes sauvages pour diviser les mâles, à votre père, des femelles qu’il m’attribua. Chacun de nous devait les nourrir suivant ce qui nous avait été imparti. Satan vint dans le lot d’Adam où étaient les bêtes sauvages et convoqua le serpent, lui disant de se lever et venir à lui.

― Lève-toi et viens à moi que je te dise une chose pour ton profit, lui dit-il.

Le serpent vint à lui et satan lui dit :

―  Je suis venu voir qu’il n’y a personne d’aussi agile que toi [parmi tous les animaux] quand Adam donne à manger à toutes les bêtes sauvages ainsi qu’à toi. J’ai entendu que tu es le plus sage de toutes les bêtes sauvages.

Et quand toutes les bêtes sauvages vinrent s’incliner devant Adam, satan vint avec le serpent et dit :

―  Pourquoi t’inclines-tu chaque matin devant Adam alors que tu as été formé avant lui, tu le précèdes ! Pourquoi t’inclines-tu devant le suivant plutôt que le plus jeune s’incline devant le plus vieux ?  Pourquoi t’inclines-tu devant Adam pour ta nourriture et ne manges-tu pas du fruit du jardin ?  Lève-toi et viens, viens à moi entendre ce que j’ai à te dire : comme nous, faisons expulser Adam du jardin et nous reviendrons au jardin.

―  Comment et par quel moyen peut-on l’expulser du jardin ? dit le serpent.

―  Sois pour moi dans ta forme comme une lyre et je prononcerais un dialogue par le pouvoir de ta bouche et être capable ainsi de s’aider, dit satan au serpent.

Tous deux vinrent vers moi et agrippèrent leurs pieds autour du mur du jardin. Quand les anges montèrent vénérer le Seigneur, à ce moment-là satan prit la forme d’un ange et commença à louanger Dieu de chants angéliques et je m’agenouillais près du mur pour assister à ses éloges. Je le regardais et vis la ressemblance d’un ange, mais quand je regardais de nouveau, je ne le vis plus, car il était parti convoquer le serpent et lui dire :

―   Lève-toi et viens à moi que je puisse entrer en toi et parler par ta bouche aussi longtemps que ce que j’ai à dire.

À l’instant même le serpent devint pour lui une lyre et retourna au mur du jardin. Il appela et dit :

―   Oh femme comme tu es aveugle dans ce jardin de délices… Lève-toi et viens à moi que je te dise certaines paroles.

Je m’approchais de lui et il me dit :

―  Es-tu Ève ?

―  Oui je suis, dis-je.

―  Que fais-tu [dans le jardin]? dit-il.

―  Dieu nous a placés au jardin pour surveiller.

―  Ce travail est bien, mais viens ! Manges-tu [de tous] les arbres du jardin ? dit satan de la bouche du serpent.

―  Oui, nous mangeons de tous, excepté du seul arbre qui est au milieu du jardin que Dieu nous a commandé, N’en mangez pas, car vous mourrez sûrement si vous en mangez.

―   Comme le Seigneur vit, dit le serpent, je suis grandement concerné [par vous], car vous êtes comme des bêtes depuis que Dieu vous [en] a privé. Mais viens, je ne désire pas que tu sois ignorante. Viens et mange de l’arbre et tu verras quel sera ton honneur…

―   Je crains de mourir comme Dieu nous a dit.

Satan répondit et me dit conjointement avec le serpent :

―  Comme le Seigneur vit, tu ne mourras pas si tu manges mais tes yeux s’ouvriront pour devenir comme Dieu et connaitre le bien et le mal ! Dieu sait que tu deviendras comme lui et il te trompe en te disant, N’en mangez pas. Regarde l’arbre, dit-il, vois la gloire autour de l’arbre !

Quand je regardais l’arbre, je vis autour de lui [cette] grande gloire.

―  L’arbre est bon et me semble plaisant mais je ne peux aller prendre du fruit, car j’ai peur. [Viens si] tu n’as pas peur, lui dis-je, apporte-moi du fruit que je mange et je saurais si tes paroles sont vraies ou non.

Le serpent m’appela et dit :

―  Viens et ouvre-moi la porte pour que j’entre et te donne le fruit.

Entré dans le jardin, il s’avança un peu et s’arrêta.

―  Pourquoi t’arrêtes-tu ?

―  Quand je te donnerais à manger et que tes yeux s’ouvrent pour devenir comme Dieu, peut-être tromperas-tu Adam et ne lui donneras-tu pas le fruit à manger ; il deviendrait comme une bête devant toi… Jure-moi que tu vas vraiment lui donner à manger et que tu ne tromperas pas ton mari Adam, dit-il.

―  Je ne connais aucun serment par lequel jurer mais je te dirais par ce que je connais. Par les plantes du jardin, par les chérubim et séraphim, et le Père assis dans les cieux qui descend dans le jardin, si je mange et comprends toutes choses, je donnerais à manger [sans hésiter] à mon mari Adam !

Il me conduit jusqu’à l’arbre après m’avoir liée d’un serment. S’avançant vers l’arbre, il mit dans son fruit un trompeur désir pour les prostitutions adultères et les avarices, et il abaissa jusqu’à terre les branches de l’arbre. Je pris une part du fruit et mangeais et dans l’heure même mes yeux m’apprirent que j’étais dévêtue de la gloire dont j’étais habillée et commençais à pleurer.

―  Que m’as-tu fait ! lui dis-je.

Je sus qu’il me conduirait jusqu’aux abîmes du shéol. [Je n’étais plus mortifiée au sujet du combat que l’enne-mi faisait contre moi]. Puis il fit ceci ; satan descendit de l’arbre et se cacha dans le jardin. Je cherchais des feuilles d’arbre dans mes portions du jardin pour couvrir [ma nudité] et je n’en trouvais aucune sur tous les arbres, car tous les arbres du jardin devinrent sans feuille dans l’heure même, excepté celles du figuier que je pris pour couvrir ma nudité, et je me tins près de l’arbre que j’avais mangé. Et par peur du serment juré d’en donner à manger à Adam, j’appelais Adam d’une forte voix :

―  Lève-toi et viens vers moi que je te montre cette façon !

Adam vint vers moi dans sa grande gloire, je lui donnais du fruit à manger et le rendis comme moi. Lui aussi alla prendre une feuille de figuier pour couvrir sa nudité. On entendit l’ange Gabriel souffler la trompette et convoquer tous les anges en disant :

―   Ainsi dit le Seigneur ! Venez descendre avec moi au jardin écouter mon jugement par lequel je vais juger Adam.

Seth mon fils, lorsque nous avons entendu le son de la trompette de l’ange, sachant que Dieu venait au jardin nous juger, nous nous sommes cachés parce que nous avions peur. Dieu vint sur le chariot de chérub parmi les anges qui le louangeaient, et dès qu’il atteint le jardin toutes les plantes du jardin se mirent à fleurir ; Dieu plaça son trône près de l’arbre de vie et convoqua Adam.

―   Où es-tu Adam ? dit-il. Comment peux-tu penser à dire, Il ne me connait pas, parce que tu te caches ! Une maison peut-elle se cacher de son bâtisseur que tu te caches près de cet olivier !

―  Non Seigneur, je ne me suis pas caché pensant que tu ne me trouverais pas, répondit Adam, mais parce que je suis dans la honte d’être nu et j’ai peur.

―   Qui t’a montré à être nu, à moins d’avoir dévié l’ordre que je t’ai dit de garder ? dit Dieu.

Adam se souvint de garder l’ordre qu’il lui avait dit de ne pas faire.

―  Cette femme que tu as donnée m’a trompé pour que j’en mange, dit Adam.

Il se tourna vers moi et dit :

―   Pourquoi as-tu fait ça ?

―  Le serpent m’a trompée, dis-je en référant au dialogue du serpent.

Et Dieu dit à Adam :

―   Sois condamné à la terre pour avoir dévié mon ordre et obéi à la voix de ta femme : des épines et des chardons pousseront pour toi quand tu laboureras [elle ne te donnera pas sa force] ; tu mangeras ton pain à la sueur de ton front et avec amertume, tourmenté par la chaleur et accablé par le froid, [tu seras épuisé et sans répit, tu seras toujours occupé sans pouvoir amasser] ; toutes les bêtes que tu dominais se lèveront sournoisement contre toi pour n’avoir pas gardé mon ordre dont tu t’es détourné.

Dieu se tourna vers moi et dit :

―   Subis les tourments de la douleur pour avoir [dévié mon ordre et] écouté le serpent : tu porteras des enfants en grandes douleurs d’agonie et tu voudras mettre un terme à ta vie au moment d’accoucher, et jureras par ta bouche, Jamais je ne retournerais vers mon mari si je survis à ces agonies, mais sortie de ces agonies tu retourneras aussitôt à la terre et ta propre bouche te condamneras d’avoir juré dans la douleur, Je ne retournerais jamais à cette terre, mais tu retourneras pareillement ; tu porteras des enfants dans la douleur et retourneras de pitié à ton mari qui dominera sur toi.

Après m’avoir parlé ainsi, le Seigneur devint très en colère contre le serpent et dit :

―   Sois maudit d’entre les animaux [pour avoir égaré ceux qui ont le cœur faible] en devenant une lyre comme tu as fait : sois privé des nourritures [que tu mangeais], ta nourriture sera la poussière. Soit incapable et brisé à cause du mal de ton cœur. Pieds et mains te seront retirés et tes oreilles n’écoute-ront pas [ni aucun de tes membres] mais tu iras sur ton ventre et ton estomac. Je place l’aversion entre toi et la semence d’Adam : tu t’allongeras dans l’attente de son talon et lui de ta tête jusqu’au jour où tu seras puni.

Dieu appela satan qui vint en riant, et dit :

―   Sois maudit d’avoir trompé ceux-là pour qu’ils se souillent ! Que toutes leurs souillures expulsées par pénitence de leurs corps et de leurs enfants à vouloir me servir avec vérité entrent dans ta bouche pour que tu sois comble de souillures.

―  Puisque tu veux faire encore pire pour moi, je ferais ce dont je suis capable moi aussi ! dit satan en proférant un rugissement horrible.

―  Maudit ! Écarte-toi de ma présence, dit Dieu.

Et Dieu dit à Adam et Ève, tous deux en larmes :

―   Sortez du paradis faire pénitence : ne laissez pas défaillir votre espérance. J'enverrais mon envoyé venir avec votre fils pour que votre semence retire de la race humaine l’autorité de satan, car je lui donnerais toutes choses.

Et Dieu se retira. L'ange Michæl les sépara du paradis. En se retournant, Adam vit écrit au-dessus de la porte, Dieu seul digne d’éloge et envoyé de Dieu, et pleura.

―  Plaise à Dieu, que tu viennes vite nous retirer de la misère, mon fils… dit-il.

C’est ainsi que satan et Adam péchèrent par vanité, l'un par mépris de l'humain, l'autre par désir de se faire égal à Dieu. (+)

Après que Dieu dit cela, il ordonna notre expulsion du jardin et les anges se placèrent pour nous expulser. Et Adam supplia les anges, disant :

―   Laissez-moi un peu à supplier Dieu pour mes péchés, peut-être m’accordera-t-il une pénitence sans expulsion du jardin.

Les anges le laissèrent sans expulsion du jardin, et Adam dit :

―   J’ai péché contre toi Seigneur Dieu, aie pitié de moi…

Le Seigneur dit :

―   Pourquoi le laissez-vous encore rester mais expulsez du jardin : les fautes sont-elles miennes ou ai-je prononcé un vain jugement !

Les anges vénérèrent Dieu et dirent :

―   Tu es juste o Seigneur et tes jugements sont droits.

―   Mon Seigneur, je te supplie, donne-moi de l’arbre de vie pour que j’en mange avant de partir du jardin, dit Adam à Dieu.

―   Adam, tu ne peux pas en prendre de ton vivant, dit le Seigneur, car j’ai donné ordre aux séraphim de s’armer contre toi et surveiller autour, de crainte que tu en manges plus et deviennes immortel, et que tu ne dises, Maintenant je ne mourrais pas, te vantant d’être victorieux du combat que ton ennemi fait contre toi mais quand tu quitteras le jardin abstiens-toi plutôt de calomnier, de prostitution d’adultè-re, de sorcellerie, d’avarice et totalement de pécher : tu te relèveras alors de la mort lorsque prendra place la résurrection ; à ce moment-là je te donnerais de l’arbre de vie et tu seras immortel à toujours.

Ayant dit cela, Dieu ordonna de nous expulser du jardin. Adam se mit à pleurer devant les anges.

―   Que veux-tu qu’on fasse pour toi ? lui dirent les anges.

―    Je vous supplie, laissez-moi un peu pour aller prendre les doux encens du jardin que je fasse des offrandes de douces senteurs à Dieu quand je serais séparé ; Dieu nous écoutera-t-il peut-être, dit Adam aux anges.

Les anges le laissèrent emporter avec lui les doux encens ; iris et balsamier [crocus, safran, nard, calamus|roseau parfumé, cannelle], que nous avons pris avec nous en sortant du jardin vers cette terre.

―   Seth mon fils, maintenant que je t’ai montré comment et de quelle façon nous avons péché, prends soin de faire les bonnes choses sans dévier l’ordre établi par Dieu, ni t’éloigner de sa miséricorde. Voici, je te montrerais chaque sorte de rétribution, la bonne et la mauvaise ensemble.

C’est quand Adam était malade et qu’ils étaient autour de lui qu’Ève rapporta tout. Il ne lui restait qu’un seul jour à vivre avant que l’esprit d’Adam quitte son corps. Et Ève dit à Adam :

―    Dis-moi que faire pour toi ? Pourquoi meurs-tu et moi vivre, combien de temps serais-je sur terre ?

―    Ne t’inquiète pas pour les choses terrestres, dit Adam, mais comprends que nous mourrons tous deux en couple et qu’ils te placeront là où je serais. Quand je serais mort, ne viens pas près de moi, ni me bouge de ma place, jusqu’à ce que Dieu te parle me concernant, car Dieu ne m’oubliera pas et cherchera le récipient qu’il a fait. Lève-toi et prie Dieu jusqu’à ce que je remette l’esprit qu’il m’a accordé entre ses mains. Je ne sais pas comment nous serons considérés par le Père de tout, s’il sera en colère ou miséricordieux envers nous.

Ève se leva et pria Dieu :

―    J’ai péché mon Dieu, j’ai péché contre toi bienaimé Seigneur. J’ai péché contre tes anges élus, j’ai péché contre tes chérubim, j’ai péché contre tes séraphim. J’ai péché devant toi Seigneur. Je vous supplie vous tous que Dieu a créés aux cieux et sur terre : intercédez auprès du Père dans le ciel !

Ève était à genou en train de prier quand l’archange Michæl vint à elle pour la relever et dire :

―   Relève-toi de ta repentance, Ève. Voici que l’esprit d’Adam est sorti de son corps.

(+) Les yeux levés au ciel, elle vit un chariot de feu tiré par 4 bêtes de feu de glorieuse splendeur, que la bouche humaine ne peut décrire. Ils emportèrent l’âme d’Adam au lieu où il vivra avec son corps. Les anges allaient devant le chariot. Lorsqu’ils approchèrent du lieu, les chérubim arrêtèrent le chariot avec Adam dedans ; Ève vit les encensoirs d’or de 3 litres et les anges aller et venir dans le saint temple, s’empresser pour les encens d’épices douces ; ils allumèrent un feu et mirent des épices dans les encensoirs pour que la fumée s’élèvent et couvrent le firmament du ciel. Tous les anges se prosternèrent pour glorifier Dieu et s’écrièrent :

―   Éliaïl, Seigneur Dieu de toute éternité !Accorde pardon à l’homme que tes mains immaculées ont créé…

Ève vit de très grandes merveilles devant Dieu et pleura d’amertume. Elle se tourna vers son fils Seth et dit :

―    Lève-toi et viens près du corps de ton père, mon fils. Vois la merveille qu’aucun homme n’a vue, comment tous les anges prient Dieu pour ton père Adam !

Seth se leva, alla vers sa mère, et dit :

―    Pourquoi pleures-tu mère ?

―    Vois de tes propres yeux en haut le firmament du ciel ouvert, lui dit sa mère, l’âme de ton père prosternée devant Dieu et tous les anges qui implorent pour lui :

―   Dieu patient et Seigneur de tout ! Accorde ton pardon à Adam ta ressemblance, o Seigneur…

Qu’adviendra-t-il de la mauvaise que je suis quand ils me porteront devant l’invisible Dieu ?     
Mon fils Seth, qui sont ces 2 hommes sombres devant Dieu qui le supplient noblement pour ton père Adam ?

―    Ces hommes sombres que tu vois prier Dieu, prosternés sur leurs faces pour mon père Adam, sont le soleil et la lune, dit Seth.

―    Où est leur lumière, pourquoi sont-ils sombres ? dit Ève.

―    La lumière les a quittés devant le Père de lumière. Leur lumière ne peut se voir, leur lumière est cachée par la grande lumière divine devant le Père de gloire, répondit Seth.

Quand Seth dit cela à sa mère Ève, un des anges sonna tout d’un coup de la trompette et tous les anges aux faces abaissées se relevèrent aussitôt devant Dieu et s’écrièrent d’une forte voix :

―   Bénissez le Seigneur par toute sa gloire en toutes ses créatures, car il fait miséricorde à Adam que ses mains ont créé !

Tandis que les anges s’exclamaient ainsi, un des séraphim à 6 ailes vint prendre Adam et l’emmena dans la mer nonfaite de main. Il le lava 3 fois et le rapporta à sa place devant Dieu où il resta prosterné 3 heures, face à terre. Assis sur son trône, le Père de tous étendit sa main, prit Adam et le remit aux mains de l’archange Michæl, disant :

―   Porte-le au 2e ciel et fasse qu’il se repose jusqu’au jour de la grande régénération, quand j’apporterais la rédemption sur la terre pour Adam et toutes ses générations.

L’archange Michæl prit Adam et lui donna le repos comme Dieu dit. Tous les anges chantèrent des hymnes de louanges, émerveillés à la miséricorde de Dieu d’avoir donné à Adam son pardon. Suite aux multiples allégresses pour la cause d’Adam, l’archange Michæl parla et dit au Père de lumière :

―   O Seigneur, que tous les anges, chacun selon son propre rang, se rassemblent devant toi !

Tous se réunirent, certains avec des encensoirs dans leurs mains, certains faisant résonner les lyres et trompettes, et voici, le Seigneur fut porté en haute gloire sur 4 vents ; les séraphim prirent contrôle des vents et tous les anges des-cendirent du ciel devant lui et vinrent sur la terre à l’endroit où le corps d’Adam gisait.  Dieu entra au jardin [avec toutes les armées célestes] et toutes les plantes [et les arbres du jardin] fleurirent et portèrent fruit en répandant leurs senteurs. Tous ceux nés d’Adam tombèrent endormis [à cause de l’intensité parfumée des fleurs du jardin]. Seth, le seul être vertueux, resta éveillé sur l’instruction de Dieu, [car Dieu se plut de lui montrer les merveilles qu’il ferait]. Dieu vint auprès du corps d’Adam qui gisait mort. Dieu pleura grandement et dit d’une douce voix :

―   Pourquoi avoir agi ainsi Adam ! Ceux qui t’ont rabaissé à ce niveau ne se seraient pas réjouis sur toi si tu avais suivi mon ordre. Mais je changerais leur joie en peine et ta peine en joie ! Je ferais de toi le commencement de joie en te plaçant sur le trône de celui qui t’a trompé et je les chasserais dans un lieu de mort et de noirceur.

Et Dieu dit à Michæl :

―   Va au jardin au [3e] ciel et apporte 3 draps de lin [blanc et violet].

Il les lui apporta, et Dieu dit à Michæl, Ozel [Uriel] et Gabriel :

―   Enveloppez le corps d’Adam dans ces draps de lin et apportez l’huile douce et jetez-en sur lui.

Ils firent comme le Seigneur leur dit et enveloppèrent le corps d’Adam. Et Dieu leur dit d’amener le corps d’Abel[le juste, qu’ils placèrent devant Dieu]. Dieu dit d’apporter des draps de lin pour envelopper le corps, car depuis que Caïn le sans-loi l’avait tué, son corps n’était pas recouvert. Caïn avait essayé de le cacher[mais la terre ne voulut pas recevoir son corps] ; une voix céleste [sortie de terre] dit, Je ne recevrais aucun corps créé avant le premier créé qui fut pris de moi. Ils le prirent de la même cave où il était jusqu’à ce qu’Adam meurt et l’emportèrent pour lui dispenser ce qu’ils firent à Adam son père. Après le revêtement, Dieu donna ordre aux anges de prendre les corps et les porter dans[la région du]jardin, à l’endroit même d’où Dieu avait pris la poussière pour créer Adam. Dieu les fit creuser dans ce lieu pour faire des sépulcres par-dessus eux. Dieu dit [aux 7 archanges saints] d’aller chercher [de nombreuses senteurs] de doux encens et encens d’iris, et les mettre à l’endroit où les corps étaient étendus. Ils prirent les corps, les mirent ensemble dans la caverne qu’ils leur avaient préparés et les couvrirent de terre. Dieu appela le corps d’Adam à travers la poussière et dit :

―   Adam, Adam !

―   Réponds et dit : [Je suis] ici Seigneur ! dit le corps d’Adam à la poussière.

Le Seigneur lui dit :

―   Ne t’avais-je pas dit, Tu es poussière et tu retournes à la poussière ! Et voici, je te relèverais à la résurrection [toi et toutes les générations d’hommes qui viennent de ta semence] comme je t’ai promis.

Après avoir dit cela, Dieu prit un triple sceau [fit signe d’un triangle] pour sceller la tombe d’Adam et que personne n’approche leurs corps pendant ces[6]jours jusqu’à ce qu’ils retournent à la poussière d’où ils furent pris. Et le Seigneur Dieu remonta [en gloire] aux cieux avec ses anges, séraphim et chariot de lumière, chacun à sa station.

Le temps d’Ève était complet et accompli. Elle se mourait et cherchait à savoir l’endroit où était enterré Adam et pleura parce qu’elle l’ignorait, car dès l’instant où Dieu vint vers le corps mort d’Adam, toutes les plantes du jardin furent déplacées, et par le saint esprit un sommeil était tombé sur tous ceux de la terre jusqu’à ce qu’ils revêtent Adam, et personne sur la terre ne savait, excepté Seth. Ève supplia Dieu en pleurant pour qu’ils l’amènent à l’endroit où Adam était enterré. Elle finit sa prière en disant :

―      Mon Dieu, Dieu des miracles, ne me prive pas du lieu où est Adam mais ordonne de me placer dans son sépulcre, et qu’à l’endroit où Adam est placé je sois placée avec lui, ainsi dans la vie comme dans la mort, car nous étions ensemble dans le jardin, sans être séparés l’un de l’autre.

Son âme la quitta après avoir dit cela en suppliant, et l’archange Michæl vint parler à Seth pour lui apprendre comment la revêtir.

―   Tu revêtiras ainsi tout être humain qui meurt jusqu’au jour de la fin, à la résurrection, dit Michæl à Seth.

Et 3 anges vinrent prendre le corps d’Ève et l’emportèrent pour le placer là où étaient les corps d’Adam et d’Abel.

(+) Ayant ainsi parlé à Seth, l’archange Michæl fut soudainement pris au ciel, ensemble avec les archanges qui glorifiaient Dieu de louanges en chantant des hymnes et disant : 

―    Allélouiah, allélouiah, allélouiah ! Saint, saint, saint est le Seigneur des Armées ! (+)

   

Le testament d'Abraham

Préface

Abraham naquit à Suse, ou Babylone selon d’autres, peu après la mort du prophète Sélah. Il était de la mê-me époque que le puissant roi Nimrod et sa naissance tomba dans l’année 1081 après le déluge qui survint l’an 2242 après la chute [d’Adam].Il fut accueilli par l’ange Gabriel qui l’enveloppa aussitôt dans une robe blanche. La nuit où Abraham naquit, entre la nuit de jeudi et vendredi matin, Nimrod entendit une voix crier dans son rêve :
―    Malheur à ceux qui ne reconnaissent pas le Dieu d’Abraham ! La vérité a vu le jour et les illusions périssent !

Il vit aussi en rêve que l’idole qu’il vénérait était tombée par terre. Le lendemain matin il parla de son rêve aux prêtres et magiciens et personne ne put l’interpréter ou mettre cela sur le compte d’Abraham. Nimrod avait déjà rêvé qu’une étoile éclipsait la lumière du soleil et de la lune et ses magiciens l’avaient mis en garde contre un garçon qui menaçait de le priver de son trône et annuler la croyance du peuple en lui, car Nimroud se faisait vénérer comme une sorte de dieu. Suite à ce rêve, il avait ordonné de tuer tout nouveau-né à sa naissance et il crut ne pas avoir besoin de craindre davantage. Par un miracle du ciel, seul Abraham fut épargné parmi les enfants nés dans cette période, car sa mère était si maigre durant sa grossesse que personne ne s’était douté, et quand son heure arriva elle avait fui dans une cave en dehors de la ville et mystérieusement délivrée à l’aide de l’ange Gabriel. Abraham resta enfermé 15 mois dans cette cave et sa mère le visitait certaines fois pour l’allaiter. Sortant pour la première fois hors de la cave, Abraham vit une magnifique étoile et dit :
―    C’est mon dieu qui m’a donné le boire et le manger dans la cave !

Mais aussitôt la pleine lune se leva avec splendeur et dépassa en lumière l’étoile. Alors il dit :
―    Ce n’est pas mon dieu ! Je vénèrerais la lune...

Mais en matinée, la lune, de plus en plus pâle, fondit et le soleil se leva ; il le reconnut comme une divinité jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon. Alors il demanda à sa mère :
―    Qui est mon dieu ?
―    C’est moi, répondit-elle.
―    Et qui est ton dieu ? interrogea-t-il.
―    Ton père.
―    Et qui est le dieu de mon père ?
―    Nimrod !
―    Et qui est le dieu de Nimrod ?
―    Garde silence ! dit-elle.

Il garda silence et pensa en lui-même, Je ne connais aucun Dieu que celui qui a créé ciel et terre, et tout ce qu’ils ont en eux ! Quand il fut un peu plus vieux, son père Térah qui était faiseur d’idoles, l’envoya les vendre.
―    Qui veut acheter ce qui peut lui faire du mal et qui n’apporte aucun bien ! criait Abraham.
Et personne n’achetait de lui.

Un jour quand tous ses citoyens étaient partis en pèlerinage vers une certaine idole, il fit semblant d’être malade pour rester seul à la maison et détruit 72 idoles qui étaient dans le temple : c’est ainsi qu’il obtint l’appellation honorable d’ami de Dieu | chalil Allah !


LE TESTAMENT D'ABRAHAM

Testament of Abraham | Die apokryphische Erzählung vom Tode Abraham | Il testo copto del Testamento di Abramo | Falasha Anthology | traduit du copte par James, du russe par Polivka, du guèze par Heide, du grec Sanders, aussi en pers.

1. 

Abraham compléta la mesure de sa vie avec calme, douceur et droiture toutes les années de sa vie.  Ce juste était hospitalier à l’extrême : il avait planté sa tente aux intersections du chêne de Mamré et accueillait toute personne ; riche, pauvre, roi, gouverneur, l’handicapé et le délaissé, amis, étrangers, voisins, et voyageurs ensemble ; Abraham les entretenait tous également, entiè­rement dévoué, juste et saint. Cependant le sort commun, inexorable lot amer de la mort, survint sur lui. Quand les jours d’Abraham arrivèrent à terme, le Seigneur Dieu convoqua son archange Michæl et lui dit :

―   Chef-capitaine Michæl ! Descends vers Abraham lui parler au sujet de sa mort pour qu’il mette ses affaires en ordre, car je l’ai béni comme les étoiles du ciel et comme le sable du bord de mer ; il est plein de longue vie et devenu extrêmement riche de nombreuses possessions, et par-dessus tout, il est juste avec bienveillance, hospitalier et aimant la vie jusqu’à la fin. Archange Michæl, va vers mon ¦ami Abraham lui annoncer sa mort et le rassurer ainsi :

―   Tu partiras ici de ce monde vain, tu quitteras le corps pour aller dans la bonté de ton Seigneur !

2. 

Le chef-capitaine quitta la face de Dieu pour descendre au chêne de Mamré vers Abraham. Il trouva le juste Abraham assis près des jougs des bœufs, près du champ à labourer avec les fils de Masek et autres domestiques ensemble, au nombre de 12.

Voici, le chef-capitaine alla vers lui. Voyant venir de loin Michæl le chef-capitaine, Abraham se leva comme en face d’un combattant et alla à sa rencontre suivant sa coutume d’accueillir et s’entretenir avec tout étranger.

Le chef-capitaine le salua et dit :

―   Hail très honoré père, âme juste élue de Dieu, vrai fils de l’Être céleste !

―   Hail très honoré combattant ! dit Abraham au chef-capitaine. Bienvenu, toi qui brille comme le soleil, plus beau d’entre tous les fils des hommes ! Je sollicite ta présence : dis-moi d’où te vient la jeunesse de ton âge, apprends à ton suppliant de quelle armée, d’où et par quel voyage, ta beauté est venue jusqu’ici ?

―   Je viens de la grande ville, juste Abraham. Je suis envoyé par le grand roi pour prendre la place d’un bon ami à lui, car le roi le demande, dit le chef-capitaine.

―    Viens mon-seigneur, viens avec moi jusqu’à mon champ, dit Abraham.

―   Je viens ! dit le chef-capitaine.

Arrivés au champ du labourage, ils s’assirent à coté de la compagnie. Abraham dit aux fils de Masek, ses serviteurs :

―   Allez amener du troupeau de chevaux 2 chevaux apprivoisés, tranquilles et doux, pour que cet étranger et moi puissions s’y asseoir.

―   Mon-seigneur Abraham, non, ne les fais pas amener les chevaux ! Je m’abstiens à toujours de m’asseoir sur n’importe quel quadrupède, dit le chef-capitaine. Mon roi n’est-il pas riche de beaucoup de marchandises, ayant puissance sur les hommes et sur toutes espèces de bétail ! Je m’abstiens à toujours de m’asseoir sur n’importe quel quadrupède. Allons o âme juste, marchons simplement jusqu’à ce que nous arrivions à ta maison.

―  Amen, que ce soit ainsi ! dit Abraham.

3. 

Pendant qu’ils allaient du champ à sa maison, près de ce chemin se tenait un arbre cyprès qui se mit à pleurer d’une voix humaine par ordre du Seigneur et dit :

―   Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu qui appelle à lui ceux qui l’aiment !

Abraham garda le mystère, pensant que le chef-capitaine n’avait pas entendu la voix de l’arbre. Arrivés près de la maison, ils s’assirent dans la cour et lorsqu’Isaac vit la face de l’ange, il dit à Sarah sa mère :

―   Vois ma dame mère, l’homme assis avec père Abraham n’est pas de la race de ceux qui habitent sur la terre !

Isaac courut le saluer et tomber aux pieds de l’incorporel. L’incorporel le bénit, disant :

―   Le Seigneur Dieu t’accordera sa promesse faite à ton père Abraham et sa semence. Il t’accordera également la précieuse prière de ton père et ta mère.

Abraham dit à son fils Isaac :

―    Isaac mon fils ! Puise l’eau du puits et me l’apporte dans le bassin que nous puissions laver les pieds de cet étranger, car il est fatigué d’avoir voyagé de si loin vers nous.

Isaac courut au puits verser l’eau dans le bassin et leur apporta. Abraham se leva laver les pieds du chef-capitaine Michæl ; le cœur d’Abraham fut dérangé et il pleura au-dessus de l’étranger. Voyant son père pleurer, Isaac pleura également, et à les voir pleurer le chef-capitaine pleura aussi avec eux et aussitôt les larmes du chef-capitaine tombées au-dessus du bassin d’eau devinrent des pierres précieuses. Abraham s’émerveilla à la vue de ce prodige : il prit discrètement les pierres et garda le mystère pour lui dans son cœur.

4. 

Et Abraham dit à son fils Isaac :

―    Mon fils aimé, va à la pièce centrale de la maison et embellis-la : étends deux nattes pour nous, une pour cet homme qui est notre invité en ce jour et une pour moi. Prépare-nous une table avec l’abondance de toutes les bonnes choses, avec un banc et un chandelier. Embellis pour nous la pièce mon fils : étends dessous une toile pourpre de fin lin et brûle des essences de précieux encens pris des plantes d’odeur douce du jardin pour remplir notre maison. Allume 7 lampes pleines d’huile pour pouvoir nous divertir, car en ce jour notre invité est plus glorieux que les rois et les gouverneurs et son aspect surpasse tous les fils des hommes !

Isaac prépara bien toutes les choses. L’archange Michæl et Abraham entrèrent dans la pièce et s’assirent tous deux sur les nattes, une table placée entre eux avec l’abondance de toutes bonnes choses. Le chef-capitaine se leva et sortit monter en un clin d’œil au ciel se tenir devant le Seigneur et lui dire :

―   Maître Seigneur, je fais savoir à ton autorité que je suis incapable de rappeler sa mort à cet homme juste. Je n’ai pas vu sur terre un homme aussi indulgent, juste et hospitalier, vraiment dévoué et s’abstenant de toute mauvaise intention comme lui. Sache maintenant Seigneur que je ne peux pas lui rappeler sa mort.

―   Chef-capitaine Michæl, descends vers mon ami Abraham ; fais tout ce qu’il te dira et mange tout ce qu’il mange avec lui, dit le Seigneur. J’enverrais mon saint esprit sur son fils Isaac pour mettre sa mort en mémoire dans le cœur d’Isaac pour voir lui-même la mort de son père dans un rêve qu’il rapportera ; tu l’in-terprèteras pour qu’il sache lui-même sa fin.

―   Seigneur, tous les esprits incorporels célestes ne mangent, ni ne boivent, et cet homme a mis devant moi une table avec l’abondance de toutes les bonnes choses terrestres corruptibles. Que faire maintenant Seigneur, comment lui échapper assis à une table devant lui ? dit le chef-capitaine.

―   Descends vers lui et n’aie aucune pensée pour ça, car quand tu seras assis avec lui, j’enverrais sur toi un esprit dévorant qui consommera tout ce qui est sur la table de tes mains à ta bouche. Réjouis-toi en tout ensemble avec lui, seulement interprète bien les choses de la vision pour qu’Abraham connaisse la faucille de la mort et prenne disposition de toutes ses possessions parce que je l’ai béni par-dessus le sable de la mer et comme les étoiles du ciel ! dit le Seigneur.

5. 

Le chef-capitaine descendit vers la maison d’Abraham, s’assit à table avec lui et Isaac les servit. Quand le dîner fut terminé, Abraham pria selon sa coutume et le chef-capitaine pria ensemble avec lui, puis chacun s’étendit dor-mir sur sa natte. Isaac dit à son père :

―    Moi aussi père je m’étendrais bien avec toi dans cette pièce : j’aimerais écouter l’excellent langage de cet homme vertueux et pourrais également entendre ta conversation.

―    Nay mon fils ! Va dans ta chambre dormir sur ta natte, de crainte que nous ennuyions cet homme, dit Abraham.

Et après avoir reçu leur bénédiction et les avoir aussi bénis, Isaac alla se coucher dans sa chambre. Le Seigneur envoya la pensée de mort au cœur d’Isaac comme dans un rêve et Isaac se réveilla à la 3e heure de la nuit : il se leva et vint en courant dans la pièce où dormait son père et l’archange. Arrivé à la porte, Isaac pleura et dit :

―    Lève-toi père Abraham, ouvre-moi vite que j’entre avant qu’ils te prennent loin de moi !

Abraham se leva et ouvrit. Isaac entra et s’accrocha à son cou, il se mit à pleurer à haute voix ; le cœur troublé, Abraham pleura aussi à haute voix, et les voyant pleurer, le chef-capitaine pleura également. Sarah entendit leurs pleurs de sa chambre et vint vers eux en courant, les trouvant enlacés et dans les larmes ; Sarah pleura et dit : 

―    Que se passe-t-il mon-seigneur Abraham pour que tu pleures ; est-ce ce frère avec qui tu t’es entretenu en ce jour qui apporte des nouvelles de la mort de Lot, le fils de ton frère ? Dis-moi mon-seigneur, est-ce pour cela que vous vous affligez ?

―   Non, ma sœur Sarah, ce n’est pas comme tu dis ! répondit le chef-capitaine. Ton fils Isaac a eu un rêve et est venu à nous en pleurant et nos cœurs se sont troublés en le voyant.

6. 

À entendre l’excellent langage du chef-capitaine, Sarah sut immédiatement que c’était l’ange du Seigneur qui parlait ; Sarah signifia à Abraham d’aller vers la porte et lui dit :

―    Sais-tu qui est cet homme, mon-seigneur ?

―    Je ne sais pas ! dit Abraham.

―    Mon-seigneur se rappelle les 3 hommes du ciel avec qui nous avons parlé dans notre tente près du chêne de Mamré : tu avais mis une table devant eux et tué un petit sans défaut, et après que la chair fut mangée le petit s’est relevé et a tété sa mère en grande joie : c’est un des 3 hommes saints qui nous ont donné Isaac en promesse du fruit de la matrice ! dit Sarah.

―    Gloire à notre Père, louange à Dieu ! dit Abraham. En cela tu dis vrai Sarah ! Tard en soirée mon cœur m’a dit, Voici les pieds d’un des 3 hommes que j’ai déjà lavés, et quand je lui lavais les pieds, les larmes qui tombèrent dans le bassin sont devenues des pierres précieuses. Regarde-les maintenant ! dit-il, secouant son vêtement pour les donner à Sarah. 

Sarah les prit, s’inclina d’un salut, et dit :

―    Gloire à Dieu qui nous montre de merveilleuses choses ! Seigneur Abraham, sache qu’il y a parmi nous à présent la révélation d’une chose certaine, bonne ou mauvaise.

7. 

Abraham quitta Sarah, entra dans la pièce et dit à Isaac :

―    Viens ici fils aimé et dis-moi la vérité : qu’as-tu vu et qu’est-il arrivé pour être si vite venu à nous ?

―    Mon-seigneur, cette nuit j’ai vu le soleil et la lune au-dessus de ma tête m’entourer de leurs rayons et me donner lumière, répondit Isaac. Je m’en réjouissais en regardant fixement ; puis le ciel s’ouvrit et je vis descendre un homme porteur de lumière, plus brillant que 7 soleils. Cet homme, venu comme le soleil, prit le soleil de ma tête et partit en-haut dans les cieux d’où il était venu. J’étais très affligé parce qu’il avait pris le soleil de moi. Un temps après avoir été agité d’accablement, je vis cet homme venir du ciel pour la 2e fois et me prendre aussi la lune de ma tête. Je pleurais beaucoup et appelais cet homme de lumière, disant :

―        Non mon-seigneur, n’emporte pas ma gloire de moi ! Aie pitié de moi et m’écoute : si tu emportes de moi le soleil, laisse-moi la lune.

―   Supporte qu’ils soient pris au-dessus vers le roi, dit-il, car il les souhaite là !

Il les prit loin de moi mais laissa sur moi les rayons. Le chef-capitaine dit :

―   Écoute juste Abraham. Le soleil que ton fils a vu c’est toi son père, et la lune c’est sa mère Sarah également. L’homme portant lumière descendu du ciel, c’est l’envoyé de Dieu qui doit prendre de toi ton âme juste. Apprends maintenant très honoré Abraham qu’au moment où tu laisseras cette vie terrestre, tu seras déplacé vers Dieu.

―    Oh plus étrange des merveilles ! Es-tu celui qui doit prendre maintenant mon âme de moi ? dit Abraham au chef-capitaine.

―   Je suis le chef-capitaine Michæl qui se tient devant le Seigneur : j’ai été envoyé pour te rappeler ta mort et je retournerais vers lui comme j’ai été commandé, lui dit le chef-capitaine.

―    Je sais maintenant que tu es un ange du Seigneur envoyé pour prendre mon âme. Fais ce qui t’a été commandé, mais je n’irais pas encore avec toi, dit Abraham.

8. 

À entendre ces mots, aussitôt le chef-capitaine disparut pour monter au ciel ; il se tint devant Dieu pour rapporter tout ce qu’il avait vu dans la maison d’Abraham, et le chef-capitaine dit aussi à son Seigneur :

―   Et maintenant votre ami Abraham a dit, Fais ce qui t’a été commandé mais je n’irais pas encore avec toi. Seigneur tout-puissant, ta gloire du royaume immortel commande-t-elle tout ?

Dieu dit au chef-capitaine Michæl :

―   Va de nouveau chez mon ami Abraham et parle-lui ainsi : Ainsi dit le Seigneur ton Dieu qui t’a amené à la terre de promesse, qui t’a béni par-dessus le sable de la mer et par-dessus les étoiles du ciel, qui a ouvert la matrice stérile de Sarah et permis Isaac comme fruit de la matrice à la vieillesse : je te dis qu’en bénissant je te bénirais véritablement, qu’en multipliant je multiplierais ta semence et te donnerais tout ce que tu me demanderas, car je suis le Seigneur, ton Dieu, et moi seul. Dis-moi pourquoi te rebeller contre moi, pourquoi y-a-t-il grief en toi pour te rebeller contre mon archan-ge Michæl ? Ne sais-tu pas que tous ceux venus d’Adam et Ève sont morts et qu’aucun des prophètes n’a échappé à la mort ? Aucun de ceux qui gouvernent comme rois n’est immortel, aucun de vos ancêtres n’a échappé au mystère de la mort : ils sont tous morts, tous partis dans le shéol, tous cueillis par la faucille de la mort. Mais sur toi je n’ai pas envoyé la mort : je n’ai permis qu’aucune maladie mortelle ne vienne sur toi, je n’ai pas permis que la faucille de la mort te saisisse, je n’ai pas permis aux filets du shéol de te recouvrir, je n’ai jamais souhaité qu’aucun mal te saisisse, mais j’ai envoyé en bon renfort Michæl, mon chef-capitaine, vers toi pour annoncer ton départ de ce monde, que tu places en ordre ta maison avec tout ce qui t’appartient et bénisse Isaac ton ¦fils. Maintenant sache que j’ai fait ceci en souhaitant ne pas vous affliger, alors pourquoi avoir dit à mon chef-capitaine, Je n’irais pas avec toi ? Pourquoi avoir parlé ainsi ? Ne sais-tu pas que si je laisse aller la mort venir sur toi je n’aurais pas à voir si tu viendrais ou non !

9. 

Le chef-capitaine reçut les encouragements du Seigneur et descendit vers Abraham qui se leva dès qu’il le vit. Le chef-capitaine [prince] dit tout ce qu’il avait entendu du Très-haut et le juste tomba face à terre comme mort ; le saint et juste Abraham se jeta aux pieds de l’incorporel et le supplia en larmes :

―    Je t’implore chef-capitaine des armées du-dessus puisque tu as entièrement daigné venir toi-même vers moi, ton serviteur indigne et pécheur en toutes choses, je t’implore quand même o chef-capitaine de porter ma parole de nouveau au Très-haut et lui dire :

―    Ainsi parle votre serviteur Abraham : Seigneur, Seigneur ! En tout ce que je t’ai demandé, action et parole, tu m’as entendu et réalisé tous mes conseils. Seigneur, je ne résiste pas maintenant à ton pouvoir, car moi aussi je sais que je ne suis pas immortel mais mortel, parce que toutes choses se rapportent avec crainte à ton ordre et tremblent face à ton pouvoir, et moi aussi je crains ! Mais je te fais une demande. Entends maintenant ma prière Seigneur maître. Je désire voir toute la terre pendant ma vie avant que je meure. Après que je vois par ce corps toutes les créations que tu as établies d’une parole, je partirais sans douleur.

Le chef-capitaine revint se tenir devant Dieu et lui rapporta tout :

―   Ainsi parle Abraham votre ami, Je désire voir toute la terre pendant ma vie avant que je meure.

Entendant cela, le Très-haut donna cet ordre au chef-capitaine Michæl :  

―   Prends un nuage de lumière des anges qui ont pouvoir sur les chariots et descendez prendre le juste Abraham sur un chariot de chérubim ; exaltez-le dans les airs du ciel pour qu’il puisse voir toute la terre.

10.

L’archange Michæl descendit prendre Abraham et l’amener sur le nuage avec 60 anges ensemble et chariot de chérubim, pour l’exalter dans les airs du ciel. Abraham monta sur le chariot au-dessus de toute la terre et ce jour-là Abraham vit le monde comme il était. Certains labouraient, certains conduisaient des charrettes, à un endroit des hommes nourrissaient des troupeaux ; il en vit d’autres de nuit qui jouaient de la harpe et dansaient, à un autre endroit des hommes s’opposaient en contestant la loi, ailleurs des hommes pleuraient en mémoire des morts, il vit aussi le nouveau fiancé reçu avec honneur ; en un mot, il vit toutes choses qui se font dans le monde, tant bien que mal. Passant au-dessus, Abraham vit des hommes qui portaient des épées et tenaient le tranchant dans leurs mains.

―    Qui sont ceux-là ? demanda-t-il au chef-capitaine. 

―   Des voleurs qui ont l’intention d’assassiner, de voler, de brûler et détruire, dit le chef-capitaine.

―    Seigneur, Seigneur ! dit Abraham. Entends ma voix. Ordonne aux bêtes sauvages de sortir du bois pour les dévorer.

Pendant qu’il parlait, les bêtes sauvages sortirent du bois et les déchiquetèrent. À un autre endroit il vit un homme et une femme faire l’un et l’autre fornication.

―    Seigneur, Seigneur ! dit-il. Ordonne à la terre de s’ouvrir pour les avaler.

La terre se fendit et les avala immédiatement. À un autre endroit il vit des hommes creuser à travers une maison et prendre à d’autres leurs possessions.

―    Seigneur, Seigneur ! dit-il. Ordonne au feu de descendre du ciel pour les consumer.

Pendant qu’il parlait, le feu descendit du ciel et les consuma. Et une Voix vint directement du ciel dire au chef-capitaine :

―   Chef-capitaine Michæl ! Ordonne d’arrêter le chariot et détourne Abraham qu’il ne puisse pas voir toute la terre, car Abraham n’a aucune pitié pour les pécheurs parce qu’il est sans péché, et quand il voit tous ceux qui vivent dans le mal, il détruirait tous les créés. Mais j’ai fait le monde et je ne souhaite qu’aucun d’eux soit détruit mais attends qu’ils se convertissent et vivent avant que le pécheur meurt. Amène Abraham à la 1e porte du ciel qu’il puisse voir les jugements et les rétributions – et le repentir des âmes coupables qu’il a détruites.

11. 

Michæl détourna le chariot et emmena Abraham à la 1e porte du ciel, à l’est. Abraham vit 2 passages, l’un compact et étroit, l’autre large et spacieux, et il vit 2 portes, la large sur le passage large et l’étroite sur le passage étroit ; à l’extérieur des 2 portes, il vit un homme qui était assis sur un trône doré, terrible d’apparence comme pour le Seigneur. De nombreuses âmes vinrent franchir la porte large sous la conduite des anges, et d’autres âmes peu nombreuses furent conduites par des anges à la porte étroite. Quand l’être merveilleux qui reposait sur le trône d’or vit qu’il y en avait si peu entrer par la porte étroite mais beaucoup par la porte large, il tordit les cheveux de sa tête et les côtés de sa barbe, se jeta soudainement de son trône à terre, pleurant et gémissant. Et lorsqu’il vit plus d’âmes entrer par la porte étroite, il se releva de terre et se rassit sur son trône avec allégresse, jubilant de joie. Abraham demanda au chef-capitaine :

―    Mon-seigneur chef-capitaine, qui est cet homme plus merveilleux et distingué d’une telle gloire, qui pleure en gémissant et parfois jubile de joie ?

―   C’est dans une telle gloire que le premier-créé Adam surveille le monde puisque tous sont venus de lui. Il se relève s’asseoir sur son trône lorsqu’il voit de nombreuses âmes passer la porte étroite, exultant et se réjouissant de joie, car cette porte mène à la vie et les justes qui passent entrent dans le paradis, dit l’être incorporel. Le premier-créé Adam est dans la joie quand il voit les âmes sauves. Mais lorsqu’il voit de nombreuses âmes passer par la porte large, il tire les cheveux de sa tête en se jetant au sol et se lamente en pleurant amèrement, car la grande porte conduit au châtiment éternel de la destruction des pécheurs et Adam le premier-créé tombe de son trône, dans les larmes et grande lamentation à la destruction des pécheurs, car beaucoup sont perdus et peu sauvés. Sur 7,000 âmes, une à peine est trouvée sauve, juste et sans tâche.

12.

Alors qu’il me disait ces choses, voici, 2 anges à l’aspect du feu, au regard sévère, à l’esprit sans miséricorde, conduisent des milliers d’âmes en les fouettant par des lanières de feu sans égard. L’ange retint l’âme de l’un et conduisirent toutes les autres à la large porte de la destruction. Nous sommes aussi allés avec les anges et avons passé cette large porte. Placé entre les 2 portes est un trône terrifiant d’aspect, de cristal extrêmement scintillant, comme du feu, et dessus assis un homme merveilleux, brillant comme le soleil, comme le fils de Dieu. Devant lui, une table comme cristal, toute d’or et de toile fine, où est posé un livre de 3 m d’épaisseur et 5 m de large. À sa droite et sa gauche, 2 anges qui tiennent le papier, l’encre et le crayon. Devant la table, assis, un ange de lumière tient dans sa main une balance, et à sa gauche, assis, un ange ardent de feu, sévère et sans miséricorde, en lui le feu très-consumant pour éprouver tous les pécheurs, qui tient dans sa main une trompette. Assis sur le trône, l’homme merveilleux juge et condamne lui-même les âmes ; à droite et à gauche, les 2 anges écrivent à droite la droiture et à gauche le mal ; devant la table, l’être qui tient la balance pèse les âmes et l’ange de feu qui tient le feu éprouve les âmes.

―    Que voyons-nous ? demanda Abraham au chef-capitaine Michæl. 

―   Ce que tu vois saint Abraham est le jugement et la rétribution, dit le chef-capitaine.

Voici, l’ange qui tenait l’âme dans sa main la plaça devant le juge. Et le juge dit à l’un des anges qui le sert :

―   Ouvre ce livre et trouve-moi les péchés de cette âme.

Le livre fut ouvert et il trouva sa droiture et ses péchés pareillement balancés et la plaça au milieu, ne la donnant ni aux tourments, ni à ceux qui sont sauvés.

13. 

Et Abraham dit :

―    Mon-seigneur chef-capitaine, qui est ce juge merveilleux et les anges qui écrivent ? Qui est l’ange comme le soleil qui tient la balance et l’ange de feu qui tient le feu ?

―   Très saint Abraham, l’homme terrible que tu vois assis sur le trône se nomme Abel, fils du premier-créé Adam que le mauvais Caïn a tué. Il est assis pour faire l’examen des hommes justes et des pécheurs pour les juger tous, car Dieu a dit, Ce n’est pas moi qui vous jugerais, mais chaque homme sera jugé par l’homme. C’est pour cette raison qu’il l’a placé au jugement, à juger le monde jusqu’à sa venue de grande gloire, juste Abraham, qui viendra en jugement final et rétribution éternelle et inchangeable que personne ne pourra contester, dit le chef-capitaine.

Tous les hommes qui viennent à l’origine du premier-créé sont jugés ici en 1er par son fils ;
au 2e à venir, eux tous et les esprits de toutes créatures seront jugés par les 12 tribus d’Isræl ; 
et au 3e et dernier jugement ils seront jugés par le souverain Dieu de tous, et personne ne pourra révoquer les sentences des frappes terrifiantes. Le jugement et la rétribution du monde se fait par ces 3 tribunaux ; et pour cette raison, une situation n’est pas définitivement confirmée par 1 ou 2 témoignages mais tout sera établi par 3 témoignages. Les 2 anges à la main droite et à la gauche sont ceux qui écrivent la droiture et le mal ; celui à droite note la droiture et celui à gauche le mal.

L’ange comme le soleil qui tient la balance dans sa main est l’archange Dokiel qui pèse le juste poids de la droiture et le mal par la droiture de Dieu. L’ange de feu sans pitié qui tient le feu dans sa main est l’arc-hange Puruel qui a autorité sur le feu pour éprouver les travaux des hommes par le feu : si le feu consume les actions de quelqu’un, l’ange du jugement s’en saisit immédiatement et l’emmène du côté du lieu le plus amer du châtiment des pécheurs, mais si le feu approuve les actions de quelqu’un et ne s’en saisit pas, cet homme est justifié ; l’ange de la droiture le prend pour être sauvé et l’emmène dans le lot des justes. C’est ainsi très juste Abraham que toutes les choses des humains sont jugées par le feu et la balance.

14. 

Abraham dit au chef-capitaine :

―    Mon-seigneur chef-capitaine, pourquoi l’âme que l’ange tenait dans sa main fut jugée d’être placée au milieu ?

―   Écoute juste Abraham : le juge a trouvé sa droiture égale à son mal et ne l’a pas soumise ni au jugement, ni d’être sauve, jusqu’à ce que le juge de tous vienne, dit le chef-capitaine.

―    Qu’est-il requis pour que l’âme soit sauve ? dit Abraham au chef-capitaine.

―   Elle entre au salut si elle obtient une droiture au-dessus de son mal, dit le chef-capitaine.

―    Viens chef-capitaine Michæl, faisons une prière pour cette âme, peut-être Dieu nous écoutera, dit Abraham.

―   Amen, qu’il en soit ainsi ! dit le chef-capitaine.

Ils firent une prière de supplication pour l’âme et Dieu entendit. Quand ils se relevèrent de leur prière, ils ne virent plus l’âme qui se tenait là et Abraham dit à l’ange :

―    Où est l’âme que tu avais placée au milieu ?

―   Elle a été sauvée par votre juste prière. Voici, un ange de lumière l’a prise et l’a portée au-dessus, au paradis, répondit l’ange.

―    Je glorifie le nom de Dieu le Très-haut et son immesurable miséricorde ! dit Abraham.

Abraham dit au chef-capitaine :

―    Je te sollicite archange d’écouter ma prière pour faire encore appel au Seigneur et supplier sa compassion : implorons sa miséricorde pour les âmes des pécheurs précédents, que j’ai maudits et détruits par ma colère, que la terre a dévorés, que les bêtes sauvages ont déchiquetés, que le feu a brulés sur mes paroles ; maintenant je sais que j’ai péché devant le Seigneur notre Dieu. Viens Michæl, chef-capitaine des armées d’en-haut, venons ensemble en appeler avec larmes à Dieu pour qu’il puisse me pardonner mon péché et me les accorder.

Le chef-capitaine l’écouta et ils firent une supplication devant le Seigneur. Ils l’appelèrent pour un long moment, jusqu’à ce qu’une voix vienne dire du ciel :

―   Abraham, Abraham ! J’ai écouté la prière de ta voix et te pardonne ton péché. Et ceux que tu imagines que j’ai détruits ont été rappelés à être remis en vie par mon extrême bonté après avoir requis le jugement de leur rétribution du moment. Mais je ne requerrais pas la mort de ceux dont je détruis leur vie sur terre.

15. 

La voix du Seigneur dit au chef-capitaine Michæl :

―   Michæl mon servant, ramène Abraham à sa maison, car sa fin est proche et la mesure de sa vie est accomplie ; qu’il place toutes ses choses en ordre, prends-le alors et me l’amène.

Le chef-capitaine tourna le nuage du chariot et ramena Abraham à sa maison. Il alla dans sa chambre et s’assit sur sa natte. Son épouse Sarah vint embrasser les pieds de l’incorporel et dit humblement :

―    Je te remercie mon-seigneur d’avoir ramené mon-seigneur Abraham, car nous pensions qu’il nous avait été pris.

Son fils Isaac vint et tomba à son cou, tous ses esclaves hommes et femmes de la même manière entourèrent Abraham et l’embrassèrent en glorifiant Dieu. L’être incorporel leur dit :

―   Écoute juste Abraham : regarde ton épouse Sarah, regarde ton fils¦ Isaac, regarde aussi autour de toi tous tes serviteurs et servantes ; prends disposition de tous ce que tu as, car le jour est proche que tu doives quitter ce corps pour aller au Seigneur une fois pour toute.

―    Le Seigneur l’a-t-il dit ou dis-tu cela de toi-même ? dit Abraham.

―   Écoute juste Abraham, le Seigneur l’a commandé et je te le dis, répondit le chef-capitaine.

―    Je n’irais pas avec toi, dit Abraham.

Entendant ces mots, le chef-capitaine partit immédiatement de la présence d’Abraham et monta aux cieux ; il se tint devant le Très-haut Dieu et dit :

―   Vois Seigneur tout-puissant, j’ai écouté Abraham ton ami dans tout ce qu’il t’a dit et accompli ses demandes : je lui ai montré ta puissance sur toute terre et mer sous le ciel ; je lui ai montré le jugement et la rétribution au moyen du nuage et des chariots, et il dit encore, Je n’irais pas avec toi.

Le Très-haut dit à l’ange :

―   Est-ce que mon ami Abraham t’a encore dit, Je n’irais pas avec toi ?

―   Il dit ainsi Seigneur tout-puissant, dit l’archange, et je m’abstiens de poser des mains sur lui, car il est ton ami depuis le début et fait toutes choses plaisantes à ta vue : il n’y a aucun homme comme lui sur terre, pas même Job, l’homme incroyable ; je m’abstiens donc de poser des mains sur lui. Ordonne ce qui doit se faire, roi immortel !

16. 

Le Très-haut dit :

―   Appelle ici qui est désignée de mort, à l’aspect sans scrupule et au regard sans pitié.

Michæl l’incorporel partit et dit à la mort :

―   Viens ici, le Seigneur de la création, le roi immortel t’appelle !

Entendant cela, la mort chancela, saisie de grande terreur, et vint en tremblant de grande crainte. Elle se tint chancelante, gémissant et tremblant devant le Père invisible, attendant l’ordre du Seigneur. Le Dieu invisible dit à la mort :

―   Viens ici, toi au nom amèrement féroce au monde ! Cache ta férocité, couvre ta corruption, et jette loin de toi ton amertume pour revêtir toute ta beauté et ta gloire : descends vers mon ami Abraham pour le prendre et me l’apporter. Mais je te dis maintenant de ne pas le terrifier mais de l’apporter par un juste discours parce qu’il est pour moi mon ami.

Ayant entendu cela, la mort sortit de la présence du Très-haut et revêtit une longue robe de grande brillance pour rendre son apparence comme le soleil, devenant juste par-dessus les fils des hommes remarquables, et prenant la forme d’un archange avec ses joues flamboyantes de feu : elle partit alors vers Abraham. Sorti à ce moment-là de sa chambre, le juste Abraham était assis sous les arbres de Mamré, tenant son menton dans sa main, dans l’attente de la venue de l’archange Michæl. Une odeur de doux parfum vint à lui dans un éclair de lumière, Abraham se retourna et vit la mort venir vers lui en grande beauté et gloire. Abraham se leva pour aller à sa rencontre pensant que c’était le chef-capitaine de Dieu. La mort le salua et dit :

―   Réjouis-toi Abraham, âme juste précieuse, véridique ami du Dieu très-haut, compagnon des saints anges !

―    Hail ! Toi à l’aspect et la forme du soleil, très glorieux soutien, porteur de lumière, homme merveilleux ! Pourquoi ta gloire vient-elle à nous : qui es-tu et d’où viens-tu ? dit Abraham à la mort.

―   Voici, très juste Abraham, je te dirais la vérité, je suis le lot amer de la mort ! dit la mort.

―    Nay, tu es le charme du monde ! Tu es la beauté des hommes et la gloire des anges ! Tu es la forme la plus claire que toute autre et tu dis, Je suis le lot amer de la mort, et non je suis la plus claire de toute bonne chose, lui dit Abraham.

―   Je te dis la vérité comme le Seigneur me l’a prescrit, aussi je te le dis, dit la mort.

―    Pourquoi es-tu venue ici ? dit Abraham.

―   Je suis venue pour ton âme sainte, dit la mort.

―    Je sais ce que tu veux dire, mais je n’irais pas avec toi, dit Abraham.

La mort fut silencieuse et ne lui répondit pas un mot.

17.

Abraham se leva et entra dans sa maison, la mort l’accompagna aussi. Abraham monta dans sa chambre, la mort monta avec lui. Abraham s’allongea sur sa natte, la mort vint et s’assit à ses pieds. Et Abraham dit :

―    Pars, pars de moi, car je désire me reposer sur ma couche !

―   Je ne partirais pas jusqu’à ce que je prenne ton âme de toi, dit la mort.

―    Par le Dieu immortel, je te somme de me dire la vérité : es-tu la mort ? lui dit Abraham.

―   Je suis la mort, je suis la destructrice du monde, lui dit la mort.

―    Puisque tu es la mort, je te demande de me dire si tu viens à tous dans une telle clarté de beauté et gloire ? dit Abraham.

―   Nay mon-seigneur Abraham ! Mais ta droiture, la mer sans fin de ton hospitalité et la grandeur de ton amour envers Dieu sont devenues une couronne sur ma tête ; j’approche le juste avec beauté et grande gentillesse de paix mais je viens aux pécheurs avec grande férocité de corruption, dans la plus grande amertume, au regard féroce et sans pitié, dit la mort.

―    Écoute-moi, je te demande de me montrer ta férocité, toute ta corruption et amertume, dit Abraham.

―   Tu ne pourras voir ma férocité très juste Abraham, dit la mort.

―    Oui je pourrais supporter toute ta férocité par les moyens du Nom du Dieu vivant, car la force de mon Dieu qui est dans le ciel est avec moi !dit Abraham.

La mort enleva tout charme de beauté, toute sa gloire, et l’aspect semblable au soleil dont elle s’était revêtue et mit la longue robe du tyran qui rendit son aspect sombre et plus féroce que toute espèce de bêtes sauvages et plus malpropre que tous les malpropres. Elle montra à Abraham les 7 têtes de serpents brûlants et 14 faces : une de feu brûlant de grande férocité, une face de noirceur, une face de vipère la plus sombre, une face du plus terrible précipice, une face du plus féroce cobra, une face de lion terrible, et une face de céraste basilic. Elle lui montra également une face d’ardent cimeterre, une face d’épée, une face d’éclair terrible de foudre et bruit de tonnerre mortel. Elle lui montra aussi une face de mer d’orage féroce et de rivière de courant féroce, une autre de terrible serpent à 3 têtes, une autre de tasse de mélange empoisonné, et lui montra promptement une grande férocité, une insupportable amertume, et toute maladie mortelle à l’odeur de mort. De l’insupportable amertume et grande férocité elle fit mourir 7,000 serviteurs et servantes ; mais le juste Abraham devint indifférent à l’esprit de la mort qui le manqua.

18. 

Voyant ces choses, le tout-saint Abraham dit à la mort :

―    Je te demande mort toute-destructrice de cacher ta férocité et revêtir la belle forme que tu avais avant.

La mort cacha aussitôt sa férocité et remit la beauté qu’elle avait avant. Et Abraham dit à la mort :

―    Tu as détruit tous mes serviteurs et servantes ! Pourquoi avoir fait ça ? Dieu t’a-t-il envoyé ici aujourd’hui à cette fin ?

―   Nay mon-seigneur Abraham, ce n’est pas comme tu dis, c’est à ton sujet que j’ai été envoyé ici, dit la mort.

―    Combien sont morts alors ; le Seigneur te l’a-t-il dit ? dit Abraham à la mort.

―   Très juste Abraham, dit la mort, crois que c’est merveilleux que tu n’aies pas été emporté avec eux. Néanmoins je te dis la vérité, si la main droite de Dieu n’avait pas été avec toi à ce moment, tu serais également écarté de cette vie.

―    Maintenant je sais que je suis devenu indifférent à la mort sans que mon esprit défaille. Mais je te demande mort toute-destructrice, puisque mes serviteurs sont morts avant leur temps, viens et prions le Seigneur notre Dieu pour qu’il nous entende et relève ceux qui sont morts avant leur temps par ta férocité, dit le juste Abraham.

―   Amen, qu’il en soit ainsi ! dit la mort.

Abraham se leva et tomba en prière, le visage à terre, la mort conjointement avec lui. Le Seigneur envoya un esprit de vie sur ceux qui étaient morts et ils furent remis en vie. Le juste Abraham rendit gloire à Dieu.

19. 

Il monta s’étendre dans sa chambre et la mort vint se tenir devant lui. Abraham lui dit :

―    Quitte-moi, car mon esprit est dans l’indifférence et je désire me reposer.

―   Je ne te quitterais pas jusqu’à ce que je prenne ton âme, dit la mort.

Abraham dit à la mort d’une mine austère et d’un regard de colère :

―    Qui t’a commandé de dire cela, ou dis-tu ces paroles d’arrogance de toi-même ? Je n’irais pas avec toi jusqu’à ce que le chef-capitaine Michæl vienne vers moi, alors j’irais avec lui. Mais je te le dis aussi, si tu désires que je t’accompagne, explique-moi tous tes changements : les 7 têtes de serpents brûlants, celle de la face du précipice, celle de l’épée effilée, celle du fort hurlement de la rivière, celle de la mer impétueuse qui rage si violemment ; déclare-moi aussi le tonnerre insupportable, la foudre terrible, la tasse de mauvaise odeur du mélange empoisonné : explique-moi tout.

―    Entends juste Abraham, répondit la mort, depuis 7 âges je détruis le monde et descends tout vers le shéol ; rois, gouverneurs, riches, pauvres, esclaves, hommes libres ; je mène au fond du shéol, c’est pour cela que je t’ai montré les 7 têtes des serpents. La face de feu que je t’ai montrée fait mourir plusieurs consumés par le feu et voient la mort sous une face de feu.
La face du précipice ou de terribles précipices que je t’ai montrée fait mourir beaucoup d’hommes en descendant du haut des arbres qui perdent leur vie et voient la mort sous la forme d’un terrible précipice.
La face d’épée je t’ai montrée fait se tuer beaucoup aux guerres par l’épée et voient la mort sous une épée.
La face de rivière au très fort courant que je t’ai montrée fait périr beaucoup, soudainement noyés par le croisement de plusieurs eaux portées au loin par de grands fleuves, et voient la mort avant leur temps.
La face de la mer enragée de colère que je t’ai montrée fait engloutir beaucoup en mer, faisant naufrage, tombés sous de grandes vagues, et voient la mort comme la mer.
L’insupportable tonnerre et la foudre terrible je t’ai montrés font que beaucoup d’hommes rencontrent l’insupportable tonnerre et la foudre terrible venant les saisir dans un moment de colère, et voient la mort.
Je t’ai aussi montré les bêtes venimeuses sauvages ; cobra, basilics, vipères, léopards, lions, lionceaux, ours. Je t’ai brièvement montré le visage de chaque bête sauvage, être le plus juste, car beaucoup d’hommes sont détruits par les bêtes sauvages et d’autres perdent leur vie par morsure des serpents venimeux ; serpents, cobras, cérastes, basilics et vipères. Je t’ai aussi montré les tasses de mélange empoisonné de mort, car beaucoup d’hommes se font donner une boisson empoisonnée par d’autres hommes et partent brusquement sans s’y attendre.

20. 

Abraham dit :

―    Dis-moi je te demande, y-a-t-il une mort inattendue ?

―    Je te dis la vérité de Dieu qu’il y a vraiment 72 morts, et l’une d’elles est la simple mort par laquelle beaucoup d’hommes sont donnés à la tombe au temps fixe accompli et entrent dans la mort en une heure. Voici je t’ai dit tout ce que tu as demandé, très juste Abraham ! Maintenant je te dis, écarte tout conseil et cesse de tout demander une fois pour toute et venir. Viens avec moi comme Dieu et juge de tout m’a commandé ! dit la mort.

―    Quitte-moi encore que je puisse me reposer sur ma couche, car je suis très faible du cœur depuis que je t’ai vue de mes yeux ; ma force m’échappe, tous les membres de ma chair me semblent un poids de plomb et mon esprit est excessivement affligé. Pars un peu, car j’ai dit que je ne peux pas supporter voir ta forme, dit Abraham à la mort.

Isaac son fils vint et tomba en pleur sur sa poitrine ; Sarah son épouse vint embrasser ses pieds en se lamentant amèrement. Ses esclaves hommes et femmes vinrent aussi et entourèrent sa couche en se lamentant grandement. Abraham devint indifférent à la mort. La mort dit à Abraham :

―   Viens ! Prends ma main droite et que gaieté, vie, et force viennent à toi !

La mort séduit Abraham. Il prit sa main droite et son âme adhéra directement à la main de la mort. L’archange Michæl vint immédiatement avec une multitude d’anges prélever son âme précieuse de ses mains dans un vêtement de toile divinement tissé. Ils enduisirent le corps du juste Abraham d’onguents parfumés divins et l’ensevelirent au chêne de Mamré de la terre promise, le 3e jour de sa mort. Les anges qui reçurent sa précieuse âme montèrent au ciel en chantant l’hymne 3 fois saint au Seigneur Dieu de tous et la placèrent là pour adorer le Dieu et Père. Abraham était incliné en adoration par suite des grandes éloges de gloire rendues au Seigneur. Et de là vint la voix pure de Dieu et Père qui dit :

―   Amenez mon ami Abraham au paradis où sont les habitations de mes justes êtres, les demeures de mes saints, avec Isaac et Jacob en son sein, où n’est aucun trouble, ni grief, ni pleur, mais paix et réjouissance de vie éternelle !


Le testament d’Isaac

Préface

Abraham avait dit en son cœur, Je prépare de mon abondance des choses à donner à tout homme qui me le demande et à tout passant, mais je n’ai encore rien donné à mon Seigneur Dieu, le donneur de toutes bonnes choses. Et un jour que les fils de Dieu se tenaient devant Dieu, l’accusateur étant parmi eux, Dieu l’interrogea d’où il venait et ce qu’il y avait vu des actions humaines ; et il répondit :
―    J’ai vu que les fils terrestres ne te louangent plus, ni te vénèrent, et après avoir obtenu leur demande ils oublient de te remercier. J’ai vu qu’Abraham, le fils de Térah, tant qu’il était sans enfant il construisait des autels et déclarait ton nom au monde, mais il t’oublie depuis que tu lui as donné un fils à 100 ans. Le jour où Isaac fut sevré, je suis venu mendier à sa porte et revenu sans aumône. Il a construit une grande maison qu’il dispose aux étrangers mais à toi il ne donne aucun sacrifice de valeur. Demande-lui un sacrifice de grand prix et il te le refusera.

Le Seigneur Dieu apparut à Abraham et lui dit :
—    Je suis venu te demander une chose. Je t’ai sauvé de tous dangers : je t’ai délivré de la fournaise de Babylone ; je t’ai sauvé de l’armée de Nimrod ; je t’ai amené jusqu’à cette terre et t’ai donné des serviteurs et des servantes, des troupeaux de moutons et de chevaux ; je t’ai donné un fils dans ton vieil âge ainsi que la victoire sur tes ennemis et sur les nouvelles épreuves qui t’attendent. Je dois te mettre à l’épreuve pour voir ta reconnaissance de cœur et que tous voit ta droiture, qu’ainsi ton obéissance soit parfaite, aussi, présente ton fils.
―    Lequel des deux ? répondit Abraham tremblant.
—    Celui qui compte pour toi, dit la voix de Dieu.
―    Chacun est le seul fils de sa mère…
—    Celui que tu aimes.
―    J’aime les deux.
—    Celui que tu aimes plus, dit la voix de Dieu.
―    J’aime les deux pareillement, dit Abraham.
—    Alors je demande Isaac, dit la voix de Dieu.
―    Que dois-je faire de lui Seigneur ?
—    Va à l’endroit que je te dirais où les collines se lèveront subitement à vue du fond de la vallée. Va à cet endroit d’où
ma lumière et ma connaissance sont une fois sorties et que mes yeux observent inlassablement, d’où s’élèvera pour moi la fumée des encens, à l’endroit où la prière est entendue et le sacrifice est offert pour moi, où en fin des temps je jugerais les nations et jetterais les incroyants au puits de Gehinom ; à la terre de Moriah que je te montrerais et où tu présenteras ton fils Isaac en offrande, entièrement par le feu.
―    T’apporterais-je un tel sacrifice !? Où est le sacrificateur qui préparera le sacrifice ?
—    J’ai pris le sacerdoce de Shem et t’en ai revêtu, dit la voix de Dieu.
―    Il y a de nombreuses collines dans ce pays, sur laquelle monter ?
—    Une montagne sur laquelle repose ma gloire, dit la voix de Dieu.


LE TESTAMENT D'ISAAC

The Testament of Isaac | Falasha Anthology | Die Testamente Isaaks und Jakobs | traduit du copte par Kuhn, de l’arabe par Stinespring, du guèze par Heide.

1.

Voici la sortie du corps d’Isaac le patriarche qui mourut dans la paix de Dieu.

Écrit du testament du patriarche Isaac. Il adressa ces paroles d’instruction à son fils Jacob et à tous ceux qui étaient réunis autour de lui :

―    Les paroles d’instruction, les médecines de vie, avec les bénédictions des patriarches sont sur ceux qui écoutent ces paroles et ceux qui viennent après nous. Que la grâce de Dieu soit avec tous ceux qui croient comme il est écrit : Vous avez entendu une parole pour qu’elle habite en vous. Ceci est le but de l’obéissance et Dieu fera grâce à ceux qui croient. Celui qui croit aux paroles de Dieu et en ses saints sera héritier du royaume de Dieu. Dieu était avec les générations passées qui sont éteintes en raison de leur innocence et leur foi envers Dieu ; il sera également avec les générations à venir.

2. 

Le temps était venu pour Isaac le patriarche de sortir de son corps. Dieu envoya vers lui l’ange de son père Abraham qui lui dit :

―   Hail, fils de la promesse ! 

Il leva son visage vers la face de l’ange suivant l’habitude quotidienne du juste patriarche de converser avec les anges. L’ange avait assumé la ressemblance de son père Abraham, il ouvrit sa bouche avec joie et s’écria tout haut :

―    Je vois ton visage comme quelqu’un voit le visage de Dieu !

―   Écoute ¦Isaac, lui dit l’ange, Dieu m’envoie vers toi pour te prendre et voir tous les saints placés auprès de ton père Abraham aux cieux. Ton père Abraham t’attend ; lui-même va venir vers toi. Voici, un trône t’est préparé auprès de ton père Abraham, car ta part et la part de Jacob ton fils¦ surpassent celle de tous les autres de la création entière de Dieu ; c’est pourquoi tu as reçu à tout jamais le nom de patriarche du monde.

―    Je m’émerveille à ton égard, père bienaimé de Dieu ! dit Isaac.

―   ¦Isaac, je suis l’ange qui a servi ton père Abraham ! Réjouis-toi maintenant, je vais te porter à jamais du chagrin à la joie, de la souffrance au repos ; je vais t’emmener de la prison à un lieu que tu pourras disposer à volonté, lieu de joie et de bonheur ; je vais t’emmener à la lumière et au mérite, avec l’abondance de joie sans fin. Écris ton testament en décret pour ta maison, car je vais te traduire au repos pour toute l’éternité. Béni est ton père qui t’a engendré, béni es-tu, béni est ton fils Jacob, béni sont les descendants qui viendront après toi !

3. 

Jacob les entendait parler ensemble sans rien dire. Le cœur lourd, Isaac dit à l’ange :

―    Que ferais-je pour Jacob, lumière de mes yeux ? Je crains ce qu’Ésau peut lui faire ; tu connais la situation...

―   Isaac, même toutes les nations de la terre réunies ensemble ne pourraient d’annuler les bénédictions prononcées sur Jacob quand tu le bénis, car le Père, le fils et le saint esprit le bénirent, et Michæl, Gabriel, tous les anges, tous les êtres célestes, tous les esprits des justes et ton père Abraham répondirent tous, Amen, lui dit l’ange. L’épée ne touchera pas son corps. Il sera tenu en grand respect et s’accroitra grandement, s’étendant de long en large, et 12 trônes sortiront de lui.

―    Tu me donne beaucoup de réconfort, dit Isaac à l’ange, mais ne laisse pas Jacob savoir au cas qu’il s’inquiète.

―   ¦Isaac, béni sont tous les justes qui sortent de leur corps, bénis sont-ils de rencontrer Dieu ! Malheur, malheur, malheur trois fois au pécheur né de ce monde, de grandes souffrances viendront sur lui.    

Donne à tes fils ces instructions et celles que ton père t’a données sans rien cacher à Jacob, lui dit l’ange, mais qu’il les écrive pour instruire les générations qui viennent après vous et pour ceux qui aiment Dieu afin qu’ils puissent vivre leurs vies en accord avec elles, alors je prendrais soin de toi pour te porter sans délai à la joie. Je te la donne la paix que mon Seigneur m’a donnée, car je vais vers celui qui m’a envoyé.

4. 

Quand il eut dit cela, l’ange s’éleva du lit sur lequel dormait Isaac et retourna dans les mondes d’en haut ; notre père Isaac le regardait partir, émerveillé de la vision qu’il avait vue.

―    Je ne verrais pas la lumière du jour avant d’être demandé, dit-il.

Tandis qu’il méditait à ça, Jacob se réveilla du sommeil où l’ange l’avait plongé pour ne pas entendre. À son éveil, il partit courir vers la chambre où dormait son père et lui dit à la porte :

―    Avec qui parlais-tu mon père ?

―    Tu as entendu mon fils, ton vieux père est demandé et te sera retiré, lui dit Isaac.

Et Jacob se mit à pleurer ; il mit ses bras autour du cou de son père et s’écria :

―    À moi, ma force me quitte ! Aujourd’hui mon père tu fais de moi un orphelin…

Isaac enlaça son fils Jacob et pleura. Ils pleurèrent ensemble jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus pleurer :

―    Prends-moi avec toi père Isaac ! dit Jacob.

―    Je ne l’obtiendrais pas mon fils. Attends jusqu’à ce que tu sois demandé mon aimé, répondit Isaac.          
Je me souviens le jour que toute la terre avait tremblé d’un bout à l’autre quand mon père Abraham [parla et dit, Je suis incapable de déplacer aucune partie du décret]. Je n’avais plus la force pour faire quoi que ce soit…

Ce que Dieu a prescrit pour chacun, il l’a prescrit de sûre autorité, et ses ordonnances sont immuables. C’est une issue dont personne n’échappe. Écoute mon fils et sache que je suis heureux d’aller vers Dieu, je suis fortifié d’un esprit conducteur.

Où sont Adam et Ève, notre père et mère, premiers créés des mains de Dieu ? Où est Abel ? Et après lui [Seth, Énos, Kénan], Mahalaleel, Jared, Métushélah, [Lamech], notre père Noah et ses fils Shem, Ham et Japhet ? Et après eux, Arphashad, [Shélah] et Kainan [son fils, qui engendra Melchisédec], Éber, [Péleg], Réhu, Sérug, Nahor, Térah, et mon père béni Abraham, et Lot [le fils de] son frère ? Tous ont expérimenté la mort, excepté notre père Hénoc, le parfait. Après eux, 42 générations de plus passeront jusqu’à la venue du messie [Jésus] né d’une vierge pure du nom de Maryam. Quand 30 ans passeront, il annoncera la fin du monde et choisira 12 hommes à qui il révèlera les secrets.

5. 

Après qu’Isaac eut parlé, tous ceux de sa maison se rassemblèrent autour de lui et pleurèrent, car son fils avait parlé à tous ceux qu’il connaissait et ils vinrent à lui en larmes. Quand sa vue avait commencé à faiblir, notre père Isaac s’était fait une pièce dans sa maison où il passait chaque jour à jeûner jusqu’au soir où il présentait un jeune animal pour [le salut de] leurs âmes, à lui et ceux de sa maison, et il passait la moitié de la nuit à prier et louanger Dieu. Il vécut cette vie ascétique pendant 100 ans, gardant 3 périodes de 40 jours de jeûne chaque année, sans boire ni manger, sans dormir sur son lit, à prier et rendre grâce à Dieu continuellement.

6. 

En apprenant que l’homme de Dieu avait retrouvé la vue, ses fils et son frère comprirent que l’esprit de Dieu lui avait parlé et vinrent vers lui entendre ses paroles de vie. Les plus grands vinrent lui dirent :

―    Tu peux voir clair maintenant ! Comment as-tu regagné la vue après l’avoir perdue ?

Le patriarche sourit, et dit :

―    Le Dieu d’Abraham me l’a accordé en réconfort à mon vieil âge !

Le sacrificateur de Dieu lui dit :

―    Dis-moi ce que je dois faire père Isaac ?

Isaac lui dit :

―    • Garde ton corps dans la pureté, car en lui est placé le temple de Dieu.
• N’engage pas de controverse avec les autres de peur que ta bouche n’échappe une parole de colère.
• Sois sur tes gardes pour ne pas prononcer de mauvaises paroles, ni te gonfler de vanité, ou colporter des paroles irrespectueuses.
• Vois que tes mains ne prennent pas ce qui n’est pas à toi.
• Ne présente pas d’offrande ayant un défaut.
• Lave-toi dans l’eau avant d’approcher l’autel.
• Ne mélange pas les pensées de Dieu avec celles du monde quand tu te tiens devant lui.
• Fais tout pour être en paix avec chacun.

Quand tu te tiens devant Dieu pour présenter ton offrande, récite en privé 100 prières et fais à Dieu cet aveu :  O Dieu incompréhensible, insondable, inatteignable, trésor de pureté ! Je viens à toi pour que tu me purifies, car je suis souillé du fardeau de la chair et du sang et je viens te demander d’alléger ma charge : par amour pour ta miséricorde, purifie-moi et enlève mes fautes comme le feu brûle le bois ; pardonne-moi qui suis un pécheur…

Je pardonne toutes les créatures que tu as faites et n’ai aucune plainte contre personne ; je suis en paix avec tout ce qui a été fait à ta ressemblance. Je suis insensible aux esprits malveillants qui se présentent devant moi parce que je suis ton servant, fils de ta servante.

Je suis celui qui pèche, et toi celui qui pardonne ! Pardonne-moi pour me permettre d’approcher ton saint lieu et que devant toi mon sacrifice soit acceptable. Ne me rejette pas à cause de mes péchés mais reçois-moi auprès de toi comme un mouton perdu malgré mes nombreux péchés, toi le Dieu qui a été avec notre père Adam, Abel, Noah, notre père Abraham et son fils Isaac, et qui a été avec Jacob : sois avec moi aussi et accepte de ma main mon sacrifice !

7.

Quand tu auras tout dit, prends alors ton sacrifice et offre-le : conforme-toi au sacrifice au ciel envers Dieu pour de ne pas lui déplaire, car la fonction du sacrificateur n’est pas une petite chose.

De ce jour jusqu’à la fin des temps, le sacrificateur doit être tempéré à l’égard du manger, boire et dormir. Il ne doit pas parler des choses rattachés à ce monde, ni écouter celui qui en parle, mais passe sa vie totalement occupé à prier et veiller avec les écrits jusqu’à ce que Dieu envoie la paix jusqu’à lui. Le sacrificateur doit renoncer au monde qui travaille suivant le démon pour se joindre au service sacré des anges pour que la pureté divine soit restituée. Il sera honoré devant Dieu et ses anges grâce à ses saints sacrifices et son service angélique suivant l’exemple institué aux cieux ; les anges seront ses amis grâce à la pureté de sa foi, et grand sera son honneur devant Dieu. Petit ou grand, il nous est requis d’être sans péché.

8.

Le peuple réunit autour de lui dit :

―    C’est juste, amen !

Le patriarche garda silence et remonta sa couverture jusqu’à recouvrir son visage. Le peuple du sacrificateur resta silencieux et le laissa se reposer un peu. Et l’ange de mon père Abraham vint vers moi pour me conduire dans les cieux. D’un côté et de l’autre, je vis se propager des terreurs assourdissantes, effroyables à voir ; certains avaient une face de chameau, une face de lion, une face de chien, et d’autres qui n’avaient qu’un œil tenaient dans leurs mains des lances de fer d’une longueur de 3 aunes.

Je regardais et voici, un homme fut emmené, et ceux qui le conduisaient allèrent avec lui ; arrivés près des monstres, ceux qui étaient avec lui se retirèrent de côté et le lion s’avança vers lui, le déchiqueta en petits morceaux et l’avala, puis le vomit ; il revint lui-même comme avant et le monstre suivant le traita de la même manière. En bref, ils passaient de l’un à l’autre pour que chacun le mette en pièces, l’avale et le vomisse, et qu’il revienne à lui com-me avant.

―    Mon-seigneur, quel péché a commis cet homme pour subir ça ? dis-je à l’ange. 

―   Cet homme que tu vois à présent a eu une querelle avec son voisin et mourut sans s’ils se soient réconciliés. Vois comme il est livré à 5 bourreaux chefs qui passeront 1 an à le tourmenter pour chaque heure passée à se quereller avec son voisin. Penses-tu que ceux-là sont les seuls, Isaac ? dit l’ange. Crois-moi Isaac, 600,000 [60 myriades] bourreaux passent 1 an à tourmenter un homme pour chaque heure passée à pécher : [il est emmené ici à ces créatures qui le torturent chacun d’eux pour chaque heure d’hostilité envers son prochain jusqu’à ce que l’année entière soit accomplie, s’il n’a pas fait la paix] et ne s’est pas repenti avant son départ et sa séparation de son corps.

9.  

Il me conduit et m’emmena à une rivière de feu aux flots d’1 aune [30 cubes] de hauteur, au grondement de tonnerre du ciel, où je vis une armée d’âmes immergées ; ceux qui sont dans cette rivière crient et pleurent fortement dans une grande agitation de gémissements multiples. Ce feu consciencieux ne touche pas les justes mais il brûle les pécheurs qui cuisent dans la puanteur qui les enveloppent. Je vis le puits de l’abysse où s’élèvent des nuages de fumée et les hommes qui s’engouffrent en criant plaintivement et grinçant des dents : tous hurlaient. L’ange dit :

―   Ceux qui ont fait le péché des sodomites sont dans la grande détresse !

Je vis également un puits rempli de vers qui ne dorment pas. Je vis celui qui est chargé de tous les châtiments au feu, Abdemerouchos [Temelouchos], parler aux bourreaux du shéol avec menace :

―   Frappez-les jusqu’à ce qu’ils sachent qui est Dieu !

Je vis une maison bâtie en pierre de feu, et dessous, de grands hommes qui gémissent en pleurant. L’ange me dit :

―   Vois et observe les châtiments de tes yeux.

―    Mes yeux ne peuvent le supporter, dis-je à l’ange. Combien de temps doivent durer ces châtiments ?

―   Jusqu’à ce que Dieu le miséricordieux ait pitié, me dit-il.

10.

Puis l’ange m’emmena dans les cieux. Je vis mon père Abraham et je lui fis obéissance : il me salua avec tous les saints. Les saints m’honorèrent grâce à mon père et marchèrent avec moi pour m’emmener vers mon père. Je me prosternais avec tous les saints et des chants de louange retentirent :

―   Saint, saint, saint, Seigneur roi sabaoth ! Les cieux et la terre sont remplis de ta sainte gloire !

De son saint lieu, le Seigneur dit à mon père :

―   Il est bon, loyal et saint Abraham, que tu sois venu avec ta racine juste ; il est bon que tu sois venu dans notre ville. Tout ce que tu voudras maintenant demander, fais-en la demande au nom d’Isaac ton fils¦ et elles seront vraiment à toi.

―    À toi le pouvoir tout-puissant Seigneur ! dit mon père Abraham.

―   À qui sera donné le nom d’Isaac : chacun d’eux qui copiera avec honneur son testament et nourrira un pauvre homme avec du pain, au nom d’Isaac en mémoire de son saint jour, je te les accorderais comme fils dans mon royaume, dit le Seigneur à Abraham.

―    Tout-puissant Seigneur ! dit Abraham, si un homme ne peut copier son testament, ne peux-tu l’accepter par ta miséricorde, car tu es miséricordieux et compatissant…

―   Qu’il nourrisse un pauvre homme avec du pain et je te l’accorderais en don comme un fils dans mon ro­yaume et il viendra avec toi à la 1e heure des 1,000 ans, dit le Seigneur à Abraham.

―    Suppose qu’il est pauvre et n’a aucun moyen d’avoir du pain ? dit Abraham.

―   Qu’il passe la nuit sans dormir en mémoire d’Isaac et je te l’accorderais en don comme un héritier dans mon royaume, dit le Seigneur.

―    Suppose qu’il est faible et sans force, dit mon père Abraham, peux-tu l’accepter par amour de ta miséricorde ?

―   Qu’il offre un peu d’encens au nom de ton fils¦ Isaac et je te le donnerais comme un fils dans mon royaume, lui dit le Seigneur. S’il n’a aucun moyen d’avoir de l’encens, qu’il recherche une copie de son testament et le lise au jour d’Isaac ; et s’il ne peut pas le lire, qu’il aille écouter les autres qui peuvent.S’il est incapable de faire aucune de ces choses, qu’il aille dans sa maison et dise 100 prières et je te le donnerais comme un fils dans mon royaume. La chose la plus importante de toutes est qu’il présente une offrande au nom d’Isaac¦ comme son corps fut offert en sacrifice, alors non seulement je te donnerais tous ceux qui sont appelés du nom d’Isaac comme fils dans mon royaume, mais je te donnerais aussi tous ceux qui font une des choses que j’ai mentionnées ;

je te donnerais tous ceux qui sont concernés par la vie d’Isaac et de son testament, ou font un acte de compassion, comme donner à quelqu’un un verre d’eau à boire ou copier son testament de sa propre main, et ceux qui le lisent avec foi, de tout leur cœur, et croient à tout ce que j’ai dit. Mon pouvoir et le pouvoir de mon fils bienaimé et du saint esprit seront avec eux et je te les donnerais comme fils dans mon royaume. Paix à vous tous, mes saints !

11.

Quand il eut parlé, des chants de louanges retentirent :

―   Saint, saint, saint, Seigneur roi sabaoth ! Les cieux et la terre sont remplis de ta sainte gloire !

De son saint lieu, le Père dit à Michæl :

―   Mon capitaine Michæl, va vite rassembler les anges et les saints tous ensemble qu’ils viennent à la rencontre de mon bienaimé Isaac !

Michæl souffla la trompette sur-le-champ et tous les anges et les saints se rassemblèrent et vinrent vers la couche de notre père Isaac. Le Seigneur monta sur son chariot, les séraphim et les anges en avant de lui. Quand ils arrivèrent près de la couche de notre père Isaac, apercevant la face de notre Seigneur, Isaac se tourna aussitôt vers lui et s’écria plein de joie :

―    Il est bon que tu sois venu mon Seigneur avec ton grand archange Michæl ! Il est bon que tu sois venu père Abraham avec tous les saints !

12.

Quand il dit cela, Jacob enlaça son père et l’embrassa en pleurant, notre père Isaac fixa ses yeux sur lui et lui fit signe de garder silence. Notre père Isaac dit au Seigneur :

―    Souviens-toi de Jacob ¦…

―   Mon pouvoir sera avec lui, lui dit le Seigneur. Au temps venu, je deviendrais humain et mourrais pour revenir de la mort le 3e jour ; je mettrais ton nom dans l’esprit de chacun et ils t’invoqueront comme leur père.

Isaac dit à Jacob :

―    Mon ¦ fils, voici la dernière recommandation que je te donne aujourd’hui : garde-toi d’un œil acéré, ne déshonore pas la ressemblance de Dieu ; ce que tu fais à l’homme, tu le fais à la ressemblance de Dieu et Dieu te fera ainsi au lieu où tu le rencontreras, au début et la fin.

Quand il eut dit cela, notre Seigneur prit son âme, blanche comme neige, de son corps ; il l’accueillit et la mit avec lui sur le chariot et l’emmena dans les cieux, devant lui les séraphim jouaient de la musique avec tous les anges et les saints. Il lui donna librement les bonnes choses de son royaume à jamais. Et toutes les demandes que notre père Abraham fit au Seigneur, il lui donna librement comme une alliance à toujours. […]

Le jour où Abraham l’offrit en sacrifice, le ciel et la terre se remplirent de l’odeur apaisante de notre père Isaac comme un argent de choix : tel est le sacrifice de notre père Isaac le patriarche quand Abraham l’offrit en sacrifice à Dieu : l’apaisante odeur du sacrifice d’Isaac monta jusqu’aux cieux.


Le testament de Jacob

The Testament of Jacob | Falasha Anthology | Die Testamente Isaaks und Jakobs | traduit du copte par Kuhn, de l’arabe par Stinespring, du guèze par Heide.

LE TESTAMENT DE JACOB

1. 

Voici la sortie du corps de notre père Jacob appelé Isræl dans la paix de Dieu. Dieu avait béni notre père Jacob. Il s’était fait un endroit à part pour présenter ses prières à Dieu jour et nuit ; les anges lui rendaient visite et le gardaient en lui donnant force en tout. Dieu l’avait béni et le nombre de son peuple s’accrut en Égypte. Quand il est descendu vers son fils Joseph en Égypte, ses yeux étaient faibles à force de pleurer continuellement pour Joseph, mais il vit tout clairement dès qu’il revit le visage de son fils ; Jacob-Isræl s’était jeté au cou de Joseph, il l’accueillit dans les larmes et dit :

―    Que je meurs maintenant que je revois ton visage, car tu es vivant !

Jacob vécut 17 ans à Goshen quand Joseph gouvernait sur l’Égypte ; il garda tous les commandements de Dieu, vivant dans la crainte du Seigneur jusqu’à un âge avancé. Devenu très vieux, ses yeux s’affaiblirent et ne pouvaient voir personne à cause de son âge.

2. 

Le patriarche était au terme de ses années et le temps était venu pour lui de sortir de son corps. Le Seigneur lui envoya l’archange Michæl pour lui dire :

―   ¦ Isræl, racine de justice ! Écris tes paroles comme dépôt pour instruire tes fils et concerne-toi pour ceux de ta maison, car le temps est venu pour toi de partir vers tes pères te réjouir à jamais avec eux !

―    Que la volonté du Seigneur se fasse, mon-seigneur ! répondit-il à l’ange selon son habitude d’entendre et con­verser chaque jour avec les anges.

3. 

Il leva ses yeux vers la radiance de l’ange qui lui parlait ; son visage avait l’apparence de son père Isaac et il fut troublé de crainte, mais l’ange lui dit :

―   N’aie crainte Jacob, je suis l’ange qui a été avec toi dès ta jeunesse, car je t’ai choisi pour recevoir la bénédiction de ton père Isaac et ta mère Rebecca. Je suis avec toi Isræl dans tout ce que tu fais et en tout ce que tu as vu : c’est moi qui t’ai délivré quand Laban te poursuivait et qui t’ai béni ainsi que tes femmes, tous tes fils, et tout ton troupeau ; je t’ai aussi préservé d’Ésau et t’ai fait venir en Égypte où je t’ai répandu en long et en large, o Isræl.
Béni est ton père Abraham qui est devenu un ami du Très-haut Dieu par son hospitalité !
Béni est ton père Isaac qui t’a donné vie et qui s’est complu à Dieu par son sacrifice parfait !
Tu es béni Jacob d’avoir vu Dieu face-à-face, et l’armée des anges du Très-haut Dieu !
Par la vision de l’échelle placée sur terre dont le haut atteint les cieux, tu as vu le pouvoir du Seigneur placé en haut, trop grandiose à décrire, et as dit en larmes, Voici la porte du ciel et la maison de Dieu !

Tu es béni pour avoir trouvé force en Dieu et parmi les hommes, aussi ne sois pas troublé bien-aimé de Dieu !
Tu es béni Isræl, et bénis sont tous tes descendants qui seront appelés patriarches jusqu’à la fin de cet âge, car vous êtes mon peuple, vous êtes la racine des servants de Dieu.
Béni est le peuple qui imite la pureté de tes vertus et la droiture de tes travaux.
Béni est l’homme qui t’honore d’un jour fête en ta mémoire.
Béni est celui qui fait en ton nom un acte charitable, donne un verre d’eau froide ou apporte une offrande parfaite en ton lieu ou tout autre lieu en ton nom, qui reçoit un étranger ou visite les malades, réconforte un orphelin ou revêt un dénudé en ton nom : il ne manquera d’aucune bonne chose dans ce monde et il aura la vie éternelle dans le monde à venir !

Quiconque fera par écrit le décompte de ta vie et de tes travaux ou en fera copie de ses mains, les lira avec attention, les écoutant avec foi et d’un cœur résolu pour imiter ta façon de vivre : tous leurs péchés leur seront pardonnées et ils te seront accordés directement dans le royaume des cieux !

Lève-toi maintenant Jacob pour changer la souffrance et le trouble en repos éternel, car tu vas être porté au repos qui ne cesse pas, au repos qui ne finit pas, à une lumière qui jamais se couche, dans le plaisir et le bonheur de la joie spirituelle ! Donne maintenant instruction à tes fils et que la paix soit avec toi, car je dois aller vers celui qui m’envoie.

4. 

Après lui avoir tout dit, l’ange le laissa dans la paix et retourna aux cieux pendant que Jacob le fixait. Ceux qui étaient dans la maison l’entendirent remercier le Seigneur et le glorifier de louanges. Et tous ses fils, du plus jeune au plus grand, se réunirent autour de lui en grande détresse. Ils étaient en larmes en se disant, Il est sur le point de nous laisser et partir.           

―   Que ferons-nous, ¦ père, étrangers dans une terre étrangère ? lui dirent-ils.

―   N’ayez crainte ! leur dit Jacob.

Le Dieu de vos pères m’est apparut en Mésopotamie et m’a dit :

―    N’aie crainte, je suis le Dieu de tes pères. Je suis avec toi pour toujours et les descendants qui viendront d’après toi pour toujours ; à toi et tes descendants je donnerais à jamais la terre sur laquelle tu te tiens.

Il me dit aussi :

―   N’aie crainte de descendre en Égypte où j’augmenterais le nombre de tes descendants qui fleuriront pour toujours et Joseph mettra sa main sur tes yeux. Ton peuple s’accroitra grandement en Égypte et reviendront vers moi ici et je leur ferais du bien grâce à toi. Maintenant tu dois quitter ce lieu. 

5. 

Le temps était arrivé pour Jacob-Isræl de quitter son corps. Il appela Joseph et lui dit :

―    Si j’ai trouvé grâce envers toi, place ta main sur ma cuisse et fais serment devant le Seigneur de placer mon corps dans le sépulcre de mes pères.

―    Je ferais comme tu demandes ¦père, lui dit Joseph.

―    Je voudrais que tu fasses serment, dit son père.

Joseph fit à son père Jacob le serment de placer son corps dans le sépulcre de ses pères ; et Jacob s’inclina au cou de son fils.

6. 

Par la suite, on rapporta à Joseph :

―    Voici, ton père est dans la tristesse [maladie].

Joseph prit ses 2 fils Éphraïm et Manasseh et alla vers son père Isræl. Quand Isræl les vit, il dit à Joseph :

―    Qui sont-ils mon fils ?

―    Ce sont mes fils que Dieu m’a donné dans la terre de mon humiliation, dit Joseph.

―    Amène-les ici près de moi.

Isræl voyait difficilement à cause de son âge avancé, et Joseph les amena près de lui. Il les embrassa et dit :

―    Dieu ajoutera à tes descendants !

Joseph plaça ses 2 fils Éphraïm et Manasseh à genou vis-à-vis d’Isræl, il mit Manasseh à sa main droite et Éphraïm à sa main gauche mais Isræl changea ses mains et posa sa main droite sur la tête d’Éphraïm et sa main gauche sur la tête de Manasseh ; il les bénit et leur assigna leur patrimoine :

―    Que le Dieu qui approuva mes pères Abraham et Isaac, le Dieu qui m’a fait gardé depuis ma jeunesse jusqu’à aujourd’hui par l’ange et préservé dans toutes mes épreuves, bénisse ces garçons qui sont mes fils, et en qui sont inscrits mon nom et le nom de mes¦ pères Abraham et Isaac pour multiplier et devenir un grand peuple sur la terre.

Et Isræl dit à Joseph :

―    Je vais mourir mais Dieu sera avec vous quand vous retournerez à la terre de vos pères. Voici, tu es favorisé plus que tes frères par ce que j’ai pris des amorites avec mon arc et mon épée.

7. 

Jacob appela tous ses fils et leur dit :

―    Venez à moi, que je vous dise ce qui vous arrivera à tous et chacun de vous à la fin des temps.

Du plus jeune au plus grand, tous les fils d’Isræl se réunirent autour de lui, et il leur dit :

―    Écoutez fils de Jacob, écoutez votre père Isræl, de mon premier-né Réuben à Benjamin !

Jacob-Isræl dit à ses fils ce qui arriverait aux douze suivant la bénédiction du ciel, nom par nom, tribu par tribu.  […] Puis ils gardèrent ensuite silence pour qu’il se repose un peu.

8. 

Et Jacob fut pris aux cieux pour voir les lieux de repos. Voici, une armée de bourreaux se montrèrent, chacun d’eux sous des aspects différents, prêts à tourmenter les pécheurs [fornicateurs, prostitués, catamites, sodomites, adultères] ainsi que ceux qui ont souillé la Création de Dieu [magiciens, sorciers, injustes, adorateurs d’idoles, astrologues, assassins, et doubles langues] contre ces pécheurs sont de nombreux châtiments : le feu qui jamais ne s’éteint, la noirceur sans fin, le lieu des pleurs et des grincements de dent, et les vers qui jamais ne dorment ; et quelle terreur d’être emmené devant le juge, quelle terreur de venir entre les mains du Dieu vivant !

―    Malheur aux pécheurs pour qui ont été préparés ces tortures et ces bourreaux !

Puis il me prit pour me montrer le lieu où sont mes pères Abraham et Isaac, un lieu entièrement de lumière où ils sont heureux et se réjouissent dans la ville des bienaimés au royaume des cieux. Il me montra tous les lieux de repos, toutes les bonnes choses préparées pour les justes, des choses que l’œil n’a pas vues, ni l’oreille entendues, qui ne sont pas venues au cœur des humains et que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment et font sa volonté sur terre [car ceux qui font sa volonté finissent bien].

9. 

Et Jacob dit à ses fils :

―    Voici que je vais être pris loin de vous pour m’étendre au repos avec mon peuple. Couchez mon corps avec mon peuple dans la double cave du champ d’Éphron le hittite où Abraham et sa femme Sarah sont placés, et où Isaac est placé, dans le sépulcre sur le chemin du champ acheté aux fils de Heth. 

Quand Jacob eut fini de parler, il étendit ses pieds sur son lit et sortit de son corps comme tous les humains. Le Seigneur vint du ciel et compagnie de Michæl et Gabriel, et de nombreuses légions d’anges chantaient devant lui. Ils portèrent l’âme de Jacob jusqu’aux habitations de lumière auprès de ses ¦ pères Abraham et Isaac.

Quant à la vie du patriarche Jacob-Isræl ; Joseph l’avait présenté à pharaon lorsqu’il était âgé de 130 ans ; il a passé 17 ans en Égypte, et c’est à 147 ans, dans la maturité de son vieil âge, qu’il partit dans la paix de Dieu vers son lieu de repos, parfait en toutes vertus et grâces de l’esprit, glorifiant Dieu en toutes circonstance, amen.

10.

Joseph se jeta sur son père et l’embrassa, pleurant sur lui. Il donna instruction à ses serviteurs parfumeurs :

―    Parfumez mon père suivant la meilleure pratique !

Ils passèrent 40 jours à parfumer Isræl et quand les 40 jours d’embaumement furent passés, ils passèrent encore 8 jours à s’endeuiller pour lui. Les jours de deuil de pharaon étant passés, lui qui s’était endeuillé sur Jacob à cause de l’affection portée à Joseph, Joseph parla et dit aux grands de pharaon :

―    Je vous demande cette faveur de parler au roi pharaon et lui dire de ma part : Mon père m’a fait faire le serment de placer son corps dans le sépulcre de ses pères en terre de Canaan avant qu’il sorte de son corps. Maintenant je demande permission d’aller porter mon père et revenir ensuite.

Le roi pharaon dit au sage Joseph :

―    Va en paix enterrer ton père suivant le serment que tu lui as fait. Prends des chariots et des convoyeurs avec tous les grands de mon royaume et autant de serviteurs que tu auras besoin.

En présence de pharaon, Joseph remercia Dieu avant de partir organiser les funérailles de son père. Beaucoup de serviteurs de pharaon vinrent avec lui, avec les anciens d’Égypte et toute la maison de Joseph, ainsi que ses frères et toute la maison d’Isræl, avec des chariots et des convoyeurs : ils étaient une très grande suite. Ils s’arrêtèrent à l’aire de battage de Gadad qui est sur la berge de l’autre côté du Jourdain et firent son deuil en grand accablement et amertume pendant 7 jours. Ceux qui étaient dans la basse-terre entendirent le deuil de l’aire de battage de Gadad et se dirent, Quel grand deuil que celui des égyptiens, et ils appelèrent cet endroit le deuil d’Égypte jusqu’à ce jour. Ils emportèrent Isræl pour le placer de l’autre côté de Mamré, dans la double cave qu’Abraham avait achetée en sépulcre à Éphron le hittite contre de l’argent.

Joseph retourna en Égypte avec ses frères ensemble et ceux de la maison de pharaon. Joseph vécut encore de nombreuses années en primauté sur l’Égypte après avoir porté Jacob auprès de son peuple. […] 

 

Testament des douze patriarches

Testament of the Twelves Patriarchs | Testamenta XII Patriarcharum | Geniza Collection | Pamjatniki Otrechennoi Russhoi Literaturi | traduit de l’arménien par Sargis Josepheanz, de l’araméen par Cowley et Pass, du russe par Tichonravov, du grec par Charles, aussi en slave.

TESTAMENT DE RÉUBEN concernant les pensées

Transcription du testament de Réuben, des choses dont il chargea ses fils avant sa mort, à la 125e année de sa vie. Il tomba malade 2 ans après la mort de Joseph et ses fils et ses petits-fils s’étaient réunis pour le visiter, et il leur dit :

―    Mes enfants, je vais mourir et partir vers mes pères.

Il vit Judah, Gad et Asher ses frères, et leur dit :

―    Ma force est faible, mes frères ! Soulevez-moi que je vous dise, à mes enfants et vous mes frères, quelles choses j’ai cachées dans mon cœur.

Il se leva pour les embrasser et pleura.

―    Écoutez mes frères ! Portez l’oreille à votre père Réuben sur les choses que je vous commande, car je prends aujourd’hui le Dieu des cieux à témoin contre vous si vous allez dans la fornication ! Car c’est dans la précipitation avide de ma jeunesse ignare que j’ai souillé le lit de mon père Jacob et j’ai été frappé pendant 7 mois d’une douloureuse peste aux reins. Et je vous le dis, si cela n’avait été de notre père Jacob qui pria pour moi, le Seigneur m’aurait sûrement détruit.

J’avais 30 ans quand je fis ce mal aux yeux du Seigneur, et je fus 7 mois malade à mourir. Il m’a fallu 7 années d’amendement pour placer mon âme en conformité avec le Seigneur – sans boire de vin ou boisson forte, sans avaler aucune viande ni d’aliment de goût agréable, seulement à regretter mon pêché, car il était grand et que cela ne se fasse plus en Isræl.

Maintenant mes enfants, écoutez ce que j’ai vu dans mon amendement au sujet des 7 esprits d’erreur. Les 7 es-prits que Béliar envoie contre l’homme sont en-tête des actes de jeunesse, contre 7 esprits accordés dès sa création par lesquels tous les travaux humains se font :
1.      le 1e esprit de vie forme l’être des composantes humaines ;
2.     le 2e esprit de voir porte au désir ;
3.     le 3e esprit d’écoute porte à l’instruction ;
4.     le 4e esprit d’odorat porte à inspirer et expirer l’air ;
5.     le 5e esprit de parole porte à la connaissance ;
6.     le 6e esprit de goût porte à manger et boire pour produire la force, car la nourriture est la base de la force ;
7.     le 7e est l’esprit de reproduction qui porte à pécher par penchant au plaisir, le dernier dans l’ordre de la création mais premier dans la jeunesse pleine d’ignorance, et mène l’aveugle à la fosse comme un animal dans un précipice.
8.     À côté de tout ça, le 8e esprit de somnolence porte la nature dans une transe au reflet de la mort.

À 7 ces esprits se confondent les 7 esprits d’erreur :
1.      le 1e esprit de fornication se niche dans les sens et au tempérament ;
2.     le 2e esprit d’avidité se niche dans l’estomac ;
3.     le 3e esprit de querelle se niche dans le foie et la joue ;
4.     le 4e ’esprit de flatterie trompeuse rend un homme équitable sous l’effet d’une exaltation excessive ;
5.     le 5e esprit de supériorité rend un homme hautain sous l’effet d’une vexation ;
6.     le 6e esprit de mensonge cache ses paroles [affaires] à ses amis et à ses parents même pour détruire et rivaliser ;
7.     le 7e esprit d’injustice rend l’homme voleur et fraudeur sous l’effet de son mauvais penchant, car l’injustice agit en accord avec les autres esprits pour une rétribution.
8.     À côté de tout ça, au 8e esprit de paresse se rallient l’erreur et le fantasme.

Le jeune homme dont la conscience a obscurci la vérité périt faute de compréhension de la loi de Dieu et d’écoute envers les instructions de ses pères, comme il m’arriva dans ma jeunesse. Aimez la justice, car elle vous cautionnera mes enfants – écoutez les conseils de votre père Réuben.

Ne regardez pas une femme avec insistance et ne fréquentez pas une femme sous l’autorité d’un mari de manière personnelle, ne fouinez pas non plus dans les affaires féminines ; car je n’aurais pas vu Bilhah si elle s’était baignée dans un lieu couvert. Je ne serais pas tombé dans ce grand délit si mon esprit n’avait pas été hanté par la nudité féminine au point de m’empêcher de dormir, jusqu’à passer à l’abominable quand notre père Jacob s’absenta pour son père Isaac. Nous étions à Gader, près d’Ephratha et Bethlehem, quand Bilhah devint ivre et tomba endormie nue dans sa chambre ; je suis entré et je vis sa nudité : je formais ce délit et partis, la laissant [profondément] endormie. Aussitôt un ange de Dieu annonça mon impiété à mon père qui ne la toucha plus et s’endeuilla pour moi.

Aussi, n’ayez aucune considération pour la beauté féminine et ne rêvassez à leurs manières mais marchez dans la crainte du Seigneur avec un cœur constant pour ne pas souffrir ce que j’ai souffert. Occupez-vous par votre travail et surveillez vos troupeaux jusqu’à ce que le Seigneur vous accorde la femme qu’il voudra. Je n’avais pas la force de regarder de mon père ouvertement de face, jusqu’à sa mort même, ni parler à aucun de mes frères, à cause de mon grief, et aujourd’hui encore ma conscience m’afflige à cause de mon péché. Mon père m’a réconforté en ayant prié le Seigneur pour moi, et que la colère du Seigneur s’écarte de moi, tout comme le Seigneur me montra : à partir de ce moment-là je ne péchais plus et je fus protégé.

Observez ces choses que je vous commande mes enfants pour ne pas pécher, car la formication sépare de Dieu et détruit l’âme à l’approche de l’idolâtrie ; elle trompe l’esprit d’entendement des jeunes hommes et les réduit au supplice avant leur temps. La fornication a dévasté de nombreux hommes d’âge ou de noblesse, car lorsqu’un blâme se produit en soi, on est sujet à la moquerie de Béliar et des fils des hommes. Joseph obtint faveur aux yeux des hommes et du Seigneur pour s’être préservé de femme et avoir purifié toute sa pensée de fornication devant l’égyptienne qui agit par différentes choses comme invoquer les magiciens et offrir des potions d’amour. Et puisque l’intention de son âme n’admettait aucun désir impur, le Dieu de mes pères le délivra de toute mort cachée invisible ; et si votre pensée n’est pas dominée par la fornication, Béliar ne pourra pas non plus vous dominer. L’ange du Seigneur m’a dit et appris à ce sujet que les femmes sont vaincues par l’esprit de la fornication plus que les hommes, et que leur cœur prémédite contre les hommes aux moyens de leur ornements qui séduisent en premier leurs pensées ; elles font pénétrer le poison qui les rends captifs par leurs manières de cligner des yeux, puisqu’elles ne peuvent pas dominer un homme par la force.

Fuyez la fornication mes enfants et instruisez vos femmes et vos filles de ne pas orner ni leurs visages, ni leurs têtes, car les femmes qui séduisent par ces choses sont réservées au châtiment éternel comme celles qui séduisirent les vigiles avant le déluge : ceux-ci les regardaient sans cesse et tombèrent dans le désir de l’un et l’autre, leurs esprits conçurent l’acte en prenant l’apparence des hommes qui ressemblaient à leurs maris à elles et les femmes s’animèrent de désir en pensant à ces apparitions et donnèrent naissance à des géants ; car les vigiles leur paraissaient comme toucher les cieux.

Préservez-vous de la fornication dans votre pensée pure et gardez vos sens devant les femmes. Instruisez-les de ne pas se tenir en compagnie d’hommes pour qu’elles soient pures dans leurs pensées aussi. Car même si les intentions impures ne sont pas formées, les rencontres fréquentes sont une infection sans remède et un blâme éternel de Béliar contre nous.

La fornication n’a aucun entendement de la dévotion en soi et la jalousie cohabite avec le désir. C’est par la jalousie que vous voudrez être plus exaltés que les fils de Lévi ; mais vous n’en serez pas capables. Dieu les vengera et vous mourrez d’une mauvaise mort, car le Seigneur a donné l’autorité à Lévi [avec] et Judah ; à Dan et Joseph de devenir gouverneurs, et moi avec eux.  

Je vous commande d’écouter Lévi, car il a connaissance de la loi du Seigneur pour déclarer les jugements et les ordonnances des sacrifices pour tout Isræl jusqu’au temps fixé du oint|messie annoncé par le grand sacrificateur du Seigneur.

Je vous conjure par le Dieu du ciel d’agir avec vérité vis-à-vis de son prochain et que chacun de vous approche Lévi avec humilité de cœur pour recevoir une bénédiction de sa bouche ; car il bénira Isræl, et spécialement Judah que le Seigneur a choisi pour gouverner tous les peuples : honorez sa semence puisqu’il mourra dans des combats visibles et invisibles pour nous et sera parmi nous un roi éternel.

Réuben mourut après avoir instruit ses fils. Ils le mirent dans un coffre jusqu’à ce qu’ils le portent hors d’Égypte pour l’ensevelir dans la double cave où ses pères se trouvent à Hébron.

TESTAMENT DE SIMÉON concernant l’envie

Transcription des paroles de Siméon, des choses qu’il dit à ses fils avant sa mort à l’âge de 120 ans, l’année où Joseph mourut.  Ils vinrent le visiter quand qu’il fut malade. Il prit la force de s’asseoir, les embrassa et il dit :

―    Écoutez votre père Siméon, écoutez les choses que j’ai dans mon cœur, mes enfants ! Je suis le 2e fils de mon père Jacob et Léah ma mère m’appela Siméon parce que le Seigneur avait exaucé sa prière.

Je devins très fort et ne reculais devant aucun exploit, car je n’avais peur de rien : mon cœur était solide, ma pensée inflexible, mes entrailles sans émotion, par le Très-haut donne du courage à l’homme dans son corps et aussi à son âme.

Notre père aimait  Joseph et en ce temps-là j’en étais jaloux ; j’appliquais ma pensée à sa destruction et le prince d’erreur envoya contre moi l’esprit de jalousie qui aveugla ma pensée pour que je ne le vois pas comme un frère, et sans égard à mon père Jacob – mais son Dieu et le Dieu de ses pères envoya son ange le délivrer de mes mains et que notre frère Judah le vende aux ishmaélites pendant que j’étais à Shechem pour apporter de l’onguent aux troupeaux et que Réuben était à Dotham avec tous nos stocks et notre nécessaire.

Réuben revint accablé ; il avait espéré le ramener sain et sauf à son père tandis que j’étais en colère contre Judah pour l’avoir laissé vivant, et j’eus durant 5 mois de la rancœur contre lui. C’est alors que Dieu me restreint et me priva du travail de mes mains : ma main droite était devenue à moitié sèche pendant 7 jours et je savais que cela m’arrivait à cause de Joseph.

Mais je m’en repentis, mes enfants ; je m’en lamentais, suppliant le Seigneur de me purifier du mal de la folie d’envie et me redonner ma main, car je reconnus avoir conçu par mon envie un acte de mal contre Joseph devant le Seigneur et devant mon père Jacob. Prenez garde mes enfants au mauvais esprit d’envie, car l’envie arrive à contrôler la pensée d’un homme en le privant de manger, de boire, et faire du bien, jusqu’à le pousser à détruire l’envié ; et l’envieux dépérit mais l’envié fleurit.

Pendant 2 ans, jour pour jour, j’affligeais mon âme par le jeûne et la crainte de Dieu, car j’appris que la délivrance de l’envie vient par la crainte de Dieu ; et lorsqu’un homme accoure vers le Seigneur, l’esprit du mal fuit de lui et penser devient facile, jusqu’à sympathiser avec l’envié. Notre envie s’arrête en ne condamnant pas ceux qui nous aiment. Je me repentis plus qu’eux tous, car j’étais coupable de la vente de Joseph. Mon père me questionna en me voyant accablé, mais je lui dis que j’avais mal au foie.

Quand nous sommes descendus en Égypte et que Joseph nous traita d’espions, je ne me plains pas, car je savais que ma souffrance était justice. L’esprit de Dieu était avec lui, un bon homme plein de pitié et compatissant qui n’avait aucune malice contre moi, non ! Il m’aimait autant que le reste de ses frères. Prenez garde mes enfants à la jalouse et l’envie. Marchez avec votre âme bien unie au cœur pour préserver l’esprit [des frères] de votre père, et qu’ainsi Dieu mette en vous sa grâce, en gloire et bénédiction sur vos têtes, comme j’ai vues en lui. Tous ces jours, il nous fit aucun reproche à ce sujet mais il nous aimait comme sa propre âme, au milieu de ses propres fils ; il nous louangea et donna librement à tous des richesses, troupeaux et fruits.

Mes ¦enfants, que chacun de vous aime son frère avec bon cœur. Retirez de vous l’esprit d’envie dont la pensée est sauvage et qui détruit le corps, les déviant dans l’agitation de la colère jusqu’à se battre au sang, et devenue enragée la pensée n’a ni distinction, ni tolérance, entre les hommes. L’esprit d’envie enlève le sommeil et engendre le tumulte d’âme et l’agitation du corps ; dans son sommeil même les mauvaises jalousies font dévier son âme grugée par de mauvais esprits dérangeant qui mettent l’agitation dans son corps jusqu’à ce que sa conscience soit dans la confusion totale, croyant avoir un esprit pervers et méchant, comme ceux qui apparaissent aux hommes. Joseph avait ce comportement loyal et bon à voir où aucune méchanceté ne se trouvait. Mais un esprit détraqué se reflète au visage.

Mes enfants, efforcez-vous d’avoir bon cœur devant le Seigneur et de marcher droit devant les hommes pour trouver grâce devant les hommes et Dieu. Prenez garde de faire la fornication, la mère de toutes malfaisances, qui séparent de Dieu et rapprochent de Béliar. J’ai vu dans les écritures de Hénoc que vos fils se livreront à la fornication et feront tort à Lévi par l’épée, mais ne prévaudront pas contre Lévi parce qu’il engagera la guerre du Seigneur et vaincra toutes vos légions jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un peu, divisés entre Lévi et Judah, et que plus aucun d’entre vous n’aie de souveraineté, comme Jacob mon père prophétisa par ses bénédictions. Voici que je vous ai déclaré toutes choses pour affranchir vos âmes du péché. Retirez maintenant toute envie de vous et toute la raideur de votre nuque. Ainsi mes os fleuriront comme une rose en Isræl et ma chair comme un lilas en Jacob ; ma senteur sera comme celle du Liban et de moi les saints êtres se multiplieront à jamais et s’étendront très loin comme les branches des cèdres.

La semence de Canaan périra et il ne restera plus trace d’Amalek ; tout le peuple d’Ellasar périra et les hittites seront tous complètement détruits, la terre de Ham tombera et toute personne périra ; la terre entière se reposera des troubles et le monde des guerres, sous le ciel. 

Shem sera glorifié quand le Seigneur Dieu, le Puissant d’Isræl, apparaîtra sur terre comme un humain et Adam par lui sera sauvé. Tous les esprits d’erreur seront livrés à être foulés aux pieds et les hommes surmonteront les mauvais esprits. Je me lèverais de joie pour bénir le Très-haut de ses merveilleuses actions, car Dieu aura pris corps et mangé avec les hommes et les aura sauvés.

Dès maintenant mes enfants, obéissez à Lévi pour être rachetés en Judah. Ne vous rebellez pas contre ces 2 tribus, car pour vous le salut de Dieu se lèvera d’eux : le Seigneur se lèvera de Lévi comme un sacrificateur et de Judah comme un roi, humain et divin, pour sauver la race d’Isræl et tous les peuples. Enseignez à vos enfants toutes ces choses que je vous déclare pour les garder dans leurs générations.

Ayant fini l’instruction de ses fils, Siméon dormit avec ses pères à l’âge de 120 ans. Ils le déposèrent dans un coffre de bois incorruptible et portèrent ses os à Hébron durant un conflit des égyptiens. Ils les emportèrent en secret, car les égyptiens gardaient les os de Joseph dans la maison du trésor du palais ; les sorciers leur avaient dit qu’au départ des os de Joseph, il y aurait une très grande plaie sur les égyptiens et l’ombre de la noirceur sur toute l’Égypte au point qu’un homme ne reconnaîtra pas son frère même avec une lampe.

Les fils de Siméon pleurèrent leur père selon la loi du deuil. Ils furent en Égypte jusqu’au jour de leur départ d’Égypte, par la main de Moïse.

TESTAMENT DE LÉVI concernant l’arrogance du sacerdoce

Transcription des paroles de Lévi, des choses qu’il appointa à ses fils conformément à tout ce qu’ils doivent faire et les choses qui leur arriveront jusqu’au jour du jugement. Il les appela à lui quand il lui fut montré qu’il devait mourir, étant encore en bonne santé. Quand ils furent réunis ensemble, il leur dit :

―    Moi Lévi, je fus conçu et naquis à Haran, je partis ensuite avec mon père à Shechem. J’étais jeune de 20 ans environ quand Siméon et moi cherchions à venger notre sœur Dinah contre Hamor. Nous nourrissions nos troupeaux à Abel-Maul lorsqu’un esprit de discernement vint sur moi du Seigneur et je vis tous les hommes souiller leur voie : l’injustice se construisit des murs et sur les tours la malfaisance assise. Je me lamentais pour la race des hommes et priais le Seigneur d’être sauvé. Un sommeil tomba sur moi : je me tenais sur une haute montagne – la montagne Aspis en Abel-Maul, et voici que les cieux s’ouvrirent et un ange de Dieu me dit :

―   Entre Lévi !

J’entrais du 1er au 2e ciel, et je vis là l’eau suspendue entre l’un et l’autre. Je vis un 3e ciel beaucoup plus lumineux que ces deux-là, car en lui était une hauteur sans limite. Et je demandai à l’ange :

―        Pourquoi est-ce ainsi ?

―   Ne t’émerveille pas de ceux-là, me dit l’ange, car tu verras 4 autres cieux sans comparaison, plus lumineux qu’eux, quand tu seras soulevé de ce côté-ci et que tu te tiendras près du Seigneur ; car tu seras son ministre pour révéler ses secrets aux hommes et annoncer celui qui rachètera Isræl. Le Seigneur se manifestera d’entre les hommes par toi et par Judah [pour sauver chaque race humaine]. Ta vie sera de la portion du Seigneur : il sera ton champ et vignoble, fruits, or et argent.

Écoute maintenant en ce qui concerne les cieux qui t’ont été montré :
Le plus bas est sombre et voit tous les actes injustes des humains.
Au 2esont tous les esprits de vengeance et rétributions du Seigneur contre les sans-lois : feu, neige, et glace, préparés à l’ordre du jour du juste jugement de Dieu.
Au 3e sont les chefs des armées qui font vengeance sur les esprits d’erreur de Béliar à l’ordre du jour du jugement.
Et ceux du 4e et au-dessus sont saints.
Au plus haut de tous, la grande gloire habite dans le saint des saints au-delà de toutes saintetés. En lui sont les anges de la présence du Seigneur pour servir et faire des apaisements auprès du Seigneur pour tous les péchés d’ignorance des justes – raisonnable parfum d’odeur douce et offrande sans sang présentés devant le Seigneur ; ils sont aussi les messagers de l’Entête des jours et louanges au Seigneur. En lui sont les anges qui portent les réponses aux anges de la présence du Seigneur.

Dans le ciel suivant sont les trônes et les gouvernements qui adressent à Dieu de continuelles louanges.  Quand le Seigneur regarde vers nous, nous en sommes tous traumatisés : Oui, les cieux, la terre et les abysses sont ébranlés en présence de sa majesté lorsque les fils des hommes pèchent ; ils provoquent le Très-haut et n’ont aucune perception de ces choses. Apprenez ce que le jugement du Seigneur produit sur les fils des hommes : les rochers se fendent, le soleil se refroidit, les eaux s’assèchent, et le feu se rétracte – et lorsque toute la création est dérangée et que les esprits invisibles se dissipent suite aux incursions du Très-haut, le shéol en emporte les dépouilles. Les humains incrédules qui persistent à faire du mal seront jugés et châtiés à ce compte.

Le Très-haut a entendu ta prière de te séparer du mal et devenir un fils pour lui au service du ministère [service] de sa présence ! Tu allumeras la lumière de la connaissance en Jacob, tu seras comme le soleil pour toute la semence d’Isræl, en bénédiction pour toi et ta semence, jusqu’à ce que le Seigneur visite tous les peuples dans ses grâces tendres à jamais. À cet effet, le conseil [sagesse] et le discernement [intelligence] t’ont été accordés pour que tu instruises tes fils, car qui le bénit sera béni, qui le maudit périra.

L’ange m’ouvrit les portes du ciel. Je vis le temple sacré et le trône de gloire, d’où Très-haut me dit :

―   Lévi, je t’ai accordé les bénédictions du sacerdoce, jusqu’à ce que je vienne séjourner au milieu d’Isræl !

L’ange qui me ramena à la terre me donna un bouclier avec une épée ; il me dit :

―   Fais vengeance sur Shechem à cause de ta sœur Dinah. Le Seigneur m’a envoyé avec toi !

C’était maintenant le moment de détruire les fils de Hamor d’après ce qui est écrit aux tablettes célestes. Je lui dis :

―   Je te prie de me dire ton nom seigneur pour t’appeler au temps des épreuves.

―   Je suis l’ange qui intervient pour que la race d’Isræl ne soit pas entièrement anéantie par l’attaque de tout esprit, dit-il.

Après ces choses, je me réveillais et bénis le Très-haut, et l’ange qui intervient pour tous les justes de la race [racine] d’Isræl !  C’est en allant chez mon père que je trouvais un bouclier de laiton à la montagne nommée Aspis, près de Gébal, du côté droit [sud]d’Abila, mais je gardais ces paroles dans mon cœur.  Je conseillais à mon père et à Réuben mon frère de proposer aux fils de Hamor de se faire circoncire, mais parce que j’étais zélé à cause de l’abomination qu’ils avaient faite à ma sœur, je tuais Shechemle premier et Siméon tua Hamor, puis nos frères vinrent et frappèrent la ville au tranchant de l’épée.

Notre père se lamenta, entendant qu’ils avaient reçu la circoncision et ensuite la mort ; il fut en colère et dispensa ses bénédictions différemment pour nous, car nous avions péché en agissant contre sa volonté : ce jour-là il eut du dégout mais je connaissais que Dieu avait décrété du mal sur Shechem, car ils avaient cherché à faire de notre sœur Dinah ce qu’ils auraient fait à Sarah si le Seigneur ne les en avait empêché. Ils avaient persécuté notre père Abraham parce qu’il était étranger ; ils avaient ravagé ses troupeaux qui s’étaient multipliés et maltraitèrent honteusement Jeblæ, son serviteur né dans sa maison. C’est ainsi qu’ils agissaient avec tous les étrangers, prenant de force leurs femmes, et les hommes partaient eux-mêmes en exil. Mais la colère de Dieu est tombé sur eux soudainement, jusqu’au dernier. Et je dis à mon père :

―        N’aie pas de colère en toi, car le Seigneur réduira les canaanites à néant pour leur terre soit à toi et à ta semence après toi. Qu’à partir de maintenant Shechem s’appelle ville-de-ceux-qui-sont-fous ; car nous nous sommes moqués d’eux comme on se moque d’un fou parce qu’ils ont eu la folie de souiller notre sœur en Isræl.

Nous sommes partis en reprenant notre sœur et sommes allés à Béthel. Après y avoir passé 7 jours, je vis de nouveau une chose comme la précédente : je vis 7 hommes en vêtement blanc qui me dirent :

―   Lève-toi, mets la robe du sacerdoce, la couronne de justice, le bustier de compréhension, le vêtement de vérité, le bandeau de la foi, la tiare du miracle et l’éphod de la prophétie !

Chacun d’eux apporta chaque chose et les mirent sur moi en disant :

―   Deviens un sacrificateur du Seigneur, toi et ta semence, à compter d’aujourd’hui et à jamais !  Le 1er me oint d’huile sainte et me donna le bâton du jugement.
Le 2e me lava d’eau pure et me nourrit de pain et de vin, les plus saintes choses, et m’attribua une robe sainte et glorieuse.
Le 3e me vêtit d’une veste d’éphod en lin
Le 4e mit autour de moi une ceinture comme violet.
Le 5e me donna une généreuse branche d’olive.
Le 6e plaça sur ma tête une couronne.
Le 7e plaça sur ma tête un bandeau de sacrificateur et remplit mes mains d’encens pour servir comme sacrificateur du Seigneur.

Et ils me dirent :

―   La semence de Lévi sera séparée en 3 services comme signe de la gloire du Seigneur à venir : Le 1e sera celui de la foi, et aucun lot ne sera plus grand que le sien !
Le 2e sera du sacerdoce.
Le 3e sera appelé sous un nouveau nom lorsqu’un roi se lèvera dans Judah et établira un nouveau sacerdoce pour tous les peuples. Sa présence¦ sera comme celle d’un prophète du Très-haut, de la semence de notre père Abraham.
Toutes choses désirables en Isræl seront pour toi et ta semence ; tu mangeras de toutes choses agréables à regarder à la table du Seigneur en portion pour ta semence ; certains d’entre eux seront chefs sacrificateurs, juges et scribes, et par leur bouche la sainteté du lieu sera préservée ! Quand je me réveillais, je savais que cette chose était comme la précédente et je gardais aussi cela dans mon cœur sans rien dire à personne sur terre. Deux jours après Judah et moi partîmes avec notre père Jacob chez Isaac, le père de mon père ; mon grand-père me bénit conformément à toutes les paroles des visions que j’avais vues. Il ne vint pas avec nous à Béthel.

Arrivés à Béthel, mon père Jacob eut une vision que je serais pour eux le sacrificateur de Dieu et il se leva tôt en matinée et paya à travers moi les dîmes de tout au Seigneur. Puis nous sommes partis habiter à Hébron. Isaac m’appelait constamment pour me faire mémoriser les lois du Seigneur comme l’ange de Dieu me l’avait montré. Il m’apprit les lois du sacerdoce : sacrifices, offrandes par le feu, premiers-fruits, offrandes de bonne volonté et offrandes de remerciement. Il m’instruit chaque jour et s’occupait de moi devant le Seigneur, et me dit :

―   Prends garde que l’esprit de fornication continue et que ta semence pollue les choses saintes. Prends-toi dans ta jeunesse une femme non-infirme, ni souillée, ni de la race des nations étrangères.Baigne-toi avant d’entrer dans le lieu sacré. Lave-toi avant et après avoir présenté le sacrifice.
Présente au Seigneur [le parfum] des 12 arbres ayant toujours du feuillage.
Présente au Seigneur un sacrifice de toute bête pure et oiseau pur comme Abraham m’a fait.
Présente tous premiers-fruits et tous prémices de vin en offrande au Seigneur Dieu.
Mets du sel à chaque sacrifice.

Appliquez tout ce que je vous commande mes enfants, toutes les choses que j’ai entendues de mes pères et que je vous déclare. Voici, je suis pur de toutes vos infidélités et transgressions que vous commettrez à la fin des âges contre le messie du monde en agissant avec infidélité pour égarer Isræl et soulever à son encontre de grands malheurs du Seigneur. Car avec Isræl, ensemble vous transigerez sans égard à la loi jusqu’à ce qu’il ne puisse plus endurer Jérusalem à cause de votre malfaisance. Le voile du temple se déchirera quand votre honte sera mise à découvert et vous serez dispersés et captifs parmi les nations : vous serez refoulés aux pieds avec reproche et malédiction. La maison que le Seigneur choisira sera appelée Ville de paix comme il est écrit dans le livre du juste Hénoc.

Quand j’eus 28 ans je pris une femme du nom de Melcha ; elle conçut et porta un fils que je nommais Gershom parce que nous étions exilés de notre terre, car Gershom signifie exil, mais je vis à son sujet qu’il ne serait pas au premier rang.  À mes 35 ans, Kéhat naquit vers l’est et je vis en vision qu’il se tenait en haut, au milieu de toute l’assemblée ; aussi je le nommais Kéhat pour signifier le commencement d’instruction et de majesté. Dans la 40e année de ma vie, elle me porta Mérari en 3e ; et comme elle le porta avec difficulté, elle le nomma Mérari, ce qui signifie mon amertume, et aussi parce qu’il allait mourir. Iochebed naquit à mes 64 ans, alors que j’étais reconnu au milieu de mes frères en Égypte. Gershom prit femme et elle lui porta Lomni et Semei. Les fils de Kéhat sont Amram, Istar, Hébron et Ouziel. Les fils de Mérari sont Mahli et Moushi. À mes 94 ans, Amram prit ma fille Iochebed pour femme ; lui et ma fille sont nés le même jour.

J’avais 8 ans quand je suis entré au pays de Canaan, et 18 ans quand je tuais Shechem ; à 19 ans je devins un sacrificateur ; à 28 ans je pris femme ; à 40 ans j’entrais en Égypte. Et voici vous êtes mes enfants de la 3e génération. Joseph mourut à mes 118 ans.

Et maintenant mes enfants, je vous commande de craindre notre Seigneur de tout votre cœur, et de marcher dans toutes ses lois avec simplicité. Apprenez à vos enfants les lettres pour qu’ils aient toute leur vie de la compréhension en lisant sans cesse la loi de Dieu ; car celui qui connait la loi de Dieu sera honoré et ne sera pas un étranger, n’importe où qu’il aille : oui il obtiendra plus d’amis que ses parents et beaucoup d’hommes voudront entendre la loi de sa bouche et le servir.

Agissez bien sur terre, mes enfants, afin que vous ayez un trésor au ciel.  Semez de bonnes choses en vos âmes pour les retrouver dans votre vie ; mais si vous semez le mal, vous en récolterez l’agitation de la douleur. Obtenez la sagesse avec précaution par crainte de Dieu et méditez qu’il y aura une conduite en captivité ; destruction des villes et des terres, plus d’or, ni d’argent, ni possessions – mais que rien ne peut prendre la sagesse du sage.
Sauvez l’aveugle des impuretés, et le sauvage des péchés, car celui qui se garde de ces mauvaises choses, la sagesse sera pour lui une gloire parmi ses ennemis même et une patrie dans un pays étranger, et il se trouvera un ami au milieu d’ennemis.
L’homme qui enseigne ces choses et les fait sera mis sur un trône avec les rois comme le fut mon frère Joseph.

Mes enfants, j’ai appris dans les écritures de Hénoc que vous vous tournerez contre le Seigneur à la fin des âges, vous étendrez vos mains avec malveillance [contre lui] et vous serez méprisés de tous les peuples. Notre père Isræl est pur des péchés des chefs sacrificateurs [qui mettront leurs mains sur le messie du monde].

Soyez purs comme le ciel au-dessus la terre, vous mes enfants qui êtes les lumières d’Isræl, comme le soleil et la lune. Mais que feront tous les idolâtres si vous êtes sombres de péchés ? Oui, les malédictions viendront sur notre race quand vous commencerez à enseigner vos règles contraires aux ordonnances de Dieu et qui détruiront la lumière donnée par la loi pour éclairer, vous et tous les hommes :
–     vous volerez les offrandes du Seigneur ;
–     vous volerez les parts de choix de sa portion et les mangerez avec dédain avec des prostituées ;
–     vous enseignerez les lois du Seigneur par convoitise ;
–     vous souillerez les femmes mariées, [vous profanerez les vierges de Jérusalem], et vous vous joindrez aux prostituées et adultères ;
–     vous marierez les filles des idolâtres en les purifiant d’une purification illicite et votre union sera comme Sodome et Gomorrhe ;
–     vous vous gonflerez à cause du sacerdoce, vous élevant vous-mêmes contre les hommes et contre les lois de Dieu aussi ;
–     vous aurez du mépris pour les choses sacrées en vous moquant et riant.
Le temple de choix du Seigneur deviendra le dépotoir de vos impuretés. Vous serez captifs chez toutes les nations ; vous serez pour eux en abomination et recevrez le blâme de la honte éternelle par le juste jugement de Dieu : tous ceux qui vous haïssent se réjouiront de votre destruction, et si vous ne receviez pas miséricorde par nos pères Abraham, Isaac et Jacob, aucun de notre semence ne serait laissé sur terre…

J’ai appris dans le livre de Hénoc que vous dévierez et profanerez le sacerdoce pendant 70 semaines, en polluant les sacrifices et annuler la loi pour réduire à néant les paroles des prophètes par perversité. Vous persécuterez les hommes droits et haïrez les croyants : les paroles de foi vous seront en horreur. [Vous traiterez d’imposteur l’homme qui rétablira la loi par le pouvoir du Très-haut ; vous vous hâterez de le tuer sans connaitre sa dignité et verserez le sang innocent sur vos propres têtes.] Vos lieux saints seront pollués jusqu’à terre et il n’y aura aucun lieu qui soit pur. Dispersés, vous serez en malédiction chez les peuples jusqu’à ce qu’il vous visite et vous reçoive par pitié [par la foi et l’eau]. Et parce que vous avez entendu concernant les 70 semaines, écoutez aussi concernant le sacerdoce, car chaque jubilé a un sacerdoce :

Au 1e jubilé, le 1e oint du sacerdoce sera grand et parlera à Dieu comme à un père. Son sacerdoce sera parfait auprès du Seigneur et il sera relevé au jour de joie par le salut du monde.

Au 2e jubilé, celui qui est oint sera conçu dans la peine des bienaimés ; son sacerdoce sera honoré et glorifié de tous.

Le 3e sacrificateursera saisi par la douleur.

Le 4e sera dans la douleur, car l’injustice s’assemblera extrêmement contre lui, et tout Isræl haïra chacun son prochain.

Le 5e sera saisi par l’obscurité, le 6e et le 7e également aussi ; il y aura tellement d’impuretés au 7e que je suis incapable d’en parler devant les hommes, mais ils sauront qui fait ces choses, car ils seront pris en captivité [ils seront en proie] et leur terre et leurs avoirs détruits.

Dans la 5e semaine, ils retourneront dans leur pays ravagé pour renouveler la maison du Seigneur.

Dans la 7e semaine viendront les sacrificateurs idolâtres, adultères, amants de l’argent, orgueilleux, sans-lois, débauchés, abuseurs d’enfants et d’animaux.

Après que leur punition vienne de la part du Seigneur, le sacerdoce cessera. Le Seigneur élèvera alors un nouveau sacrificateur à qui toutes les paroles du Seigneur seront révélées pour exécuter un juste jugement sur la terre pendant une multitude de jours. Son étoile s’élèvera comme celle d’un roi dans le ciel pour éclairer comme le soleil de jour par la lumière de la connaissance ; il sera magnifié dans le monde [jusqu’à son ascension] : il sera aussi éclairant que le soleil de la terre et chassera toute obscurité sous le ciel, et il y aura paix dans toute la terre. Les cieux jubileront en ses jours, la terre sera heureuse et les nuages se réjouiront ; la connaissance du Seigneur se déversera sur la terre comme l’eau des mers et les anges de la présence de la gloire du Seigneur, satisfaits en lui, car les cieux s’ouvriront et la voix du Père, comme celle d’Abraham à Isaac, viendra dans la sainteté du temple de gloire sur lui. La gloire du Très-haut sera publiée par lui et l’esprit saint de compréhension restera sur lui [dans l’eau], car il donnera en vérité majesté au Seigneur auprès de ses fils à toujours et il n’y aura personne pour le succéder dans toutes les générations.

Dans son sacerdoce, la connaissance des peuples grandira sur la terre et éclairera par la grâce du Seigneur. Dans son sacerdoce, le péché viendra à sa fin et les sans-lois cesseront de faire le mal [le juste se reposera en lui]. Il ouvrira les portes du paradis [jardin] et retirera l’épée menaçant Adam ; il donnera [à ses] aux saints à manger de l’arbre de vie et l’esprit de sainteté sera sur eux. Par lui Béliar sera lié, et il donnera à ses enfants le pouvoir de piétiner les mauvais esprits. Le Seigneur se réjouira en ses enfants, le Seigneur sera bien heureux pour toujours en ses bienaimés, alors Abraham, Isaac et Jacob jubileront et je serais content, et tous les saints se revêtiront de joie.

Maintenant que vous avez tout entendu mes enfants, choisissez pour vous la lumière de la loi du Seigneur ou l’obscurité des méfaits de Béliar !

―    Nous marcherons devant le Seigneur en accord avec ses lois ! avons-nous répondu à notre père.

―    Le Seigneur est témoin, ses anges sont témoins, vous êtes témoins et je suis témoin de la parole de votre bouche ! dit notre père.

―    Nous sommes témoins ! lui avons-nous dit.

Lévi cessa ainsi de donner charge à ses fils. Il étira ses pieds [sur le lit] et fut réuni à ses pères après avoir vécu 137 ans. Ils l’allongèrent dans un coffre et l’enterrèrent à Hébron avec Abraham, Isaac et Jacob.

Ordre de marche des tribus avec le Tabernacle de Dieu


TESTAMENT DE JUDAH sur l’amour de l’argent et la fornication

Transcription des paroles de Judah, des choses qu’il dit à ses fils avant de mourir. Ils étaient venus vers lui se réunirent ensemble et il leur dit :

―    Je suis le 4e fils né de mon père et ma mère m’appela Judah, disant, Je remercie le Seigneur qui m’a donnée un 4e fils !  À ma jeunesse, j’étais rapide et énergique, obéissant à mon père en toutes choses ; je respectais ma mère et la sœur de ma mère. Quand je devins un homme et que mon père avait prié pour moi, il me dit :

―   Tu seras un roi prospère en toutes choses.

Le Seigneur se montra favorable à tous mes travaux, à la fois aux champs et à la maison. Quand je vis que je pouvais courir après une biche, je l’attrapais et j’apprêtais la viande pour mon père. Je saisissais les chevreuils à la course, je dépassais tous ceux qui étaient dans les plaines. Je dépassais une jument sauvage et l’attrapais pour la dompter. J’ai tué un lion pour retirer un petit de sa gueule. J’ai saisi un ours par sa patte et l’envoyais rouler contre une falaise, et si une bête se tournait contre moi je la déchirais comme un chien. Je rencontrais le sanglier sauvage en le dépassant à la course et je l’éventrais. À Hébron j’attrapais la queue du léopard qui avait sauté sur le chien, je le projetais au loin et il s’écrasa sur les côtes de Gaza. Je pris les cornes d’un taureau sauvage qui mangeait le champ, je le fis tourner pour l’étourdir et je le projetais loin de moi et le tuais.

Lorsque 2 rois des canaanites, et beaucoup de gens avec eux, nous firent la guerre pour les troupeaux, je me suis précipité sur le roi Sur ; je l’attrapais et le frappais aux jambes, je le traînais en bas et le tuais, ainsi que Taphue, l’autre roi assis sur son cheval, et tous les gens se dispersèrent. Je tuais le roi Achor, un homme d’une taille géante, qui lançait des flèches par devant et derrière, assis à dos de cheval ; j’envoyais une pierre d’un poids de 27 kilos, la lançant sur son cheval, je le tuais puis je me suis battu pendant 2 heures avec Achor et le tuais ; je fendis son bouclier en deux et retranchais ses pieds, et lorsque je déchirais sa cuirasse, 8 de ses compagnons voulurent se battre contre moi, alors j’enroulais mon vêtement autour de ma main et je décochais des pierres sur eux, tuant 4 d’entre eux, et le reste s’enfuit. Mon père Jacob tua Beelisa, le roi de tous les rois, de la force d’un géant et d’une hauteur de 6 m ; la peur tomba sur eux et ils cessèrent de nous faire la guerre.

Depuis mon père ne faisait plus attention aux guerres quand j’étais parmi mes frères, car il avait eu une vision à mon sujet qu’un ange puissant me suivait partout pour que je ne sois pas vaincu.

Au sud, il tomba sur nous une plus grande guerre que celle de Shechem et je me joins au rang pour combattre avec mes frères ; j’ai poursuivi 1,000 d’hommes et en ai tués 200 hommes et 4 rois parmi eux ; allé contre eux je tuais 2 autres rois sur le mur ; ainsi nous libérâmes Hébron et reprîmes tous les captifs des rois.

Le jour suivant nous sommes partis à Areta, une ville forte, murée et inaccessible, menaçante à mort. Moi et Gad avons approchés le côté est de la ville, Réuben et Lévi l’ouest et le sud. Ceux qui se trouvaient sur le rempart pensèrent que nous étions seuls et nous attaquèrent en bas tandis que nos frères montaient secrètement de chaque côté du mur avec des échelles et entrèrent dans la ville sans que les hommes le sachent ; nous les avons frappés du tranchant de l’épée, et pour ceux qui s'étaient réfugiés dans la tour, nous y avons mis le feu et les attrapèrent tous.

Comme nous partions, les hommes de Thaffu tombèrent sur nos captifs, mais nous et nos fils les avons repris et nous sommes allés se battre contre eux jusqu’à Thaffu même ; nous les avons tués et brûlé leur ville, endommageant tout ce qui s’y trouvait. Je me trouvais aux eaux de Chuzeba quand les hommes de Jobel vinrent nous combattre ; nous nous sommes battus contre eux et leurs alliés de Selom, les tuant sans leur donner aucun moyen de nous échapper, ni de revenir contre nous.

Au 5e jour, les hommes de Machir descendirent contre nous pour reprendre nos captifs ; nous les avons attaqué et les avons vaincu en fier combat ; ils étaient ensemble forts d’eux-mêmes mais nous les avons tué avant qu’ils montent la colline. Quand nous sommes arrivés à leur ville, leurs femmes firent rouler sur nous des pierres du pic de la colline où la ville se tenait ; nous nous sommes cachés derrière la ville, Siméon et moi, pour nous emparer des hauteurs et nous avons complètement détruit la ville.

Le jour suivant, on nous rapporta que les villes de 2 rois et une grande assemblée venaient contre nous, alors nous nous sommes déguisés en amorites, Dan et moi, et nous sommes allés dans leur ville comme des alliés. Nous avons ouvert les portes à nos frères qui vinrent dans la nuit profond et avons détruit tous les hommes et leur nécessaire, emportant en butin tout ce qui était à eux ; nous avons fait tomber leurs 3 murs et sommes partis vers Thamma qui était le refuge de tous les rois hostiles. J’étais en colère d’avoir été blessé et chargeais contre eux au pic de la colline mais ils me jetèrent des pierres et des flèches ; et s’il n’y avait eu mon frère Dan pour m’aider, ils auraient pu me tuer. Nous sommes montés en colère contre eux et tous s’enfuirent, mais passant par un autre chemin ils supplièrent mon père de faire la paix avec eux. Nous ne les avons donc pas frappés mais avons fait une trêve avec eux et leur avons rendu tous les captifs.

J’avais 20 ans, je construisais Thamna et mon père construisait Rhambael quand cette guerre arriva, et les canaanites me craignirent, moi et mes frères. J’avais un troupeau nombreux et le chef de mes bergers était Iran l’adullamite. Je me rendais vers lui quand je vis Barsan [Shua], roi d’Adullam. Il nous fit un festin et il me conjura de prendre sa fille Batshua pour femme. Elle me porta Er, Onan, et Shelah. Le Seigneur frappa 2 d’entre eux afin de mourir sans enfant mais Shelah vécut et ses enfants sont ici. Notre père et nous avons vécu 18 ans en paix avec Ésau son frère, et ses fils avec nous, après notre départ chez Laban en Mésopotamie.

Dans la 40e année de ma vie, après 18 ans complets, Ésau le frère de mon père vint contre nous avec un peuple nombreux et fort, mais il tomba sous l’arc de Jacob et aurait été tué même s’il serait allé plus loin qu’Iramna ; il fut porté mort jusqu’au mont Séir. Nous poursuivîmes les fils d’Ésaü, mais ils avaient une ville aux murs de fer et des portes de cuivre, et nous n’avons pas pu y entrer. Nous les avons mis en état de siège en campant autour, et après 20 jours qu’ils n’ouvraient pas je plaçais une échelle à la vue de tous, et avec mon bouclier au-dessus de ma tête je grimpais, étant assailli de pierres de 78 kg, et une fois en haut je tuais 4 puissants d’entre eux.

Le jour suivant Réuben et Gad entrèrent et en tuèrent 60 autres. Ils demandèrent nos conditions de paix connaissant le principe de notre père, et nous les acceptâmes comme tributaires ; ils nous donnèrent [200] 500 homersde blé, 500 batsd’huile et [1,500] 500 mesures de vin, ce jusqu’à notre départ en Égypte.

Après ces choses mon fils Er prit pour femme Tamar de Mésopotamie, une fille d’Aram. Mais Er fut mauvais et douta de Tamar parce qu’elle n’était pas de Canaan. Dans la nuit du 3e jour, un ange du Seigneur le frappa conformément à la méchante sorcellerie de sa mère. Il ne la connut pas, car il ne souhaitait pas avoir d’enfant avec elle. Aux jours de fête du mariage, je la mariais à Onan, et par méchanceté lui aussi ne la connut pas, même s’il demeura avec elle une année ; je le menaçais et il coucha avec elle suivant la recommandation de sa mère, et lui aussi mourut de sa méchanceté. J’espérais la donner aussi à Shelah mais Batshua ma femme ne le supporta pas, ayant une hargne contre Tamar parce qu’elle n’était pas des filles de Canaan comme elle l’était. Je sus alors que la race canaanite était mauvaise, mais les pensées de jeunesse aveuglaient mon cœur, et quand je la vis verser du vin, je fis l’erreur de tomber devant elle dans l’ivresse et tandis que j’étais absent elle alla prendre pour Shelah une femme de Canaan. Quand j’appris ce qu’elle avait fait, je la maudis dans l’angoisse de mon âme et elle mourut aussi de la méchanceté de ses fils.

Deux ans après ces choses, Tamar étant encore veuve, elle entendit que j’allais tondre mes moutons et se vêtit de façon nuptiale pour s’asseoir à la porte de la ville Énaim, suivant une règle des amorites que celle qui va se marier s’assit à la porte pendant 7 jours pour la fornication. Je m’étais enivré aux eaux de Chozeb [Kobeza] et ne l’ai pas reconnue à cause du vin ; et sa beauté me séduisit par le style de son habillement. Tournant de son côté, je dis que je voulais entrer en elle, et elle me dit, Que me donneras-tu ? Et je lui remis mon bâton, ma ceinture et mon bandeau royal pour coucher avec elle, et elle conçut.

Ne sachant pas ce qu’elle avait fait, je voulus la tuer, mais elle envoya secrètement mes gages et me mit dans la honte. Mais par crainte, me disant qu’elle ait agi par ruse d’avoir reçu le gage d’une autre femme, aussi je l’appelais et entendis les mots secrets que j’avais prononcés couché avec elle dans mon ivresse et je ne pus la tuer, car cela venait du Seigneur. Je ne vins jamais plus près d’elle jusqu’à ma mort, car j’avais fait cette abomination dans tout Isræl. De plus, ceux qui étaient dans la ville dirent qu’il n’y avait aucune fiancée dans la ville puisqu’elle venait d’une autre place ; elle s’était assise un instant à la porte sans que personne ne sache que j’avais été en elle. Après cela, partis à cause de la famine nous sommes vers Joseph en Égypte. J’étais âgé de 46 ans et j’y ai vécu 73 ans.

Écoutez maintenant votre père dans toutes choses que je vous commande mes enfants. Gardez toutes mes paroles en obéissance aux lois de Dieu et appliquez les ordres du Seigneur. Ne pas marchez pas suivant vos convoitises, ni vos pensées imaginaires dans l’arrogance de votre cœur. Ne vous glorifiez pas des actes de votre force de jeunesse, car cela est mauvais aux yeux du Seigneur, ainsi que je me glorifiais des guerres et que jamais visage de belle femme ne me tromperait. Je faisais des reproches à Réuben au sujet de Bilhah la femme de mon père, jusqu’à ce que les esprits d’envie de fornication disposent de moi et que je tombe devant Batshua la cananéenne et Tamar l’épouse de mes fils. J’avais dit à mon beau-père que je consulterais mon père avant de prendre sa fille ; mais lorsqu’il me montra une réserve d’or sans limite – car il était roi, pour couvrir sa fille d’or et de perles, j’incitais la fête à ce compte et de nous verser du vin de toute sa beauté féminine. Le vin mit mes yeux dans l’erreur et le plaisir aveugla mon cœur, car je l’aimais et la prise pour femme : je suis tombé dans le péché vis-à-vis des ordres de mes pères et du Seigneur, et le Seigneur me rétribua d’après la pensée de mon cœur, et je n’eus aucune joie dans les enfants.

Ne vous enivrez pas de vin mes enfants, car le vin détourne à penser en vérité et incite la convoitise des passions qui induisent l’erreur aux yeux. Le vin sert l’esprit de fornication et donne à penser aux plaisirs, et tous deux ôtent la force d’un homme. L’homme qui boit du vin jusqu’à l’ivresse dérange sa conscience avec des pensées perverses de fornication qui incitent son corps au charnel et faire le péché. Tel est le vin mes enfants et celui qui est ivre ne respecte aucun homme.

Ça m’a conduit à l’erreur, sans honte devant les gens de la ville et sous les yeux de tous quand je me suis tourné vers Tamar : je fis le grand péché de soulever le couvert de la honte de mes fils après avoir bu du vin. Je ne respectais l’ordre de Dieu non plus en prenant pour épouse une femme de Canaan. Aussi mes enfants, buvez du vin avec discrétion ! La discrétion est de boire aussi longtemps qu’un homme reste convenable, mais s’il dépasse cette limite l’esprit d’erreur entre dans sa pensée et change sa volonté ; il fait parler l’homme ivre avec perversité, le fait pécher sans honte jusqu’à s’exalter du déshonneur.

Judah n’avais pas réalisé que celui qui découvre la nudité, comme je mis à découvert, commet la fornication et tombe sous le pouvoir de la fornication pour en devenir esclave, au point que je donnais mon bâton d’appui de ma tribu, ma ceinture de mon pouvoir, et mon bandeau de la gloire de mon royaume. Je me repentis de ces choses et ne pris plus de vin, ni de viande, et n’avais aucune joie, jusqu’à mon vieil âge ; l’ange de Dieu me montra que les femmes dominent toujours, le roi pareillement au mendiant, elles retirent du roi sa gloire et du vaillant sa force, et du mendiant même le moindre appui qu’il lui reste dans sa pauvreté.

Soyez modérés au vin mes enfants sinon il y a 4 mauvais esprits : convoitise, colère, débauche, profit pervers.

Buvez du vin avec joie et retenue et dans la crainte de Dieu, et vous vivrez ! Mais si vous ne buvez pas avec retenue, la crainte de Dieu se retirera de vous : l’ivresse vient et dispose sans pudeur. Et si vous ne buvez pas du tout, prenez garde aussi de ne pas dire des paroles outrageuses ou querelleuses, ni de fausse accusation contre les lois de Dieu, car vous périrez avant votre temps. De plus le vin révèle aux étrangers les secrets des hommes et de Dieu à qui Dieu interdit de révéler, comme je révélais les lois de Dieu à Batshua la cananéenne ainsi que les secrets de mon père Jacob. Le vin est aussi cause de guerre et de confusion.

Je vous demande mes enfants de ne pas aimer l’argent, ni considérer la beauté des femmes, parce qu’au nom de l’argent et de la beauté je m’égarais avec Batshua la cananéenne. Je sais que pour ces 2 choses, vous qui êtes de ma lignée tomberez dans le mal, et même les hommes sages parmi mes fils dévieront : cela causera la diminution de la royauté de Judah que le Seigneur m’a accordé grâce à mon obéissance à mon père. Car jamais je ne désobéis à une parole de mon père Jacob et je fis toutes choses qu’il ordonna, quoi que ce soit. Abraham, le père de mon père, me bénit pour que je devienne roi en Isræl, et Isaac me bénit ainsi de la même façon : je sais que par moi la royauté sera établie.

Par les écrits du juste Hénoc, je sais le mal que vous ferez dans les derniers jours. Écoutez Judah votre père, mes enfants, et prenez garde à la fornication et à l’amour de l’argent qui nous séparent de la loi de Dieu, car :
–     ils nous rendent sans compréhension en aveuglant l’âme ;
–     ils empêchent toute compassion envers notre prochain et enseignent l’arrogance ;
–     ils nous lient aux tâches du mal en retirant toute bonté d’âme ;
–     ils dévorent notre chair et enlèvent le sommeil ;
–     ils retiennent les offrandes à Dieu, et
–     l’homme ne se souvient plus de la bénédiction ; il n’écoute plus quand un prophète parle et il s’offusque à une parole de Dieu.

L’esclave de ces 2 passions aveugles éloigne son âme de la loi sans pouvoir obéir à Dieu : il marchera dans la noirceur en plein jour. Car l’amour de l’argent conduit à l’idolâtrie. C’est à cause de l’argent que les hommes sombrent dans le désordre et la déviance en appelant dieux ceux qui ne sont pas Dieu ; c’est à cause de [l’amour de] l’argent que je perdis mes enfants, et si mon âme ne se serait humiliée par la pénitence de ma chair et par les prières de mon père Jacob, je serais mort sans enfant. Le Dieu de mes pères eut pitié de moi parce que j’agis par ignorance lorsque le prince d’erreur m’aveugla : j’ignorais que les péchés souillaient ma chair autant que l’être et je compris ma propre faiblesse, me croyant alors invincible.

Comprenez mes enfants qu’il y a 2 esprits qui sous-tendent l’homme : l’esprit véridique et l’esprit d’erreur.
[Et au milieu, l’esprit de compréhension permet à la pensée de se diriger partout suivant sa volonté].
Les véritables actions et les fausses actions des hommes sont inscrites sur leur poitrine ; le Seigneur connaît chacune d’elles et en aucun temps leurs actions ne peuvent se soustraire de lui, car tout a été inscrit sur les os de la poitrine devant le Seigneur et l’esprit de vérité en témoigne en dénonçant toutes choses ; celui qui pèche brûle dans son propre cœur et ne pourra lever la tête devant le juge.

Je vous commande d’aimer Lévi afin de pouvoir demeurer mes enfants, et ne pas vous glorifier contre lui sous peine d’être entièrement détruits : c’est à moi que le Seigneur a donné la royauté et à lui le sacerdoce, et il place la royauté sous le sacerdoce. À moi il a donné les choses sur la terre, à lui les choses aux cieux. Et comme le ciel est plus haut que la terre, le sacerdoce de Dieu est plus haut que la royauté sur la terre, [à moins de tomber dans le péché et se faire dominer par la royauté terrestre de la part du Seigneur].

L’ange du Seigneur m’a dit de lui :

―   Le Seigneur l’a choisi par-dessus vous pour approcher de lui et manger à sa table [en lui présentant] les premiers-fruits des meilleures choses des fils d’Isræl [mais tu seras la royauté de Jacob]. Tu seras parmi eux comme la mer, car justes et injustes seront ballotés comme dans la mer ; certains seront pris captifs quand d’autres se seront enrichis, ainsi aussi sera toute race des hommes en toi : ceux qui seront [appauvris] en danger seront pris en captivité et les autres deviendront riches par pillage [des avoirs des autres]. Ceux [rois] qui dirigent seront comme des monstres marins qui avalent les hommes comme des poissons ; ils mettront en esclavage les fils et filles d’hommes libres, ils pilleront maisons, terres, troupeaux, argent ; et avec la chair de beaucoup ils nourriront à tort les corbeaux et les grues. Ils s’accroitront par le mal et s’élèveront par la convoitise ; il y aura de faux prophètes pour persécuter tels des tempêtes tous les justes.

Le Seigneur apportera l’un contre l’autre sur eux des divisions et il y aura continuellement des guerres en Isræl et mon royaume sera amené à sa fin par des hommes d’une autre race jusqu’à ce que le salut d’Isræl vienne, jusqu’à l’apparition du Dieu de justice et que Jacob et tous les peuples puissent se reposer en paix, car il gardera la puissance de mon royaume à jamais. Le Seigneur me l’a juré par un serment qu’il ne détruira pas le royaume de ma semence à jamais.

J’ai beaucoup de peine pour mes enfants à cause de vos prostitutions que vous ferez contre le royaume par la sorcellerie et l’idolâtrie à suivre ceux qui ont des esprits, devins d’erreurs des démons… Vous ferez de vos filles des chanteuses prostituées, vous vous mélangerez avec les souillures des idolâtres, et pour ces raisons le Seigneur amènera sur vous la famine, la maladie contagieuse, la mort par l’épée, les ennemis qui assiègent, les insultes d’amis, le pillage des avoirs, l’incendie du temple de Dieu et la terre laissée comme un dépotoir ; vous-mêmes serez pris esclaves chez les idolâtres qui feront certains de vous eunuques pour leurs femmes jusqu’à ce que vous retourniez au Seigneur avec un cœur parfaitement repentant et marchiez dans tous les lois de Dieu. Alors le Seigneur vous visitera avec miséricorde et vous sortira de la captivité des idolâtres.

Après ces choses, l’étoile de paix de Jacob se lèvera sur vous. Un homme de ma semence se lèvera comme le soleil de justice, marchant avec les fils d’hommes avec justice et simplicité, en qui aucun péché ne se trouve ! Les cieux seront ouverts au-dessus de lui pour verser l’esprit de sainte bénédiction du Père qui se répandra sur lui, qui répandra un esprit de grâce sur vous pour lui être de véritables fils et marcher dans ses lois, du premier au dernier. Cette branche [qui sortira de moi] est celle du Très-haut Dieu et cette fontaine donne vie à tout ! Le sceptre de mon royaume brillera, de votre racine s’élèvera une tige et de là poussera un bâton de justice des peuples pour juger et sauver tous ceux qui en appellent au Seigneur. Après ces choses, Abraham, Isaac, Jacob, et [les chefs des tribus d’Isræl] mes frères et moi se relèveront seront en vie : Lévi premier, moi deuxième, Joseph troisième, Benjamin quatrième, Siméon cinquième, Issachar sixième, et tous ainsi de suite.

En bénédiction :
- Lévi reçut le Seigneur ;  moi, l’ange de la présence.
- Siméon, les pouvoirs de gloire  ;  Réuben, le ciel.
- Issachar, la terre ;  Zebulon, la mer.
- Benjamin, le tabernacle ; Dan, les lumières du ciel.
- Gad le soleil ; Asher l’olivier [la lune].
- Joseph, les montagnes ; Naphtali la graisse de la terre.

Il n’y aura plus d’esprit d’erreur de Béliar parce qu’il sera jeté pour toujours dans le feu. Il n’y aura qu’un peuple et une langue du Seigneur :
-  ceux qui sont morts en peine se lèveront de joie ;
-  ceux qui s’étaient appauvris pour la cause du Seigneur deviendront riches ;
-  ceux qui étaient dans le besoin seront comblés ;
-  ceux qui se sont affaiblis deviendront forts ;
-  ceux qui ont été mis à mort pour la cause du Seigneur se réveilleront en vie ;
les cerfs de Jacob courront avec joie, les aigles d’Isræl voleront avec bonheur, et tous les peuples glorifieront le Seigneur à jamais, mais tous les infidèles se lamenteront et les pécheurs pleureront ! Gardez les ordres du Seigneur, mes enfants, car il y a de l’espoir pour tous ceux qui s’accrochent à sa voie.

Puis il leur dit :

―    Je meurs devant vos yeux en ce jour âgé de 119 ans : que personne ne m’enterre dans un habit coûteux comme font les rois, qu’aucune larme n’ouvre mes entrailles, portez-moi à Hébron avec vous.

Après avoir dit ces choses, Judah tomba endormi. Ses fils firent tout ce qu’il leur avait commandé ; ils l’enterrèrent avec ses pères à Hébron.

TESTAMENT D'ISSACHAR concernant la simplicité

Transcription des paroles d’Issachar. Il appela ses fils et leur dit :

―   Écoutez votre père Issachar, prêtez oreille à mes paroles, vous mes ¦ enfants. Je suis le 5e fils né de Jacob par louage des mandragores que Réuben rapporta du champ et que Rachel prit quand elle le rencontra. Réuben avait pleuré et ma mère Léah avait accouru à sa voix. Ces mandragores étaient des pommes de douce saveur que la terre d’Aram produisait en hauteur, en deçà d’un précipice d’eau. 

―    Je ne te les rendrais pas, dit Rachel, car elles sont pour à moi à la place des enfants.

Or il y avait deux pommes. Léah répondit :

―    Ça ne te suffit pas d’avoir pris le mari de ma virginité que tu prennes aussi ça !

―    Voici, dit-elle, laissons Jacob avec toi ce soir à la place des mandragores de ton fils…

―    Ne te vante pas et prétendre par toi-même, lui dit Léah, Jacob est mien et je suis la femme de sa jeunesse.

―    Comment cela ? dit Rachel. Il est pour moi le premier époux, et il servit notre père 14 ans pour ma cause. Qu’est-ce que je peux y faire pour toi si l’habile ruse des hommes augmente et que la ruse prospère sur la terre ! Si cela n’avait pas été ainsi, tu ne verrais pas aujourd’hui le visage de Jacob, car tu n’es pas sa femme mais tu fus amenée vers lui à ma place par la ruse et mon père m’enleva dans la nuit pour me tromper et ne me laissa pas le voir. Car si je n’avais pas été là, cela ne serait pas arrivé ! Prends une mandragore et loue-le de moi une nuit pour l’autre !

Jacob connut Léah qui conçut et me porta, et je fus appelé Issachar à cause du louage. Un ange du Seigneur apparut à Jacob et dit :

―   Rachel portera 2 enfants car elle a refusé la compagnie de son mari et choisi l’abstinence !

Si Léah ma mère n’avait cédée les 2 pommes pour la cause de sa compagnie elle aurait enfantée [8] fils mais elle en porta 6 et Rachel 2 pour la raison que le Seigneur la visita au compte des mandragores et il sut qu’elle ne désirait pas la compagnie de Jacob par convoitise du plaisir mais pour la cause des enfants. Elle alla plus loin le lendemain et donna Jacob pour avoir l’autre mandragore. Alors le Seigneur entendit Rachel à cause des mandragores, car autant elle les désirait, autant elle ne les mangea pas, mais les apporta au sacrificateur du Très-haut en ce temps-là pour les offrir à la maison du Seigneur.

Depuis je grandis et marchais avec un cœur droit, je devins un compagnon pour mes parents et mes frères, j’apportais des fruits des champs selon leur saison. Mon père me bénit, car il vit que je marchais dans la simplicité, que je n’étais pas querelleur par mes actions, ni malin ou insultant pour mon entourage. Je n’ai jamais parlé contre quelqu’un, ni critiqué la vie d’un homme, mais je marchais par la simplicité de mes yeux. J’avais 30 ans quand je pris pour moi une femme. Le labeur prenait ma force et je n’avais jamais pensé au plaisir avec une femme, car mon sommeil suffisait à mon labeur et mon père se réjouissait toujours de ma simplicité. De tout ce que je produisais, tout mon produit et mes premiers-fruits, je les offrais en premier au Seigneur aux mains des sacrificateurs, ensuite à mon père, puis je prenais pour moi. Le Seigneur doubla ses bénéfices par mes mains et Jacob sut que Dieu aidait ma simplicité. Pour chaque homme pauvre et toute personne en détresse j’accordais les bonnes choses de la terre en toute simplicité de cœur.

Maintenant écoutez-moi mes enfants et marchez dans la simplicité de cœur, car j’ai vu que cela est plaisant au Seigneur en tout. Le simple ne convoite pas l’or, ni ne fraude son prochain, il ne languit pas après plusieurs friandises, ne prends pas plaisir à des vêtements variés, ne se voit pas vivre une vie longue mais attend seulement la volonté de Dieu. Les esprits d’erreur n’ont pas de pouvoir sur lui, car il ne peut permettre en son esprit la pensée d’une beauté féminine qui polluerait sa pensée de corruption. Aucune envie ne peut entrer dans ses pensées, ni jalousie se mélanger à son âme, il ne couve pas son gain d’envie insatiable mais marche droit dans la vie et détient toutes choses avec simplicité, n’admettant pas à ses yeux la malice erronée du monde, ni voir aucune perversion dans les lois du Seigneur. Gardez ainsi la loi de Dieu mes enfants à marcher sans ruse avec simplicité. N’enquérez pas par trop de curiosité dans les affaires de votre prochain, ni dans les lois de Dieu mais aimez votre prochain et le Seigneur ;  ayez compassion pour le pauvre faible ;  courbez votre dos à cultiver la terre et travaillez au sillage du sol en toute matière d’agriculture, et faites des offrandes de remerciement au Seigneur, car le Seigneur me bénit par les premiers-fruits de la terre comme il bénit tous les saints, d’Abel jusqu’à maintenant. Aucune autre portion ne vous sera donnée que la graisse de la terre dont les fruits sont produits du labeur ; car notre père Jacob me bénit par les bénédictions de la terre et des premiers-fruits.

Parmi les fils de Jacob, Lévi et Judah furent glorifiés par le Seigneur qui les choisit et donna à l’un le sacerdoce et à l’autre la royauté, depuis ils obéissent et marchent dans la simplicité de votre père, et à Gad a été donné de détruire les tentations qui viendront sur Isræl.

Mes enfants, je sais que dans les derniers temps vos fils abandonneront la simplicité et fendront d’avarice, laissant la ruse pencher vers le mal et déviant les ordres du Seigneur pour pencher vers Béliar en délaissant la culture de la terre pour suivre leurs mauvais desseins. Ils seront dispersés chez les idolâtres au service de leurs ennemis. Aussi, commandez ces choses à vos enfants que s’ils pèchent, ils puissent le plus rapidement possible retourner au Seigneur, car il a pitié et les délivrera pour les ramener dans leur terre même.

Je suis âgé de 122 ans, et ne connais en moi aucun péché mortel :
–     je n’ai connu aucune autre femme excepté ma femme ;
–     je n’ai jamais commis de fornication avec mes yeux ;
–     je n’ai pas bu de vin au point de dévier ;
–     je n’ai convoité aucune chose désirable qui est à mon prochain ;
–     jamais tromperie n’est entré dans mon cœur ;
–     jamais mensonge ne passa sur mes lèvres ;
–     si un homme s’affligeait, je pleurais avec lui ;
–     je partageais mon pain avec le pauvre et jamais je ne mangeais seul ;
–     je n’ai déplacé aucune borne ;
–     j’agissais avec foi et vérité tous mes jours ;
–     j’aimais de toute ma force le Seigneur,
–     et j’aimais tous les hommes comme mes propres enfants.

Vous aussi mes enfants, faites ces choses pour que tout esprit de Béliar fuie de vous, sans possibilité que la malice humaine domine sur vous. Soumettez toute bête sauvage et ayez le Dieu du ciel pour vous en marchant avec les hommes avec simplicité de cœur.

Puis il leur commanda de le porter à Hébron pour l’ensevelir dans la cave avec ses pères.

Issachar le 5e fils de Jacob étendit ses pieds et mourut à un âge avancé. Il s’endormit du sommeil éternel, ayant chaque membre intact et avec la même vigueur.

TESTAMENT DE ZEBULON concernant compassion et pitié

Transcription du témoignage que Zebulon transmis à ses fils à l’âge de 114 ans, 32 ans après la mort de Joseph. Il leur dit :

―    Écoutez-moi fils de Zebulon, venez entendre les paroles de votre père ! Je suis Zebulon, un bon don à mes parents, car lorsque je suis né notre père augmenta très considérablement autant en troupeaux qu’en bergers quand il eut sa part par les tiges triées.

Mes enfants, je ne sais pas avoir péché tous mes jours excepté par la pensée.
Je ne me souviens pas d’avoir fait du tort excepté le péché d’ignorance envers Joseph.
Car je couvrais mes frères pour ne pas dire à mon père ce qui avait été fait et je pleurais amèrement en secret ; je craignais mes frères qui s’étaient tous mis d’accord que celui qui révèlerait le secret serait frappé par l’épée. Quand ils ont voulu le tuer, je les conjurais en larmes de ne pas commettre cette faute grave. Et lorsque Siméon et Gad allèrent tuer Joseph, Joseph tomba sur sa face et leur dit :

―   Pitié mes frères, ayez pitié pour les entrailles de votre père Jacob ! Ne posez pas vos mains sur moi pour faire couler le sang innocent, car je n’ai pas péché contre vous. Et si vraiment j’ai péché, corrigez-moi d’un châtiment, mais ne posez pas votre main sur moi pour la cause de Jacob votre père !

Lorsqu’il dit ces mots [gémissant comme il faisait, je fus incapable de supporter ses larmes] et commençais à gémir ; mon cœur [foie] fut renversé et toute substance dans mes entrailles se relâchèrent. Je pleurais avec Joseph et les battements de mon cœur se firent entendre, les jointures de mon corps tremblèrent et je n’étais pas capable de me tenir debout. Me voyant gémir avec lui quand ils venaient le frapper, [Joseph] se mit derrière moi pour les supplier et Réuben se leva et dit :

―  [Allons] mes frères ! Ne le tuons pas, jetons-le dans un de ces puits secs que nos pères ont creusés sans trouver d’eau.

C’est pour cette cause que le Seigneur avait interdit que l’eau les remplisse afin que Joseph soit préservé. Et ils firent ainsi jusqu’à ce qu’ils le vendent aux ishmaélites. Je ne pris aucune part à ce prix, mes enfants, mais Siméon, Gad, et 6 autres de nos frères prirent le prix de Joseph et s’achetèrent des sandales pour eux, pour leurs femmes et leurs enfants, en disant, Nous n’en mangerons pas car c’est le prix du sang de notre frère, mais foulons-le sous nos pieds car il a dit qu’il deviendrait roi sur nous. Voyons voir maintenant si ses rêves arriveront !

Ainsi qu’il est inscrit dans les écrits de Hénoc que celui qui ne relève pas la semence de son frère aura sa sandale relâchée et ils cracheront sur son visage. Mais le Seigneur relâcha la sandale portée contre leur frère Joseph en ne voulant pas qu’il vive, car lorsqu’ils furent arrivés en Égypte, ils furent relâchés devant la porte par les serviteurs de Joseph, en soumission à Joseph à la manière du pharaon : non seulement lui furent-ils soumis en tombant aussitôt devant lui, mais ils se firent crachés et mis en honte quand les égyptiens entendirent tout le mal qu’ils avaient fait à Joseph.

Et après ces choses, [après l’avoir jeté dans le puits], mes frères apportèrent de la nourriture et [s’assirent manger et boire]. Mais par pitié pour Joseph je restais sans manger pendant 2 jours et 2 nuits. Judah ne mangea pas avec eux mais surveillait le puits pour que Siméon et Gad n’y retournent pour le tuer. Voyant que je ne mangeais pas non plus ils me placèrent pour le surveiller jusqu’à ce qu’il soit vendu. Il passa dans le puits 3 jours et 3 nuits et fut vendu affamé. Quand Réuben revint et entendit que Joseph avait été vendu pendant qu’il était au loin, il déchira ses vêtements et se lamenta, disant :

―  Comment pourrais-je regarder en face mon père Jacob !

Il prit l’argent et courut, mais il ne trouva personne, car les marchands avaient quitté la route principale et prirent un raccourci en marchant à travers les grottes. Réuben ne mangea pas de nourriture ce jour-là [car il était accablé] aussi Dan vint vers lui et dit :

―  Ne pleure pas, ni ne te lamente, j’ai trouvé ce que nous allons dire à notre père Jacob. Tuons un petit des chèvres et trempons-y le manteau de Joseph et nous l’apporterons à Jacob, disant ‘Regarde si ce manteau est celui de ton fils’ ?

[Ils firent ainsi.]  Ils avaient dévêtu Joseph de son manteau avant de le vendre et mis sur lui le vêtement d’un esclave. Siméon avait pris le manteau, et ne voulait pas le rendre ; il désirait le déchirer de son épée, car il était en colère que Joseph vive et qu’il ne l’avait pas tué. Nous nous sommes donc tous levés pour lui dire :

―  Nous dirons [à notre père] que toi seul as fait ce mal en Isræl si tu ne rends pas le manteau !

Il le rendit et ils firent comme Dan dit. Maintenant je vous commande de garder les lois du Seigneur, mes enfants, de montrer de la miséricorde envers votre prochain et de la compassion pour tous, pas seulement aux hommes, mais aussi envers les animaux. C’est pour cette cause que le Seigneur me bénit, car j’échappais à toute maladie quand tous mes frères furent malades. Le Seigneur connait les desseins de chacun.

Ayez de la compassion en vous mes enfants. Comme un homme agit envers son prochain, le Seigneur agit ainsi envers lui ! Les fils de mes frères étaient souffrants à mourir pour le compte de Joseph, car ils n’avaient montré aucune pitié dans leurs cœurs ; mais mes fils furent préservés de la maladie comme vous savez… J’étais sur la côte des terres de Canaan quand je fis une pêche de poissons pour mon père Jacob alors que beaucoup étaient bloqués en mer et que je continuais indemne ! Je fus le premier à faire un bateau après que le Seigneur m’ait donné la sagesse et l’entendement pour voguer en mer : je mis un gouvernail en bas à l’arrière et j’étirais une voile au milieu sur une pièce de bois droite ; ainsi je naviguais le long des côtes, attrapant du poisson pour la mai­son de mon père jusqu’à ce que nous partions en Égypte. Je partageais ma pêche par compassion avec tout étranger ; si un homme était âgé, malade ou étranger, je faisais bouillir les poissons pour bien les préparer et les offrais aux hommes, chacun suivant son besoin, et me désolais avec eux en ayant compassion d’eux. Ainsi le Seigneur permit que je prenne beaucoup de poissons, car qui partage avec son entourage reçoit plusieurs fois plus du Seigneur. J’attrapais du poisson pendant 5 ans et j’en donnais à tout homme que je voyais, apportant suffisamment pour toute la maison de mon père.

En été j’attrapais du poisson et en hiver je gardais le troupeau avec mes frères. Voici ce que j’ai fait par compassion quand j’ai vu en hiver un homme dénudé : j’ai secrètement pris un vêtement de ma maison et lui aie donné, car il était dans le besoin. Vous aussi mes enfants, faites avec ce que Dieu vous a imparti ! Ayez pitié et compassion à tous les hommes également et donnez à tous avec un bon cœur. Et si vous n’avez pas sur le moment de quoi donner à qui en a besoin, ayez pitié pour lui avec compassion dans vos entrailles. Quand que ma main ne trouvait pas à donner à celui qui a besoin, je marchais avec lui plus de 1400 mètresen pleurant, les entrailles accablés de compassion pour lui.

Vous aussi mes enfants, ayez pitié et compassion envers tout homme afin que le Seigneur ait aussi compassion de vous et vous ait en pitié, car dans les derniers jours Dieu enverra sa compassion sur terre et cohabitera avec quiconque en qui il trouvera pitié dans les entrailles. Autant un homme aura compassion de ses proches, autant le Seigneur en aura pour lui. Quand nous sommes descendus en Égypte, Joseph ne porta aucune malice envers nous, et il fut plein de compassion quand il me vit.

Tournez-vous vers lui, vous aussi mes enfants, et approchez-vous sans malice pour vous aimer les uns les autres. Ne méditez aucune malveillance, chacun envers son frère ; celui qui porte le mal n’a pas de pitié aux entrailles, car le mal brise l’unité, divise la bienveillance et agite l’âme. Observez comme les eaux coulent ensemble et tanguent le long des pierres, du sable et des arbres, mais elles sont d’aucun avantage quand elles se divisent en plusieurs courants parce que la terre les aspire ; ainsi serez-vous si vous êtes divisés. Tout ce que le Seigneur a fait n’a qu’une seule tête ; il donna par deux les épaules, les mains et les pieds mais tous les membres sont soumis à la tête seule. Ne vous divisez pas en deux têtes !

J’ai appris dans l’écriture de mes pères que dans les derniers jours vous vous éloignerez du Seigneur et serez divisés en Isræl ; vous suivrez deux rois et vous ferez toutes les abominations d’idolâtrie. Vos ennemis vous amèneront en captivité et vous resterez dans les douleurs des infirmités avec angoisse de l’âme chez les idolâtres. Après ces choses, vous vous rappellerez de Dieu et vous vous repentirez ; étant compatissant et plein de pitié, il vous ramènera en arrière, car il n’impute pas le mal aux fils des hommes qui ne sont que chair que les esprits d’erreur égarent dans toutes leurs actions. Après ces choses, le Seigneur se lèvera lui-même pour vous : lumière de la droiture, guérison et compassion seront sur ses ailes. Il rachètera de Béliar tous les captifs des fils des hommes, et tous les esprits d’erreur seront foulés aux pieds. Il apportera à lui le zèle chez tous les peuples et vous verrez Dieu sous la forme d’un homme choisi par le Seigneur dont le nom est Jérusalem. Mais vous provoquerez encore sa colère par vos méchantes paroles et vous serez rejetés jusqu’au temps même de consommation.

Ne vous affligez pas à me voir mourir, ne vous troublez pas que je vous quitte mes enfants. Je me lèverais une fois de plus au milieu de vous comme un gouverneur au milieu de ses fils pour me réjouir au sein de ma tribu, aussi nombreuse que ceux qui auront gardé la loi du Seigneur et les instructions de Zebulon leur père. Car le Seigneur apportera le feu éternel sur les infidèles et les détruira dans toutes les générations. Comme pour mes pères, mon repos m’emporte au loin. Ayez crainte de votre Dieu de toute votre force tous les jours de votre vie.

Quand il eut dit ces choses, Zebulon tomba calmement endormi. Ses fils l’allongèrent dans un coffre et le portèrent ensuite à Hébron pour l’étendre avec ses pères.

TESTAMENT DE DAN concernant la colère et le mensonge

Transcription des paroles que Dan dit à ses fils dans ses derniers jours, à la 125e année de sa vie. Il convoqua sa famille tous ensemble et dit :

―  Écoutez mes paroles, vous fils de Dan, prêtez attention aux paroles de la bouche de votre père ! Toute ma vie j’ai eu la preuve dans mon cœur que pratiquer la juste vérité est bon et plaisant à Dieu, et que le mensonge et la colère apprennent à l’homme la cruauté de faire le mal.

Mes enfants, aujourd’hui je vous confesse que mon cœur s’est réjoui pour la mort de Joseph, un homme véritable et bon. J’étais heureux que Joseph soit vendu parce que son père l’aimait plus que nous et que les esprits de jalouse vanité me disaient, Toi aussi tu es son fils ! Je fus trompé par un des esprits de Béliar qui me dit :

―  Prends son épée et frappe Joseph par elle, et ton père t’aimera s’il est tué.

C’est l’esprit de colère qui m’a persuadé de broyer Joseph comme un léopard broie un petit. Mais le Dieu de notre père Jacob ne permit pas qu’il tombe dans mes mains, que je le trouve seul et le tue, et causer la destruction d’une 2e tribu en Isræl.

Maintenant que je suis mourant, mes enfants, je vous dis cette vérité : qu’à moins d’aimer la vérité avec endurance et de vous garder contre l’esprit du mensonge, vous périrez ! La colère aveugle et ne supporte pas de regarder la vérité en face de quiconque : s’il s’agit de père ou mère il se comporte envers eux comme des ennemis ; s’il s’agit d’un frère il ne le reconnaît pas ; s’il s’agit d’un prophète du Seigneur, il lui désobéit ; s’il s’agit d’un homme juste, il ne le regarde pas.  Les filets de la colère l’enroulent dans la tromperie qui aveugle ses yeux, et sa pensée s’obscurcit à la vue que le mensonge lui montre. Et avec quoi couvre-t-il ses yeux ? En étant envieux de son frère avec un cœur haineux.

La colère est une chose démoniaque qui détraque l’âme : elle prend possession du corps de l’homme colérique pour prendre contrôle de son âme et soumettre le corps au pouvoir de faire le mal. [Et quand il fait ces choses], l’âme voit faux et justifie ce qui est fait. Si un homme fort est en colère, sa colère va tripler sa force : un, par la force d’aide de ses serviteurs [démons] ; deux, par sa colère qui le convainc à tord de triompher ; trois, par sa propre force physique de faire le mal. Et si un homme faible est en colère, sa colère va doubler la nature de sa force. Et parce que la colère consent toujours au crime, l’esprit travaille dans le mensonge continuel à la main droite de satan pour tromper et produire des actes de cruauté.

Observez comment la colère prend force dans la vanité : d’abord par des mots qui provoquent, puis par des moyens qui renforcent la colère, et des troubles de fortes pertes de mémoire, jusqu’à ce que son âme dévie de [grande] colère. Ne soyez pas en colère quand quelqu’un parle contre vous. Ne vous élevez pas quand quelqu’un vous louange en saint ; ne réagissez ni de plaisir ou de dégout. Ce qui fait plaisir au début à entendre fait une brèche dans l’esprit qui perçoit de la provocation répétée et s’enrage, pensant que sa colère est justifiée.

Si vous tombez dans la privation ou ruine, ne vous affligez pas de cet esprit qui fait désirer le périssable, en vous accablant de rage. Ne vous vexez pas d’une perte volontaire [ou involontaire] jusqu’à en souffrir, car la vexation engendre la colère et le mensonge, un double tort, qui dérangent la raison, et quand l’âme est continuellement dérangée, le Seigneur se sépare d’elle et Béliar va la dominer. Appliquez-vous aux ordres du Seigneur et gardez sa loi mes enfants. Laissez la colère et le mensonge pour que le Seigneur demeure en vous, et que Béliar fuie de vous ! Parlez en vérité, chacun avec son prochain, et vous ne tomberez pas avec confusion dans la colère, mais vous serez en paix d’avoir le Dieu de paix et aucune guerre ne prévaudra ainsi contre vous. Aimez le Seigneur toute votre vie et les uns les autres d’un cœur véritable.

Je sais qu’aux derniers jours vous ignorerez le Seigneur, vous pousserez Lévi à la colère et combattrez contre Judah, mais vous ne prévaudrez pas contre eux, car un ange du Seigneur les guidera tous les deux et Isræl tiendra par eux. Chaque fois que vous délaisserez le Seigneur, vous marcherez dans le mal et ferez les abominations des idolâtres, allant jusqu’à vous prostituer avec des femmes de criminels parce que les esprits du mal travailleront au mal à l’intérieur de vous. J’ai lu dans le livre du juste Hénoc que votre prince est satan : tous les esprits du mal et de vanité seront soumis à Lévi, mais ils conspireront dans l’attente permanente de faire fauter les fils de Lévi devant le Seigneur.

Mes fils approcheront Lévi pour pécher dans toutes choses avec eux, et les fils de Judah seront avides de convoitise, pillant les avoirs d’autrui comme des lions. Vous serez aussi emportés avec eux en captivité pour y recevoir toutes les plaies d’Égypte, tous les maux des idolâtres.

Vous reviendrez au Seigneur et obtiendrez miséricorde ; il vous amènera dans son sanctuaire et vous donnera la paix ; et là, de la tribu de Judah et de Lévi, le salut du Seigneur se lèvera à nos côtés pour faire une guerre victorieuse contre Béliar et exécuter une vengeance [éternelle contre nos ennemis]. Il libèrera les âmes des saints de la captivité de Béliar ; il convertira les cœurs désobéissants au Seigneur ; il donnera à ceux qui font appel à lui la paix éternelle : les saints se reposeront en Éden, les justes se réjouiront dans la nouvelle Jérusalem et ce sera pour la gloire de Dieu à jamais. Plus jamais Isræl ne sera conduit en captivité, ni Jérusalem souffrir de dévastation, car le Seigneur sera au milieu d’elle, habitant parmi les hommes. Le saint d’Isræl règnera sur eux [elle] dans le dénuement et l’humilité, et celui qui croira en lui règnera par la vérité dans les cieux [sur les hommes].

Mes enfants, craignez le Seigneur et prenez garde aux esprits de satan ! Approchez Dieu et l’ange médiateur qui intercède pour vous, entre Dieu et les hommes, se lèvera contre le royaume ennemi pour la paix d’Isræl. C’est pourquoi l’ennemi s’efforce de détruire tous ceux qui en appellent au Seigneur : il sait que le jour qu’Isræl croira [se repentira] le royaume ennemi prendra fin ! Le même ange de paix raffermira Isræl pour l’empêcher de tomber dans l’extrême à cause du mal ; ce sera au temps des idolâtres d’Isræl que le Seigneur les quittera pour [transformer un peuple] aller vers ceux qui feront sa volonté, et pour aucun des anges il n’en sera comme de lui ; son nom sauveur sera dans tout lieu d’Isræl et parmi les peuples.

Mes enfants, gardez-vous de faire le mal, rejetez la colère et tous mensonges pour aimer la vérité avec persévérance. Transmettez à vos enfants les choses que vous avez entendues de votre père pour que le sauveur des peuples vous reçoive ; car il est véridique et persévérant, humble et doux, et enseigne la loi de Dieu par ses actes. Éloignez de vous l’injustice et penchez pour la loi de Dieu juste [et votre race sera pour toujours sauvée] ! Et enterrez-moi près de mes pères.

Après avoir dit ces choses, il les embrassa et dormit du long sommeil [à un âge avancé]. Ses fils l’ensevelirent et ils portèrent ensuite ses os [pour les placer] à côté d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Dan leur prophétisa qu’ils allaient oublier la loi de leur Dieu et seraient privés de la terre de leur héritage de la race d’Isræl et de leur descendance familiale.

TESTAMENT DE NAPHTALI concernant la bonté naturelle

Transcription du testament de Naphtali, des choses qu’il ordonna au moment de sa mort, la 132e année de sa vie. Ses fils se réunirent le 4e jour du 7e mois, lorsqu’il était encore en bonne santé et bien disposé. Il leur fit un festin, et en matinée, à son réveil, il leur dit :

―  Je vais mourir.

Ils ne le crurent pas. Il bénit le Seigneur et déclara qu’après de la fête d’hier, il devait mourir. Et il commença à dire à ses fils :

―  Écoutez-moi mes enfants, écoutez les paroles de votre père, fils de Naphtali ! Je suis né de Bilhah lorsque Rachel usa d’astuce et donna Bilhah à sa place à Jacob qui m’accoucha sur le genou de Rachel, ce pourquoi j’ai été appelé Naphtali. Rachel m’aima parce que j’étais né sur son genou. Lorsque j’étais jeune et encore tendre, elle avait l’habitude de dire en m’embrassant :

―  Que ne pourrais-je avoir de mon propre ventre un frère pour toi qui te ressemble ?

De là que Joseph était comme moi en toutes choses conformément aux prières de Rachel ; mais ma mère était Bilhah, fille de Rotheus, le frère de Déborah, la nourrice de Rebecca. Elle est née dans le même jour que Rachel. Rotheus, de la famille d’Abraham, était un chaldéen craignant Dieu, né libre et noble, qui avait été pris captif et racheté par Laban qui lui donna sa servante Aena pour femme ; elle porta une fille qu’elle appela Zilpah d’après le nom du village dans lequel il a été pris captif ; puis elle porta Bilhah en disant :

―  Ma fille est avide pour ce qui est nouveau, car aussitôt à sa naissance elle était avide pour le sein.

Jusqu’à maintenant je suis agile comme un cerf sur mes pieds et mon père Jacob me choisit pour les courses et les messages : il me donna sa bénédiction comme cerf. Comme le potier connaît le vase, son poids d’argile et ce qu’il contient, ainsi en est-il du Seigneur Très-haut qui régit toutes créatures et a fait le corps en accord avec l’esprit : il implante l’esprit suivant la capacité du corps, l’un n’étant pas moindre que l’autre en poids et en mesure d’un tiers de cheveu. Et comme le potier sait ce qui suffit à l’utile de chaque pot, le Seigneur sait combien le corps est capable de bonté, ou quand il entreprend le mal ; car il n’y a aucune pensée, ni aucune chose créée, que le Seigneur ne connaisse pas puisqu’il créa chaque homme suivant sa propre ressemblance :
--  son travail suivant sa force ;
--  son savoir [travail] suivant son esprit ;
--  son action suivant son but ;
--  sa bouche suivant son cœur ;
--  son sommeil suivant son œil ;
--  sa parole suivant son âme dans la loi du Seigneur ou la loi de Béliar.

Comme il y a une séparation entre lumière et noirceur & entre voir et entendre, il y a aussi une séparation entre homme et homme & entre femme et femme. On ne peut pas dire qu’il y a supériorité en quoi que ce soit sur le visage ou autres choses semblables, car Dieu fit toutes choses bonnes qu’il joint suivant un ordre :
--  les 5 sens à la tête ;
--  [il a rattaché] le cou à la tête ;
--  la beauté à la chevelure ;
--  la compréhension au cœur ;
--  la répartition de l’estomac au ventre ;
--  la croissance au calamus [trachée] ;
--  la colère au foie ;
--  l’amertume à la bile ;
--  le rire à la rate ;
--  l’astuce aux reins ;
--  le pouvoir au bassin ;
--  la retenue [les poumons] à la poitrine [côtes] ;
--  la force au dos [les hanches] et ainsi de suite.

Ainsi mes enfants, faites [que votre existence soit en accord] au bon ordre des choses dans la crainte de Dieu. Ne faites rien par désordre [arrogance], par négligence, ou en temps inapproprié. Ne demandez pas à l’œil, qui ne peut, d’entendre, [vous serez inaptes d’accomplir des œuvres de lumière si vous êtes dans les ténèbres]. Ne faites pas d’effort pour gâter vos actions [par l’avarice] ou tromper vos âmes par des paroles creuses, mais gardez le silence avec pureté de cœur pour entendre ce que Dieu veut et mettre de côté ce que le mal [Béliar] veut. Le soleil, la lune, et les étoiles n’altèrent pas leur ordre ; ainsi n’altèrerez pas l’ordre établi par Dieu par le désordre de vos actions.

En déviant l’ordre, et se détournant du Seigneur, les idolâtres dévots des morceaux de pierre et bois divaguèrent en se modelant sur les esprits d’erreur [errants]. Ne soyez pas comme eux, vous mes enfants, mais discernez ce que le Seigneur a créé dans tous ses travaux sur terre, en mer et jusqu’au firmament, et ne pas devenir comme les sodomites qui trahirent l’ordre de nature. Les vigiles aussi trahirent l’ordre de nature, et le Seigneur les maudit au déluge, car par leurs desseins ils avaient dévasté la terre au point qu’elle était désertique et sans fruit. Je dis ces choses mes enfants parce que j’ai lu dans l’écrit sacré de Hénoc que vous vous détournerez du Seigneur pour suivre la malveillance des idolâtres et agir d’après les péchés de Sodome. Le Seigneur amènera sur vous la captivité et vous serez esclaves de vos ennemis : vous serez assaillis de douleurs éprouvantes jusqu’à ce que le Seigneur vous ravage tous. Après avoir été décimés et réduits à un petit nombre, vous reviendrez et reconnaîtrez que le Seigneur est votre Dieu, car il vous fera revenir sur votre propre sol suivant son abondante pitié. Mais après être entrés dans la terre de leurs pères, ils oublieront encore le Seigneur pour faire le mal. Et le Seigneur les dispersera sur la face de toute la terre jusqu’à ce que vienne la compassion du Seigneur par un homme qui exercera la justice et montrera miséricorde à tous, proches et éloignés.

Dans la 40e année de ma vie, j’eus la vision du soleil et la lune immobilisés sur le mont des Oliviers, à l’est de Jérusalem, et voici Isaac, le père de mon père, nous dit :

―  Courrez vite les prendre, chacun suivant sa force, et à celui qui les attrapera, à lui le soleil et la lune !

Nous avons tous couru. Lévi prit le soleil, Judah surpassa les autres et attrapa la lune, et tous deux furent soulevés avec eux [au-dessus des autres]. Lévi devint comme le soleil et plusieurs jeunes lui donnèrent 12 branches de palme [dattier]. Judah devint aussi lumineux que la lune et sous ses pieds étaient 12 rayons. Puis Lévi et Judah coururent [vers les autres et les saisirent] l’un l’autre. Et voici un taureau sur la terre, avec deux grandes cornes et sur son dos des ailes d’aigle ; nous avons essayé de le prendre et n’avons pas pu, mais Joseph nous surpassa ; il le prit et monta avec lui dans les hauteurs. Comme j’étais là, je vis un écrit sacré qui nous apparut, disant : Assyriens, mèdes, perses, élamites, gelachéens, chaldéens, syriens obtiendrons [en partie] les 12 tribus d’Isræl en captivité. Après 7 mois, je vis notre père Jacob de nouveau, debout sur la mer de Jamnia, et nous, ses fils, étions avec lui ; voici que s’avança sur mer, sans marin, ni pilote, un bateau plein de [poissons] chair séchée où était écrit ‘Bateau de Jacob’. Et notre père nous dit :

―  Entrons dans notre bateau !

Une fois à bord, une violente tempête se leva dans une grande tornade et notre père qui gardait la barre s’enfuit [fut pris] de nous qui étions coincés dans la tempête ; le bateau se remplit d’eau et fut frappé par une immense vague qui le cassa en morceaux ; nous fûmes emportés dans la mer. Joseph s’échappa sur une petite barque et nous nous sommes dispersés sur 12 [10] planches – Lévi et Judah ensemble, et nous fûmes dispersés au loin. Lévi se noua d’un sac de deuil et pria le Seigneur pour nous tous : la tempête cessa alors, le bateau rejoint soudainement la terre, comme en paix et voici que Jacob notre père approcha et nous nous sommes tous réjouis d’un seul accord.  Je racontais ces deux rêves à mon père qui me dit :

―  Ces choses doivent se réaliser en leur temps, après qu’Isræl ait enduré de nombreuses choses.

Et mon père dit :

―  Je crois que Joseph est vivant, car je vois continuellement que le Seigneur l’inclut avec vous dans le nombre. Joseph mon fils ! dit-il en gémissant, tu vis et je ne te vois pas ; tu ne vois pas non plus Jacob qui t’a porté...

Par ses paroles il nous faisait tous pleurer, et dans mon cœur je brûlais de lui dire [par compassion] qu’il avait été vendu mais j’avais peur de mes frères.

Voici mes enfants, je vous ai montré les derniers temps et tout ce qui arrivera en Isræl. Vous aussi ordonnez à vos enfants d’être unis à Lévi et à Judah, parce que le salut se lèvera en Isræl par Judah et en lui Jacob sera béni. C’est par sa tribu que Dieu se verra demeurer parmi les hommes sur terre pour sauver la race d’Isræl, car il rassemblera les justes et les peuples ensemble. Si vous faites ce qui est bien, mes enfants, les anges et les hommes vous béniront, et par vous Dieu sera glorifié parmi les peuples ; le démon fuira de vous et les bêtes sauvages vous craindront parce que les anges se tiendront près de vous. Si un homme élève bien un enfant, il en aura bonne mémoire ; ainsi Dieu a bonne mémoire d’un bon travail ; mais celui qui ne fait pas le bien, les anges et les hommes le maudiront, par lui Dieu sera déshonoré parmi les peuples et le démon le fait sien comme un instrument particulier et toute bête sauvage le dominera parce que le Seigneur le haïra.

Les commandements de la loi sont doubles et doivent être accomplis avec prudence. Comme il y a une saison pour un homme d’étreindre sa femme et une saison de s’en abstenir pour sa prière, ainsi aussi il y a deux com­mandements ; car si on ne les exécute pas en ordre, ils portent au pêché. C’est ainsi pour les autres commandements aussi. Soyez sages et prudents envers Dieu pour comprendre la disposition des commandements et les lois de chaque action pour que le Seigneur vous aime.

Après les avoir chargé de plusieurs paroles semblables, il les instruit de placer ses os à Hébron, car ils devaient l’ensevelir avec ses pères. Et après avoir mangé et bu avec un cœur joyeux, il couvrit sa face et mourut. Ses fils agirent conformément à toutes choses que leur père Naphtali les avait chargés.

TESTAMENT DE GAD  sur la rancœur

Transcription du testament de Gad, des choses qu’il dit à ses fils à la 127e année de sa vie.

―  Je suis le 7e fils né de Jacob, j’étais vaillant à garder les troupeaux. Quand je gardais le troupeau la nuit et qu’une bête sauvage venait contre le troupeau, que ce soit lion, loup, léopard ou ours, je les pourchassais et saisissais leur patte par la main, les faisais tourner en rond pour les étourdir, puis je les projetais à 2 furlongs (400 m) et les tuais.

Après 30 jours, alors que Joseph nourrissait le troupeau avec nous, il tomba malade à cause de la chaleur, comme il était délicat, et dut retourner à Hébron vers son père qui le fit s’étendre auprès de lui parce qu’il l’aimait. Joseph rapporta à notre père que les fils de Zilpah et de Bilhah avaient tué les meilleures bêtes et les mangèrent sans que Judah et Réuben le sachent : il m’avait vu sauver un agneau de la gueule d’un ours que j’avais tué, mais je tuais aussi l’agneau tant j’étais affligé pour lui, car il ne pouvait pas vivre ; nous le mangeâmes et Joseph le dit à notre père. Et pour cette raison, j’étais contre lui par colère le jour où il fut vendu en Égypte, car l’esprit de rancune [hai-ne] était en moi et que je ne désirais pas le voir, ni l’entendre depuis qu’il reprocha devant nos faces d’avoir mangé du troupeau sans Judah ; et quoi qu’il dise à notre père, il le croyait.

Mes enfants, je confesse maintenant mon péché que j’ai souvent désiré le tuer, car que je le haïssais à mort [du fond de mon âme], car je n’avais aucune sagesse, ni pitié pour lui dans mes entrailles. Je l’ai encore plus haï pour ses rêves et l’aurais englouti dans la terre des vivants comme un veau dévore l’herbe du sol ; voilà pourquoi Judah et moi l’avons vendu aux ishmaélites pour 30 pièces d’or ; nous en avons caché 10 et montré 20 à nos frères. Ma convoitise me prédisposait totalement à sa destruction, mais le Dieu de mes pères le délivra de mes mains [pour que je n’agisse pas injustement en Isræl].

Écoutez maintenant mes enfants les paroles de vérité, pour agir avec justice dans la loi du Très-haut et ne pas vous écarter dans l’esprit de rancune [haine] et faire le mal par les actions humaines ; car quoiqu’un homme fasse, le rancunier le déteste et ne louange pas le bien qu’il fait par la loi du Seigneur ; il ne l’aimera pas et dénigrera la vérité même si celui-ci craint le Seigneur et prend plaisir à ce qui est droit, car il est envieux de celui dont la voie est droite, se réjouit à dire du mal, et affectionne l’arrogance. La rancœur aveugle son âme de la même façon que je voyais Joseph.

Oui mes enfants, méfiez-vous du rancunier [haineux] par son action injuste, contre le Seigneur même ; il n’entend pas les paroles prescrites sur l’amour de son prochain et pèche contre Dieu. Si un frère trébuche, il voudra aussitôt le dire à tous, empressé qu’il en soit jugé, puni, et exécuté. Et si c’est un serviteur, il l’accusera auprès de son maître ou inventera sur lui toutes sortes de problèmes pour le faire exécuter. La rancœur agit avec jalousie jusqu’à devenir malade de jalousie envers ceux qui prospèrent à bien faire, quand vu et entendu. Comme l’amour [veut] rendre la vie aux morts au point d’affranchir ceux qui sont condamnés à mort, la rancœur massacre la vie au point de ne pas endurer la vie de ceux qui la vexent pour la moindre chose. L’esprit de rancune agit en accord avec satan par un esprit empressé de mort d’homme en toutes circonstances, tandis que l’esprit d’amour agit en accord avec la loi de Dieu pour la délivrance des hommes avec persistance. La rancœur est mauvaise parce qu’elle parle contre la vérité et se maintient en permanence dans le mensonge ; elle grossit les petites choses, considère l’obscurité comme lumière, appelle doux l’amer et enseigne calomnie, guerre, violence et tout excès de mal : elle remplit le cœur d’un malfaisant poison.

Je vous dis ces choses par expérience pour que vous fuyiez la rancœur, mes enfants, et incliniez dans la droiture et l’amour du Seigneur pour repousser la rancœur. L’humilité la détruit, et celui qui est humble et juste a honte d’agir de travers, car son propre cœur le réprouve, non autrui, et son intention est vue le Seigneur. Il ne parlera pas contre un homme par crainte du Très-haut et maitrisera la rancœur par peur d’offenser le Seigneur ; il ne fera aucun mal à personne, pas même en pensée. Ces choses je les ai apprises en dernier, après m’être repenti au sujet de Joseph à la suite d’une pieuse pénitence. La vraie repentance détruit l’incertitude et chasse la noirceur, elle éclaire les yeux de l’âme et porte à la connaissance qui guide l’esprit au salut. J’ai appris ces choses par la repentance, je ne les ai pas apprises des hommes. Dieu avait envoyé sur moi une maladie du cœur, et s’il n’y avait eu l’intervention des prières de mon père Jacob, aurait-il à peine échoué, mon esprit aurait quitté. Un homme est puni par les mêmes choses qu’il a transgressées en ce que mon cœur était sans merci pour Joseph, ainsi mon cœur souffrit sans merci pendant 11 mois où je fus jugé aussi loin que j’étais jaloux de Joseph à quand il fut vendu. Malgré que je parlais tranquillement avec Joseph en présence de notre père, dès que je tournais le dos, l’esprit de rancune obscurcissait mon esprit et dirigeait mon esprit à le tuer.

Aimez chacun votre frère, mes enfants, repoussez la rancœur de vos cœurs en vous aimant fermement les uns les autres par la parole et par pensée d’âme. Aimez-vous les uns les autres de tout votre cœur ! Si un homme pèche contre vous, parlez-lui en aimablement et sortez le poison de la rancune ; n’encouragez pas la tromperie dans votre âme. S’il confesse et se repent, pardonnez-lui ; et s’il le nie, ne vous acharnez pas avec lui de crainte qu’il jure et que vous péchiez du double. Dans votre démarche ne laissez pas un étranger entendre vos secrets de crainte qu’il vous haïsse, il deviendrait votre ennemi et accomplirait de grand péché contre vous.

Le plus souvent le rancunier parlera avec vous avec malice ou il vous contestera méchamment en prélevant en lui son poison. Cependant, s’il nie et garde silence, il se condamne lui-même en se mettant dans la honte : ne le relancez pas, car celui qui nie se repent pour ne plus vous faire du tord, oui ! Il vous respectera avec crainte et sera en paix avec vous. Mais s’il est sans honte et reste dans sa mauvaise foi, pardonnez-lui quand même dans votre cœur et donnez la vengeance à Dieu !

Ne soyez pas affligés si un homme prospère mieux que vous, mais priez aussi pour qu’il ait une prospérité irréprochable, car cela est convenable pour vous aussi. Ne soyez pas jaloux s’il est plus exalté mais souvenez-vous que toute chair meure et rendez gloire à Dieu qui donne des choses bonnes et profitables à tous les hommes. Recherchez les jugements du Seigneur et qu’ainsi votre esprit repose dans la paix. Pensez que même si un homme devient riche par de mauvais moyens comme Ésau le frère de mon père, ne soyez pas jaloux mais attendez pour la fin du Seigneur qui s’emparera des bénéfices du méchant ou les laissera au repentant, ou encore, réservera au non-repentant le châtiment à jamais.

L’homme pauvre libéré de jalousie adresse des remerciements au Seigneur en toutes choses, car riche est celui qui parmi les hommes n’a pas la jalousie malsaine des hommes. Pour vos âmes, mettez la haine de côté et aimez-vous les uns les autres avec un cœur droit. Dites ces choses, vous aussi, à vos enfants, et qu’ils honorent Judah et Lévi, car de eux le Seigneur élèvera un sauveur pour Isræl ; mais je sais qu’à la fin vos enfants se sépareront d’eux et marcheront dans le mal, en tromperie et corruption, devant le Seigneur.

Et après qu’il se soit reposé un court instant, il leur dit encore :

―    Obéissez à votre père, mes enfants, et enterrez-moi auprès de mes pères.

Il étira ses pieds et tomba paisiblement endormi. Et après 5 années ils le portèrent et le couchèrent à Hébron avec ses pères.

TESTAMENT D'ASHER sur les deux faces de vice et vertu

Transcription du témoignage d’Asher, des choses qu’il dit à ses fils à la 120e année de sa vie. Il était encore en santé quand il leur dit :

―    Vous enfants d’Asher, écoutez votre père et je vous dirais tout ce qui est juste en regard de Dieu, concernant les 2 voies que Dieu donna aux fils des hommes : les 2 pensées pour 2 actions, les 2 places pour 2 fins. Et par conséquent, toutes choses vont par 2, l’une correspondante à l’autre. Il y a 2 voies par lesquelles 2 pensées vont dans nos poitrines pour différencier le bien et le mal. 

Si l’âme prend plaisir au bien alors toutes ses actions seront droites, et penser qu’elle pèche elle se repent aussitôt : ayant placé son esprit dans la droiture et excluant la malice, elle renverse aussitôt le mal et déracine le péché.

Si sa pensée est disposée au mal, toutes ses actions seront mauvaises ; elle se détourne du bien et détient le mal en elle, car Béliar la domine : elle dénaturera en mal ce qu’elle fait de bien, et chaque fois qu’elle commence à faire bien, elle amène la fin de son action à faire mal en vue de remplir le trésor du mal par du poison de l’esprit du mal.

De l’âme qui dit du bien de quelqu’un qui cause du mal : la fin de son action conduit à la tromperie. De l’homme qui n’a aucune pitié et rend le mal pour le mal : cela a 2 aspects mais le tout est mauvais.

De l’homme qui aime quelqu’un qui fait le mal, qui cohabite [s’implique] avec le mal et choisirait de mourir pour sa cause, même pour une mauvaise raison ; en cela il y a 2 aspects mais le tout est mauvais, car bien qu’il y ait de l’amour, ce n’est que méchanceté qui cache le mal ; cela semble être bon mais la fin de l’action apporte le mal.

D’un autre qui vole et agit injustement, pille et fraude mais que néanmoins il a pitié envers le pauvre ; cela a un double aspect mais le tout est mauvais : à frauder son prochain il provoque Dieu et jure faussement contre le Très-haut, même s’il s’apitoie sur le pauvre. Le Seigneur qui a édicté la loi le situe au néant pour provoquer et se moquer du pauvre dont il souille l’âme et rend le corps joyeux ; il tue beaucoup et a pitié de peu.

D’un autre qui commet l’adultère et la fornication mais s’abstient de viandes : il fait le mal dans son jeûne et pervertit certains par son pouvoir et sa richesse, même si en dehors de son excessive malfaisance, il pratique le commandement ; cela a un double aspect mais le tout est mauvais : de tels hommes sont à moitié purs comme le porc ou le lièvre, mais pour Dieu sont vraiment impurs comme il est déclaré aux tablettes célestes.

Par conséquent mes enfants, ne portez pas comme eux une double face, bienveillante et malveillante ! Inclinez seulement dans la bonté puisque Dieu repose dans la bonté et que les hommes veulent cela. Fuyez la malveillance et détruisez le mal par des bienfaits ! Les doubles faces ne servent pas Dieu mais seulement leurs propres convoitises et ne plaisent qu’à Béliar et aux hommes comme eux. Les hommes de bien, d’entre ceux qui ont une seule face, s’inclinent seulement devant Dieu malgré que les doubles faces les considèrent comme étant dans l’erreur.

De ceux qui tuent les méchants font 2 actions, une mauvaise et une bonne, mais le tout est bon : en déracinant ce qui est mauvais, ils le détruisent.  D’un homme qui haït l’homme injuste qui a miséricorde et celui qui fait l’adultère et jeûne, cela est d’un aspect double mais le tout est bon : il suit l’exemple du Seigneur en ce qu’il n’accepte pas ce qui ressemble au bien avec ce qui est vraiment mal. D’un autre qui ne fait pas bon accueil aux débauchés pour ne pas souiller sa bouche et polluer son âme, cela aussi est d’un aspect double mais le tout est bon : de tels hommes sont comme les cerfs et les biches en condition sauvage qui semblent impurs alors qu’ils sont tous purs ; ceux qui marchent dans le zèle de Dieu s’abstiennent de ce que Dieu haït et interdit par ses lois ; ils préviennent le mal du bien.

Voyez maintenant mes enfants combien ils sont 2 dans toutes choses, l’un vis-à-vis de l’autre, l’un caché par l’autre. La mort succède la vie, le déshonneur la gloire, la nuit du jour et l’obscurité la lumière ; toutes choses sont mises à jour et celles qui sont justes maintiennent la vie. Pour cette raison, la vie éternelle est dans l’attente de la mort. Non qu’on puisse dire que la vérité est un mensonge, ni vrai faux, car toute vérité est sous la lumière, comme toutes choses sont dessous Dieu.

J’ai éprouvé toutes ces choses durant ma vie sans m’écarter de la vérité du Seigneur ; j’ai recherché les ordres du Très-haut en avançant de toute ma force avec un visage unique, et suivant ce qui est bon. Prenez garde aux ordres du Seigneur pour suivre la vérité avec une face unique mes enfants, car ceux qui sont doubles faces reçoivent double sanction.

Méprisez tous les esprits d’erreur qui s’acharnent sur les hommes qui gardent la loi du Seigneur, sans donner autant d’importance au mal qu’au bien, mais observez toutes choses qui sont vraiment bonnes et gardez-les avec toutes les lois du Seigneur en y adhérant comme chemin de vie pour y trouver le repos. Car les buts auxquels les hommes aspirent démontrent qu’ils sont droits et se font connaitre aux anges du Seigneur et aux anges du mal [Béliar]. [Lorsque la mauvaise âme quitte, elle est harassée par le mauvais esprit qu’elle engageait par ses mauvais désirs et actions. Mais si quelqu’un est en paix dans la joie, il vient à connaitre l’ange de paix et entre dans la vie éternelle.] L’âme agitée est tourmentée d’un esprit mauvais qui sert autant sa convoitise que ses mauvaises actions. L’âme dans le calme et la joie reconnait l’ange de la paix qui la rassure de vie.

Mes enfants, ne devenez pas comme les sodomites qui ne reconnurent pas les anges du Seigneur et périrent pour toujours. Je sais que vous pècherez et que vous serez livrés aux mains de vos ennemis ; la terre sera alors déserte et vous serez dispersés aux 4 coins de la terre ; vous serez réduits à néant, comme une eau inutile, par la dispersion jusqu’à ce que le Très-haut visite la terre et vienne comme un homme ; il mangera et boira avec les hommes de paix et brisera la tête du dragon par l’eau. Il sauvera Isræl et toutes les nations : Dieu parlera en la personne d’un homme. Et pour cette raison, dites ces choses à vos enfants pour qu’ils ne lui désobéissent pas ! Car j’ai lu dans les tablettes célestes qu’ils lui désobéiront vraiment et agiront déloyalement contre lui en ne donnant pas d’attention à la loi de Dieu mais aux lois des hommes. Et pour cette raison vous serez dispersés comme mes frères Gad et Dan qui ne reconnurent pas leurs propres terres, tribu et langue. C’est le Seigneur qui vous réunira ensemble dans la foi, par l’espérance de sa tendre pitié, pour la cause d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Et quand il leur dit ces choses, il ajouta :

―    Enterrez-moi à Hébron.

Asher tomba alors dans un sommeil paisible et mourut. Ses fils firent ensuite comme il leur dit, ils l’emportèrent pour le placer avec ses pères.

TESTAMENT DE JOSEPH concernant la modération

Transcription du testament de Joseph. Il était sur le point de mourir quand il appela ses enfants avec ses frères ensemble et leur dit :

―    Mes enfants et frères, écoutez Joseph, bienaimé d’Isræl. Mes fils portez l’oreille à votre père ! De ma vie je n’ai pas dévié de la vérité du Seigneur malgré avoir vu la jalousie et la mort :
–     le Seigneur m’aima mais mes frères, eux, me détestèrent ;
–     ils voulurent me tuer mais le Dieu de mes pères me protégea ;
–     ils me laissèrent au fond d’un puits mais le Très-haut me remonta en haut ;
–     je fus vendu comme un esclave mais le Seigneur me rendit libre ;
–     je fus pris en captivité mais sa main forte m’aida ;
–     j’étais gardé affamé mais le Seigneur lui-même me nourrit ;
–     j’étais seul mais Dieu me réconforta ;
–     j’étais malade mais le Très-haut me visita ;
–     j’étais prisonnier mais le sauveur montra faveur envers moi ;
–     je fus enchainé, il me relâcha ;
–     face aux calomnies, il plaida ma cause ;
–     face aux paroles amères des égyptiens, il me secourut ;
–     face à la jalousie et tromperie, il m’exalta.

Quand Potiphar, le chef-cuisinier de pharaon, me confia sa maison, j’affrontais une honteuse femme qui me pressait de pécher avec elle, mais le Dieu d’Isræl mon père me protégea contre la brûlure du feu, Je fus mis en prison et je fus frappé et ridiculisé, mais le Seigneur m’accorda la grâce de trouver faveur aux yeux du gardien de prison, car il n’abandonne en rien ceux qui le craignent, que ce soit dans les ténèbres, dans les chaînes, dans les agitations, dans les nécessités. Dieu n’a pas honte comme l’humain, il n’a pas peur comme le fils d’humain, il n’est pas faible comme celui qui nait de la terre, ni ne peut être mis de côté ; mais dans tous lieux il est proche et réconforte de diverses manières, ne s’éloignant qu’un peu pour tester la motivation de l’âme.

Il me montra son approbation dans les 10 tentations, et j’endurais chacune d’elles ; car l’endurance est un puissant contrôle et la patience apporte de nombreuses bonnes choses. Combien de fois l’égyptienne ne m’a-t-elle pas menacé de mort, combien de fois ne m’a-t-elle pas puni parce que je ne voulais pas sa compagnie ? Et elle m’appelait encore pour me menacer, disant :

―  Tu seras seigneur sur moi et sur tout ce qui est mien ; si tu te donnes à moi tu seras comme notre maitre.

Alors je me souvenais des paroles des pères de mon père Jacob et j’entrais dans ma chambre prier le Seigneur. J’ai jeuné pendant 7 années. Pour mon maitre, je passais comme quelqu’un qui vit délicatement [luxueusement], car ceux qui jeûnent pour la cause de Dieu reçoivent une gracieuse figure : je ne buvais pas de vin qui m’était donné [en l’absence du maitre], et ne prenais pas de nourriture [à 3 jours d’intervalle], la donnant aux pauvres et aux malades.

Je me levais de bonne heure pour prier et pleurer Dieu pour l’égyptienne de Memphis qui me dérangeait sans cesse. La nuit elle venait vers moi sous prétexte de visite, au début parce qu’elle n’avait pas d’enfant mâle et feignait me prendre comme son fils. Je priais le Seigneur et elle porta un enfant mâle. Pour un temps elle m’embrassait comme un fils, ne sachant pas qu’en toute fin elle cherchait à me faire tomber dans la fornication ; et lorsque je m’en aperçus, j’en fus peiné à mourir : je revins à moi quand elle partit et je me lamentais pour elle plusieurs jours de voir sa tromperie et son mensonge. Je lui déclarais les paroles du Très-haut si par hasard elle se détournerait de sa mauvaise convoitise. Combien de fois m’a-t-elle flatté de mots d’homme saint sous la ruse de son discours, louant ma chasteté devant son mari tandis qu’elle souhaitait me détruire quand nous étions seuls. Elle me louangeait ouvertement de chaste, me disant en secret :

―  Ne crains pas mon mari qui est persuadé de ta chasteté ; personne ne pourra lui parler de nous, car il ne le croirait pas.

À cause de ces choses je me couchais sur le sol dans un sac de toile à supplier le Seigneur Dieu de me délivrer de l’égyptienne. Et parce qu’elle ne prévalait nullement, elle revenait vers moi sous l’argument d’instruction de connaitre la parole du Seigneur et me dit :

― Si tu voulais que je laisse mes idoles, sois persuasif envers moi et je convaincrais mon mari de quitter ses idoles et nous marcherons dans la loi de ton Seigneur.

―  Le Seigneur ne veut pas de ceux qui le vénèrent dans l’impureté, et ceux qui font l’adultère ne lui plaisent pas ! lui dis-je.

Elle gardait son calme, languissant de réaliser son mauvais désir, et je me livrais encore au jeûne et à la prière pour que le Seigneur me délivre d’elle. Une autre fois elle me dit :

―  Si tu ne fais pas l’adultère, je tuerais mon mari et te prendrais légalement comme mari.

Entendant ça je déchirais mon vêtement et dis :

―  Respecte le Seigneur femme ! Ne fais pas cette méchanceté de crainte de ta totale destruction, car je déclarerais cette trahison à tout le monde.

Elle prit peur et elle me supplia de n’en parler à personne et partait m’apaiser avec des présents en m’envo-yant tous délices des fils d’homme. Lorsqu’elle m’envoya de la nourriture imbibée d’artifices, je regardais l’eunuque entrer l’apporter et j’eus la vision d’un homme terrifiant porter une épée sur un plateau et compris que son plan était de tromper mon âme. Lorsqu’il sortit, je pleurais, ne goutant à rien de sa nourriture ; le lendemain, elle vint voir la nourriture et me dit :

―  Qu’est cela de n’avoir pas mangé la nourriture ?

―  C’est parce que tu l’as remplie de mort ! Comment peux-tu dire, Je n’approche pas des idoles mais du Seigneur seul ? Apprends que le mal de l’infidèle n’a aucun pouvoir sur ceux qui révèrent Dieu dans la chasteté. Un ange du Dieu de mon père m’a révélé ta tromperie que j’ai gardée pour te convaincre, si encore tu peux voir et te repentir.

Je pris la nourriture devant elle et dis :

―  Le Dieu de mes pères par l’ange d’Abraham est avec moi !

Elle tomba face à terre à mes pieds et pleura ; je l’ai relevée et la disputais, et elle promit de ne plus faire cette faute. Mais parce que son cœur était déviant vis-à-vis de moi à faire l’immoralité qu’elle aspirait, sa contenance s’affaissa. Son mari le vit et lui dit :

―  Pourquoi ta mine est-elle basse ?

―  J’ai mal au cœur et mon esprit m’oppresse de plaintes, dit-elle.

Et il la réconforta, elle qui n’était pas malade. Dès que son mari s’absenta elle courut encore vers moi :

―  Si tu ne consens à moi, je me pendrais ou me jetterais dans un puits ou par-dessus un ravin, dit-elle.

Voyant que l’esprit de Béliar l’agitait, je priais le Seigneur. Et je lui dis :

―  Pourquoi t’agites-tu ainsi aveuglément perturbée aux péchés ? Pense que si tu te tues, ta rivale Sethon, la concubine de ton mari, va frapper tes enfants et supprimer ton souvenir de la terre.

―  Comme tu m’aimes ! dit-elle. Il me suffit que tu tiennes à ma vie et à mes enfants : j’ai espoir de satisfaire mon désir.

Elle ne comprit pas que je parlais ainsi à cause de Dieu, non à cause d’elle, car un homme qui tombe dans la passion d’un mauvais désir en devient l’esclave, comme elle l’était, et à entendre une bonne chose de la passion dont il est dominé, il comprend suivant son mauvais penchant. Mes enfants, je vous déclare qu’à la 6e heure quand elle me quitta, je restais à genou devant le Seigneur toute le jour et continuais toute la nuit, jusqu’au crépuscule ; je restais éveillé, priant avec larmes, pour la relâche de l’égyptienne. Et à la fin, quand elle saisit mes vêtements pour m’attirer à elle de force et retenait mes vêtements pour forcer au contact, je vis sa folie et m’enfuis dévêtu. Elle m’accusa faussement devant son mari égyptien, et il me jeta de sa maison à la prison. L’égyptien me fouetta le lendemain et je fus envoyé enchainé dans la prison de sa maison. La femme égyptienne tomba malade de vexation. Je chantais des louanges au Seigneur dans la noirceur de la pièce. D’une voix joyeuse je glorifiais mon Dieu, car j’avais échappé à l’égyptienne grâce à un prétexte.

Combien de fois a-t-elle envoyé dire, Accepte de satisfaire mon désir et je te relâcherais de tes chaines et te sortirais de la noirceur. Je ne suis tombé vers elle pas même en pensée. Dieu aime mieux celui qui [a l’autorité de la foi] se tient avec chasteté dans la noirceur d’une cave [citerne] plutôt que celui qui vit d’excès de gourmandises dans des chambres secrètes [royales]. Quiconque vit de chasteté aspire à la gloire et le Très-haut sait si cela lui convient de lui accorder, ainsi comme pour moi. Combien de fois parce qu’elle était malade, est-elle descendue vers moi à des moments inattendus pour écouter ma voix lorsque je priais ; j’entendais ses gémissements et gardais mon calme. Quand j’étais dans sa maison, elle avait l’habitude de découvrir ses bras, ses seins, et ses jambes pour que je tombe devant elle, car elle était très belle, magnifiquement ornée pour me tromper, mais le Seigneur me protégea de ses charmes.

Voyez maintenant mes enfants que la patience à prier à jeûne fait de grandes choses. Choisissez la retenue, vous aussi, par la pureté et la patience et par humilité de cœur et le Seigneur habitera en vous, car il aime la retenue ! Et où le Très-haut demeure, même quand un homme subit la jalousie, l’esclavage ou la calomnie, non seulement le Seigneur demeure en lui à cause de sa retenue mais il le délivrera du mal, il l’exaltera et le glorifiera aussi comme pour moi ; l’homme sera protégé en toute circonstance, que ce soit en intention, en parole ou en pensée. Mes frères savaient comment mon père m’aimait et que mon cœur ne s’enflait pas. Même enfant, j’avais la crainte de Dieu par mes pensées ; je savais que toutes choses finissent et je me tenais dans les restrictions. Ayez [devant vos yeux] la crainte de Dieu dans vos actions vous aussi et du respect pour vos frères, car toute personne qui applique la loi du Seigneur sera aimé de lui ! Je respectais mes frères, et de crainte pour eux je gardais mon calme lorsque je fus vendu et ne révélais pas aux ishmaélites que j’étais fils de Jacob, homme grand et puissant. Quand j’arrivais à l’indocolpitae avec les ishmaélites, ils me demandèrent ma famille et je dis que j’étais un esclave de leur maison, pour ne pas mettre mes frères dans la honte, et le plus vieux d’entre eux me dit :

―  Tu n’es pas un esclave car ton apparence en témoigne !

Et même s’ils m’ont menacé de mort, je dis que j’étais leur esclave. Quand nous sommes arrivés en Égypte, ils se sont disputés à mon sujet, à savoir lequel d’entre eux me prendrait en m’achetant. Il s’avéra bon pour tous que je reste en Égypte avec un marchand de leur commerce jusqu’à ce qu’ils reviennent de porter la marchandise ; et le Seigneur me donna faveur aux yeux du marchant qui me confia sa maison. Le Seigneur le bénit par mes moyens et le renforça en argent et or ; j’ai été 3 mois et 5 jours avec lui. C’est dans ce temps que la femme de Potiphar de Memphis passa en grande pompe et jeta ses yeux sur moi parce que ses eunuques avaient parlé à mon sujet ; elle raconta à son mari que le marchand était devenu riche aux moyens d’un jeune hébreu que des hommes avaient volé de Canaan. Et elle dit :

―  Exécute dès maintenant ton jugement sur le jeune pour le prendre comme ton intendant, que le Dieu des hébreux te bénisse, car la grâce du ciel est sur lui.

Potiphar fut convaincu par ses paroles. Il commanda au marchand de m’apporter et lui dit :

―  Qu’est-ce que j’entends, tu voles des âmes de la terre des hébreux pour les vendre comme esclaves ?

Le marchand tomba sur sa face et lui dit :

―   Je te supplie mon-seigneur, je ne sais rien de ce que tu dis !

―   Depuis quand cet hébreu est ton serviteur ? dit-il.

―  Les ishmaélites me l’ont confié jusqu’à ce qu’ils reviennent.

Il ne le crut pas et commanda qu’il soit déshabillé et frappé. Et comme il persistait, Potiphar dit :

―  Amenez le jeune !

Quand je fus amené, j’obéis au chef de 3e rang des eunuques de pharaon et chef de tous les eunuques, ayant femmes, enfants et concubines. Il me prit à part et me dit :

―  Es-tu un esclave ou libre ?

―  Un esclave, dis-je.

―  De qui es-tu esclave ? me demanda-t-il.

―  Des ishmaélites, dis-je.

―  Comment es-tu devenu leur esclave ?

―  Ils m’ont acheté de Canaan, dis-je.

Il ne me crut pas et dit :

―  Tu mens !

Il commanda que je sois déshabillé et frappé. La femme de Memphis regardait par une fenêtre quand on me frappait et elle envoya dire à son mari :

―  Ton jugement est injuste, car tu punis comme un brigand un homme libre qui a été volé.

Et comme je ne donnais aucune réponse même frappé, il commanda qu’on me garde en surveillance, jusqu’à ce que les propriétaires du garçon reviennent, dit-il. Et sa femme dit :

―  Pourquoi mettre en prison ce noble enfant qui attend après toi d’être plutôt remis en liberté ?

Elle espérait me voir dans le désir des choses du péché que j’ignorais encore. Et il dit à sa femme :

―  Ce n’est pas l’usage des égyptiens de prendre ce qui appartient aux autres avant qu’une preuve soit donnée.

Il parlait à propos du marchand ; et me concernant, je devais être emprisonné. Vingt-quatre jours après, les ishmaélites revinrent et avaient entendu que Jacob mon père se lamentait à cause de moi. Ils me dirent :

―  Comment se fait-il que tu dises être un esclave, alors que voici, nous avons appris que tu es le fils d’un grand homme de la terre de Canaan et que ton père s’afflige dans un sac de toile à cause de toi.

J’allais encore pleurer mais je me retins pour ne pas mettre mes frères dans la honte. Et je dis :

―   Je ne sais pas, je suis un esclave.

Ils furent d’avis de me vendre afin que je ne sois pas trouvé entre leurs mains, car ils craignaient que Jacob fasse venir sur eux une vengeance mortelle, car on avait entendu qu’il était puissant avec le Seigneur et avec les hommes. Le marchand leur dit de me relâcher du jugement de Potiphar et ils allèrent me réclamer, disant :

―  Nous l’avons acheté contre de l’argent.

Alors il nous renvoya. La femme de Memphis me pointa à son mari pour qu’il m’achète et dit :

―  J’ai entendu qu’ils le revendent.

Elle envoya un eunuque demander aux ishmaélites de me vendre mais [l’eunuque ne voulut pas m’acheter et repartit après les avoir testés] il ne voulait pas faire affaire à eux ; l’eunuque fit savoir à sa maitresse qu’ils demandaient un gros prix pour leur esclave, et elle envoya un autre eunuque en disant :

―  Même s’ils demandent 2 mines d’or, fait attention de ne pas gaspiller l’or, achète seulement le garçon et apporte-le vite.

Il leur remit 80 pièces d’or et dit à sa maitresse que 100 avait été donné contre moi. Je vis ça et gardais mon calme pour que l’eunuque ne soit pas puni. Voyez mes enfants quelles grandes choses j’endurais pour que je ne mettre pas mes frères dans la honte. Vous aussi aimez-vous les uns les autres de grande endurance, et cachant les fautes les uns des autres, car Dieu se plait dans l’unité des frères et la disposition d’un cœur résolu à l’amour. Car lorsque mes frères arrivèrent en Égypte, je leur remis leur argent sans rien leur reprocher, et même que je les réconfortais.

Je les aimais plus encore après la mort de Jacob. Et pour toutes les choses qu’il commanda, j’en faisais plus encore, et ils s’émerveillèrent. Je ne pouvais pas supporter qu’ils s’affligent pour la moindre chose et leur donnais tout ce que j’avais sous ma main. Leurs enfants étaient mes enfants, et mes enfants étaient comme leurs serviteurs ; leur vie était ma vie, toutes leurs souffrances étaient ma souffrance, et chacune de leur maladie était mon infirmité. Ma terre était leur terre, mon conseil leur conseil. Je ne m’enflais pas d’arrogance parmi eux à cause de ma gloire terrestre mais j’étais parmi eux comme l’un des derniers.

Marchez dans les préceptes du Seigneur, mes enfants, car il vous exaltera en vous bénissant des bonnes choses pour toujours et à jamais ! Et si quelqu’un cherche à vous faire du mal, faites pour lui de bonne volonté une prière pour qu’il soit déchargé par le Seigneur de tout mal. Et voici, voyez par la persistance comment je pris pour femme la fille de mon maitre, et avec elle, 100 talents d’or me furent donnés, car le Seigneur fit en sorte qu’ils me soient utiles. Il me donna aussi la beauté comme une fleur par-delà les plus belles d’Isræl, et il me conserva force et beauté en âge avancé, car j’étais comme Jacob en toutes choses.

Et aussi mes enfants entendez les visions que je vis : Il y avait 12 cerfs qui se nourrissaient ; 9 étaient séparés et les 3 autres dispersés sur la terre. Je vis qu’une vierge portant un vêtement de lin était née à Judah, et d’elle naquit un agneau sans tâche, à sa main gauche, il y avait comme un lion. Toutes les bêtes se précipitèrent contre lui mais l’agneau les maitrisa ; il les détruit et les foula au pied ; les anges se réjouirent ainsi que les hommes et toute la terre grâce à lui.  Ces choses prendront place en leur saison dans les derniers jours.

Appliquez vous aussi, mes enfants, les préceptes du Seigneur. Respectez Judah et Lévi, car d’eux se lèvera pour vous l’agneau de Dieu qui sauvera dans sa miséricorde tous les idolâtres et Isræl. Son royaume qui est un royaume éternel ne sera pas ébranlé, non comme mon royaume qui viendra parmi vous à sa fin comme un hamac de surveillant disparait en fin d’été. Car je sais que les égyptiens vous affligeront après ma mort, mais Dieu défendra votre cause et vous conduira vers ce qu’il a promis à vos pères.

Emportez aussi mes os avec vous, car lorsque mes os seront pris, le Seigneur sera pour vous lumière et Béliar l’obscurité des égyptiens. Rapportez votre mère Zilpah pour la placer près de Rachel vers la piste.

Et quand il dit ces choses, il étendit ses pieds et dormit du long sommeil. Tout Isræl et toute l’Égypte le pleurèrent d’une grande plainte, car il avait été avec les égyptiens comme avec ses proches membres et leur avait montré de la bienveillance, les ayant aidé dans tout travail, conseil, et affaire.

TESTAMENT DE BENJAMIN sur la conscience pure

Transcription des paroles que Benjamin prononça à la 120e année de sa vie. Il embrassa ses fils et dit :

―   Je naquis dans sa 100e année de Jacob comme Isaac le fut d’Abraham. Rachel mourut à ma naissance et je tétais le lait de Bilhah sa servante. Après que Rachel ait donné naissance à Joseph, elle resta infertile 12 années ; elle pria le Seigneur par un jeûne de 12 jours puis elle conçut et me porta. Notre père aimait chèrement Rachel et pria pour avoir 2 fils d’elle. Je fus appelé Benjamin, qui est le ‘fils des jours’.

Quand mon frère Joseph me reconnut lorsque je suis arrivé en Égypte, il me dit :

―   Qu’ont-ils dit à mon père pour m’avoir vendu ?

―   Ils ont trempé ton manteau dans le sang et envoyèrent dire, Regarde si c’est le manteau de ton fils, dis-je.

―  Même qu’aussi frère, me dit-il, quand les ishmaélites m’ont emporté, l’un d’eux m’enleva mon manteau et me donna de la ceinture, me fouettant pour me forcer à courir. Et quand il partit cacher mon vêtement, un lion le rencontra et le tua. Ses camarades eurent peur et me vendirent à leurs compagnons.

Mes enfants, aimez le Seigneur Dieu des cieux et gardez ses lois vous aussi ! Soyez disciples de Joseph de la bonté et la sainteté, plaçant votre conscience au bien comme vous me connaissez, car celui dont la conscience est bienveillante place toute chose correctement. Craignez le Seigneur pour aimer votre prochain, même si les esprits de Béliar vous tirent dans l’erreur de la méchanceté, mais ne laissez aucune méchanceté vous dévier pour avoir domination sur vous comme cela n’a pas eu le dessus sur mon frère Joseph. Combien de fois les hommes ont voulu le frapper et que Dieu fut son bouclier ! Celui qui craint Dieu et aime son prochain ne peut pas être giflé par l’esprit de l’air venant de Béliar, car il est sous le bouclier de la crainte de Dieu. Il ne peut être dominé par des moyens d’hommes ou de bêtes parce qu’il est soutenu par l’amour du Seigneur qu’il porte envers son prochain. Joseph même a imploré notre père Jacob de prier pour que le Seigneur n’impute pas nos frères le mal qu’ils ont conspiré contre lui. Et Jacob s’est écrié :

―  Mon enfant Joseph, tu l’emportes sur les entrailles de ton père Jacob...

Il l’embrassa et le serra pendant 2 heures, et il dit :

―  En toi-même se réalise la prophétie du ciel concernant le messie du monde, agneau de Dieu sans tâche qui sera livré sans défaut [péché] par les pécheurs et mis à mort pour le salut des hommes impies et idolâtres d’Isræl ; c’est par le sang de l’alliance qu’il détruira Béliar et ceux qui le servent.

Comprenez la fin de l’homme bon, soyez disciples de sa compassion de l’esprit de bonté, et vous porterez aussi les couronnes de gloire. L’homme bon n’a pas mauvais œil et démontre de la pitié envers tous les hommes qu’ils soient pécheurs ou inventent du mal à son sujet. Celui qui fait le bien surmonte le mal, car il est sous le bouclier de celui qui est bon et qui aime le juste comme sa propre âme. Il ne jalouse pas qui est glorifié, il n’envie pas qui s’enrichit, il louange qui est courageux ; il croit et respecte celui dont la conscience est modeste, il a pitié du pauvre, il est à l’écoute du faible par bonté, il chante des louanges à Dieu, il protège celui qui craint Dieu comme un bouclier, il aide celui qui aime Dieu, il réprimande celui qui rejette le Très-haut pour le redresser, et il aime comme sa propre âme celui qui a la grâce d’un bon esprit.

Si vous avez bonne conscience mes enfants, même les mauvais hommes seront en paix avec vous ; les débauchés vous donneront considération et redeviendront bons. Et non seulement les convoiteurs se retiendront de leur envie excessive mais ils remettront les fruits de leur convoitise à ceux qui sont affligés. En faisant le bien, les esprits impurs fuient de vous ; oui, les pires bêtes fuiront de terreur devant vous ! Quand la conscience prend de bonnes intentions avec considération, l’obscurité fuit.

Qui fait une injure à un homme pieux s’en repent ; l’homme pieux montre sa compassion envers celui qui l’insulte et garde [silence] son calme. Le juste prie pour celui qui trahit un juste. Et même si pendant un temps il est humilié, il paraitra plus illustre par la suite, comme il arriva à mon frère Joseph. La conscience d’un homme bon n’est pas au pouvoir de l’esprit d’erreur de Béliar parce qu’un ange de paix guide son âme ; il ne considère pas les choses corruptibles avec passion et n’accumule pas les richesses par amour du plaisir ; il ne trouve aucun plaisir à plaire, ni se plaindre de son prochain, ni se remplir de gourmandise, ni s’égarer [dans l’excitation de la vue], car le Seigneur est son lot. La bonne conscience ne reçoit ni gloire, ni déshonneur des hommes, et ne connait aucune ruse, ni mensonge, ni conflit ou haine, car le Seigneur habite en lui et [éclaire] son âme qui se réjouit envers tous en son temps [approprié].

La bonne conscience n’a pas 2 langues, une pour bénir l’autre pour maudire, une pour insulter l’autre pour honorer, une pour pleurer l’autre pour s’égayer, une tranquille l’autre agitée, une hypocrite l’autre véritable, l’une pauvre l’autre prospère ; mais une seule disposition pure et sans corruption au compte de tous les hommes. Il n’a pas une vue double, ni oreille double ; dans tout ce qu’il fait, parle, et voit, il sait que le Seigneur veille sur son âme et il purifie sa conscience pour de ne pas être condamnable envers Dieu et les hommes.

Toutes les actions de Béliar sont doubles et n’ont pas d’unicité. Fuyez la malveillance de Béliar, mes enfants : il donne une épée à ceux qui lui obéissent ; c’est la mère des 7 maux que la conscience conçoit par Béliar :  la jalousie, le désespoir, l’angoisse, la captivité, la nécessité, le harcèlement, la désolation. Et pour cette raison, Caïn fut livré aux 7 vengeances de Dieu. Car chaque 100 ans le Seigneur fit venir une plaie sur lui : il a commencé à souffrir à 200 ans, et à 900 ans il fut [privé de la vie] pour la cause du juste Abel, son frère, [condamné en conséquence de tous ses méfaits] et amené en désolation par le déluge. Caïn fut puni pendant 700 ans et Lamech 7 fois 7 condamné [jusqu’à l’éternité] ; car ceux qui sont comme Caïn [moralement corrompus] dans la jalousie et la haine des frères seront puni du même sort.

Vous aussi mes enfants fuyez le mal de la [corruption] jalousie et haine des frères, et adhérez à l’amour avec bonté ! Celui qui a une conscience pure d’amour ne regarde pas une femme pour la fornication, car il n’a pas le cœur souillé et l’esprit de Dieu se repose en lui. Le soleil ne se souille pas à briller au-dessus de la boue et du compost mais plutôt les assèche et détourne la mauvaise odeur ; ainsi la conscience pure restreint plutôt les souillures de la terre et édifie, sans emporter en soi aucune souillure.

D’après les paroles de Hénoc le juste, vous ferez ce qui est immoral, fornication sur fornication, en suivant l’immoralité des sodomites, et à part quelques exceptions, vous allez tous périr ; vous multiplierez excessivement les convoitises avec les femmes et le royaume du Seigneur ne sera pas parmi vous, car il le retirera aussitôt. Néanmoins c’est parmi vous, dans votre lot, que sera construit le temple de Dieu, [et le second surpassera de gloire le précédent], mais il le reprendra.

Les 12 tribus s’y réuniront ainsi que tous les nations jusqu’[au temps fixé] où le Très-haut enverra son salut au service de son unique engendrement [prophète] : il entrera [le premier] par la porte avant du temple et le seigneur y sera traité avec outrage ; il sera soulevé sur un arbre [bois] et le voile du temple se déchirera ; l’esprit de Dieu se déplacera comme un feu se déverse sur [toutes] les nations et il montera de son tombeau [du shéol, et passera de la terre au ciel]. Je sais combien il sera parfaitement humble sur la terre et combien glorieux [splendide] dans le ciel !

Lorsque Joseph était en Égypte, je languissais de voir son visage et l’aspect de sa contenance ; et grâce aux prières de Jacob, je le vis, éveillé comme en plein jour, exactement [comme il était], entièrement dans sa forme. Maintenant mes enfants, sachez que je vais mourir. Que chacun de vous agisse avec justice et vérité envers son prochain, jugeant fidèlement les travaux à faire. Gardez la loi du Seigneur et ses ordres que je vous enseigne plutôt que tout autre héritage ; et vous aussi, donnez-les à vos enfants en possession éternelle, comme Abraham, Isaac et Jacob l’ont fait en nous donnant en héritage toutes ces choses et disaient :

―  Gardez les ordres de Dieu jusqu’à ce que le Seigneur révèle son salut à toutes les nations.

Vous verrez [Seth], Hénoc, Noah, Shem, Abraham, Isaac et Jacob relever la main droite de bonheur ! Nous serons aussi relevés, chacun de nous pour sa tribu, pour nous prosterner devant le roi du ciel et nous réjouir avec lui et tous ceux qui ont cru en lui sur terre. [Tout sera changé]. Tous les hommes se relèveront, certains de gloire, certains de déshonneur. Le Seigneur jugera d’abord Isræl pour les tords qui ont été commis et le nombre de ceux qui ne le crurent pas quand le salut de Dieu en chair apparut sur terre comme un homme d’humilité ; puis il fera la même chose aux nations.

Il mettra Isræl à l’épreuve par les élus des peuples comme il mit Ésau à l’épreuve par les madianites qui trompèrent leurs frères pour qu’ils tombent dans la fornication et l’idolâtrie : ils furent écartés de Dieu et devinrent comme ceux qui sont sans enfant dans la part de rétribution de ceux qui craignent le Seigneur. Mes enfants, vivez avec sainteté [avec les lois] en présence du Seigneur et vous demeurerez en moi en sécurité et tout Isræl sera réuni au Seigneur et je ne serais plus appelé loup ravageur au compte de vos ravages, mais un travailleur du Seigneur qui fournit à manger à ceux qui travaillent au bien.

Dans les temps éloignés, un bienaimé de Dieu se lèvera de ma semence [de Judah et Lévi] qui entendra sa voix sur terre [et fera sa volonté et son bon plaisir] pour éclairer les nations d’une nouvelle connaissance : la lumière de la connaissance se lèvera sur Isræl et son salut les saisira comme un loup [venu sur eux en rassemblant les nations]. Il sera sur toutes les bouches des congrégations des nations et chez leurs dirigeants comme un accord de musique jusqu’à la consomption des âges ; ses travaux et ses paroles seront inscrits aux livres saints ; il sera l’être élu de Dieu et placé à jamais dans la considération parmi eux, comme mon père Jacob m’a dit :

―   Il remplira ce qui manque à ta tribu.

Il finit ses déclarations, disant :

―   Mes enfants, je vous charge de porter mes os hors d’Égypte et m’enterrer à Hébron près de mes pères.

Benjamin mourut à 125 ans à un âge avancé et ils le placèrent dans un coffre. Et dans la 91e année après la venue des fils d’Isræl en Égypte, eux et leurs frères emportèrent secrètement les os de leurs pères et les enterrèrent à Hébron, aux pieds de leurs pères. Ils repartirent de Canaan et habitèrent en Égypte jusqu’au jour du départ.

DISTRIBUTION DES DOUZE TRIBUS D'ISRAEL (Fuller 1650)